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Dossier Lagardère - 25/07/2011 | 08:16 - 348 mots

Lagardère et EADS : "Je t'aime moi non plus"

Sa relation avec le groupe aéronautique et militaire, dont il détient 7,5 %, est très ambiguë.

Bien avant la mort de son père, Arnaud Lagardère avait clamé déjà sa différence en souhaitant que Lagardère sorte d'EADS. C'est donc une relation dépourvue « d'affectio societatis » qu'il entretient depuis avec ce groupe, dont il détient 7,5 %. Sauf que l'histoire est un peu plus compliquée à gérer pour Arnaud Lagardère comme le rappelle un observateur, qui « sert ses intérêts avant de servir les intérêts généraux », à l'image de son père, qui a sauvé Matra en créant EADS. Car aujourd'hui encore, ce groupe pilier de la souveraineté nationale aussi bien en Allemagne (Eurofighter) qu'en France (missiles balistiques) fait office de « poison pill » pour le groupe de médias d'Arnaud Lagardère qui a découragé avec efficacité jusqu'ici les OPA hostiles.

L'homme idéal

Ce temps béni est sur le point de s'achever avec les bouleversements annoncés chez EADS. En mai 2012 d'abord, avec le changement de mode de gouvernance, après l'élection présidentielle ensuite, avec la fin du pacte d'actionnaires entre Lagardère et l'État français. Ce dernier étudie une solution pour protéger ses intérêts au sein d'EADS. C'est pour cela qu'Arnaud Lagardère exige, conformément aux accords franco-allemands de 2007, la présidence du conseil d'administration d'EADS en mai 2012... Le fils de Jean-Luc Lagardère, qui a refusé de mettre à la tête du « board » Dominique D'Hinnin - un signe qui aurait pourtant été jugé positif par les marchés -, continue en effet de croire qu'il est l'homme idéal pour redresser le cours d'EADS, qui se traîne à 24-25 euros. « Il est très orgueilleux pour le croire et réussir », veut-on croire chez EADS. Reste à en convaincre les marchés, qui n'aiment vraiment pas les dérapages dans la communication des groupes et de leur patron. Ce qui est sûr, c'est qu'Arnaud ne sortira d'EADS qu'une fois porté à la tête du « board » et que l'A350 aura résolu ses problèmes de développement, fin 2012, début 2013. Alors « le dossier sera examiné avec l'Élysée, seul à pouvoir négocier tous les paramètres, y compris les intérêts patrimoniaux d'Arnaud Lagardère », confirme-t-on à « La Tribune ».

Michel Cabirol - 25/07/2011, 08:16  | 
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