La finance alternative a plus que doublé en France en 2016

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Le financement par la foule, crowdfunding et crowdlending, continue de séduire tant les porteurs de projet que les investisseurs, selon le baromètre KPMG-FPF.
Le financement par "la foule", crowdfunding et crowdlending, continue de séduire tant les porteurs de projet que les investisseurs, selon le baromètre KPMG-FPF. (Crédits : KPMG)
Les montants collectés sur des plates-formes de crowdfunding, prêts aux PME en ligne, dons, etc, ont augmenté de 112% à 628,8 millions d'euros, selon le baromètre de KPMG et l'association Financement participatif France. Le profil des "financeurs" est plus jeune que l'actionnaire individuel type.

Crowdfunding, crowdlending, cagnottes en ligne, etc : le financement participatif par la "foule" (crowd en anglais), ce mode alternatif de levée de fonds par rapport au traditionnel crédit bancaire ou à l'appel aux marchés (actions ou obligataires) proposé par les entreprises de la Fintech, s'installe dans le paysage financier français. Les montants collectés sur les différentes plates-formes françaises ont augmenté de 112% à 628,8 millions d'euros, selon le baromètre de KPMG et l'association professionnelle Financement participatif France (FPF) révélé ce mardi.

La part du lion revient au crowdfunding au sens strict (Kisskissbankbank, Ulule, etc), à 233,8 millions d'euros, soit 37% du total, devant le prêt à la consommation en ligne (sur des sites comme Younited Credit) pour 197 millions d'euros, les cagnottes (Leetchi, Potcommun, etc) pour 112,5 millions d'euros et les fonds de prêts aux PME (type Lendix) pour 83,8 millions d'euros.

Les moins de 34 ans majoritaires sur les sites de dons

La croissance des montants levés a cependant diminué de moitié dans le crowdfunding, à 40% l'an dernier contre 95% entre 2014 et 2015, selon le précédent baromètre de la FPF. Les investissements en capital (crowdequity, chez Wiseed, Anaxago) dominent toujours, à 68,2 millions d'euros, suivis par les dons avec récompense ou contrepartie (comme sur Kisskiss ou Bulb in town) pour 61,4 millions, le financement par obligations (type Wesharebonds) pour 45 millions et le prêt rémunéré (Credit.fr) pour 40,2 millions.

Crowdfunding france typologie

Au total, 21.375 projets ont été financés ainsi l'an dernier, soit 20% de plus que l'an dernier, soutenus par plus de 2,6 millions de "financeurs", 300.000 de plus. Les montants versés sont très variables.

crowdfunding france contribution moyenne

« Ce mode de financement est de plus en plus populaire chez les Français. C'est d'autant plus important qu'en parallèle, nous observons une chute des actionnaires individuels passés de 7 à 3 millions en 10 ans », relève Fabrice Odent, associé chez KPMG, responsable des activités de services financiers.

Or le profil type du contributeur ou investisseur sur une plate-forme de crowdfunding est très éloigné du petit porteur classique ou de la fameuse "veuve de Carpentras". Sur les sites de financement par dons (Kisskiss, Ulule, etc), près de la moitié a moins de 34 ans ! Le financement par prêt attire davantage des publics de tous âges, tandis que les plus de 50 ans sont majoritaires dans le crowd equity.

« Dans l'ensemble, l'âge moyen demeure très inférieur à celui des financeurs de produits financiers traditionnels : accessibles, 100 % digitaux, ces projets parlent aux générations les plus jeunes qui ont grandi avec Internet » observe Mikaël Ptachek, spécialiste Fintech chez KPMG.

crowdfunding france age

Ces données ont été recueillies auprès de 76 plates-fomes françaises. Le crowdfunding en France est un marché dynamique, à l'écosystème vibrant, mais incroyablement encombré. Y aura-t-il encore de la place pour autant d'acteurs avec le tassement de la croissance ?

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Commentaires
a écrit le 24/02/2017 à 18:53 :
Avec toujours plus d'appétence pour le crowdfunding immobilier
a écrit le 21/02/2017 à 16:02 :
C'est inespéré, mais c'est aussi la conséquence du refus des banques de financer des entreprises un peu risquées comme les métiers traditionnels relookés et modernisés ou la pure innovation. Tout le monde n'a pas le relationnel permettant de se faire financer sur les 100 milliards (en 5 ans) dispensés par la BPI.

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