La première banque grecque tente un retour sur les marchés

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National Bank of Greece, la plus importante banque commerciale grecque, avec 6 millions de clients particuliers et une part de marché de 25%, se targue d'être la banque de référence en Grèce depuis plus de 170 ans. Elle a vendu des actifs à tour de bras ces derniers mois et remboursé une grande partie des aides d'Etat.
National Bank of Greece, la plus importante banque commerciale grecque, avec 6 millions de clients particuliers et une part de marché de 25%, se targue d'être "la banque de référence en Grèce depuis plus de 170 ans". Elle a vendu des actifs à tour de bras ces derniers mois et remboursé une grande partie des aides d'Etat. (Crédits : Reuters)
Après l’obligation souveraine de l’Etat grec en juillet, la National Bank of Greece prépare une émission d’emprunt obligataire, qui pourrait avoisiner les 500 millions d’euros, sur une durée de trois ans. Aucune banque hellénique ne s’y était risquée depuis 2014.

Nouveau signe de normalisation de la situation financière de la Grèce : la première banque du pays, et la plus ancienne, la National Bank of Greece (NBG) prépare son retour sur les marchés obligataires. La plus importante banque commerciale grecque, avec 6 millions de clients particuliers et une part de marché de 25% dans la banque de détail, a entamé ce mercredi une tournée auprès des investisseurs institutionnels en Europe. Un "road-show" mené par une poignée de grandes banques (Bank of America Merrill Lynch, Deutsche Bank, Goldman Sachs, HSBC, Natwest Markets et UBS), afin de présenter son projet d'émission d'un emprunt de taille « benchmark » (environ 500 millions d'euros), d'une maturité de trois ans.

Il s'agit d'obligations sécurisées (covered bonds), c'est-à-dire adossées à un pool d'actifs, généralement des créances hypothécaires ou du secteur public, qui sont donc bien notées par les agences de notation.

En juillet dernier, l'Etat grec a émis son premier emprunt obligataire depuis trois ans, pour un montant de 3 milliards d'euros, qui avait rencontré un vif succès auprès des investisseurs, à la recherche de rendement élevé dans un contexte de taux bas.

Remboursement des aides

Lors d'une présentation aux analystes crédit et investisseurs obligataires en juillet dernier, la banque NBG, qui se présente comme "la banque de référence en Grèce depuis plus de 170 ans", avait cité parmi ses objectifs stratégiques le "retour à une activité modeste sur les marchés primaires de capitaux".

C'est aussi la première banque grecque à avoir remboursé les aides d'Etat, notamment les CoCos (contingent convertibles ou "obligations à conversion obligatoire") pour plus de 2 milliards d'euros en décembre dernier. Son recours aux liquidités d'urgence de la BCE (ELA) a été ramené à 2,6 milliards d'euros à fin août (contre 17,6 milliards en juin 2015) et l'ensemble des financements européens à 6,8 milliards d'euros (divisés par deux en sept mois), deux ans après le plan de sauvetage international du secteur bancaire grec à 86 milliards d'euros en 2015.

"NBG est la banque au plus faible ratio d'expositions non-performantes [créances en souffrance ou probablement irrécouvrables, ndlr] en Grèce, la couverture en liquidité la plus élevée et un solide historique dans la réduction des créances douteuses", faisait valoir le patron de la banque athénienne, Leonidas Fragkiadakis, lors de la présentation de ses résultats annuels le 30 mars dernier.

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Sortie du plan d'aide

Au cours des derniers mois, le groupe bancaire, qui emploie 11.700 personnes, a vendu à tour de bras des actifs, dans le cadre d'un plan de restructuration convenu avec la Commission européenne, notamment la banque turque Finansbank pour 2,7 milliards d'euros à la Qatar National Bank, sa filiale en Bulgarie pour 610 millions d'euros à KBC, son activité d'assurance pour 718 millions au néerlandais Exin, ainsi que Banca Romanesca en Roumanie au hongrois OTP.

Ce retour sur les marchés obligataires aura valeur de test du retour de la confiance des investisseurs. Fin septembre, Mario Draghi, le président de la BCE, a indiqué qu'il envisageait d'anticiper les tests de résistance des banques grecques, début mai plutôt qu'en juillet pour les autres banques : ces stress tests permettront d'évaluer la nécessité ou non de recapitaliser certains établissements, avant la sortie officielle du plan de sauvetage international en août.

Le 28 septembre, le directeur du département européen du Fonds monétaire international (FMI), Poul Thomsen, a déclaré qu'il accueillait favorablement cette proposition de la BCE :

"En ce qui concerne le système bancaire grec, permettez-moi de souligner que nous n'avons absolument aucune inquiétude pour la stabilité financière en Grèce. La question est d'avoir la certitude qu'il y a bien une stratégie pour gérer le niveau exceptionnellement élevé de créances douteuses en Grèce à moyen terme."

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