La France à l'aube de sa transition énergétique

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(Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
En France, la COP s'est déroulée quelques mois après la promulgation de la loi Royal pour la transition énergétique et la croissance verte, et en pleine élaboration de sa nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE).

Outre l'adoption de l'accord de Paris portée au crédit de la diplomatie française, l'événement aura servi de caisse de résonance pour les acteurs français. Les banques comme les entreprises n'ont pas manqué cette occasion pour faire connaître leurs engagements et les solutions qu'elles proposent pour contribuer à maintenir la hausse des températures sous la barre des +2°C.De leur côté, tout au long de l'année, les ONG ont profité de ce coup de projecteur pour tenter d'influencer les décisions du gouvernement, le sommant de mettre sa politique climatique intérieure en accord avec son rôle de président de la COP. Elles ont également intensifié leur pression sur les acteurs privés pour les pousser à adopter des stratégies compatibles avec l'objectif des 2°C.

Sur ce plan, elles prennent acte des engagements pris en amont et pendant la COP, notamment sur le front du désinvestissement. Depuis le « Business & Climate Summit » organisé à l'Unesco en mai 2015, toutes les banques françaises ont annoncé leur retrait partiel du charbon, dans des proportions et sur des périmètres variables. Parfois assez anecdotiques, à l'image de la Société générale, qui ne prend en compte que les « pays riches de l'OCDE », soit 4 % du marché mondial, observe Lucie Pinson, des Amis de la Terre... Les deux géants français Engie et EDF, dont l'État français est actionnaire et qui opèrent des centrales à charbon à l'étranger, ont également fait des promesses. « Mais quand Engie sort partiellement du charbon, en cédant ses centrales, cela ne résout strictement rien sur le plan climatique », regrette Malika Peyrault, des Amis de la Terre.

Des satisfécits mais une insuffisante visibilité

« Même s'il faudrait aller plus loin et changer complètement de modèle, la COP est un bon point de départ, se réjouit Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Et on a assisté à une promotion mondiale des renouvelables. »

Satisfecit également face aux mesures annoncées en amont de l'événement par Ségolène Royal pour stimuler l'éolien et le solaire français : autorisation unique, prolongation du tarif d'achat dans l'éolien, attribution par appel d'offres de 800 MW de solaire... Quant aux objectifs affichés en novembre dans une présentation partielle de la PPE (24 GW installés en 2018 et de 36 à 43 en 2023), le Réseau Action Climat (RAC) les juge trop timorés pour une France qui reprend quelques couleurs depuis 2014, mais reste en retard sur ses objectifs de 2020. Le SER s'inquiète surtout pour l'éolien offshore posé et les énergies marines, pour lesquels il estime que les objectifs ne suffisent pas à donner une bonne visibilité aux industriels concernés (Alstom/GE, Areva ou DCNS).

Le défit de l'apprentissage des règles du marché

Mais c'est le passage au « complément de rémunération » dans le cadre de la directive européenne sur les énergies renouvelables qui occupe les esprits. Paris a soumis à Bruxelles un projet qui doit permettre d'enseigner progressivement les règles du marché à des acteurs des énergies renouvelables jusqu'ici habitués au mécanisme d'obligation d'achat par EDF. L'apprentissage de la commercialisation représente un défi pour les opérateurs de taille moyenne.

Le RAC craint que cette phase transitoire ne déstabilise la filière et ne rende les banques frileuses.

Mais pour Christine Delamarre, directrice générale d'Unifergie, filiale du Crédit agricole particulièrement active dans le financement de projets de renouvelables via ses caisses régionales, « nous avons une fenêtre de tir de deux ans pour nous adapter au nouveau dispositif, remodéliser et apprendre à évaluer les risques de façon différente, notamment en collaboration avec d'autres marchés européens ».

Une période qui doit permettre à la banque d'accompagner les PME et ETI, celles-là mêmes qui créent des emplois.

« La COP a déjà favorisé l'acculturation de ces sujets par nos clients », se réjouit Christine Delamarre.

La PPE complète détaillant chaque source d'énergie, initialement annoncée avant la fin 2015, devrait être présentée au cours du premier trimestre. Avec un point d'interrogation de taille : comment faire passer la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% aujourd'hui à 50% en 2025 ?

Dans une consommation énergétique globale en baisse, même une part d'électricité accrue à la faveur de transferts d'usages ne suffira probablement pas à y parvenir sans fermeture de réacteurs...

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Commentaires
a écrit le 01/02/2016 à 12:33 :
Tuez notre système productif français d'électricité qui distribue aux foyers l'électricité la moins chère d'Europe au bénéfice d'entreprises étrangères, notamment Général Électrique à qui déjà nos politiques ont déjà vendu notre souveraineté énergétique et militaire s'appelle de la haute trahison ! Triste sire d'Hollande qui a mi la tête de notre industrie sur le billot au Bourget ! Messieurs vous devrez plus tard rendre des comptes devant des tribunaux !
a écrit le 01/02/2016 à 8:29 :
Il est urgent d'organiser un programme de formation et d'information dans le domaine de l'énergie et sa relation avec l'économie pour les particuliers dans le cadre de la formation continue et pour les scolaires.
Réponse de le 01/02/2016 à 12:35 :
Vous aimeriez que l'on vous impose comment vous devez vivre chez vous ?
a écrit le 31/01/2016 à 19:21 :
Quelle stupidité que de dépenser l'argent de nos concitoyens (6 Ma€ en 2016) pour développer des "énergies renouvelables" au nom de la protection du climat, quand l'électricité de notre pays est quasiment totalement produite sans CO2, contrairement à l'Allemagne et la plupart des autres pays européens !!!
Quelle tristesse de voir le lobby de ces énergies (le SER) réclamer à corps et à cris encore plus d'aides financières pour s'engraisser sur le dos de nos concitoyens (+15% de taxes sur nos factures d'électricité en 2015 !!).
En France et grâce aux centrales hydrauliques et nucléaires, nous disposons d'une électricité sûre, propre et surtout beaucoup moins chère que nos voisins (- 40% sous la moyenne des prix européens, deux fois moins cher qu'en Allemagne) : pourquoi nos politiques et surtout les médias continuent-ils à ignorer cette situation favorable, une des dernières chances de relancer notre économie très défaillante ???
Si le gouvernement rose/vert actuel parachève son projet de tuer EDF qui est un fleuron de notre industrie et une entreprise aimée des français, il aura à en rendre compte devant l'Histoire.
Souvenons-nous en.
a écrit le 31/01/2016 à 15:55 :
Que cela va être beau, les côtes bordées d'éoliennes, la campagne couverte des mêmes engins et de panneaux solaires à perte de vue. Il est certain qu'avec le développement de la nourriture chimico-industrielles, nous n'aurons plus besoin de terre cultivable.
Je me demande pour quelles raisons ont ne veux pas développer la géothermie et la pause de panneaux solaires uniquement sur les toits des bâtiments ? Ce n'est pas la panacée, mais, les soi-disant responsables de la mutation énergétique ne voient pas que de plus en plus de clients qui s'intéressent aux panneaux solaires, souhaitent les utiliser pour leur consommation personnelle et secondairement pour revendre l'énergie à Edf, par exemple.
a écrit le 31/01/2016 à 11:06 :
La baisse de consommation mondiale d’électricité est quand même une bonne nouvelle en ce qui concerne l'écologie, la meilleure même il est quand même étrange par contre que je lise cette affirmation pour la première fois grâce à votre article.

Je le soupçonnais fortement, du fait de la chute de la consommation mondiale, mais j'attendais un peu plus d'information concernant ce fait historique, les analystes il y a 10 ans nous disaient que nous allions payer l'essence de plus en plus cher, que la consommation mondiale d’électricité ne cesserait de croître mais au final rien.

Tout comme cette grave crise de 2008 que personne de tout ces gens hyper payés pour nous raconter du vent n'a vu venir, tout comme le fait que le gaspillage de dizaine de milliers de milliards d'euros et de dollars afin de sauver les banques coupables de cette profonde crise dont nous ne sortirons jamais est le point de départ d'une chute mondiale et exponentielle de la consommation des ménages et donc de la croissance.

Yen a un peu marre de tout ces économistes médiatiques payés pour nous raconter ce dont à envie Lémarché et au final dont les prédictions ne valent pas mieux que celles de madame Irma. Quand aurons nous enfin des économistes sains car non compromis avec les milieux d'affaires pour nous parler d'économie ?
Réponse de le 01/02/2016 à 12:38 :
Les habitants des pays dits du tiers monde ont besoin d'avoir une électricité peu chère et abondante pour pouvoir survivre. Si vous adoptez ce modèle de décroissance alors soyez sûr que vous aurez milité pour l'extermination de ces populations !
a écrit le 31/01/2016 à 10:51 :
Comme jusqu'a present le PIB est correle a la consommation d'energie, ce n'est pas demain la veille que l'on consommera de l'energie verte.
Il faut un plan global: une economie plus econome et plus flexible en terme de consomation. On a l'impression que les nouvelles technos sont plus economes, c'est faux un ordinateur est fabrique avec de l'energie puis il est transporte enfin livre avec de l'energie. comme il faut le remplacer tous les 5 ans ... les fermes de donnees consomme enormement d'energie, il est meme envisage de delocaliser les serveurs chez des particuliers pour leur chaufage ... et les cables sous marins ... et l'extraction du cuivre ...
Bref c'est du green washing, le charbon a encore de longs jours devant lui ...

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