Le PayPal chinois casse sa tirelire pour s’offrir MoneyGram

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Alipay, le système de paiement en ligne du géant chinois Ant Financial, compte plus de 450 millions d'utilisateurs actifs dans le monde. La marque MoneyGram et le siège de Dallas, au Texas, seraient conservés après le rachat par Ant Financial.
Alipay, le système de paiement en ligne du géant chinois Ant Financial, compte plus de 450 millions d'utilisateurs actifs dans le monde. La marque MoneyGram et le siège de Dallas, au Texas, seraient conservés après le rachat par Ant Financial. (Crédits : Bobby Yip)
Le bras financier de l’empire de Jack Ma a reçu l’accord unanime du conseil de l’entreprise américaine pour son offre de rachat à 1,2 milliard de dollars. Ant Financial a augmenté de 36% son OPA en cash pour contrer l’offre opportuniste de l’américain Euronet.

La seconde offre sera-t-elle la bonne ? Le bras financier de l'empire du tycoon chinois de l'e-commerce Jack Ma, Ant Financial, a amélioré de plus d'un tiers son offre de rachat de l'entreprise texane de transfert d'argent MoneyGram, à raison de 320 millions de dollars de plus, soit 1,2 milliard en cash. Le conseil d'administration de MoneyGram, le numéro deux mondial du marché derrière Western Union, a approuvé à l'unanimité cette offre amendée par rapport à la précédente de fin janvier, qu'il avait déjà acceptée. C'est 190 millions de plus que la surenchère non sollicitée de l'américain Euronet en mars dernier.

L'action MoneyGram a bondi de 7,75% lundi, cotant juste au-dessous des 18 dollars par action proposés par Ant Financial, reflétant une certaine confiance du marché dans l'issue du deal.

Maintien de la marque et du siège texan

Le patron de la branche internationale d'Ant Financial, Doug Feagin, un ancien banquier de Goldman Sachs, insiste dans un communiqué commun :

« Nous nous engageons totalement à conserver la marque MoneyGram qui a gagné la confiance de millions de clients. En intégrant Ant Financial, MoneyGram aura accès à des ressources pour améliorer sa technologie, ses systèmes et ses programmes de conformité et de lutte contre le blanchiment d'argent. »

En tant que « filiale indépendante » d'Ant Financial, MoneyGram conservera « sa marque, son équipe de direction, son infrastructure informatique et son siège à Dallas, au Texas », martèlent les deux groupes, afin d'apaiser les craintes d'un engloutissement total du système de transfert d'argent américain, très déployé dans les pays émergents, au profit de la marque Alipay d'Alibaba, qui compte plus de 450 millions d'utilisateurs.

Protectionnisme à géométrie variable

MoneyGram indique dans le communiqué conjoint avoir reçu le 14 avril une offre formelle engageante d'Euronet à 15,20 dollars par action, « pas supérieure à l'offre amendée » d'Ant Financial. Egalement implanté au Texas, Euronet avait déjà par deux fois tenté de racheter son concurrent. Il a déposé une contre-offre jugée opportuniste et mené une intense campagne de lobbying contre son rival chinois : il avait notamment brandi l'argument de la sécurité des données et du patriotisme économique, soulignant que sa proposition n'avait pas besoin de l'approbation du Comité pour l'investissement étranger aux Etats-Unis (CFIUS).

MoneyGram et Ant Financial assurent qu'ils ont accompli « des progrès importants en vue de l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires » au bouclage de l'opération, toujours envisagé au second semestre. Le passage au CFIUS de ce projet de rachat majeur par un groupe chinois aura valeur de test sous la nouvelle administration Trump au discours protectionniste à géométrie variable.

« Nous avons fait des progrès spectaculaires dans notre relation avec la Chine », avait déclaré Donald Trump à l'issue de sa première rencontre officielle avec le président chinois Xi Jinping début avril.

Une assemblée générale extraordinaire des actionnaires de MoneyGram est convoquée le 16 mai. Les premiers actionnaires de l'entreprise, notamment le fonds Thomas H. Lee Partners représentant en tout 46% des droits de vote, se sont engagés à voter en faveur de ce rachat, « qui sert au mieux les intérêts des différents parties prenantes de MoneyGram ».

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