TPE : l'accès au crédit reste difficile

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Les résultats d'une étude portant sur la confiance qui existe entre un dirigeant de TPE et sa banque viennent d'être publiés. La première édition de ce baromètre nous éclaire sur la façon dont les très petites entreprises perçoivent leur conseiller bancaire.
Les résultats d'une étude portant sur la confiance qui existe entre un dirigeant de TPE et sa banque viennent d'être publiés. La première édition de ce baromètre nous éclaire sur la façon dont les très petites entreprises perçoivent leur conseiller bancaire. (Crédits : Dado Ruvic)
Les dirigeants de TPE ont plutôt confiance en leur banque mais cela ne semble pas les aider à obtenir plus facilement des crédits, selon une étude réalisée par la Médiation du crédit, Deloitte et In Extenso.

Quelques jours après l'appel de Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, à La Poste de "devenir le premier prêteur des TPE", une étude* montre que l'accès au crédit a effectivement toujours un air de parcours du combattant pour les plus petites entreprises. Ces très petites sociétés, qui comptent moins de 10 salariés et réalisent un chiffre d'affaires inférieur à deux millions d'euros, sont près de 3,6 millions en France, dont 1,2 million d'auto-entrepreneurs.

Si elles souffrent d'une certaine image de fragilité, ces entreprises recèlent un potentiel non négligeable pour les banques : ce marché est estimé à 7 milliards d'euros de produit net bancaire (PNB) et les encours de crédit aux TPE progressent de 4,7% par an.

Lourdeur administrative

Selon cette étude, publiée mercredi, fruit d'un travail conjoint du Médiateur du crédit, des cabinets Deloitte et In Extenso, un dirigeant de TPE sur deux a fait une demande de crédit auprès de sa banque dans les trois dernières années. Or ils sont 56% à "avoir rencontré au moins une difficulté". Ainsi, ils sont 18,5% à avoir essuyé un refus total et 11,7% un refus "partiel" (un crédit d'un montant inférieur à celui demandé). Surtout, ils sont 33,8% à avoir fait face à "une demande importante de garanties, de cautions personnelles".

La "lourdeur administrative" mais aussi des "délais de réponse trop longs" sont respectivement cités par 29,1% et 28,8% des dirigeants interrogés. Ces obstacles rencontrés par les TPE influent fortement leurs relations avec leur banque. Alors que les chefs d'entreprise n'ayant rencontré aucune difficulté lors de la demande de crédit répondent à 96,6% qu'ils ont confiance dans leur banque, ils ne sont plus que 67,6% à l'exprimer s'ils ont rencontré au moins une difficulté.

Ce chiffre descend même à 44,2% pour les TPE qui ont essuyé un refus de crédit. Un indice qui, selon l'étude, pourrait être amélioré si l'argumentation concernant le refus était mieux développée.

8 dirigeants sur 10 font confiance à leur banque

Ce niveau de confiance dépend fortement de la relation entretenue avec les conseillers. En effet, 39,7% des dirigeants interrogés n'ont connu qu'un seul conseiller depuis trois ans et déclarent faire confiance à ce dernier à plus de 86%. A l'inverse, plus le nombre de conseillers rencontrés augmente, plus le taux de confiance diminue : seuls 58,8% de TPE ayant connu quatre conseillers ou plus estiment avoir confiance en leur banque. Dans l'ensemble, les résultats de l'étude montrent que 80,6% des dirigeants de TPE font confiance à leur banque professionnelle.

Les dirigeants d'entreprise répondent à une très grande majorité qu'ils ont confiance en leur banque

(La confiance des dirigeants de TPE envers leur banque. Source: Deloitte In Extenso)

L'image de la banque et surtout l'accompagnement et le soutien en cas de difficultés sont également des facteurs importants dans cette relation de confiance. Les appels de courtoisie sont ainsi mis en avant, même si environ la moitié des dirigeants (49,2%) seulement déclare avoir reçu un un appel de leur conseiller pour savoir si tout allait bien. Les dirigeants ayant reçu un appel de courtoisie sont plus enclins à alerter rapidement et d'eux-mêmes leur conseiller en cas de difficultés financières (81,1%) ainsi qu'à communiquer leur bilan (53,8%). A l'inverse, si les TPE n'ont pas reçu d'appel de courtoisie, elles sont 47,1% à envoyer leur bilan financier lorsque leur conseiller leur demande. Elles ont 15,9% à attendent longtemps avant de les informer d'éventuels problèmes financiers.

Le manque de compétence ou de suivi de la part de leur conseiller constitue d'ailleurs la première raison pour les TPE de changer de banque (59,8% des sondés), devant le refus de financement (21,4%) et les tarifs (15,2%). Or ils sont 32,1% à déclarer avoir changé d'établissement au moins une fois depuis la création de leur entreprise.

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* Etude réalisée par la Médiation du crédit, Deloitte et In Extenso, avec Moaï et TrustInside, en interrogeant 4.372 dirigeants de TPE dont 70,8% n'ont aucun salarié en mars 2017 et en organisant 4 tables rondes avec des chargés de clientèle bancaire.

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a écrit le 08/07/2017 à 23:20 :
"manque de compétence ou de suivi de la part du conseiller", tout est dit ! Le problème, c'est que le conseiller ne conseille pas, mais suit à la lettre les consignes de son chef (qui n'est pas plus compétent que lui) et qu'en finale personne ne se mouille par peur d'être viré. Ces gens-là pourraient facilement être éliminés sans que personne n'y voit la différence :-)
a écrit le 08/07/2017 à 9:55 :
Le souci principal, les choses évolues tellement vite, on a moins de visibilité qu'autrefois .... même les banquiers sont perdus, réduction des effectifs en cours !
a écrit le 07/07/2017 à 20:30 :
"Les dirigeants de TPE ont plutôt confiance en leur banque ..."

Ca dépends quels indicateurs RéELS l'on observe et l'on prends en compte ?

Augmentation des grandes défaillances et des retards de paiement

Même si la trésorerie accumulée par les sociétés non financières a atteint un nouveau record, les retards de paiements restent particulièrement élevés et les défaillances de grandes entreprises augmentent...

http://www.eulerhermes.fr/mediacenter/actualites/Pages/defaillances-tresorerie-delais-de-paiement-2017.aspx

Qu'en pensent Mrd Lemaire Bruno Ministre de Philippe Edouard collaborateur de Macron ?

Peu leur importe ils ne prennent aucune décision, aucune mesure
Réponse de le 08/07/2017 à 10:03 :
"Ca dépends quels indicateurs RéELS l'on observe et l'on prends en compte ?
" .... le problème, c'est que la réalité de ces indices est tres courte maintenant !
a écrit le 07/07/2017 à 8:30 :
Lorsque le projet est sérieux et le dossier bien établi et argumenté , il n'existe aucune raison pour une banque de refuser le dossier. Par contre, malheureusement de nombreux dossiers présentés ne sont pas recevables par manque de préparation et trop aléatoires et la réponse ne peut être que négative.
Réponse de le 07/07/2017 à 17:13 :
Ironique vous êtes !
Les banques ne portent pas d'analyse réelle et souvent pertinente des dossiers justement et quand l'entreprise en a besoin elles sont quasi absentes et reviennent dire bonjour pour récupérer le client quand tout va... c'est à en pleurer pour l'avoir testé plusieurs fois... au bout de 3 anse n'ai plus besoin de relais sur la tréso !!!
La clé est que les interlocuteurs qui nous sont proposés n'ont souvent pas un niveau bien élevé et ils se rattachent à des chiffres dont ils n'ont pas la maitrise....
Un exemple ?
Pour avoir travaillé chez le leader du secteur, les entreprises dans leurs premières années quelques soient leurs résultats ont une note basse... or cette note sert à l'analyse pour qui ne regarde pas le marché etc... donc si elle est basse vous n'avez accès à rien...
Je me suis même "amusé" un jour à convoquer ma banque devant le médiateur pour tester le nouveau dispositif... déjà une flèche de la Banque de France comme conseiller c'est un vrai challenge... mais la réaction de ma banque l'a même elle laissée pantois... tout était au vert... une demande de 3 000 de découvert sur un compte ou le flux est de 45 000/mois etc... mais non j'aurai accès au découvert quand mon flux de tréso sera positif... donc je n''en aurai plus besoin ??? etc...
En résumé à part quand vous êtes établis et donc pour partager le fruit des % à engranger sur votre tréso à placer une banque ne sert pas à grand chose et quel petit niveau côté conseil...
Réponse de le 08/07/2017 à 22:32 :
@ kermao1800.
Je n'arrive pas à vous suivre dans vos raisonnements .
De quel secteur parlez vous ?
Un flux de trésorerie de 45k€ créditeur ne veut pas dire grand chose , vous devez collecter de la TVA .. Et donc une restitution , quel est le FR et BFR de la société au moment de la demande de financement court terme et donc le calcul de la trésorerie ? Si elle est négative je peux comprendre votre banquier de l époque . La trésorerie est sous la responsabilité du gérant & associes non de la banque .
Merci de vos précisions pour éclairer votre analyse qui me semble bien légère .
a écrit le 07/07/2017 à 8:30 :
Lorsque le projet est sérieux et le dossier bien établi et argumenté , il n'existe aucune raison pour une banque de refuser le dossier. Par contre, malheureusement de nombreux dossiers présentés ne sont pas recevables par manque de préparation et trop aléatoires et la réponse ne peut être que négative.
a écrit le 07/07/2017 à 8:27 :
Ce n'est pas l’accès au crédit qui est difficile, c'est son utilité!

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