Eurosatory : un dernier salon avant les soldes dans l'armement terrestre ?

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Le PDG de Nexter, Philippe Burtin Copyright Reuters
Le PDG de Nexter, Philippe Burtin Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le salon de l'armement terrestre Eurosatory, qui ouvre ses portes ce lundi, ne sera pas le théâtre du big bang de la restructuration des constructeurs de blindés. Aucun des industriels concernés se semble près d'une annonce. Mais cette industrie reste à vendre...

Le salon Eurosatory 2012 arrive trop tôt pour le nouveau gouvernement. Ce n'est pas encore le moment pour le ministre de la Défense de dévoiler ses décisions en matière budgétaire et industrielle. Et ce d'autant plus que Jean-Yves Le Drian, qui a dû s'envoler vers l'Afghanistan où quatre soldats français sont morts au combat, n'inaugurera pas ce lundi le premier salon mondial de l'armement terrestre. Il est remplacé par le ministre délégué, chargé des Anciens combattants, Kader Arif, qui prononcera une déclaration beaucoup plus neutre que ce que devait être celle de Jean-Yves Le Drian.

Son discours sur la méthode et les grandes orientations en matière de restructurations industrielles attendra donc. Notamment le dossier du drone MALE (Moyenne altitude, Longue endurance), sur lequel il a souhaité une remise à plat (latribune.fr du 30 mai). De son côté, Dassault Aviation, à qui le précédent ministre avait attribué le contrat portant sur la francisation d'une plateforme israélienne Héron TP, dira tout le bien de ce programme lors d'une rencontre avec quelques journalistes triés sur le volet.

Un rapprochement entre Renault et Panhard annoncé fin juin ? 

Du coup, "business as usual" devrait être le maître mot d'Eurosatory. Et encore... Le rapprochement entre les deux constructeurs de blindés légers Panhard et Renault Truck Défense (groupe Volvo) attendra lui aussi, selon des sources concordantes. "Ce n'est pas encore annonçable", confirme à "latribune.fr" le PDG de Panhard, Christian Mons, par ailleurs président du Groupement des industries françaises de défense terrestre (Gicat), qui organise le salon Eurosatory. Les discussions progressent bien, selon les deux groupes, et pourraient aboutir "dans les prochaines semaines", explique-t-on à "latribune.fr".

"D'ici à la fin du mois, sinon cela pourrait ne jamais aboutir", assure une source proche du dossier. La piste privilégiée est un rachat pur et simple de Panhard par la filiale de Volvo (RTD). Ce qui donnerait naissance à un groupe réalisant un chiffre d'affaires d'un peu plus de 400 millions d'euros. Et le placerait toujours derrière Nexter (851 millions d'euros). Mais il existerait néanmoins "des débats en interne chez Volvo" sur ce dossier, précise une source industrielle à "latribune.fr".

Nexter, une "taille sous critique"

Et Nexter, qui a longtemps été sous perfusion aussi bien sur le plan financier qu'industriel (latribune.fr du 5 juin) ? C'est au nouveau gouvernement de valider ou non - l'Etat a 100 % du capital de l'ex-Giat Industries - le schéma industriel lancé par l'ancien ministre de la Défense : un adossement de Nexter à Thales, qui prendrait une participation de 10 % à 20 % du groupe public en contrepartie de la vente de sa filiale munitionnaire TDA (environ 100 millions de chiffre d'affaires). En tout cas, chez l'électronicien, on ne semble plus aussi pressé, même si on estime que l'opération reste "intelligente" entre Nexter et TDA. "On regarde comment rapprocher TDA de Nexter mais on est très, très loin des due diligence, explique-t-on chez Thales. En plus, ils ont tout à apprendre en terme de fusion-acquisition".

Il faudra pourtant qu'ils fassent vite... Nexter lorgnerait sur la filiale de Finmeccanica, Oto Melara, qui fait un peu plus de 50 % de son chiffre d'affaires dans l'armement terrestre (environ 400 millions d'euros au total). Finmeccanica, en difficulté, sera-t-il vendeur ? Ces deux opérations, si elles se concrétisaient, ne feront pas changer de dimension Nexter. "La taille du groupe est sous-critique, confirme une source industrielle. Et Nexter aura dû mal à passer dans la catégorie supérieure parce que le terrain de chasse n'est pas très giboyeux en terme de cibles importantes". Car la consolidation est en grande partie achevée dans le domaine de l'armement terrestre autour des groupes américains et de BAE Systems. Seuls les deux groupes allemands indépendants Rheinmetall et Krauss-Maffei Weigmann restent à consolider. Mais ils n'ont jamais été séduits - c'est le moins que l'on puisse dire - par Nexter détenu par l'Etat français. "Les esprits sont prêts à cette structuration européenne... et les entreprises y sont prêtes", estime le PDG de Nexter, Philippe Burtin. A voir... d'autant que ce dernier avoue qu'il n'est pas pressé de se rapprocher de ses concurrents.

Thales attentiste

Ce qui surtout rend Thales attentiste avec Nexter, c'est le rôle que jouera le groupe public dans les prochains programmes de blindés : le successeur de l'AMX 10 RC, l'Engin blindé de reconnaissance et de combat, l'EBRC (3 millions d'euros l'unité) qui est attendu dans les armées en 2018-2019 pour une décision prise vers 2014 (entre 1,3 et 1,8 milliard d'euros) et le successeur des VAB (Véhicule de l'avant blindé), le VBMR (Véhicule blindé multirôles) qui sera construit à 2.400 exemplaires (1 million d'euros l'unité). Soit un programme estimé entre 3 et 3,5 milliards. Le timing est serré : notification en 2012/2013 pour une mise en service en 2015/2016.

Nexter, qui a déjà bénéficié de l'aide de l'Etat via des programmes d'études amont (PEA), peut-il les perdre ? Peu probable mais ses concurrents sont sur le pied de guerre. Panhard est prêt à faire une « offre qui décoiffe » pour remporter le VBMR, selon son PDG, Christian Mons. Il est également très entreprenant sur l'EBRC. Panhard propose une offre conjointe avec l'américain Lockheed Martin, le Sphinx. A suivre de près.

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a écrit le 11/06/2012 à 18:15 :
Il serait temps de se payer une vrai bonne guerre pour voir qui a les engins les plus performants et ainsi faire progresser la technologie par le retour d'expérience.

Sans cela, Satory c'est comme une grande surface électroménager: le vendeur vous conseille le produit qui n'a aucun intérêt compétitif mais qui dégage la plus grande marge pour lui.
a écrit le 11/06/2012 à 15:24 :
le blindé offfensif est-il encore de mise au siècle de la mondialisation
combien des nôtres sont ils employés en OPEX , l'ont été en Lybie ...
le blindé de patrouille, de reconnaissance et de transport me semble mieux adapté aux déploiements éventuels tels qu'ils se dessinent à l'heure actuelle!
a écrit le 11/06/2012 à 12:15 :
ils ne doivent s'emmerder avec les notions de CO2 !
Réponse de le 11/06/2012 à 12:52 :
Non, il font plutot dans l'humanitaire.
a écrit le 11/06/2012 à 12:12 :
j'ignorais qu'un tel salon pouvait exister ! C'est dramatique !!!
Réponse de le 11/06/2012 à 14:47 :
vite ! retourne chez les bisounours, et si ton "pays" est attaqué riposte avec des bisous, ensuite oublie ta langue maternelle pour apprendre celle de l'envahisseur, il y a un demi siècle ça aurait été l'allemand, une décennie plus tard le russe, puis encore un peu l?américain, bon après tout on serait fort en langues finalement !
Réponse de le 11/06/2012 à 15:13 :
je parle anglais,allemand, espagnol ... le français tous les jours !
Réponse de le 11/06/2012 à 15:15 :
le bisenounours en 40 leçons je n'ai pas trouvé !
Réponse de le 11/06/2012 à 17:01 :
Comme la plupart des pacifistes pmrx s'est préparé à être collabo à l'avance, je parie qu'il est pro-européen ....un coup d'avance toujours !
Réponse de le 11/06/2012 à 17:26 :
Je ne vois pa bien le rapport entre une defense efficace du pays et un salon pour vendre du matériel de boucherie aux etrangers
Réponse de le 11/06/2012 à 23:08 :
A pmrx : c'est super tu est fin pret! ne t'inquiete pas pour le bisounours en 40 lecons il n'est jamais usité chez les envahisseurs même si en sous main ils en donnent des cours gratuits à leurs futures proies.
A kosak figure toi que pour avoir une défense efficace, comme tu dit, il arrive que des pays achetent de l'armement à l'etranger et qu il existe donc des salons dédiés.
a écrit le 11/06/2012 à 10:02 :
Le salon de la technologie de la mort.
Réponse de le 12/06/2012 à 0:24 :
Euh... kosak tu es un peu hors sujet là ! le salon de la technologie de la mort c'est "funexpo" à Lyon du 15 au 17/11/12 qui parle donc de thanatopraxie.

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