Scandale financier : retour sur l’affaire Olympus

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En 2011, le scandale financier qui frappe la firme Olympus fait vaciller le Japon. Sur fond de choc des cultures avec l’Occident, retour en détail sur une manipulation insensée.

La demeure inaccessible des dieux : pendant près d'un siècle, la société Olympus fut digne du nom mythologique qu'elle s'est choisi en 1942, vingt-trois ans après sa création. Au fil des décennies, la firme japonaise, pesant plusieurs milliards de dollars à la Bourse de Tokyo, s'est imposée comme le leader mondial de l'optique de précision (matériel médical et appareils photo). Mais en 2011, l'entreprise fleuron doit redescendre sur terre : sa marque est désormais associée à l'un des plus grands scandales financiers de son temps.

À l'origine, un article de la presse locale révélant le montant de fusions-acquisitions opérées en dépit de toute logique : 700 millions de dollars pour des coquilles vides et presque autant en honoraires pour les intermédiaires. Nommé PDG six mois plus tôt, le Britannique Michael Woodford, qui a gravi tous les échelons de la société, demande des comptes à ses dirigeants, mais se heurte à un mur du silence. Sa ténacité lui vaut un licenciement qui alerte les médias internationaux...

1 milliard d'euros de pertes dissimulées

L'ex PDG d'Olympus est accusé d'avoir joué un rôle central dans le maquillage des comptes de l'entreprise qui avait provoqué un vaste scandale. Deux autres anciens dirigeants de la firme d'appareils photo sont jugés pour des malversations comptables ayant permis de dissimuler 130 milliards de yens (1,07 milliard d'euros) de pertes. Les accusés ont plaidé coupable et présenteront leur défense le mois prochain. Le verdict n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

Le parquet a également requis quatre ans et demi de prison contre un ex-contrôleur de gestion et quatre ans contre l'ancien bras droit de Tsuyoshi Kikukawa. Il a réclamé en outre une amende d'un milliard de yens (8,2 millions d'euros) contre Olympus, poursuivi en tant que personne morale.

Un montant inédit

"Le montant énorme (des dissimulations) est inédit. Cela a sapé la confiance nationale et internationale dans le marché" japonais, a souligné un procureur cité par l'agence Jiji Press. La dissimulation de ces pertes colossales avait permis à la direction de l'entreprise de cacher pendant des années le fiasco d'investissements effectués durant la période de la bulle (fin des années 1980).

Pour rappel, Olympus avait déjà été condamné par le régulateur financier du Japon à près de deux millions d'euros d'amende dans cette affaire révélée en octobre 2011 par son ancien PDG, Michael Woodford. Ce Britannique, premier PDG étranger de la société en 90 ans, avait été renvoyé en octobre 2011 quelques mois seulement après le début de son mandat pour s'être montré trop curieux sur des acquisitions douteuses de sociétés ou d'obscures opérations financières. Il avait peu après tout déballé à la presse. L'ensemble des membres de la direction d'Olympus et du conseil d'administration avaient démissionné quelques mois plus tard.

Un chevalier blanc au pays des samouraïs

Un système opaque, un jeune Occidental prêt à risquer sa vie pour défendre ses valeurs face à l'hostilité ambiante, des révélations fracassantes... : l'affaire Olympus rassemble tous les ingrédients d'un thriller de haut vol. Nourri d'interviews de certains de ses protagonistes (dont Woodford), le documentaire égrène les tenants et les aboutissants de ce dossier explosif, avec un art consommé de la narration. Le film offre ainsi un éclairage direct sur les pratiques d'un Japon à la vision très particulière du capitalisme, entre culture du silence et dilution des responsabilités.

 (source ARTE)

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Commentaires
a écrit le 31/01/2016 à 20:41 :
Petits joueurs...
Réponse de le 02/02/2016 à 2:48 :
Tout petit, petit joueur. C'est vrai que le capitalisme anglo-saxon, lui, est pur...

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