L'Italie prête à aider Monte dei Paschi à combler son manque de fonds propres ?

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Le Pdg de Monte dei Paschi Marco Morelli lors d'une conférence de presse, le 25 otcobre.
Le Pdg de Monte dei Paschi Marco Morelli lors d'une conférence de presse, le 25 otcobre. (Crédits : REUTERS/Alessandro Garofalo)
Le montant demandé par la Banque centrale européenne est supérieur de 3,8 milliards d'euros à celui évoqué jusqu'à présent par la banque, pour combler son manque de fonds propres. L'État italien devrait apporter la majeure partie, selon des sources citées par Reuters.

Rome devrait venir au secours Banca Monte dei Paschi di Siena après que la BCE a demandé à la banque italienne de combler un manque de fonds propres, rapporte mardi 27 décembre l'agence Reuters citant trois sources proches du dossier. L'État italien apporterait 6,5 milliards d'euros à la banque toscane, tandis qu'une somme supplémentaire de 2 à 2,3 milliards d'euros proviendrait de la conversion de dette subordonnée détenue par des investisseurs institutionnels, selon les sources.

Pour rappel, la Banque centrale européenne a déclaré lundi estimer à 8,8 milliards d'euros, soit 3,8 milliards de plus qu'évoqué jusqu'à présent par la banque, confirmant des informations obtenues auparavant par Reuters. Dans un communiqué, la troisième banque italienne ajoute que sa situation de liquidité "a subi une détérioration rapide" entre le 30 novembre et le 21 décembre derniers.

Lire aussi : Monte dei Paschi, Deutsche Bank : un soulagement qui ne résout rien

Recapitalisation par mesure de précaution

L'établissement de Sienne a déclaré avoir officiellement demandé vendredi à la BCE de l'autoriser à procéder à une "recapitalisation par mesure de précaution", prévue par la directive européenne sur la résolution des crises bancaires. Une telle recapitalisation permet à un Etat de venir en aide à une banque en difficulté avant qu'elle ne soit insolvable. Elle implique une mise à contribution limitée des actionnaires et créanciers obligataires de la banque mais l'Etat ne peut acquérir des actions ou des obligations qu'aux conditions de marché une fois celles-ci validées par les autorités européennes.

Dans sa réponse à la demande de Monte dei Paschi, la BCE explique avoir calculé les besoins de capitaux sur la base des résultats des tests de résistance auxquels elle a procédé cette année. Dans ces tests, Monte dei Paschi était la seule banque italienne considérée comme incapable de résister aux conditions du scénario le plus sévère retenu par la BCE.

Coopération Rome-Commission européenne

"La banque a rapidement entamé des discussions avec les autorités compétentes pour comprendre la méthodologie sur laquelle reposent les calculs de la BCE et mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour une recapitalisation par mesure de précaution", a précisé l'établissement.

Vendredi, la Commission européenne avait déclaré qu'elle coopérerait avec Rome pour assurer que soient réunies les conditions nécessaires au renflouement de Monte dei Paschi, au lendemain de la décision du gouvernement italien d'approuver en urgence un décret ouvrant la voie à un sauvetage par l'Etat de Monte dei Paschi.

(Avec Reuters)

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a écrit le 28/12/2016 à 11:34 :
La démocratie voudrait que ce genre de mesure soit proposée par référendum mais sachant que le peuple refuserait au 3/4 de sauver la banque ils ne préfèrent pas demander.

Ya des priorités...
Réponse de le 28/12/2016 à 18:05 :
Ce n'est pas "la banque" qu'il s'agit de sauver : ce sont les épargnants, les déposants, les entreprises, c'est-à-dire nos emplois, nos revenus, nos économies, notre capacité à rembourser nos emprunts et nos dettes, à payer nos fournisseurs (notamment pour manger, s'éclairer, se chauffer...), à payer nos logements, à payer les études de nos enfants... La sanction contre le haut management et ses turpitudes ou incompétences (au fait, en France, pour le Crédit Lyonnais...) est un autre sujet. Mais si on tue le circuit financier (dit faussement "la banque"), on tue l'économie donc les hommes aussi.
a écrit le 27/12/2016 à 16:16 :
Mais qui voudra encore devenir actionnaire d'une banque ou lui prêter de l'argent si, en plus du risque de la perte de l'engagement (l'action ou l'obligation) il faut encore verser de l'argent que l'on n'a plus par définition ? Et qui voudra y déposer ses avoirs et y ouvrir ses comptes désormais ? Les clauses de "bail in" sont suicidaires et portent en elles la mort du statut de la société anonyme ou à responsabilité limitée, donc de l'entreprise, si l'on devient responsable sur ses biens propres en plus de ses engagements. Les petits Savonarole de la "morale" financière sont simplement en train de creuser notre tombe à tous !
Réponse de le 27/12/2016 à 19:30 :
Surtout qui va payer ? cette soit disant économiste est aveugle , le marché va monter. On prend note !!!!!!!
a écrit le 27/12/2016 à 14:14 :
Une fois de plus des contribuables vont payer pour sauver une banque, et au delà le système bancaire. Vous noterez que les autorités européennes permettent la recapitalisation d'une banque, avec de l'argent public, alors qu'elles le refusent -la plus part du temps- pour d'autres sociétés qui pourraient être sauvées de la faillite. Quand un État veut recapitaliser une entreprise publique, l'opération fait l'objet d'une enquête de la Commission Européenne et particulièrement de l'omnipotente Direction Générale de la Concurrence (DG Comp). La plus part du temps la DG Comp estime que recapitaliser une entreprise publique, sur un marché concurrentiel, est une "aide d’État" et que cela "fausse la concurrence". C'est ainsi que des dizaines d'entreprises européennes (et donc des françaises) ont été coulées. En revanche, cette orthodoxie ne semble plus valoir quand il s'agit de sauver le monde de la finance. Pourtant nous avons vu que les banques italiennes -notamment, mais pas que- on bénéficié de "liquidités" venant des différentes mafias de la péninsule.
Réponse de le 27/12/2016 à 16:08 :
Dans votre expose a charge vous avez visiblement "oublié" un element esentiel: l'etat italien ne peut acquerir des actions et obligations de la dite banque qu'au condition de marché, justement pour eviter de donner un avantage indu a l'un aux detriments des autres. Ce qui fait que votre argument sur Le deux poids deux mesures fait simlement pshit.
a écrit le 27/12/2016 à 12:28 :
Comme d' habitude vous nous prenez pour des "jambons" la MPS est en faillite point barre qui va payer ? les grecs les espagnols et les portugais ils font quoi sans parler des allemands ?

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