Contenu :

Electronique de défense

Fuite des cadres dirigeants de Thales

Source : La Tribune.fr - 15/03/2011 | 17:33 - 407 mots  | 
|
Copyright Reuters
Copyright Reuters Copyright Reuters
Entre l'été 2009 et fin 2010, plus de 10% des cadres dirigeants ont démissionné ou ont été licenciés du groupe d'électronique.

Depuis l'arrivée de Luc Vigneron à la tête de Thales en mai 2009, le groupe d'électronique a connu une vague importante de départs (démissions, licenciements) parmi ses cadres dirigeants, aussi bien en France que dans ses filiales à l'étranger. Ce qui confirme le malaise perceptible des cadres au sein de l'électronicien même si, depuis le début de cette année, le PDG de Thales en a pris la mesure en redoublant d'efforts en matière d'opérations de communication interne pour essayer de changer son image. "Aujourd'hui ce n'est plus cas, il n'y a plus de malaise", assure un porte-parole à La Tribune.

Selon nos informations, entre l'été 2009 et décembre 2010, il y a eu une vingtaine de démissions, hors membres du comité exécutif (comex). Soit environ près de 6% des 350 cadres dirigeants de Thales (de niveau LR12 - Level responsability). Parallèlement, plus d'une quinzaine d'entre eux (hors membres du comex) ont été licenciés sur la même période (soit 4,5% de cette population). Au total, le "turn over" des cadres dirigeants a atteint plus de 10% au sein de Thales. Ce qui semble beaucoup par rapport au "turn over" normal dans l'industrie, où les directions veulent conserver leurs cadres dirigeants en raison de leur haut niveau de technicité (autour de 3% en moyenne de "turn over"). Si l'on rajoute les douze membres du comité exécutif partis, le nombre de départs de cadres dirigeants a atteint près de 14% depuis l'arrivée de Luc Vigneron à la tête du groupe.

A titre de comparaison, entre l'été 2007 et l'été 2009, Thales avait enregistré, selon nos informations, entre quatorze et seize démissions et licenciements. Soit trois fois moins de départs en deux ans que sur la période de dix-huit mois de présidence de Luc Vigneron. Dans l'hebdomadaire Challenges daté du 24 février, il avait pourtant affirmé qu'il "y a moins de démissions qu'en 2007 et 2008, avant mon arrivée". Enfin, ces départs concernent aussi bien les cadres étrangers de Thales, à l'image du britannique Mark Barclay (parti chez Airbus), que français comme Pierre-Yves Chaltiel (parti chez Bull), Benoît Ribadeau-Dumas et Thierry Brizard (partis chez CGGVeritas)...

Ces chiffres confirment les nombreux échos entendus dans le milieu de l'aéronautique et de la défense, où de nombreux CV de cadres de l'électronicien circuleraient, selon les partenaires et les concurrents de Thales, à l'image de Safran, EADS ou encore DCNS. Cette fuite a toutefois permis à Luc Vigneron de faire monter toute une nouvelle génération de cadres dirigeants.

Michel Cabirol - 15/03/2011, 17:33  | 
|
Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

Recevoir un email si quelqu'un répond à mon commentaire.

> retour haut de page

  • xavier-marc a écrit le 31/05/2011 à 10:15 :

    • il n'y a pas la raison donné dans l'article, des coupes budgétaire trop drastiques? des cadres obligés de réduire leurs émoluments ?

  • réseaux territoires a écrit le 14/05/2011 à 10:36 :

    • Il a fait la même chose chez GIAT INDUSTRIES,ces hommes ont une pierre à la place du coeur.

  • ifrs2 a écrit le 17/03/2011 à 17:37 :

    • Ancien cadre Nx LR 11 chez Thales, Thales n'est pas une entreprise comme les autres, c'est une extension de la fonction publique (DGA), les impératifs et contraintes économiques y ont peu cours, en revanche on s'applique à les simuler. A ce niveau d'encadrement il s'agit de se partager un gâteau appétissant et financer par les contribuables. Thales est surtout une société Franco Française, un peu autiste, fière à juste titre d'elle même et qui refuse toute idée ou influence pouvant venir de l'extérieur ou apporter par un cadre dirigeant. Le conformisme y triomphe autour des réseaux hors desquels il n'y a pas de salut, la compétence du personnel n'a rien à voir seul le réseau compte.

  • TRINI a écrit le 17/03/2011 à 10:43 :

    • Je suis frappé par la cécité stratégique dont l'article de Laurent Cabirol fait état ce jour au sujet de dassault Créer un groupe "national" autour de nos pôles d'excellence revient à créer une armée morte BAE fait son modèle économique sur les budgets du Pentagone (4ème fournisseur) et on voit mal le RAfale dans l'USAF FNM est une JV souple vis-à-vis des US l'allemagne qui soutient notre économie et dont l'industrie militaire est dans EADS pour sa quasi-totalité fermera ses frontières l'angleterre .... ne coopère ni avec DCNS NExter etc un peu de bon sens s'il vous plaît

      • michel cabirol a répondu le 17/03/2011 à 15:08 :

        • ??? Avez-vous bien lu l'article ? Il semblerait que non. Pour la forme, mon prénom est Michel (et non Laurent). Bien à vous

  • mistigri a écrit le 17/03/2011 à 08:34 :

    • Un bon coup de balai dans une entreprise "poussiéreuse" , ça ne peut pas faire de mal. Les baronies bien installées sont secouées, celà va libérer de nouvelles énergies.Il y a(vait) bien plus de trente managers inutiles et sclérosés qui ne pensaient qu'à leur pré carré chez Thales La liste des chomeurs longue durée s'est donc allongée avec de grosses indemnités. Et dire que Pole emploi va travailler à les recaser!

  • Depart a écrit le 15/03/2011 à 20:48 :

    • Ils partent mais pour (espérer) aller OU ?? A présent, la France se vide aussi de la R&D électronique .... après s'être vidée de la production et de ses milliers d'emplois.

      • Jeff a répondu le 16/03/2011 à 13:37 :

        • C'est penible de lire de tels commentaires, pouvez-vous citer vos sources qui vous autorisent a affirmer que la R&D en électronique disparaît en France ?? Et si ca devait être effectivement le cas, qu'elle action proposez-vous pour y remedier? Il semble pourtant qu'un certains nombre d'entreprises étrangères choisissent la france pour la qualite de ses chercheurs: http://www.invest-in-france.org/fr/l-environnement-des-affaires/temoignages-entreprises-experts.html?Page=1 Au lieu de se plaindre tout le temps faudrait plutôt se prendre en main, bien sûr c'est plus difficile...

  • moutarde a écrit le 15/03/2011 à 20:33 :

    • Quand on connait les lourdeurs de cette boite peut etre qu'il en faudrait encore plus de départs forcés ou incités !Mais pas seulement en haut ....

      • Tonton a répondu le 15/03/2011 à 21:42 :

        • on connait la solidité et l'ambition de cette boite peut etre qu'il en faudrait encore plus pour la déstabiliser ! et pas juste un peu de moutarde

> Retour haut de page

    • il n'y a pas la raison donné dans l'article, des coupes budgétaire trop drastiques? des cadres obligés de réduire leurs émoluments ?

      par xavier-marc le 31/05/2011 à 10:15

Pied de page :