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"La vente d'avions au Brésil rend la France nerveuse" écrivait le 18 mai le site Internet du groupe de médias brésilien O Globo. Et pour cause, selon des sources françaises au Brésil, le président brésilien Inácio Lula da Silva pourrait s'abstenir de prendre une décision sur l'achat de 36 avions de combat - contrat sur lequel Dassault est en lice avec son Rafale - avant les élections du 3 octobre.
Le Rafale du constructeur aéronautique français est en effet sévèrement critiqué par l'armée brésilienne, et Lula, qui espère faire élire à la tête du pays sa dauphine Dilma Rousseff, veut éviter à tout prix une avalanche de critiques en pleine campagne électorale.
L'armée brésilienne, toujours influente au Brésil, plus de vingt ans après la fin de la dictature militaire, estime le Rafale trop onéreux (6,2 milliards de dollars, contre une offre du constructeur suédois Saab de 4,5 milliards de dollars) et surdimensionné pour les besoins du pays. Qui va attaquer le Brésil aujourd'hui ? explique en substance une source française à Brasília.
La préférence des militaires va ainsi au Gripen NG de Saab et en deuxième position au F/A-18 Super Hornet de l'Américain Boeing, le Rafale ne venant qu'en troisième place. Le syndicat des métallurgistes de São Paulo, affilié à la puissante centrale syndicale brésilienne, la CUT, a également appuyé le projet suédois, estimant qu'il créera de 5.000 à 6.000 emplois directs au Brésil.
L'annonce officielle du choix brésilien a plusieurs fois été reportée, dernièrement encore à début avril puis à la mi-mai et enfin à juillet prochain. Chaque semaine qui se rapproche de l'échéance électorale nous préoccupe un peu plus, a déclaré au Globo un proche du dossier, côté français.
L'attention de Lula se focalise désormais sur l'enjeu du 3 octobre, date à laquelle les Brésiliens éliront non seulement leur président, mais aussi leurs députés, une partie des sénateurs, les gouverneurs et les assemblées législatives des Etats. Le processus électoral a démarré fin avril avec la démission des ministres postulant à un mandat et culminera avec la campagne télévisée des candidats, qui commencera le 17 août.
Pénurie de main d'œuvre qualifiée
L'espoir de Dassault tient à un fil : la préférence que le président brésilien a plusieurs fois marquée pour le Rafale grâce au transfert de technologie promis "sans restrictions" par le président français Nicolas Sarkozy lors d'une visite en septembre à Brasília. "Nous ne négocions pas un avion, nous négocions l'achat d'un paquet technologique", a rappelé début avril le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, qui soutient également l'offre française.
De fait, le Brésil vit une période de forte croissance (9,85% de son produit intérieur brut au premier trimestre 2010 par rapport à la même période de 2009, selon les estimations de la banque centrale en mai) mais fait face à une absence de main d'œuvre qualifiée. Le pays s'efforce ainsi de créer le vivier de techniciens et de cadres qui lui fait défaut, par le biais des transferts de technologies et d'accords portant sur la formation.
A l'heure actuelle, quand le Brésil crée une filière de production industrielle, il cherche - évidemment - la croissance, mais plus encore à s'allier et s'octroyer "des compétences", souligne l'ambassadeur de France à Brasilia, Yves Saint-Geours, interrogé par des journalistes de l'Ajis (Association des journalistes de l'information sociale). Pour Yves Saint-Geours, Lula a désormais "tous les éléments en main pour prendre une décision".
Report à 2011
Il devient cependant difficile de croire que la décision de l'Etat brésilien et la signature du contrat puissent aboutir avant octobre. Le processus pourraient marquer une longue pause, le temps qu'un nouvel exécutif se mette en place, en janvier 2011, ou même revenir à la case départ si le candidat de l'opposition, le social-démocrate José Serra (PSDB, le parti de l'ancien président Fernando Henrique Cardoso), venait à être élu.
Car si les deux candidats, Dilma Rousseff et José Serra, proposent des programmes assez semblables sur le plan intérieur, ils se distinguent sur leurs politiques extérieures. Lula "s'est affranchi de la relation de soumission vis-à-vis des Etats-Unis", au niveau "diplomatique, social, économique", explique Agostinho Guerreiro, le président de la fédération professionnelle des ingénieurs de l'Etat de Rio, un proche du président. Et rien n'indique que sa dauphine, connue pour sa fidélité au président, changera de cap.
A l'opposé, le parti de Serra défend traditionnellement un axe stratégique américain. L'offre de Boeing connaîtrait peut-être alors un regain d'intérêt aux yeux du Brésil.
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charlesc27 a écrit le 16/06/2010 à 13:54 :
Croyez moi les américains n'ont pas dit leur dernier mot. Et nonobstant les prises de position des uns et des autres, ils ont des arguments sonnants et trébuchants à faire valoir pour continuer à faire tourner les chaines d'assemblage du F18;même si celles-ci ont trente ans d'âge.
charlesc27 a écrit le 16/06/2010 à 13:54 :
Croyez moi les américains n'ont pas dit leur dernier mot. Et nonobstant les prises de position des uns et des autres, ils ont des arguments sonnants et trébuchants à faire valoir pour continuer à faire tourner les chaines d'assemblage du F18;même si celles-ci ont trente ans d'âge.
Olybrius a écrit le 28/05/2010 à 22:14 :
Merci pour cette réponse, ce que vous dites est vrai. Il n'y a jamais eu ni démenti , ni confirmation de la part de la FAB. Mais encore une fois , toutes ces "fuites" et rumeurs (défavorables au Rafale) sont parues dans des journaux conservateurs certes importants et respectés, mais aussi opposés au gouvernement Lula. Notons qu'il y a eu aussi , bien que moins nombreuses, des fuites ou rumeurs beaucoup plus positives, comme celle parues dans ISToE par exemple, laissant entendre que la FAB avait une préférence pour le Rafale. En fait, si l'on considère qu'il n'y a pas de fumée sans feu , il semble y avoir eu de nombreuses versions de ce rapport/avis de la FAB qui ont évolué au gré de la lutte politique qui a effectivement opposé le gouvernement a une partie de son armée. Le dernier épisode en date , officiel celui la et marquant la victoire du gouvernement , étant une lettre des généraux de l'armée de l'air brésilienne "admettant" que le Rafale serait un choix plus conforme a la stratégie de défense bresilienne. Tout ça pour dire qu'au final je ne pense que que l'on puisse parler de critiques sévères de l'armée brésilienne à l'encontre du rafale mais plutot d'une étape dans la lutte politique qui a opposé les dirigeants brésiliens a un lobby militaro-industriel pas du tout décidé a se laisser imposer un choix quelconque par un gouvernement de gauche.
Sara Sampaio (latribune.fr) a écrit le 28/05/2010 à 13:28 :
Je remercie les lecteurs de latribune.fr intéressés par ce dossier, et vais tenter de répondre à certains des commentaires faits sur nos articles ces derniers mois. - La fameuse "short list" de l'armée (1/Grippen 2/ Super Hornet 3/ Rafale) a été divulguée par le journal "A Folha de Sao Paulo" (et son éditorialiste Eliane Cantanhêde) début janvier, avant la remise du rapport officiel de l'armée le 7 janvier (dans un article que je ne peux mettre en lien ici car il n'est accessible qu'aux abonnées). Cette short list n'a jamais été démentie par l'armée, du moins à ma connaissance. - Selon l'autre l'autre grand quotidien de la région, "O Estado de Sao Paulo", la présidence a interprété ces divulgations dans la presse comme une tentative de pression de la part des militaires ; elle les a qualifiées de "dommageables pour la sécurité nationale". - Toujours selon "O Estado de Sao Paulo" (article en portugais à cette adresse : http://www.estadao.com.br/estadaodehoje/20100108/not_imp492410,0.php), l'armée aurait modifié sa short list initiale, sous la pression du gouvernement. Son rapport définitif n'indiquerait donc pas de classement précis, mais que le Rafale et le Super Hornet offrent des avantages supérieurs à ceux du Gripen. - Selon une dépêche Reuters du 6 janvier, reprise par le site oglobo.com, depuis que Lula a annoncé en septembre sa préférence pour le Rafale, l'armée tente de négocier en parallèle le choix du Gripen auprès du ministre de la Défense. - Enfin, ce contrat n'est pas le seul point de tension entre l'armée et l'exécutif, selon la dépêche cité ci-dessus : deux semaines avant la remise de leur rapport sur le contrat des avions de combat, les militaires s'étaient opposé au gouvernement sur la création d'une commission d'enquête sur la pratique de la torture sous la dictature.
gilles a écrit le 27/05/2010 à 13:40 :
donc personne n en veut et n en voudra de ce rafale trop cher faudrait le donner en cadeau aux grecs au point ou on en est apres les milliards d euros donnés à la gréce on n est plus à qqs millions pres
olybrius a écrit le 27/05/2010 à 12:58 :
Quelques commentaires sur cet article : Premièrement, les soi-disant critiques de l'Armee de l'Air bresilienne (FAB) ne reposent sur aucune source officielle et ne sont que des rumeurs initialement propagée par une columniste bien connue du journal Folha ..défendant l'offre suédoise. Rumeurs reprises ensuite en coeur par la presse conservatrice brésilienne... Deuxiemement , il est vrai que ces rumeurs ne portent pas sur les qualités de l'avion mais bien sur le prix supposé des 3 offres ...lesquels ont été largement updatés depuis fin 2009 et ne sont actuellement connu que du seul gouvernement brésilien. A noter au passage que le vrai problème de rafale International et de son excellent représentant au Bresil est qu'ils sont devenu subitement muet depuis fin 2009 et ont laissé leurs concurrents , en particulier suédois, intensifier leur travail de lobbying et de propagande. A tel point que des études partiales et orientées sur les compensations et emplois offerts sont devenues des vérités pour les médias brésiliens... En ce qui concerne l'impact éventuel sur la campagne de Dilma Roussef , il est selon moi quasi nul , les critiques de l'opposition sur la préférence pour le Rafale sont déjà anciennes et nombreuses et cela n'a pas empeché Roussef de passer récemment en tête des sondages pour la premiere fois. Enfin il me semble que la plus grande critique faite actuellement au gouvernement brésilien est plus son apparente indecision qui risque de mettre la FAB dans une situation délicate ... Il y a aussi une différence entre le processus de décision proprement dit et sa traduction en un contrat ferme et définitif , autant je pense que l'on peut etre relativement optimiste quant a l'annonce de la décision autant on peut-être sceptique quant à sa matérialisation avant la passation de pouvoir ..même si le ministre Jobim veut croire le contraire.
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Croyez moi les américains n'ont pas dit leur dernier mot. Et nonobstant les prises de position des uns et des autres, ils ont des arguments sonnants et trébuchants à faire valoir pour continuer à faire tourner les chaines d'assemblage du F18;même si...
par charlesc27 le 16/06/2010 à 13:54
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