Un fonds pour détecter les pépites Fintech lancé par Truffle Capital

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La néobanque PayTop fait partie des startups incubées chez Truffle Capital qui compte investir dans une douzaine d'autres Fintech et Insurtech dans les cinq prochaines années.
La néobanque PayTop fait partie des startups incubées chez Truffle Capital qui compte investir dans une douzaine d'autres Fintech et Insurtech dans les cinq prochaines années. (Crédits : PayTop)
Plus connue dans la santé, la société de capital-investissement, présidée par Patrick Kron se diversifie dans la finance. Après le lancement d'un incubateur Fintech en juin 2015, elle lève un fonds dédié de 150 millions d'euros.

« Demain, tout le monde utilisera une Fintech », prédit Bernard-Louis Roques, le cofondateur et directeur général de Truffle Capital. La société de capital-investissement parisienne, qui s'est fait plutôt connaître dans la santé (elle est notamment actionnaire du concepteur du cœur artificiel Carmat), ne veut pas rater ce virage du bouleversement de la finance par la technologie. Après avoir lancé un incubateur Fintech en juin 2015, la société présidée depuis octobre dernier par l'ex-Pdg d'Alstom Patrick Kron crée un fonds spécialisé Fintech et Insurtech : elle espère lever 150 millions d'euros, auprès d'institutionnels, de grandes entreprises, notamment de la banque et de l'assurance, et de family offices autour de ce Truffle Financial Innovation Fund d'une durée de dix ans.

Créé en 2001, Truffle Capital n'est pas le nom le plus connu de l'écosystème Fintech : il est classé dixième dans la liste des fonds les plus actifs dans les entreprises françaises de ce jeune secteur (loin derrière Kima Ventures, le fonds d'amorçage de Xavier Niel, et Partech Ventures). La société de gestion indique avoir « réalisé son premier investissement dans la Fintech il y a quatre ans » : il s'agit en fait d'un éditeur de logiciels de sécurité, DenyAll, à l'origine incubé au sein de la Société Générale, plus qu'une pure Fintech. L'entreprise vient d'être vendue en décembre au groupe allemand Rohde & Schwarz Cybersecurity pour 37 millions d'euros, « avec un retour de 3,4 fois sur notre investissement », se félicite la société de capital-investissement.

Du paiement au crowdlending

Truffle possède également des participations dans PayTop, qui a évolué de « modeste Western Union digitalisé » en néobanque avec une carte prépayée Mastercard multidevises pour étudiants, voyageurs ou expartiés, dans le site prêt participatif aux TPE Credit.fr, dans Smile & Pay, qui a conçu un lecteur low-cost de cartes bancaires pour les indépendants, et dans Wizypay, qui a développé une solution de dématérialisation des cartes et chèques cadeaux. Toutes sont hébergées dans les locaux de Truffle dans le chic VIIIe arrondissement.

Gérant 750 millions d'euros via divers fonds institutionnels et des véhicules pour personnes physiques, Truffle Capital se targue d'avoir du flair pour détecter les futures pépites et de participer à la co-création des entreprises, puis de les accompagner jusqu'à une sortie industrielle ou une introduction en Bourse (Abivax et Theradiag dans la biotech).

« Notre mise est progressive, nous démarrons avec un tout petit ticket, de 30.000 euros ou quelques centaines de milliers d'euros, nous avons parfois 80% à 90% du capital, puis nous sommes progressivement dilués et nous continuons à participer aux tours de table. Nous sommes entrepreneurs-investisseurs, c'est un modèle très différent du capital-risque ,» a insisté Patrick Kron, ce lundi lors d'une présentation à la presse.

Avec son fonds Fintech, Truffle compte investir des tickets compris entre 5 à 20 millions d'euros dans 12 à 15 nouvelles sociétés développant des « technologies de rupture », autour du big data et de la BlockChain, en France, mais pourquoi pas aussi des Britanniques souhaitant privilégier le marché unique après le Brexit. La société d'investissement n'a pas encore fait émerger de leader de son secteur comme Lendix dans le crowdlending ou Compte Nickel dans la néobanque, mais elle a l'ambition de « construire les nouveaux champions ».

« Nous aurons de nouveaux usages qui vont se répandre comme une traînée de poudre », prédit Bernard-Louis Roques. Et beaucoup de Fintech seront acquises par des banques ou des assurances dans les années qui viennent. »

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Commentaires
a écrit le 20/03/2017 à 17:35 :
Pauvre France le pays de mon enfance!!! On n'a que 39 pendant ce temps les USA 531 la Chine 119 HK 57 sans compter nos voisins allemands et des perfides d'Ablbion etc. Tout fout le camps jhe vous le dis

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