Thorium : la face gâchée du nucléaire

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Avec le Thorium, aura-t-on une énergie nucléaire plus propre ?
Avec le Thorium, aura-t-on une énergie nucléaire "plus propre" ? (Crédits : DR)
Une énergie nucléaire sans danger ni déchets, c'est la promesse, longtemps sabotée par les lobbies de l'énergie et de la défense, que brandissent les partisans du thorium. Ce combustible alternatif, découvert à la fin du XIXe siècle, représente-t-il une piste sérieuse pour échapper aux dangers et à la pollution induits par l'utilisation du plutonium par l'industrie atomique ?

"Une énergie nucléaire verte ?" Au début de la série Occupied, diffusée par ARTE fin 2015, le nouveau chef écologiste du gouvernement norvégien, pour mettre un terme à l'exploitation pétrolière, inaugurait une centrale fonctionnant au thorium.

Une hypothèse nullement fictive, selon ce documentaire, qui montre combien ce combustible alternatif, découvert à la fin du XIXe siècle et répandu sur toute la planète, représente une piste sérieuse pour échapper aux dangers et à la pollution induits par l'utilisation du plutonium par l'industrie atomique.

Si le nucléaire n'avait pas été inventé pour bombarder Hiroshima et propulser des flottes militaires, nos centrales fonctionneraient sans doute aujourd'hui avec des réacteurs à sels fondus de thorium. Tchernobyl et Fukushima seraient peut-être restés des points anonymes sur la carte du monde. La surexploitation de l'énergie fossile aurait probablement cessé beaucoup plus tôt, et le changement climatique se révélerait moins alarmant qu'il ne l'est aujourd'hui...

La Chine à l'avant-garde ?

Pour réaliser ce scénario, qui semble aujourd'hui utopique, il aurait peut-être suffi de s'intéresser vraiment aux travaux visionnaires du physicien américain Alvin Weinberg qui, après avoir participé à la fabrication de la bombe atomique, a voulu travailler sur une utilisation civile et pacifique de l'atome. Il s'est acharné de 1945 à sa disparition, en 2006, à inventer les conditions d'une énergie nucléaire propre reposant sur des réacteurs révolutionnaires et sur l'extraction du thorium. Mais les intérêts liés aux lobbies de l'énergie et de la défense en ont décidé autrement. Les États qui ont opté pour l'énergie atomique ont longtemps cherché à étouffer l'éolien et le solaire, et aucun n'a voulu prendre en compte les problèmes bien connus d'enfouissement des matières fissiles.

Aujourd'hui, pourtant, l'idée d'un recours à des combustibles nucléaires liquides et à des réacteurs à sels fondus refait surface, défendue par le monde de la recherche et même par des écologistes combattant l'industrie nucléaire. Le gouvernement chinois a décidé d'investir 350 millions de dollars pour étudier cette filière révolutionnaire. La Fondation de Bill Gates s'y intéresse aussi. L'Europe va-t-elle rester à la traîne ? Un voyage teinté d'espoir vers la face gâchée du nucléaire.

>> VIDEO L'énergie du thorium, l'avenir vert du nucléaire ? Par Jean-Christophe de Mestral @ TEDxParis

Administrateur dans différentes sociétés de finance ou de high-tech et élu local en Suisse où il réside, Jean-Christophe, physicien, est un fervent défenseur de ce qui pourrait être une révolution énergétique : l'énergie nucléaire issue du Thorium. Conscient des enjeux technologiques et économiques, il s'engage pour que tous les acteurs du secteur disposent d'une information complète pour un véritable débat sur le nucléaire. Il est également membre fondateur de l'international Thorium Energy Committee dont le siège est à Genève.

>> VIDEO Le thorium et le nucléaire du futur - par Daniel HEUER (Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie, CNRS, Grenoble) - 15 mars 2012

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a écrit le 27/09/2016 à 13:01 :
Le nucléaire à base d'uranium a d'abord été développé pour les militaires qui avaient besoin de plutonium pour construire une bombe atomique. L'éternel problème du complexe-militaro-industriel. En France nous avons Areva et EDF qui se garderont bien de favoriser le thorium. Leur business est pour Areva l'exploitation, la vente, le recyclage des déchets et donc la construction de centrales qui utilisent et produisent ces déchets. Quant à EDF, ça lui coûte moins cher de prolonger la vie des centrales plutôt que d'investir dans un RSF. Après Three mile island, Tchernobyl, Fukushima, faudra-t-il une quatrième catastrophe pour abandonner les bombes que sont les centrales à uranium et eau pressurisée pour développer des centrales au thorium, non pressurisées, très sûres parce que facilement et rapidement vidangeable, très peu polluantes et industriellement beaucoup moins coûteuses à construire. On attend quoi? Que les Chinois nous dament le pion....ce qu'ils ont déjà commencé à faire dans ce domaine.
a écrit le 27/09/2016 à 12:37 :
Développer une nouvelle filière nucléaire prend beaucoup de temps et coûte très cher. Qui a envie d'y mettre des milliards alors que le charbon et le gaz sont si abondants et bon marché et que les éoliennes sont largement subventionnées ?
Réponse de le 27/09/2016 à 18:08 :
Je ne suis pas physicien mais je sais que le thorium est utilisable dans les centrales actuelles, c'est un des avantages majeurs de l'opération. Le coût est certes supérieur aux matières carbonées, mais très inférieur aux énergies renouvelables.

Comme toutes les combustions fossiles, la combustion du thorium laisse des déchets et ces déchets sont radioactifs. Cependant c'est une amélioration indéniable du nucléaire actuel, en termes de sécurité (puisque les explosions nucléaires ne sont plus possibles) et de durée de vie des déchets radioactifs. C'est aussi une solution, la seule à l'heure actuelle, pour dépolluer les tonnes de déchets radioactifs déjà existants car produits depuis des années par les vieilles centrales, et que le développement des énergies renouvelables laisse en plan, malgré leur coût.
a écrit le 27/09/2016 à 9:31 :
Cela permet de bien comprendre de quoi notre monde est l'enjeu, d'intérêts étatiques et privés concernant quelques centaine de milliers de personnes dans le monde au détriment de plusieurs milliards d'autres.

Vous allez vous en coltiner des trolls qui vont vous certifier, preuves non vérifiables à l'appui que tout ceci est une connerie que seul le nucléaire vaut le coup.

Les intérêts financiers et d'influences politiques contre la vie dans son ensemble voilà où nous en sommes et depuis longtemps donc. Ne pas oublier que De Gaulle était un militaire et qu'il revenait d'une guerre apocalyptique, il a donc certainement fait le choix du nucléaire sciemment mais ce qui est vrai à une époque ne l'est pas forcément à une autre, le temps que s'installe un lobby puissant défendu par le secret défense qui empêcha toute reconversion possible car des personnages influents étant trop liés à l'intérêt du plutonium.

Au secours.
Réponse de le 27/09/2016 à 10:37 :
Le choix du plutonium est probablement du à ce qu'on appelle l'effet d'echelle, qui n'aurait pas existé avec l'emploi du thorium, qui aurait renchéri le nucléaire militaire, question de budget en somme.
Réponse de le 27/09/2016 à 17:26 :
Le thorium est connu depuis aussi longtemps que le nucléaire ...

Le seul problème c'est qu'avec le thorium les centrales ne peuvent fabriquer que de l'électricité .
Avec le nucléaire vous pouvez fabriquer de l'électricité ( mais a l'époque du commencement du nucléaire c'était pas vraiment ce que l'on recherchait ..,) et de la matière servant pour les bombes atomiques !

C'est une volonté politique de faire du nucléaire ( surtout a des fins militaires ) que du " thorium " qui ne sert que pour le civil ...
Quand aux déchets nucléaires il y a 15 ans un spécialiste annonçait qu'il fallait 10 ans pour mettre au point les technologies de recyclage ...Alors un peu de patience , on sera obliger de trouver une solution ( aujourd'hui en fouissage , demain peut être pareil ...).

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