La fintech Payname invite la Maif dans son capital

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La fintech veut aller vers un modèle de véritable banque en ligne collaborative, et non pas vers une simple couche de marketing sur des services financiers.
La fintech veut "aller vers un modèle de véritable banque en ligne collaborative, et non pas vers une simple couche de marketing sur des services financiers." (Crédits : DR)
La startup toulousaine, spécialisée dans les paiements entre particuliers, vient de boucler une levée de fonds de 5 millions d’euros. Dont 4 millions sont apportés par la mutuelle niortaise Maif, qui fait ainsi une entrée plus que remarquée dans l’actionnariat de Payname.

Payname passe à la vitesse supérieure. Après deux premières levées de fonds de 300.000 euros chacune, cette startup toulousaine, spécialisée dans les technologies financières (fintech), annonce ce jeudi 10 septembre un nouveau tour de table, de 5 millions d'euros cette fois.

Sur cette somme, un total de 1 million d'euros est apporté, à parts peu ou prou égales, par Bpifrance, la région Midi-Pyrénées et La Dépêche du Midi. Si la Banque publique d'investissement et la région sont de vieilles connaissances pour Payname, le groupe de presse fait en revanche son entrée parmi les actionnaires de la fintech.

La Maif est également une nouvelle venue dans le capital de Payname, mais, en apportant la coquette somme de 4 millions d'euros, c'est-à-dire le solde - et l'essentiel - de cette levée de fonds, on peut dire que la société d'assurance mutuelle fait une arrivée en fanfare.

Il s'agit plus exactement de "Maif Avenir", une toute nouvelle structure d'investissement lancée le 6 juillet par la mutuelle niortaise. Cette société d'investissement, « 100% Maif », dispose d'une capacité d'investissement de 125 millions d'euros, pour la période 2015-2018. Son objectif : « mieux comprendre le digital et développer de nouveaux services pour les sociétaires », en finançant des startups des secteurs du numérique et de "l'économie collaborative".

Faciliter les paiements entre particuliers

C'est sur ce dernier créneau que Payname opère, depuis sa création en 2013. « Nous cherchions des actionnaires très stables, avec des moyens conséquents, susceptibles de nous accompagner dans la durée car nous voulons aller vers un modèle de véritable banque en ligne collaborative, et non pas vers une simple couche de marketing par-dessus des services financiers », explique Eric Charpentier, fondateur et Pdg de Payname. Une allusion à peine voilée aux banques traditionnelles, sur le terrain desquelles la fintech a bien l'intention de se positionner.

"De nombreuses pratiques collaboratives ne sont pas encore adressées par les banques. Nous, nous voulons nous adapter aux nouveaux usages des consommateurs", insiste Eric Charpentier.

Concrètement, Payname, qui compte 25 collaborateurs, a pour vocation de faciliter les paiements entre particuliers, notamment dans les services à la personne.

Qu'il s'agisse de régler une baby-sitter ou un jardinier, tout détenteur d'un compte Payname pourra rétribuer immédiatement son employé via la plateforme Internet, déclarer celui-ci à l'Ursaff dans la foulée et imprimer son reçu fiscal. La startup s'est également alliée à des sites de commerce électronique entre particuliers comme Le Bon Coin, afin de permettre à leurs utilisateurs de bénéficier d'avantages similaires à ceux des e-marchands professionnels, tels que le paiement en trois fois sans frais ou le règlement à la livraison du colis. Enfin, depuis le début de l'année, Payname exerce aussi une activité de cagnotte en ligne, permettant à un groupe de personnes de collecter de l'argent pour financer le pot de départ en retraite d'un collègue ou le cadeau d'anniversaire d'un ami.

20.000 utilisateurs réguliers pour l'offre grand public gratuite

Tous ces services destinés au grand public, qui bénéficient déjà à 20.000 utilisateurs réguliers, sont gratuits. A l'inverse, l'offre ciblant les associations, autoentrepreneurs et autres professionnels, qui revendique actuellement 200 comptes, est payante, Payname facturant la conception de pages de paiement personnalisées.

Autre source de revenus, l'encaissement pour le compte de places de marché (marketplaces). Dix d'entre elles utilisent actuellement le module de paiement de Payname, et de 20 à 30 places de marché supplémentaires sont en phase d'intégration.

En effet, depuis le mois de mars, les marketplaces n'ont plus le droit de recevoir directement les paiements des acheteurs. Il leur faut désormais passer par l'intermédiaire d'un prestataire bénéficiant de l'agrément d'établissement de paiement. Ce qui est le cas de Payname, depuis cet été.

Cet agrément délivré par l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) est d'ailleurs en partie à l'origine du tour de table de 5 millions d'euros :

« Cette levée de fonds a pour objectifs de rassurer l'ACPR et de financer le renforcement des métiers liés à la réglementation bancaire. Nous projetons une dizaine de recrutements dans les tout prochains mois et nous aurons doublé de taille dans un an », indique Eric Charpentier.

L'équilibre financier de Payname est, lui, prévu d'ici deux à trois ans.

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Commentaires
a écrit le 10/09/2015 à 0:18 :
Belle start-up Fintech et prometteuse, avec maintenant une signature d'actionnaire reconnue et stable! À suivre ...

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