Solaire : le marché hors réseau en plein boom dans les pays en développement

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Lampe dans un foyer africain
Lampe dans un foyer africain (Crédits : Reuters)
Le marché des solutions solaires pour l'éclairage ou la recharge de téléphones mobiles, destinées aux 1,2 milliard d'Africains et d'Indiens sans accès au réseau électrique, devrait approcher 3 milliards d'euros en 2020. De grandes entreprises françaises y sont présentes.

1,2 milliard de personnes dans le monde n'ont pas accès au réseau électrique, soit 114 millions  de plus qu'en 2000. Essentiellement concentrées en Afrique mais aussi en Inde, elles dépensent collectivement 27 milliards de dollars (24,6 milliards d'euros) par an pour s'éclairer et alimenter leurs téléphones portables à l'aide de kérosène, bougies, lampes électriques et autres solutions à base d'énergies fossiles.

Comme le montre une étude menée par l'initiative Global Lighting de la Banque Mondiale avec  Bloomberg New Energy Finance (BNEF), les solutions solaires, qui offrent une alternative non seulement bien moins nocives en termes de santé et de climat mais aussi moins onéreuses, sont en plein développement mais font encore face à certains défis, notamment en matière de financement.

Engie, Total et Scheider Electric sur les rangs

L'étude identifie pas moins d'une centaine d'entreprises qui fournissent lampes et kits solaires domestiques à 89 millions de personnes sans accès à une énergie moderne. Mi-2015, 44 millions de lampes et kits équipés de cellules solaires de moins de 10W avaient été vendus. Les ventes de ces produits ont connu une progression annuelle de près de 110% entre 2011 et 2014.

Bien qu'émergent, le solaire hors-réseau atteint un taux de pénétration significatif dans les pays qui misent le plus sur ces solutions, à l'image du Kenya où 30% des habitants hors réseau en sont équipés. La Tanzanie et l'Ethiopie complètent le podium du marché africain, tandis que l'Inde domine le marché asiatique.

Les systèmes de paiement "as you go" (à base de petits versements successifs plutôt que de forfaits importants payables en une fois), en particulier, rencontrent un grand succès, avec près de 500 000 clients en Afrique de l'Est principalement. Les français Engie, Schneider Electric, Total et Orange sont présents, aux côtés notamment de l'américain SolarCity.

Côté financement, le secteur a attiré 276 millions de dollars en 2015, soit 15 fois plus qu'en 2012, dont les sociétés « pay as you go » mobilisent la plus grosse partie. Mais cela ne suffit pas encore à leur garantir la surface financière suffisante pour accroître leur clientèle.

 Un marché de 530 millions de personnes en 2030

Aujourd'hui essentiellement dédiées à l'éclairage et à la recharge de téléphones portables, les installations solaires devraient également se développer pour alimenter les ventilateurs et même les télévisions. L'étude anticipe ainsi 7 millions de ventilateurs et 15 millions de télévisions solaires à l'horizon 2020.

Au total, le secteur devrait peser 3,1 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) en 2020, grâce à une croissance annuelle moyenne des ventes de 34% d'après les estimations de BNEF.

Et ce marché n'est pas prêt de se tarir. En effet, si 70% de l'Afrique pourraient être électrifiés au prix d'investissements évalués par l'Agence internationale de l'Energie à 7,5 milliards de dollars (6,83 milliards d'euros), ce sont encore 530 millions de personnes qui ne devraient pas avoir accès au réseau en 2040.

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a écrit le 05/03/2016 à 13:15 :
Merci pour cette information grâce à laquelle on se rend compte que les peuples qui prennent l'économie en route peuvent finalement rapidement se retrouver, pour de simples raisons pratiques et donc de bon sens, en avance sur leur temps.

Les vieux lobbys économiques conservateurs et réactionnaires freinent la créativité et du coup le progressisme, seule raison pour tant pour l'économie d'exister.
Réponse de le 07/03/2016 à 8:05 :
Ces systèmes solaires sont très bien, mais ce ne sont que des pis-aller pour compenser l'incapacité des dirigeants africains à électrifier leur continent.

Parce que ce n'est malheureusement pas avec quelques petits panneaux solaires et des petites batteries que les africains vont pouvoir alimenter des lave-linges et une industrie.

L'Afrique a d'abord besoin de réseaux et de barrages hydroélectriques. C'est un préalable à un vrai développement économique.
Réponse de le 07/03/2016 à 8:51 :
Vous leur conseillez donc de se précipiter au sein de cette économie injuste inhumaine et destructrice comme nous le faisons actuellement et avec tous les énormes dégâts que cela engendre ?

Pourquoi leur souhaitez vous tant de malheur vous ne pensez pas que les occidentaux et maintenant les chinois leur font assez de mal comme cela ?

Vous ne pensez pas pas qu'ils en ont plein les bottes d'être la poubelle du monde ?

Pourquoi voulez-vous finir de détruire leur continent que vous ont-il fait bon sang ?

Ils y vont tranquillement et ils ont raison c'est nous autres occidentaux qui nous nous trompons en fonçant dedans tête baissé alors que c'est un mur de 50 mètres de profondeur qui nous attend. Et quand ça fait "sratch" c'est pas le bruit du mur qui cède hein...

Réveillez-vous et arrêtez d'alimenter le pire des mondes, merci.
a écrit le 05/03/2016 à 10:48 :
Quand la volonté s'exerce, les solutions apparaissent. Développer l'énergie c'est offrir un avenir commun aux pays occidentaux, comme aux pays émergents. L'énergie restant la base de tous progrès d"émancipation de l'humanité.
a écrit le 05/03/2016 à 9:12 :
le probleme , c'est pas les panneaux, c'est les batteries ; c'est cher , et tous les 5 ans , elles sont mortes.

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