Le cours Wake Up réveille les cadres de la finance tentés par l’aventure startup

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Céline Lazorthes, la fondatrice de la cagnotte en ligne Leetchi, est l'une des intervenantes à la formation Wake Up.
Céline Lazorthes, la fondatrice de la cagnotte en ligne Leetchi, est l'une des intervenantes à la formation Wake Up. (Crédits : Wake Up)
Networking de luxe, apprentissage du code et séance de coaching : "l’école de la Fintech", une formation en six semaines, promet aux cadres de la finance attirés par les taux de croissance des jeunes entreprises qui bousculent les codes du secteur d’acquérir les clés pour sauter le pas.

« Racontez-nous la dernière fois que vous avez pris des risques et pourquoi ? » Ou encore « Si vous aviez le job de vos rêves, à quoi ressemblerait une journée idéale ? » Ce sont quelques-unes des questions posées dans le dossier d'inscription en ligne de Wake Up, qui se présente comme « l'école de la Fintech », cet univers d'entreprises innovantes qui réinventent les services financiers à l'aide des technologies.

Ce n'est pas vraiment une école mais une formation de six samedis consécutifs destinée aux cadres de la finance qui veulent comprendre les enjeux du secteur, qui « cherchent plus de sens et d'aventure », indique Anaïs Raoux, la jeune fondatrice de Wake Up, qui est également déléguée générale de l'association France Fintech. Pas de cours magistral sur la réglementation financière mais beaucoup de témoignages, un panorama des différents marchés et de la chaîne de valeur, des ateliers d'études de cas à résoudre, des séances de coaching et l'apprentissage du code informatique (des notions de base de CSS et de HTML). L'objectif : acquérir les codes de la culture startup, donner les clés pour sauter le pas.

« L'idée est d'aider ces professionnels à créer la carrière de leurs rêves dans la finance. A France Fintech, j'ai été très sollicitée par des gens du secteur qui ne se reconnaissaient plus dans leur job. C'est aussi mon parcours personnel : après trois ans dans l'audit à remplir des tableurs Excel toute la journée, j'ai eu envie d'autre chose, cela a été un long cheminement de deux ans. On peut apprendre beaucoup de choses en suivant un Mooc [cours en ligne, Ndlr], mais changer de carrière est une affaire de rencontre inspirante », nous confie Anaïs Raoux.

Peu de cursus spécialisés

La première « promotion » de quinze élèves, sur près d'une centaine de candidatures, vient juste de boucler son cursus, couronné d'un « certificat », purement symbolique. La formation, qui coûte 2.390 euros, viennoiseries et déjeuners de chef compris, n'est pas diplômante ; la fondatrice a toutefois entrepris les démarches pour obtenir le statut d'organisme agréé, éligible au compte personnel de formation.

Il existe peu de cursus spécialisés dans cette discipline récente : en Californie, la FinTech School propose des cours en ligne thématiques (entre 25 dollars et 99 dollars); à New York, la pionnière Byte Academy propose à la fois d'apprendre le code et la Fintech, en programme intensif l'été (8.000 à 10.000 dollars), à mi-temps ou à temps plein, et bientôt à Singapour et en Inde ; tandis que le prestigieux MIT a créé un cours en ligne certifiant "Fintech, l'avenir du commerce" (à 2.600 dollars). L'école de commerce française ESCP a organisé l'hiver dernier un cours certifié sur deux jours avec Fintech Circle sur son campus de Londres.

Wake Up repose beaucoup sur le networking de luxe : « 80% du programme consiste en des rencontres d'entrepreneurs pour avoir une vision à 360° de cet univers », indique la directrice. Les « profs », non rémunérés, sont la fine fleur de la Fintech française, à l'image de Céline Lazorthes, la fondatrice de la cagnotte en ligne Leetchi, qui héberge gracieusement les sessions du samedi dans ses locaux du 9e arrondissement, d'Olivier Goy, le cofondateur de la plateforme de prêts participatifs aux PME Lendix, ou de Hugues Le Bret, le cofondateur de Compte Nickel, dont la BNP a récemment annoncé le rachat.

Un vivier de talents pour les startups

Ces ambassadeurs de la Fintech viennent aussi chercher de futurs talents à recruter, car le secteur embauche, pas seulement des stagiaires, des profils confirmés aussi, notamment sur les sujets de conformité. Les élèves de la promo "pilote" étaient des cadres de 35 ans en moyenne (40% de femmes), ayant environ huit ans d'expérience (le minimum requis est de cinq ans), venus de la banque privée, de la gestion d'actifs ou du private equity, « tous en poste et en transition, qui voient la Fintech comme un secteur d'avenir, porteur d'une approche plus juste et transparente de la finance », fait valoir Anaïs Raoux.

« Certains élèves vont devenir entrepreneurs, on les accompagne dans leur « POC » [proof of concept, démonstration de faisabilité], d'autres rejoindront des Fintech à des postes stratégiques, d'autres retourneront dans leur entreprise pour monter un projet intrapreneurial », prédit la directrice de Wake Up, qui entend assurer un suivi.

Les futurs dynamiteurs de la banque de demain peut-être, sachant que de nombreux fondateurs de Fintech ont un passé de banquiers ou de consultants dans la finance.

« Il y a eu un déclic », témoigne ainsi un participant dans la vidéo de présentation.

Les inscriptions viennent d'ouvrir pour la nouvelle session qui se tiendra du 10 juin au 15 juillet.

Women For Future

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