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Les projets de prises de participations de Thales dans Nexter DCNS se précisent. Le groupe d'électronique va prendre des parts dans Nexter. Le conseil d'administration de Nexter a discuté mercredi d'une entrée dans son capital de Thales, qui lui cèderait en échange sa division de munitions TDA, ont déclaré jeudi à Reuters deux sources proches du dossier. Thales et Nexter (ex-Giat Industrie) coopèrent déjà dans le cadre du programme Scorpion pour l'équipement de l'armée de terre française, dans un consortium dont fait également partie Sagem (groupe Safran).
"Le PDG (de Nexter, Philippe Burtin) a évoqué le rapprochement de Nexter Munitions et de TDA en disant que cela pourrait aboutir à une entrée au capital de Thales", a déclaré l'une des sources. Cette rumeur court depuis 2010 puisqu'en novembre de cette année là , on annonçait déjà que le groupe d'armement Nexter et Thales prévoient un rapprochement via la filiale TDA de Thales. Nexter Munitions a réalisé un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros en 2010, contre environ 100 millions pour TDA.
Thales a réuni son conseil d'administration ce jeudi après-midi. La montée dans le constructeur naval militaire DCNS a été confirmée confirmant notre article de fin novembre dernier "Thales veut tenir la barre des navires de DCNS". En octobre, nous annoncions également que Safran cale faute d'avancer sur le dossier Thales et en août que, les discussions impôsées par l'Etat entre les deux groupes étaient dans une impasse.
Consolidation
Ces trois opérations, évoquées de longue date, pourraient entamer une phase de consolidation du secteur de la défense en France. L'Etat réduirait ainsi sa participation dans Nexter, dont il détient actuellement la totalité du capital. De même, une montée de Thales de 25% à 35% dans DCNS - conformément à une option valable jusqu'en mai 2012 - diminuerait d'autant la part de l'Etat dans le constructeur naval, dont il détient actuellement 74%, les salariés possédant les 1% restants.
L'accord anticipé entre Safran et Thales apparaît cependant encore loin de l'échange d'actifs sur lequel des discussions ont repris au printemps après un an d'interruption, sous la pression de l'Etat, leur actionnaire commun, qui cherche à réduire les doublons dans un secteur de la défense en pleine période de disette budgétaire. Il comprendrait également la vente par le spécialiste du nucléaire Areva, qui a annoncé lundi un projet de cessions d'actifs, de sa participation de 20% dans Sofradir (détecteurs à infrarouge), Safran et Thales portant la leur de 40% à 50% chacun, selon des sources syndicales. L'Etat détient 30,2% de Safran, 27% de Thales et 87% d'Areva.
La Direction générale de l'armement (DGA) appelle de ses voeux des rapprochements dans le secteur de la défense, face à la réduction des budgets des Etats.
Une source sectorielle avait déclaré en octobre à Reuters qu'un rapprochement entre Renault Trucks Defense (groupe Volvo), et Panhard, les deux autres grands acteurs de l'armement terrestre en France, pourrait intervenir plus rapidement qu'un mariage entre Renault Trucks Defense et Nexter. Cette dernière option, également évoquée devrait dépendre de l'issue de l'élection présidentielle française de 2012.
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