Les biocarburants plus nocifs que le diesel ?

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Jusqu'à 6,7 millions d'hectares de forêts et prairies pourraient être indirectement remplacés par des cultures destinées à la production d'agrocarburants.
Jusqu'à 6,7 millions d'hectares de forêts et prairies pourraient être indirectement remplacés par des cultures destinées à la production d'agrocarburants. (Crédits : Reuters)
Un rapport enterré pendant plusieurs mois par la Commission européenne confirme le mauvais bilan carbone des biocarburants de première génération, parfois pires que le diesel.

La politique européenne en matière de biocarburants fait à nouveau parler d'elle. Depuis que la directive 2009/28 relative aux énergies renouvelables (publiée en 2009)  stipule que les Etats membres de l'Union européenne doivent atteindre en 2020 au moins 10% de renouvelables dans la consommation énergétique finale des transports, les biocarburants n'en finissent pas de faire des vagues. En effet, étant donné le développement embryonnaire de la voiture électrique, il est vite apparu qu'ils constituaient le principal moyen d'atteindre ce taux. Malheureusement, le bilan carbone des agrocarburants de première génération (produits à partir de denrées agricoles telles que colza, maïs, canne à sucre, tournesol, huile de palme, blé...) fait débat depuis des années, en raison, notamment, d'un phénomène affublé de l'acronyme barbare de CASI, pour "changement d'affectation des sols indirect".

Disparition de puits de carbone naturels et famines

De quoi s'agit-il ? Le changement direct d'affectation des sols est assez simple à concevoir : on utilise des terres autrefois vierges (prairies, forêts...) pour y faire pousser des plantes utilisées dans la production de biocarburants, ce qui provoque la disparition de puits de carbone naturels. Aussi, malgré la meilleure performance des agrocarburants lors de la phase de combustion, le bilan sur la totalité du cycle de vie est médiocre, voire, dans certains cas, plus mauvais que pour des carburants conventionnels de type diesel.

Mais le même phénomène se produit également, quoique de façon indirecte, lorsque ces plantations remplacent non pas des terres vierges mais des cultures agricoles. En effet, cela signifie que celles-ci devront être cultivées ailleurs, et potentiellement sur des terres autrefois vierges, donc avec le même effet en termes de bilan carbone. En outre, l'utilisation de denrées agricoles pour la fabrication de carburants est accusée de faire grimper les prix et de participer à des phénomènes de famine dans certaines régions du monde.

Protéger les investissements des industriels

Rien de tout cela n'est très nouveau, et plusieurs études ont été dédiées à ces sujets depuis la parution de la directive en 2009, notamment par le International Food Policy Research Institute (IFPRI) en 2011. C'est pourquoi, dès 2012, la Commission proposait de plafonner à 5% le taux d'incorporation des biocarburants de première génération à l'horizon 2020, avant de relever en avril 2015 ce plafond à 7%, dans le souci de préserver les investissements consentis par les industriels. En parallèle, aucun objectif n'est fixé concernant les agrocarburants de deuxième et troisième génération (fabriqués à partir de micro-algues ou de déchets divers), n'entrant pas en concurrence avec les denrées agricoles et n'exerçant pas de pression sur les terres.

Un bilan carbone deux à trois fois plus mauvais que celui du diesel

Mais cette dernière étude confiée à Ecofys, qui chiffre précisément l'impact de l'huile de palme ou de soja en équivalent CO2, montre qu'en prenant en compte l'effet du changement d'affectation des sols, leur bilan carbone est deux à trois fois plus mauvais que celui du diesel ! Ses conclusions sont nettement plus clémentes pour l'éthanol, fabriqué à partir de biomasse cellulosique ou de sucre et d'amidon.

Autre résultat chiffré : jusqu'à 6,7 millions d'hectares de forêts et prairies pourraient être indirectement remplacés par des cultures destinées à la production d'agrocarburants, ce qui correspond à 1 milliard de tonnes d'équivalent CO2.

Une étude enterrée par la Commission ?

C'est sans doute pour cette raison que la Commission a reporté de plusieurs mois la publication de cette étude, pour la repousser après la fin de la période de consultation publique sur la directive « énergies renouvelables » pour 2020-2030, close depuis le 10 février dernier.

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a écrit le 23/03/2016 à 9:41 :
cramer de la bouffe pour faire avancer un 4*4 c'est pas bien? Ah bon?? On nous aurait menti??
a écrit le 23/03/2016 à 7:59 :
Cela est dénoncé depuis le début en particulier par les écologistes . ces carburants n'ont rien de bio il s'agit d'agrocarburants mis en avant par l'agroindustrie pour essayer de redorer son image c'est rayé et coûteux pour la collectivité. Mauvais choix que les gros céréaliers assument ils en ont les moyens!
a écrit le 23/03/2016 à 7:59 :
Cela est dénoncé depuis le début en particulier par les écologistes . ces carburants n'ont rien de bio il s'agit d'agrocarburants mis en avant par l'agroindustrie pour essayer de redorer son image c'est rayé et coûteux pour la collectivité. Mauvais choix que les gros céréaliers assument ils en ont les moyens!
a écrit le 22/03/2016 à 8:41 :
Les biocarburants sont nocifs parce qu'ils utilisent des terres qui pourraient être cultivées pour produire de la nourriture bien plus utile que du carburant pour mettre dans un moteur!
Pour produire des biocarburants, il faut d'abord consommer du gas-oil pour travailler les champs! Utiliser des intrants et des pesticides pour augmenter les rendements! Et finalement consommer de l'énergie pour transformer les plantes en carburant...Dans le seul but de faire avancer une voiture dont le moteur antédiluvien à un rendement désastreux et génère pollution non moins désastreuse! Non-sens.
Réponse de le 22/03/2016 à 22:57 :
Ok : les biocarburants, c'est pas bon !
Le pétrole : ça nous rend dépendant du moyen orient, et c'est non renouvelable;
Le gaz, idem;
Le charbon, pareil mais en plus polluant;
Les panneaux solaires : hyper consommateurs de terres rares;
Les éoliennes : destructrices de paysage (surtout près de chez moi !);
Les centrales marémotrices : entrainent l'ensablement des baies ;
Les barrages hydrauliques perturbent les poissons sur les rivières et entrainent l'inondation de terres fertiles;
Le nucléaire génèrent des déchets quasiment éternels;
Bon, Ben... c'est quoi votre suggestion ???
Et au fait : l'agro industrie produit beaucoup sur peu de terres fertiles, tandis que le bio nécessite une production extensive grosse consommatrice de terres fertiles : à quand la dénonciation de l'agriculture bio par les écolos ???
a écrit le 22/03/2016 à 8:31 :
Rajouté à cela la déforestation, le Brésil est vraiment dans la m... !
a écrit le 22/03/2016 à 7:46 :
Je comprends tout à fait le besoin d'être rémunéré par la publicité. Il serait bien de votre côté de comprendre l'envie de vos lecteurs de lire vos articles sans être interrompus par des pubs qui cache la lecture ou déplace le texte. Sans parler des vidéos qui se lancent toutes seules et attirent inévitablement l'attention au détriment de votre contenu. J'étais prêt à désactiver mon bloqueur de pub pour vous. Je n'ai pas pu tenir plus d'un article. Les efforts doivent être faits des deux côtés. Sinon j'arrêterai tout simplement de lire des articles sur votre site.
Réponse de le 22/03/2016 à 13:25 :
solution : firefox + ghosthery
Réponse de le 22/03/2016 à 16:05 :
Le commentaire de Tred est pertinent et justifié. Je partage entièrement son argumentation. A bon entendeur, salut.

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