Les Etats-Unis vont accorder des licences bancaires aux Fintech

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Ces startups devraient aussi avoir des procédures de contrôle et de risques adéquates, des capitaux et liquidités solides et des mesures de protection des consommateurs, énumère le régulateur.
Ces startups devraient aussi avoir des procédures de contrôle et de risques adéquates, des capitaux et liquidités solides et des mesures de protection des consommateurs, énumère le régulateur. (Crédits : DR)
Les Etats-Unis vont commencer à accorder des licences bancaires aux plateformes de prêts en ligne et autres startups financières, une façon de réguler cette finance parallèle en plein boom depuis la crise de 2008.

Les Etats-Unis vont commencer à accorder des licences bancaires aux plateformes de prêts en ligne et autres startups financières, dites Fintech (contraction de finance et technologies), offrant trois activités  - dépôts, chéquiers et prêts. Ces startups ne sont pour l'heure pas soumises à un contrôle strict, même si les plateformes de prêts doivent s'enregistrer auprès du gendarme de la Bourse, la SEC, et des Etats dans lesquels elles opèrent. Mais pourront dans les prochains mois solliciter une licence si elles le souhaitent, a indiqué vendredi le régulateur bancaire fédéral OCC. Elles devraient aussi avoir des procédures de contrôle et de risques adéquates, des capitaux et liquidités solides et des mesures de protection des consommateurs, énumère le régulateur.

Pour rappel, les Fintech, LendingClub en tête, ont bouleversé le secteur bancaire dont elles vampirisent chaque pan d'activité: du transfert d'argent aux crédits en passant par le financement des entreprises, les placements financiers et le courtage. Leur succès attire de nombreux investisseurs qui signent des chèques d'un million de dollars en moyenne en échange d'une prise de participation dans le capital.

L'intérêt du public

"Nous estimons que le faire (leur accorder une licence) est dans l'intérêt du public", explique Thomas Curry, le patron de l'OCC. "Il est clair que les Fintech ont un gros potentiel pour responsabiliser les consommateurs, aider des familles et des entreprises à prendre le contrôle de leurs finances", a-t-il ajouté.

A peine l'initiative annoncée qu'elle suscitait déjà un tir de barrages inhabituel de la part de régulateurs locaux et de petites banques traditionnelles.

"Tout cadre règlementaire fédéral des Fintech tel celui envisagé par l'OCC est irresponsable s'il ignore le rôle historique et l'expertise des Etats dans ce secteur", a fustigé le DFS, le régulateur bancaire de l'Etat de New York, haut lieu de la finance américaine. "Les régulateurs locaux, tel le DFS, sont les mieux placés pour protéger les consommateurs et s'assurer que les fournisseurs de services tels les Fintech vont continuer à fleurir dans un cadre règlementaire approprié", poursuit l'autorité.

Le DFS s'est forgé une réputation de régulateur féroce, prêt à aller jusqu'à brandir le couperet du retrait de la licence bancaire si un établissement ne se plie pas à ses requêtes. Ce fut le cas dans l'affaire de violations d'embargos américains ayant valu une amende record de 8,9 milliards de dollars à la banque française BNP Paribas.

Quels risques ?

"Une licence bancaire pour des Fintech pose des risques pour les contribuables et le système financier", dénonce l'ICBA, le lobby des petites banques américaines, qui veut que les Fintech soient soumises aux mêmes règles de surveillance strictes qu'une banque traditionnelle.

Les différentes parties ont jusqu'au 15 janvier pour soumettre leurs commentaires et critiques à l'OCC avant une application de la décision.

(Avec AFP)

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