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Le luxe se niche aussi dans les téléviseurs. L'allemand Loewe (1.000 salariés) et le danois Bang & Olufsen (B&O, 2.000 salariés) semblent avoir trouvé leur voie pour résister au déferlement de TV à écrans plats à prix cassés en provenance d'Asie. Leur recette ? Faire du téléviseur un produit de luxe en utilisant des matériaux nobles (aluminium), en soignant le design et en intégrant les technologies les plus avancées. "Nous sommes positionnés sur un micro-marché, le très haut de gamme, qui nous préserve de la concurrence asiatique : quand la conjoncture est mauvaise, on résiste bien, mais quand les ventes de produits électroniques reprennent, on le sent moins", résume Rubén Aguilera, directeur des ventes de B&O pour la France.
Les téléviseurs représentent 60% des ventes de l'entreprise danoise, fondée en 1925, à côté des enceintes et des systèmes audio. Le prix moyen d'un téléviseur est de 6.000 euros, avec une entrée de gamme à 4.000 euros pour un 32 pouces. "Il faut comprendre que le prix n'est pas un frein pour notre clientèle, d'autant qu'ils achètent souvent une solution complète incluant le home cinéma et des enceintes adaptées", poursuit-il.
Chez Loewe, on retrouve ce design épuré et discret. Mais le positionnement est sensiblement plus axé sur l'innovation technologique. L'entreprise bavaroise créée en 1923 a conclu des accords de R&D avec des universités et des centres de recherche allemands qui lui ont permis de commercialiser très tôt les principales innovations que connaît aujourd'hui le secteur : enregistreur numérique intégré, écrans 3D ou TV connectée.
Pas de grande distribution
Pour ces deux orfèvres de l'écran plat, pas question de se fondre dans les linéaires de la grande distribution. Seule la distribution sélective reste viable. "Dès 1985, les dirigeants de Loewe ont pris conscience de la menace de l'électronique grand public japonaise. Les Grunding, Telefunken et autres Saba n'ont pas voulu sortir de la distribution de masse : ils ont disparu dans la bataille", observe Laurent Freysz, directeur général de Loewe France. En Europe, plus de 3.000 revendeurs agréés commercialisent les téléviseurs de l'entreprise avec un cahier des charges très strict : formation des vendeurs par Loewe, agencement des magasins imposé et livraison et installation obligatoire. B&O dispose aussi d'un réseau d'un millier de revendeurs indépendants et pourrait à l'avenir se lancer dans la vente en ligne.
Les deux entreprises ont gardé leurs centres de production en Europe : une seule usine en Bavière pour Loewe et deux sites (au Danemark et en République tchèque) pour B&O. La majorité des composants électroniques sont importés d'Asie, à commencer par les dalles LCD : "on s'approvisionne soit chez Panasonic pour la qualité de la haute définition, soit chez Samsung pour nos téléviseurs en relief, détaille Rubén Aguilera. Dans nos usines, nous imprimons notre savoir-faire sur l'habillage en aluminium des téléviseurs et sur la partie logicielles pour gérer l'affichage et les fonctions multimédias." Loewe achète ses dalles chez Samsung et chez Sharp, qui détient 28% du capital de l'allemand depuis 2004.
Les deux fabricants de téléviseurs ont traversé la crise sans trop de dommages. En 2010, Loewe a enregistré un chiffre d'affaires de 307 millions d'euros et une perte de 7 millions. Pour 2011, l'allemand vise un retour à l'équilibre. Il écoule 280.000 télévisions par an dont 15.000 en France. Son concurrent danois (360 millions d'euros de chiffre d'affaires, une perte de 5 millions) table lui aussi sur un retour à l'équilibre pour l'exercice en cours sur des volumes qui demeurent très modestes.
Tonio Delavega a écrit le 16/07/2011 à 20:13 :
3000 salariés en tout pour du repackaging de dalles asiatiques ... a des prix horribles pour des un nombre de client ultra limité ... ouaip ...c'est bien certes .....
jean a écrit le 16/07/2011 à 09:29 :
Dans votre article vous reconnaissez vous même que ces constructeurs de TV ne fabriquent pas leurs dalles, cela signifie qu'ils ne possèdent plus la technologie pour fabriquer leurs TV !!! La bataille semble perdue.
Benoit a répondu le 18/07/2011 à 22:40 :
Faire les dalles demande des investissement extraordinairement élevé. Savez vous que Sony et Samsung on une usine en commun !!! Il n'y aura plus que 3 ou 4 fabricants de dalles LCD dans un horizon proche. Le traitement électronique de l'image est lui bien plus a la porté de nombre d'entreprises et c'est lui qui fait une grande partie de la différence.
yann a répondu le 19/07/2011 à 15:55 :
C'est du pur marketing: ce que cette niche de clientele paye, ce n est pas une technologie plus avancee, mais tout simplement le fait d avoir une tv que seul 1% de la population a les moyens de se payer...
Marc a répondu le 25/07/2011 à 15:18 :
Ecoutez une TV B&O et revenez dire que technologiquement ce n'est pas meilleur. Il n'y a que 3 ou 4 fabricants de dalle à l'heure actuelle, mais l'électronique de traitement est encore un savoir faire que chaque marque (même petite) peut maîtriser à sa façon pour faire la différence.
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Ecoutez une TV B&O et revenez dire que technologiquement ce n'est pas meilleur. Il n'y a que 3 ou 4 fabricants de dalle à l'heure actuelle, mais l'électronique de traitement est encore un savoir faire que chaque marque (même petite) peut...
par Marc le 25/07/2011 à 15:18
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le philanthrope a écrit le 19/07/2011 à 09:45 :
Nous assistons là àl'effet pervers de la mondialisation. la finalité de cette économie étant que seuls les plus forts survivront. Alors certains, en occident se croyent intouchables grâce à leur technologie. Le calcul n'est pas tout à fait juste. La main d'oeuvre reste encore un vecteur important de la prise de marchés; A ce jeu là nous risqu'on non seulement d'être rattrapés, mais trés bientôt dépassés. Quant aux européens qui tentent de résister, les moyens qu'ils utilisent sont pernicieux et donc voués à être avalés. Concerver le nom d'une compagnie ne signifie pas en avoir le bénéfice, c'est une lapalissade, toujours bon à rappeler.