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Michel Cabirol | 27/06/2012, 06:50 - 669 mots
Thales réfléchit très sérieusement à une délocalisation à Singapour d'une partie de l'activité de son site d'Ymare, près de Rouen, spécialisé dans l'intégration des radars civils pour la gestion du trafic aérien, ou Air Traffic Management (ATM), selon des sources concordantes. La qualification du premier radar produit à Singapour serait programmée pour 2014 et le début de la production de série en 2015. Ce projet encore confidentiel doit être présenté en septembre aux organisations syndicales, explique-t-on à "latribune.fr".
Porté par le patron en charge des opérations aériennes chez Thales, Jean-Loïc Galle, ce projet aurait fait l'objet d'une discussion entre les membres de la direction, selon nos informations. Et bien que certains d'entre eux se sont émus d'une telle opération sur les terres du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le PDG du groupe d'électronique, Luc Vigneron, aurait pourtant donné son accord pour ce projet. Interrogé par "latribune.fr", un porte-parole de Thales précise que "ce projet de double source d'une partie de l'activité de radars d'Ymare sera intégralement compensé par la fabrication d'un radar de surveillance côtière, le Coast Watcher". Ce qui, souligne-t-il, "ne menace pas l'emploi sur le site d'Ymare et sur la région".
Près de 450 emplois menacés
Contactés par "latribune.fr", les syndicats ne sont pas au courant dudit projet dans les détails mais craignent depuis quelques semaines une restructuration du site d'Ymare depuis la tenue d'un comité central d'entreprise (CCE) au cours duquel la direction a évoqué un problème de charge. "Le site est fragile", souligne l'un d'entre eux. Les syndicats de Thales à Ymare ne croient pas pour le moment à un transfert de charges intégral. Ils ont d'ailleurs l'intention d'interpeller rapidement les élus locaux sur les projets de Thales dans la banlieue de Rouen.
Ymare, qui emploie environ 230 personnes, dont plus de 140 dans l'activité concernée par une éventuelle délocalisation, produit une quarantaine de radars de contrôle de la navigation aérienne par an. Ce qui représente environ 20 % de la production mondiale et place Thales au deuxième rang mondial derrière le groupe américain Raytheon (50 % de parts de marché). Le reste des salariés du site d'Ymare travaillent dans la R&D liée à l'activité radar. Soit 80 personnes environ. "Le transfert de l'activité radar vers Singapour entraînera à terme la fermeture complète d'Ymare", explique-t-on à "latribune.fr". Ce qui pourrait entraîner au total une perte de 450 emplois dans le bassin de Rouen, en tenant compte des conséquences sur les sous-traitants, dont les effectifs représenteraient autant que ceux du site d'Ymare.
Thales emploie déjà plus de 500 personnes à Singapour
Présent depuis 40 ans à Singapour, Thales y emploie déjà plus de 500 personnes travaillant dans les activités d'avionique (soutien de la flotte Airbus en Asie-Pacifique), de transport (centre d'intégration régional en matière de signalisation urbaine et de solutions intégrées de communication et de supervision), de sécurité (protection du territoire) et de défense. Il a également installé un centre de recherche et technologie (R&T), le premier hors d'Europe. Son site, près de l'aéroport international de Changi, où sont basés les bureaux et les centres de Thales pour les calculateurs de vols et des équipements de divertissement de bord, disposait encore en début d'année de beaucoup de place pour accueillir de nouvelles activités.
L'électronicien n'est pas à son premier coup d'essai dans sa politique de délocalisation vers l'Ile-Etat. Le groupe est aujourd'hui en train de délocaliser vers Singapour les activité de calculateurs de vols de Thales Avionics. Cette opération entraînera à terme un transfert d'une partie des activités des sites du Haillan et de Meudon vers Vendôme et Singapour. Pour le Haillan, cela implique un transfert de 95 postes, dont 54 vers Vendôme et 41 vers Singapour. Pourtant, Singapour est un pays relativement cher, les salaires y sont parmi les plus élevés par rapport aux autres pays de la région. Toutefois, ils restent inférieurs de moitié aux salaires français. Dans l'industrie aéronautique à Singapour, un technicien est en moyenne payé entre 800 et 1.770 euros tandis qu'un ingénieur de production, qui débute, dispose d'une rémunération de l'ordre de 1.600 à 2.060 euros.
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PHENOM a écrit le 10/07/2012 à 17:06 depuis un Iphone :
Article très précis, bien renseigné sur les évolutions de Thales. Il y a 15 ans, Le site de Rouen-Ymare à 250 personnes réalisait une activité similaire au site de Sartrouville, 3 à 4 fois plus important. Sa compétitivité était reconnue, technicité de son personnel, moyenne d'age et masse salariale faible, forte proportion d'activités sous-traitées, organisation "light" et dynamique. Les gains de productivité annuels nécessaires pour maintenir et développer la compétitivité étaient de l'ordre de 4 %. Differents moyens existent pour gagner en productivité : - apprentissage par la stabilité, - nouvelles générations d'équipements et innovations à tous niveaux, - organisation industrielle, taille critique, lean management, ... globalisation sous-traitance et délocalisation. Thales développe des systèmes complexes et met en ?uvre des organisations orientées programmes. Le transfert de productions d'équipements plus ou moins anciens doit être sous tendu par des choix économiques et stratégiques que nous ne possédons pas. L'avenir d'un site doit aussi être regardé au travers de nouveaux développements. J'y ai connu des managers qui se sont battu pour developper les activites et la productivité. Le site d'Ymare se serait il endormi 28 ans apres sa création pour ne pas avoir proposé des solutions avantageuses pour son avenir ? Je considère cette information comme un épiphénomène pour ce groupe de 60.000 personnes, faisons confiance en son management pour compenser la perte d'emplois de production par d'autres à plus forte valeur ajoutée. Du point de vu social, Thales a toujour mis les mesures en ?uvre pour sauvegarder l'emploi, et en priorité au sein du groupe. Il serait intéressant d'avoir la vision sommaire de Thales sur sa stratégie industrielle produits ATM pour donner un peu plus de hauteur au sujet.
mm a écrit le 05/07/2012 à 21:26 :
attention a nos emploie car moi aussi je travaille a thales radiologie sur grenoble et nous sommes sur le point d'etre vendu
ET a écrit le 29/06/2012 à 22:16 :
Comment peut on accepter qu'une telle entreprise qui vit des commandes de l'Etat se fasse le vecteur de la délocalisation d'activités de pointe; lorsqu'on voit l'état du pays et alors que le discours est à la relocalisation. Ils ne savent pas faire de la productivité chez Thales? M Vigneron a ses méthodes pour remercier l'Etat qui l'a bien aidé du temps de sa restructuration chez Nexter. Vive le Polytechnicien, formé grâce à notre argent, qui pense à délocaliser ...mais jamais à relocaliser.
rb a écrit le 27/06/2012 à 16:41 :
Thales se barre,ok que l'etat arret d'acheter leurs radars civils. Instaurer une regle sur les achats de l'etat d'au moins 60% produits en france,20% en ue et 20% a l'etranger. On est vraiment des quiches en france,c comme quand juppe avait vendu thomson pour 1 franc symbolique
vulcain0 a écrit le 27/06/2012 à 15:47 :
Quel patriotisme. Thales sous son ancien nom a été sauvé par les fonds publics et maintenant Mr VIGNERON fuit la France. Les présidents de ces sociétés se prennent pour les propriétaires des entreprises sans tenir compte du personnel et des intérêts à long terme
trollshebus a écrit le 27/06/2012 à 12:57 :
Bonjour Madame Monsieur, Sujet:Thales Ymare La direction de Thales à créé un "PAR FEU" avec l'information que le Radar Coastwatcher (Radar Côtier) allait sauver le site d'Ymare. La charge d'un Radar Côtier est d'environ "UNE SEMAINE pour une personne"............:):):) Nous avons en avons deux dans le tuyau pour fin 2012 et rien pour 2013. La direction de THALES se sert de vous pour diffuser cette fausse information qui ne sert qu'a"éteindre l'incendie". Il vous manipule et on dirai que cela marche TRES BIEN....... TROLLSHEBUS
michel cabirol a répondu le 29/06/2012 à 17:34:
Bonjour, parlons nous. mcabirol@latribune.fr Bien à vous
Lenaif a écrit le 27/06/2012 à 11:38 :
Depuis longtemps, Thales sous-traite sa production. Si 140 sur 230 emplois sont menacés chez Thales, il s'agit principalement des ingénieurs et techniciens qui pilotent et suivent les sous-traitants. Et les pertes d'emplois chez les sous-traitants, seront bien plus importantes.
le honte a écrit le 27/06/2012 à 11:18 :
comme d'hab, les sociétés traitresses qui se développe grâce à l?État et oublient leurs origines dès quelles peuvent faire plus de fric. C'est un scandale!
yurf a écrit le 27/06/2012 à 10:41 :
Ou sont mes libéraux qui hurle à l'idée d'augmenté le SMIC de 20 euros !!! Ceux là même qui m'explique sons sourciller que en baissant les charges, plus de bénéfices, plus d'investissement. Thalès à des bénéfices 2011 de 173 millions d'euros (augmentation de 25 pour-cent par rapport à 2010). Mais Ce n'est pas assez n'est ce pas ? Il est donc nécessaire et vitale pour Thalès de délocalisé les emplois à Singapour, pour vendre leur produit... à la France. Pfff ça me tue, cette hypocrisie.
mouais a écrit le 27/06/2012 à 08:09 :
Singapour , Pfft un bout de caillou. aussi grand que Monaco Reste il encore de la place?
Bob a répondu le 27/06/2012 à 14:51:
Monaco 2 km2, Singapour 648 km2!!!!
Paulo a répondu le 27/06/2012 à 17:14:
Et Singapour est la 3ème place financière la plus stable du monde après la Suisse, le Luxembourg ...
Pas de Probleme a écrit le 27/06/2012 à 07:32 :
Pour obtenir les marchés de la Défense nationale (ou même Européenne) il suffit d'ajouter une clause précisant que les équipements, pour des raisons de sureté nationale, doivent être produit et assemblés en France (ou Europe), et je vous garantit que Thalès ne délocalisera rien du tout vu la nature de leur marché :-)
fregoli a répondu le 27/06/2012 à 08:26:
Idiot : les radars de surveillance du trafic aérien civil vendus en France doivent représenter 1 % de la production de Thales
Pas de Probleme a répondu le 27/06/2012 à 09:07:
Frigoli, auriez-vous une source de ce chiffre très fantaisiste ? Cela étayerait un peu plus l'argumentation...
X a répondu le 27/06/2012 à 09:35:
Le seul problème est surtout qu'on parle ici d'une activité de radars ATM civils, donc pas d'activité de défense. Et les principaux clients de Thales sur ce marché et en ce moment ne sont pas français.
Pas de Problème a répondu le 27/06/2012 à 12:06:
Bin voyons... Le core business de Thalès n'est pas défense ? Et sans le business de la Défense (européenne), surement pas de radars civils, dont les développements sont souvent communs avec ceux de la défense... Il faut vraiment rappeler toutes ces entreprises a l'ordre. Elles bénéficient d'avantages ici, et donc il serait de bon ton qu'elles comprennent aussi qu'il faut jouer le jeu. Et par ailleurs, il faut aussi voir comment les aider a jouer ce jeu, bien sur, il ne faut pas être obtus en matière de business.
X a répondu le 27/06/2012 à 12:43:
Sauf que de l'intégration de radar civil dans des systèmes ATM ça n'est pas de la défense, peu importe le core business de Thales, cette activité n'est pas liée à de la défense. Je ne cherche pas à défendre Thales (je bosse dans l'ATM mais chez un concurrent) mais il faut reconnaitre que sur ce type de marché (renouvellement d'infrastructures ATM) le business se fait beaucoup plus en Asie et Amérique du Sud qu'en Europe en ce moment. Donc que l'état français vienne dire à Thales "on n'achète pas votre ATM car il ne vient pas de France" ça ne leur fera ni chaud ni froid. Surtout que les solutions de Thales en la matière font partie des références mondiales, donc les clients ne manquent pas. Ceci dit, si je critique la solution proposée, je suis tout à fait d'accord avec le fait de considérer que ce genre de nouvelles est détestable et traduit un réel manque de patriotisme de certaines entreprises qui est dommageable pour l'ensemble du pays.
Y a répondu le 27/06/2012 à 13:50:
@ X 12h43 D'accord avec vous, notamment sur le sujet du patriotisme. Mais on ne peut pas uniquement s'en prendre aux entreprises sur ce point : il faut bien reconnaitre que ceux qui ont le plus intérêt à la solidarité nationale (en gros, la gauche) sont ceux qui vilipendent le plus cette notion. L'appel de Hollande au patriotisme des plus riches pour des impôts plus élevés ne risque pas de trop les émouvoir, alors qu'il y a une hostilité à leur égard et que le patriotisme est au mieux considéré comme désuet dans son propre camp. Pour le reste, il y a un problème de structure : la mode des privatisations a enlevé l'un des motifs d'alignement entre l'intérêt des grands groupes et celui de leur pays d'origine. Il aurait fallu que Delors, Rocard, Jospin... y pensent plus tôt : gouverner, c'est prévoir, dit-on.
X a répondu le 27/06/2012 à 14:18:
Je ne sais si il s'agit tant d'un problème de structures que de mentalités. Il me semblent que dans certains pays même les grandes entreprises privées ont conscience de l'importance de l'alignement entre leur intérêt et celui de leur pays. Mais c'est un débat bien plus vaste que le marché des radars =)
X a répondu le 27/06/2012 à 15:46:
@Pas De Problème : pour ce qui est des chiffres, l'activité ATM civil de Thales représente 3.87% de son CA total (civil et militaire). Sachant que ce chiffre intègre l'ensemble des solutions ATM dont les radars ne sont qu'une infime partie. Donc en fait la vente de radars civils en France ne doit même pas représenter 1% du CA de Thales.
moutarde a écrit le 27/06/2012 à 07:20 :
Mais pourquoi ne pas réimplanter ceci à Seattle ou cette boite avait un site auprés de Boeing (site fermé pour le transferer vers New york ou toute les industries aéronautiques sont !)Aux USA ,il n'y a pas de syndicat chez Thales et ,ils avaient du bon personnel qualifié dans ce bassin de l'aéronautique .Il fait moins chaud qu'à Singapour et pour travailler ce sont les bonnes températures !