La startup Tandem Bank lâchée par son actionnaire

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La néobanque a dévoilé l'interface de sa future appli qui sera lancée dans quelques mois, malgré le report de son compte d'épargne, faute de capitaux suffisants pour collecter les dépôts, après la défection de son actionnaire Fraser Financial.
La néobanque a dévoilé l'interface de sa future appli qui sera lancée dans quelques mois, malgré le report de son compte d'épargne, faute de capitaux suffisants pour collecter les dépôts, après la défection de son actionnaire Fraser Financial. (Crédits : Tandem Bank)
Le propriétaire chinois des grands magasins House of Fraser qui devaient investir 33 millions d'euros dans la Fintech britannique a tout bloqué à cause de la nouvelle réglementation. Tandem Bank ne remplira pas toutes les exigences de sa licence bancaire et doit reporter ses projets de lancement.

Coup dur pour la startup Tandem Bank : cette néobanque britannique se retrouve à court de cash, parce que l'un de ses nouveaux actionnaires s'est rétracté. Le bras financier des grands magasins House of Fraser devait investir 29 millions de livres sterling (33 millions d'euros), en plus des six millions de livres déjà engagés en décembre. Mais le propriétaire de House of Fraser, le conglomérat chinois Sanpower, a bloqué l'investissement, annoncé le mois dernier seulement, du fait des nouvelles restrictions imposés par le gouvernement chinois sur les investissements à l'étranger. La prometteuse Fintech l'a annoncé ce lundi sur son blog, à la suite de révélations du site spécialisé CityAM dans la matinée.

"Nous avons récemment appris que la seconde vague d'investissement de Fraser Financial Services Limited, malheureusement, ne pourra se faire, à cause des restrictions croissantes sur les investissements des entreprises chinoises à l'étranger. En conséquence, nous avons décidé de mettre en pause à court terme nos projets de comptes d'épargne" explique Tandem Bank sur son blog.

La startup britannique n'aura en effet pas le capital requis pour collecter les dépôts. Les sommes déjà collectées auprès de testeurs du service seront même rendues à leurs propriétaires. Selon City AM, Tandem Bank ne remplira plus toutes les exigences de sa licence bancaire et devra donc déposer une nouvelle demande auprès de l'autorité de régulation prudentielle (Prudential Regulation Authority). La jeune pousse, qui avait levé en mai dernier 22 millions de livres, auprès d'investisseurs dont Pierre Omidyar (l'un des cofondateurs d'eBay), aurait récemment procédé à une dizaine de licenciements sur les 120 salariés, afin de limiter sa consommation de cash, selon Business Insider UK.

Trouver au plus vite un nouvel investisseur

La "banque de nouvelle génération" comme l'avait présentée Ricky Knox, son cofondateur et directeur général, au Paris Fintech Forum fin janvier, assure qu'elle ne retardera pas pour autant le lancement grand public de son appli, prévu dans "quelques mois" et dont elle a dévoilé l'interface ce lundi pour faire patienter sa communauté de milliers de "cofondateurs" beta-testeurs. Viendra ensuite celui d'une carte de crédit "plus tard dans l'année".

Fraser Financial restera actionnaire à hauteur de 6 millions de livres mais Tandem Bank va devoir trouver un nouvel investisseur et risque de perdre un temps précieux dans la course de vitesse qui l'oppose à d'autres Fintech, comme la britannique Atom Bank, qui a lancé en octobre un compte d'épargne rémunéré ayant collecté 130 millions d'euros en quelques mois, ou l'allemande N26, qui se déploie progressivement dans toute l'Europe et revendique 300.000 utilisateurs.

Les difficultés de Tandem Bank mettent un coup de lumière crue sur la fragilité de certaines Fintech, constamment en quête d'argent frais pour financer leur développement, dans un métier très capitalistique, comme l'avait décrypté le patron de Fidor, e-banque allemande rachetée par BPCE.

En France, en décembre, la néobanque Morning avait vu sa licence suspendue temporairement après avoir prélevé dans le compte de cantonnement des dépôts de ses clients, suite à des contraintes de trésorerie apparues après un désaccord avec son actionnaire principal, la Maif. La banque du distributeur Leclerc, Edel, est depuis devenue son actionnaire de contrôle.

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