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Défense : la France veut se doter d'un drone Male armé

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Michel Cabirol  |   -  754  mots
Alors que Washington devrait accorder son autorisation pour vendre à la France des drones non armés Reaper en fin d'année, Paris veut à terme s'équiper de drones de surveillance et de combat à l'horizon 2020.

C'est une décision ferme et irrévocable. A terme, la France veut s'équiper d'un drone de surveillance et de combat MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), capable de frapper ses ennemis par surprise et en toute sécurité à l'image des Etats-Unis qui utlisent des Reaper (Predator), équipés de missiles Hellfire. Pour autant, la France va devoir passer un tour et donc patienter encore quelques années pour obtenir satisfaction. Car, pour éviter de se faire piéger par le débat en cours aux Etats-Unis sur l'emploi de drones armés, Paris a demandé officiellement à Washington début 2013 l'autorisation d'acquérir des Reaper non armés, qui seront ensuite « francisés » afin que l'armée de l'air française conserve toute son autonomie pour mener ses missions opérationnelles. Ce qui, estime-t-on au ministère de la Défense, sera beaucoup plus facile à obtenir qu'un drone armé. Le dossier est actuellement instruit par l'armée de l'air américaine. Washington devrait pouvoir donner une réponse à Paris vers la fin de l'année, voire début 2014, une fois l'approbation des parlementaires américains obtenue. « La procédure prend environ un an », explique une source proche du dossier à La Tribune.

En tout cas, l'armée de l'air française, qui a toujours plaidé pour l'achat de drones américains Reaper, vise la livraison des premiers exemplaires dès « 2016, et même plus tôt que cela » en vue de les employer rapidement sur le théâtre africain, précise-t-on au sein de l'armée de l'air. « Le Reaper répond bien à l'expression des besoins de l'armée de l'air », confirme ainsi une source proche du dossier.

Une filière industrielle européenne pour les drones Male ?

Au-delà de cette acquisition, la France veut se doter de drones Male armés à l'horizon 2020. Alors que le débat n'est pas encore tranché au niveau politique, deux écoles s'affrontent : faut-il continuer à acheter des drones à l'étranger ou faut-il créer une filière industrielle européenne, qui est pour certains au sein du ministère de la Défense « un pari sur l'avenir » ? « Il faut le faire », estime-t-on à haut niveau en dépit d'un marché relativement étroit pour faire vivre cette filière. Car, au-delà d'un noyau de pays européen, il existe une demande à l'international pour ce genre de systèmes d'armes, très utile pour les problématiques de surveillance de frontières, explique-t-on à La Tribune. Des pays qui ont déjà une maturité dans l'utilisation des réseaux et du combat en réseaux.

D'autres en revanche, au sein du ministère de la Défense, considèrent que la France et l'Europe ont raté définitivement le train des drones de surveillance Male. Compte tenu des contraintes budgétaires actuelles, du marché étroit en Europe pour ce type d'armement (entre 20 et 30 exemplaires), situé principalement en France, Allemagne, Grande-Bretagne et Italie, et enfin des retards industriels et technologiques, il n'y a plus la place pour lancer une filière européenne. D'autant que les drones armés sont régis par la réglementation MTCR* (Missile Technology Control Regime), la même que celle des missiles de croisière qui est très restrictive en matière d'exportation. Les licences nationales d'exportation exigées pour ces technologies rendent la tâche beaucoup plus difficile aux pays qui cherchent à acquérir ou à produire des vecteurs d'ADM (Armes de destruction massive) non pilotés. Ce qui réduit nettement les possibilités à l'export pour ces systèmes d'armes déjà complexes à mettre en ?uvre pour des armées (liaison satellites drones) et complique donc un peu plus l'émergence pérenne d'une filière industrielle. « Une fois les Reaper non armés achetés, je fais le pari que la prochaine étape sera l'achat de drones américains armés », souligne une source proche du dossier. Exit donc la filière industrielle européenne.
 

* MTCR : le Régime de contrôle de la technologie des missiles est un regroupement informel et volontaire de pays qui veulent empêcher la prolifération des vecteurs non pilotés d'armes de destruction massive et qui s'efforcent de coordonner les efforts de prévention à cet égard par le biais des régimes nationaux de licences d'exportation. Le MTCR a été créé en 1987 par le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis. Depuis ce temps, le MTCR a grandi et compte maintenant trente-quatre pays, et tous ont un droit égal au sein du Régime.

 

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Commentaires

alban  a écrit le 30/05/2013 à 15:14 :

Il faut surtout s'équiper de drones supersoniques plus permissibles à l'anti-aérien.

Jon  a écrit le 09/04/2013 à 12:42 :

Un drone mâle armé, mal armé? Alors... va pour un drone femelle...

Rogger  a écrit le 07/04/2013 à 12:46 :

Ils est vrai que acquérir des drone américain serai la solution de facilité, mais ils n'y aura aucun transféré de technologie, nous ne somme que des acheteurs d'une technologie..... Pour notre indépendance militaire et industriel cela est une très mauvaise chose, il faut mieux effectuer les recherche à notre niveau comme cela nous acèrerons à ce savoir faire, à notre indépendance, et d'ici 5 ans nous pourrons proposé un matériel performent à l'exportation.... Cela donnerai du travail à nos industriel se qui n'est a un mal par les temps qui cours..... Ensuite pour comble notre retard il n'est pas interdit de nous allier avec des pays souhaitant aussi développé cette technologie ( Russie, Allemagne, Italie) .....

Rogger  a écrit le 06/04/2013 à 19:36 :

Bonjour, bien il semblerai qu'il est urgent d'acheter se type de matériel.... Mais bon somme nous en guerre ouverte?,,, ensuite serte ils existe le nEUROn, un drone de combat qui est en développement depuis 5 ans, si le revêtement furtif n'est pas encore prêt, les programmes d'automatisation sont sûrement au point, vole automatique, suivie de terrain, geo localisation, transmission de donner..... Après tout un drôle MÂLE est un avion au qualité très moyenne, avion à moteur à piston, vitesse moyenne de 500 km/h, légèrement furtifs à la détection thermique, avec ils est vrais des moyens d'observation très performent..... Cela existe déjà dans les avions de reconnaissance ... Vous nous dite qu'il nous faut encore 5ans de développement pour ce type de matériel......ils me semble plus probable que notre pays ne veut pas régler la facture à un constructeur français..... Je ne croit pas que cela (acheter sur étager) sera un moyen de relancer notre pays, de faire travailler nos ingénieurs, et de favoriser notre indépendance stratégique.... Sujet de réflection....

REVERSIBILITE  a écrit le 06/04/2013 à 9:52 :

La France veut acquérir des drônes, donc avion sans pilote, mais au fait, y a t'il un pilote dans la maison France??? A t'il été formé pour piloter en CAVOK cette maison ou bien semble t'il la diriger vers l'abîme dans un brouillard à couper au couteau??

Marousan  a écrit le 06/04/2013 à 0:46 :

Il serait tellement plus simple de demander à Dassault, Thales et EADS de plancher sur une gamme de drone européen ... .

Mais non il faut que l'on aille mendier quelques drones à l'oncle SAM qui bien entendu va nous faire payer, ne fera aucun transfert technologique et sera à même de décider si on peut les utiliser sur les théâtres d'opération communs.

Très honnêtement je ne comprends pas cette décision d'acheter américain. Nous avons la technologie, les talents et l'argent pour construire ce type de produit et cela renforcerait nos capacité commerciale en terme de vente d?armement de reconnaissance et de d'attaque semi-autonome.

chs  a répondu le 06/04/2013 à 9:58:

L'idéologie compte, hélas, énormément chez nos gouvernants français actuels...D'un coté un discours (mais juste des mots pour faire bien à la télé); redressement progressif, lutte contre le chômage, production française de...marinières! Dans les faits,stigmatiser les entreprises qui réussissent: acheter américain et dépendre d'eux! Je croyais que Dassault avait déjà commencé à travailler sur ces sujets: HéronTP, Télémos (avec BAé), et le nEUROn qui a déjà volé (une première européenne!). La cause à outils de notre président est-elle made in USA? ou bien n'est-ce qu'une "casse" à outils bien rose? Heureusement que ces gens_là n'étaient pas là quand la France a pu lancer ses programmes d'indépendance nucléaire, son TGV, Airbus, Rafale, Ariane, etc....

Alex  a répondu le 06/04/2013 à 10:39:

Vous parlez comme si tout notre matériel provener des Américains au final il doit représenter 5% de l'équipement de notre armée et encore... les américains font des drones depuis 15-20 ans vous voulez qu'on se lance là maintenant à faire des drones Male , déja la quantité sera surement trop faible pour lancer un programme , ensuite essaye des mettre d'autres acteurs européen dans le coup (pas gagner) et ensuite le cout ? l'ammortissement et la puissance de l'euro nous permettra d'avoir des drones reaper bien moisn chère que si s'etait du made in france , et si nous lancons un programme il faudra entre 5 et 10 ans d'ici là le Neuron de Dassault aura pris le relais donc trop tard car ces drones sont urgent, avec le budget light de la defense il est judicieux d'acheter des drones au Américains.

chs  a répondu le 06/04/2013 à 17:49:

Surveillez ce que racontez Alex (ainsi que votre orthographe)...nEUROn est un Ucav, pas un MALE. Si on vous écoutait, il n'aurait pas fallu lancer Airbus (les USA avaient déjà le 707), pas plus qu'Ariane (le américains avaient déjà Saturne), ni même avoir notre dissuasion (les USA avaient déjà la bombe en 1945).... Il est rès "judicieux" d'acheter américain: savez-vous que nous n'aurons pas la main sur ces drones?

pat  a répondu le 04/05/2013 à 14:24:

Nous avons besoin maintenant de ces engins tout en conservant la main, contrairement à ce que vous affirmez,
l'américanisme primaire devrait pourtant avoir disparu, mais non semble t'il.

capcha  a écrit le 05/04/2013 à 21:43 :

Abandonner ce nouveau produit de guerre, c'est un comme si la France avait abandonné l'avion en 1910.
Il ne faut pas être spécialiste en stratégie militaire pour dire que le drone a certainement l'avenir pour "traiter" les conflits sans perdre trop d'hommes, qui dans notre culture est devenu primordial.
Enfin pour ajouter un peu d'humour au commentaire de "Hollande pilote réalité", on ne peut être que déçu de la perte du "drone à daire" offert par le Mali à notre Président!

Pingouin 1er  a répondu le 06/04/2013 à 8:46:

Excellent le drone à daire !

Noah  a écrit le 05/04/2013 à 21:15 :

Quand on voit comment les américains nous ont cassés les glaouis pour la modernisation de nos ravitailleurs, je crois que l'on peut attendre la livraison de ces drones pour la Saint Glin Glin !

Mais au fait, Dassault à sorti un drone l'année dernière le "NEURON" il me semble ... Ou en est on dans ce programme ?.!

Kiri  a répondu le 05/04/2013 à 22:16:

Ca avance mais ça na changera rien à court terme...dans tous les cas le nEUROn est un démonstrateur technologique. Il n'est pas destiné à une production industrielle.

Totoff  a répondu le 05/04/2013 à 23:17:

Le Neuron est un UCAV (avion de combat sans pilote mais armé) alors que l'article traite de drone de surveillance MALE.

Noah  a répondu le 06/04/2013 à 12:34:

@ Kiri : Merci pour ta réponse, c'est bien dommage que le nEUROn ne soit pas destiné à une production industrielle ... On va encore rater le coche et dépendre encore des USA ...

@ Totoff : C'est bien beau de savoir lire l'article, encore faut il le comprendre ... Il est bien précisé qu'à terme, la France veut s'équiper de drone de surveillance ET de combat à l'horizon 2020.

Totoff  a répondu le 06/04/2013 à 16:57:

Pas de souci Noah. Mais c'est bien d'un drone de surveillance armé (donc de combat) dont il est question dans l'article. Concernant le démonstrateur Neuron, la France et la GB ont lancé à partir du Neuron une coopération pour un programme d'avions de combat piloté et non piloté. Ce programme remplacera à l'horizon 2030 le Rafale, l'Eurofighter...

mjj  a écrit le 05/04/2013 à 15:49 :

Comme Stéphane?

Totoff  a répondu le 06/04/2013 à 17:02:

Excellent

popeye  a écrit le 05/04/2013 à 15:22 :

et d'où on va sortir le fric?? il est parti dans les paradis fiscaux....

Opinion7  a écrit le 05/04/2013 à 13:25 :

Le Ministere de la Defense & la DGA ont leur part respective de responsabilite dans cette situation ou la France a rate plusieurs trains pour ne pas dire plus dans les bagarres Nationales entre EADS & Dassault pour le Leadership d'un quelconque projet de drones...

mobius  a répondu le 05/04/2013 à 20:39:

Cette dimension est incontestable, mais on ne peut pas nier des questions budgétaires : les moyens sont déjà limités pour le développement et l'acquisition de moyens essentiels ( véhicules, hélicoptères, avions de combat, de ravitaillement, etc.), donc oui, à un moment la DGA et le ministère ont du trancher. Ces moyens de renseignements de plus en plus importants ont été négligés. Je trouve cependant un peu sévère de leur jeter la pierre alors que leurs ressources n'ont cessé de diminuer.

Alors oui, le drone male choisi sera probablement américain parce que ça reviendra moins cher... à court terme du moins.

chs  a répondu le 06/04/2013 à 10:06:

Voilà l'erreur: ne réfléchir qu à court terme! Avoir une courte vue purement financière conditionne l'avenir...Mais ils seront revenus dans l'opposition et là ils pourront critiquer!!! La politique doit se faire pour préparer le long terme! Ce n'est pas avec un capitaine de pédalo qu'on peut aller sur les océans... Mais, c'est vrai que c'est moins cher de faire des ronds dans le bassin d'Arcachon.

Hollande pilote réalité  a écrit le 05/04/2013 à 13:24 :

non seulement nous sommes mal armés mais plus encore mal barrés !

PML  a écrit le 05/04/2013 à 12:10 :

Et oui, on paie aujourd'hui les décisions prises ( ou plutôt pas prises ) dans le passé...

HIHI  a écrit le 05/04/2013 à 11:58 :

Avec un budget de la défense rik rak je vois ca mal.