La France émettra en 2017 la première obligation souveraine « verte »

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Le marché mondial des obligations vertes, qui ne s'élevait encore qu'à 13 milliards de dollars en 2013, a bondi à 48 milliards de dollars en 2015, et devrait atteindre les 100 milliards cette année, d'après les chiffres de Bercy et du ministère de l'Environnement
Le marché mondial des obligations vertes, qui ne s'élevait encore qu'à 13 milliards de dollars en 2013, a bondi à 48 milliards de dollars en 2015, et devrait atteindre les 100 milliards cette année, d'après les chiffres de Bercy et du ministère de l'Environnement (Crédits : DR)
L'an prochain, la France sera le premier Etat au monde à se lancer sur le marché des « green bonds », ont annoncé vendredi 2 septembre le ministère de l’Environnement et Bercy, confirmant les propos tenus par François Hollande lors de la Conférence environnementale d’avril dernier.

Les « green bonds », ces obligations destinées à financer des projets à vocation environnementale, ne seront bientôt plus seulement l'affaire des institutions publiques et des entreprises. L'an prochain, si bien sûr les conditions de marché le permettent, un premier pays s'essaiera à l'émission de « green bonds », et cet Etat n'est autre que la France. L'Hexagone « confirme son rôle moteur, dans la continuité des ambitions de l'accord de Paris sur le Climat de décembre dernier, en devenant le premier Etat au monde à émettre un emprunt vert », a souligné Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, vendredi 2 septembre, dans un communiqué publié conjointement avec Michel Sapin.

« L'arrivée de l'Etat français sur le marché des obligations vertes permettra d'en accélérer le développement, pour faire de Paris l'une des places financières de référence dans le soutien à la transition énergétique », a complété le ministre de l'Economie et des Finances.

Un engagement de 9 milliards d'euros sur trois ans

Cette annonce est en réalité une confirmation : le 25 avril dernier, dans le cadre de la quatrième Conférence environnementale, le président de la République François Hollande avait indiqué que le pays s'apprêtait à entrer sur le marché des obligations vertes. Dans quelles proportions ? Si le communiqué du ministère de l'Environnement et de Bercy se borne à évoquer « une opération de plusieurs milliards d'euros », celui du WWF France est en revanche beaucoup plus précis, qui mentionne « un engagement concret portant sur 9 milliards d'euros sur trois ans », afin, notamment, de financer les investissements « verts » du troisième Programme d'investissements d'avenir.

L'organisation indépendante spécialisée dans la protection de l'environnement « se félicite » par ailleurs dans un communiqué de cette prochaine incursion de l'Etat français sur le marché des « green bonds. » Cité dans le communiqué, Pascal Canfin, directeur général du WWF France, voit dans cette démarche « deux effets positifs importants. » A commencer par la sécurisation « de 9 milliards de financement public pour la transition écologique, quel que soit le résultat des futures échéances électorales. » Ensuite, la France pourrait faire des émules parmi les autres pays qui réfléchissent à investir le marché des obligations vertes, à l'image de la Chine et du Royaume-Uni.

Un marché en croissance exponentielle

Pour mémoire, le jeune marché des « green bonds » s'est développé à partir de 2007, avec des émissions lancées par des institutions publiques telles que la Banque européenne d'investissement et la Banque mondiale, pour financer des projets ayant trait aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique, entre autres. Plus récemment, des entreprises comme EDF, Air Liquide, Engie et Schneider Electric se sont à leur tour lancées sur ce marché, afin, bien sûr, de financer des projets contribuant à la transition écologique, mais également dans le but de diversifier leur base d'investisseurs.

Les collectivités territoriales sont elles aussi entrées dans la danse, avec, par exemple, les obligations vertes émises en 2012 par les régions Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte d'Azur, pour financer des projets de transports en commun ou de rénovation énergétique de bâtiments. Le marché mondial des obligations vertes, qui ne s'élevait encore qu'à 13 milliards de dollars en 2013, a ainsi bondi à 48 milliards de dollars en 2015, et devrait atteindre les 100 milliards cette année, d'après les chiffres de Bercy et du ministère de l'Environnement. Un développement spectaculaire, qui ne doit pas faire oublier que le marché des obligations vertes pèche encore par son manque de transparence sur la qualification « verte » des projets qu'il doit servir à financer.

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a écrit le 05/09/2016 à 8:31 :
L'ennemi de l'écologie c'est justement la finance parce que l’appât du gain n'a aucune limite alors que les systèmes vivants, si.
Au delà de cette contradiction de base posée et reconnue, un projet ne trouvera un financement extérieur que s'il est rentable qu'il soit vert ou pas, un "green bond" reste un investissement spéculatif.
D'une manière générale, les gadgets financiers et fiscaux à visée écologique sont rarement bons même si l'idée de départ est louable. On se souviendra du marché carbone, marqué par des détournements en milliards, des bonus et malus frappant les véhicules "polluants" alors qu'il suffit de taxer le carburant pour que les consomnateurs régulent eux-même le marché en choisissant des véhicules économes (et la conduite qui va avec).
Réponse de le 05/09/2016 à 14:40 :
Taxer les carburants ne traite que la problématique du transport voire du chauffage mais a un impact sur la consommation puisque presque tout passe par le pétrole du transport à la fabrication. Les obligations vertes permettent par contre de financer des projets qui n'ont la plupart du temps rien de spéculatif mais qui s'autofinancent par la moindre consommation d'énergie ensuite et un impact favorable sur l'environnement. Et il y a d'énormes besoins de financement pour la transition dans le monde entier qui est évidemment un immense travail mais qui a aussi des impacts favorables sur l'emploi. Don c'est un bon investissement qu'il était nécessaire d'aider et même d'ouvrir plus fortement au public. Le problème de la taxation du C02 a été réglé et n'était pas propre au C02 mais à toutes les fraudes possibles comme celle encore plus vaste à la TVA. Cette taxation du CO2 si le prix du CO2 était plus élevé est également une action efficace comme on a pu le vérifier. Donc rien n'est parfait mais ce sont de bonnes solutions globales, même si une plus forte taxation des carburants serait effectivement comme vous le dites une mesure favorable mais elle est limitée en impact et nationale notamment.
a écrit le 03/09/2016 à 23:39 :
Si çà peut permettre notamment le financement de l'amélioration énergétique des bâtiments, copropriétés etc de même que les entreprises d'énergies renouvelables et réseaux de chaleur c'est une excellente chose car la transition ne va pas assez vite.
a écrit le 03/09/2016 à 11:24 :
que la France commence par interdire la chasse avant de parle écologie !! les assassins du dimanche recommencent à nous empêcher se sortir dans les champs et bois avec nos enfants de peur de se faire abattre....
Réponse de le 03/09/2016 à 14:12 :
Hors sujet, par ailleurs, la chasse constitue un bon moyen , peu cher pour la collectivité, de réguler une faune qui sinon détruirait les récoltes. de surcroit, toute chasse doit être signalée et balisée, enfin le nombre d'accident de chasse en France, est de l'ordre de 1% de celui des accidents de sport, montagne et natation comprise qui coutent eux, une petite fortune aux contribuables, et sont en augmentation constante.
a écrit le 03/09/2016 à 7:49 :
encore une opération de communication, sur un sujet sans intérêt réel.
a écrit le 02/09/2016 à 21:02 :
C'est autorisé par la BCE le retour des assignats ?
Emettre des bonds ou en faire au plafond zat it the question!
a écrit le 02/09/2016 à 19:42 :
Financiariser l'écologie donc. Encore une gestion économique de droite.
Réponse de le 06/09/2016 à 22:19 :
tout est pognon , avec notre accord , hélas
a écrit le 02/09/2016 à 19:42 :
Avec les embrouilleurs au pouvoir, ils ne vont pas rester "green" bien longtemps ces fameux bons, bon, disons que le papier sera vert, mais comme il n'y a plus de bons en papier, on fera des cotations en vert, pour faire comme si, mais ce sera bien le maximum.
a écrit le 02/09/2016 à 19:05 :
Pour commencer l'état pourrait montrer l'exemple en prenant moins les avion et voitures avec chauffeurs et plus bus, train et métro... C'est facile de décider et que ce sont les autres qui taxent et galèrent...
a écrit le 02/09/2016 à 18:03 :
Vers un marché commun mondial de l’énergie solaire

55 ans après la création de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), 121 pays se sont réunis dans l’Alliance Solaire Internationale (ASI)

L’objectif de cette alliance est de créer une plateforme regroupant les Etats « riches en soleil » qui coopèrent pour réduire les coûts d’installation, développent des financements innovants ou participent à accélérer la R&D. Cette nouvelle organisation travaille en lien avec les organisations internationales telles que l’Agence Internationale de l’énergie renouvelable (AIER, 144 pays membres + l'Union européenne et 30 nouveaux en cours d'inscription), l’Agence Internationale de l’énergie (AIE), des entreprises et des investisseurs.

Le président de la République François Hollande et le Premier ministre indien Narendra Modi ont lancé l’Alliance Solaire Internationale (ASI) lors de la COP 21 dans le but de renforcer les programmes d’énergie solaire.

Les pays de l'ASI représentent :
• 73 % de la population mondiale
• 36 % du PIB mondial
• 55 % de la consommation électrique mondiale
• 23 % de la capacité solaire installée (mais seulement 3 % si l’on exclut Chine, Inde et Australie).

Parallèlement, des entreprises se sont regroupées au sein de Terrawatt Initiative (TWI), organisation mondiale à but non lucratif basée à Paris qui a pour but d’installer d’ici 2030 1000 GW de capacités solaire supplémentaires (dont au moins 100 en Inde) et d’investir 1000 milliards de dollars dans ce secteur.

Elle a notamment pour objectifs :

- la réduction des coûts de financement et permettre la mise en place immédiate d’unités de production d’énergie solaire compétitive
- le soutien aux capacités industrielles grâce à l’élaboration et à l’application de cadres réglementaires adéquats et d’instruments innovants de financement et d’atténuation des risques
- Le développement d’une approche systémique de l’intégration à grande échelle des énergies renouvelables, en particulier de l’énergie solaire, aux systèmes énergétiques locaux, régionaux et nationaux, mais aussi du stockage de l’énergie solaire et des solutions technologiques adaptées aux besoins spécifiques des pays.

Un protocole d’accord vient d'être signé entre la présidente de TWI, Isabelle Kocher (Engie) et le MEDEF Internationnal représenté par Frédéric Sanchez (président du directoire de Fives). Celui-ci vise notamment à fédérer les entreprises françaises, européennes et internationales autour de la vision et des méthodes de TWI et à réduire le coût du financement des futurs projets dédiés à cette énergie renouvelable.

Cet accord de coopération permet à MEDEF International de participer à l'émergence de nouvelles opportunités d'investissement international pour les entreprises françaises dans un cadre sécurisé et simplifié. Ce dernier qui rassemble quelque 7 000 entreprises françaises qui opèrent déjà dans le monde, dans 80 Conseils dirigés par 54 dirigeants de grandes multinationales françaises bénéficiera de l'expertise de Terrawatt Initiative dans le cadre de son futur groupe de travail consacré aux énergies renouvelables et ce afin de promouvoir ces énergies dans le monde.
a écrit le 02/09/2016 à 16:39 :
Avec les montagnes de dettes que nous avons, une façon de passer nos comptes au vert.

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