Thales et Safran résistent à l'État

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Imposées par l'État, les discussions entre les deux groupes sont dans une impasse.

Exigée par le ministère de la Défense, l'opération des échanges d'actifs entre Thales et Safran est à nouveau dans une impasse. « Plus personne ne veut de cette opération, elle semble être enterrée par les industriels », résume une source proche du dossier à La Tribune. Même au ministère de la Défense, on n'y croit plus beaucoup. « Plus on avance dans le calendrier et plus on s'approche de la campagne présidentielle, moins on aura de chances de pouvoir imposer cette opération aux industriels, qui eux jouent la montre », précise-t-on à la Direction générale de l'armement (DGA).

Le ministère de la Défense, qui vise un accord de principe dès l'été, souhaite regrouper toutes les activités et compétences de navigation inertielle et de génération électrique chez Safran et toutes celles d'optronique (optique et électronique combinées) chez Thales pour en faire des leaders de taille mondiale.

Inflexibilité

Le chiffre d'affaires des activités d'optronique réunies dépasserait ainsi le milliard d'euros. Ce rapprochement ferait sens, selon la DGA, d'autant qu'elle n'a plus les moyens de financer les bureaux d'études des deux groupes.

La responsabilité de ces atermoiements serait partagée entre les deux directions, guère passionnées pour ce dossier imposé. En outre, le PDG de Dassault Aviation, Charles Edelstenne (le groupe détient 25,89% du capital de Thales), réputé pour son inflexibilité, a trouvé à qui parler. Il a jugé la semaine dernière intransigeante la direction de Safran dans le cadre des négociations sur les échanges d'actifs avec Thales. « Chaque fois que Thales propose une solution, tout est refusé par Safran. Thales fait un effort, et c'est toujours non », a-t-il regretté. Selon lui, on juge chez Thales l'optronique terrestre de Sagem en déclin et comme n'étant pas vraiment une priorité. Enfin, le groupe éprouve des difficultés à « détourer » proprement les activités de navigation inertielle, qui ne sont pas autonomes mais logées au sein de plusieurs « business units ». Pour finir, les discussions achoppent au niveau des valorisations, comme l'a rappelé Charles Edelstenne, jugeant qu'elles sont « à un niveau un peu extraordinaire ». Pas sûr que le coup de gueule ministériel attendu à la rentrée suffise à relancer les discussions.

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