Drones : l'histoire d'un incroyable fiasco français

 |   |  4940  mots
Drone américain MQ-1 Predator Copyright Reuters
Drone américain MQ-1 Predator Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Guerre entre industriels, indécision de la France et de l'Allemagne, multiplication d'accords non respectés... Trois raisons qui ont cloué au sol tous les projets de drones de reconnaissance et de surveillance (MALE) en France. Industriels et responsables politiques se partagent les responsabilités de cet incroyable fiasco. Au final, Paris va acheter des drones américains Predator Reaper. Récit.

Difficile de mieux résumer un fiasco politique, industriel et militaire d'une telle envergure : "La France a raté le rendez-vous des drones (...) ce qui est invraisemblable pour une nation qui a un savoir faire technologique, aéronautique, électronique considérable avec des entreprises majeures qui étaient en situation de pouvoir le faire", a ainsi reconnu il y a une dizaine de jours le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. On croirait presque à un coup monté, tant les gouvernements successifs (de droite comme de gauche) ont savamment sabordé depuis le début des années 2000 tous les projets de programmes de développement d'une arme qui, au fil des conflits, est pourtant devenue indispensable aux armées modernes dans le ciel de tous les théâtres d'opérations.

Comment la France a-t-elle pu manquer à ce point le virage des drones alors que bien rares sont les pays qui disposent d'autant de compétences grâce aux Dassault Aviation, EADS, Safran et autres Thales pour créer une filière industrielle solide? Au final,  la France, pourtant si fière de son autonomie stratégique en matière militaire, est contrainte aujourd'hui de quémander aux Etats-Unis des drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), les fameux Reaper (faucheuse en français).

Un programme mal né dès 2004

Tout commence véritablement en 2004. Par un exploit. Mais un exploit qui fragilisera dès le départ le projet de drone EuroMale (ancêtre du Talarion) mal né, qui ira de déboires en déboires. Lors du salon de l'armement terrrestre Eurosatory en juin 2004, la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, force Dassault Aviation, qui s'était pourtant allié avec Sagem (depuis Safran), et EADS à former un partenariat contre-nature dans les drones. Le groupe européen monte à bord du démonstrateur de drone de combat Ucav (avion sans pilote), le Neuron lancé un an avant et piloté par Dassault Aviation. En contrepartie, EADS doit accepter l'arrivée de Dassault Aviation, qui traîne des pieds, dans le programme EuroMale.

Les deux électroniciens, Thales et Sagem sont également conviés pour se partager un budget de 300 millions d'euros. Un drone MALE qui doit voler en 2008. C'est un peu le "Yalta" des drones, qui se fait aux dépens de Thales, qui avait pourtant un accord de co-maîtrise d'oeuvre avec EADS. En outre, l'électronicien devra repousser à l'automne une opération de rachat inamicale par le groupe franco-allemand... allié à Dassault Aviation. Bref, le programme EuroMale regroupe des entreprises, qui ne s'aiment pas et ne s'accordent aucune confiance. Mais pour Michèle Alliot-Marie, alors très optimiste, EADS et Dassault ont "signé un accord fondateur sur les drones, Male et Ucav, qui préfigure l'avenir de l'industrie européenne des avions militaires, de combat et de reconnaissance". A voir...

Après l'enthousiasme des signatures, EADS rencontre très vite des difficultés à fédérer autour de lui un projet européen de drone d'observation. Les pays européens, notamment l'Allemagne, sont déjà en panne de budget et rechignent à passer à la caisse. Pourtant, le ticket de lancement est estimé à 340 millions d'euros, une goutte d'eau pour un projet en partenariat.

Problème financier, mais pas seulement. Berlin renacle car le projet, tel qu'il est configuré par les Français, ne correspond pas à ses besoins opérationnels identifiés. La Bundeswehr, son armée, veut un drone de reconnaissance quand la France n'en a pas besoin grâce son système RECO-NG, qui équipe ses avions. Fin 2005, le constat est clair : premier échec pour EADS. Seule l'Espagne souhaite monter à bord de l'EuroMale en y apportant 40 millions d'euros. La France est quant à elle prête à financer à hauteur de 75 millions d'euros, EADS apportant enfin 100 millions en autofinancement. Pas assez pour lancer le programme.

La guerre des drones aura bien lieu

Si le programme EuroMale a du plomb dans l'aile, EADS ne joue pas non plus réellement franc-jeu avec Dassault Aviation sur le Neuron. A la grande surprise de l'avionneur tricolore à l'été 2005, le groupe européen travaille sur un projet de démonstrateur d'Ucav concurrent du Neuron, le Barracuda. Un peu plus d'un an après la signature, le "Yalta" des drones vole en éclat. D'autant que la guerre va s'intensifier début 2006, en coulisse entre les trois grands du secteur de la défense en France, EADS, Thales et Dassault Aviation.

Après avoir été sélectionné par le MoD (ministère de la Défense) britannique pour fournir un drone tactique Watchkeeper, Thales se sent pousser des ailes en France et veut sa revanche sur EADS. Sentant son rival dans une impasse, l'électronicien n'hésite pas à chasser sur le pré carré du groupe européen en faisant une offre non sollicitée à la DGA. Il propose une version francisée du programme britannique Watchkeeper. Ce programme présente "une alternative fonctionnelle beaucoup plus intéressante aux projets de drones de reconnaissance à l'étude en France", estime alors le PDG de Thales, Denis Ranque. Sans succès en dépit du prix attractif du programme.

EADS est dans l'impasse et l'avoue même publiquement en juin 2006 lors du salon d'Eurosatory. "Nous sommes dans une impasse alors que nous avons un projet et déjà réalisé des investissements", regrette alors le patron de la division défense d'EADS, Stefan Zoller. Ce constat pousse le groupe européen à changer son projet EuroMale en proposant une plate-forme européenne (via son projet développé sur fonds propres Barracuda) pour satisfaire les exigences de la DGA, qui souhaite avoir une maîtrise européenne totale sur cette technologie.

Du coup, EADS est contraint de mettre sur la touche son partenaire israélien IAI, qui devait lui fournir la plate-forme Eagle 2 pour EuroMale. La DGA, qui a toujours soutenu un programme en coopération, maintient la confiance à EADS en dépit des proposition de Thales. En juin, un accord semble se dessiner "à condition d'un coût acceptable". EADS, qui a déjà perdu plus de 120 millions d'euros sur ce projet, persévère. Un drone MALE est désormais attendu en 2013-2014.

Dassault Aviation quitte le projet

Il faudra attendre un an de plus pour que le projet aboutisse dans la douleur. A l'automne 2006, EADS remet tant bien que mal un projet de drone européen de surveillance, et non plus d'observation. Un compromis entre les besoins opérationnels français (observation) et allemand (reconnaissance) pour faire monter Berlin dans le programme. Soutenu par Michèle Alliot-Marie, EADS négocie alors avec trois pays européens - Allemagne, France et Espagne - le lancement d'un programme nouvellement baptisé Advanced UAV. Exit EuroMale.

Ce nouveau projet réduit à la portion congrue la charge de Dassault Aviation. Furieux, le patron de l'avionneur, Charles Edelstenne, refuse de poursuivre avec EADS. L'alliance, qui préfigurait "l'avenir de l'industrie européenne des avions militaires, de combat et de reconnaissance" est bel et bien cassée.

Au début de l'année 2007, la guerre des drones s'intensifie. Thales et Dassault Aviation, qui a dû mal à digérer ses démêlés avec EADS, proposent à la DGA au printemps deux projets de drone, l'un à court terme pour satisfaire les besoins opérationnels de l'armée française, et l'autre à long terme, qui serait le concurrent de l'Advanced UAV. En vain. La DGA maintient sa confiance à EADS. Et tord le bras à Thales pour qu'il reste dans l'Advanced UAV et surtout qu'il ne fasse pas capoter le programme. La ministre de la défense aurait eu recours à la pression sur d'autres programmes en cours de discussions entre la DGA et Thales, explique-t-on alors dans les milieux de la défense. Ce qui ravit EADS, où on explique que Thales a été "remis à son rang d'équipementier, son rôle normal dans les systèmes".

Dassault Aviation lance un projet de drone MALE concurrent

A la veille du salon aéronautique du Bourget, en juin 2007, Charles Edelstenne ne décolère pas sur le dossier drone Male. "Le budget français, déjà contraint, va servir à dupliquer hors de France des compétences qui existent déjà en France, explique-t-il alors lors d'une conférence de presse. Je le déplore et les leçons des programmes en coopération ne sont pas apprises". Et le PDG de Dassault Aviation annonce avoir conclu une coopération sur un drone MALE avec Thales qui, lui, reste plutôt discret sur ce projet.

Et pour cause... On apprendra plus tard que Dassault Aviation et Thales ont remis en novembre une proposition non sollicitée engageante pour fournir à la France un système de drones de surveillance, élaboré à partir d'une plate-forme israélienne (Heron TP fabriqué par IAI), qui pourrait être livré dès 2012, voire 2013. L'espagnol Indra rejoindra le programme, qui sera dévoilé avec beaucoup de jubilation à la presse par Charles Edelstenne en juin 2008.

EADS, qui a le soutien de la DGA depuis quatre ans, a quant à lui enfin son projet et ses contributeurs, Allemagne, Espagne et France. Le groupe européen propose de reprendre dans son projet de drone MALE les technologies développées par le biais du démonstrateur allemand Barracuda. Le projet d'EADS prévoit de lancer dans un premier temps un drone de surveillance, puis de reconnaissance pour le besoin de l'armée allemande. La signature était attendue au début du salon du Bourget. Mais c'était sans compter sur les lenteurs administratives du ministère de la Défense allemand.

Le 22 juin 2007, la DGA publie un communiqué sur une coopération entre la France, l'Allemagne et l'Espagne. Les trois pays "s'accordent sur un arrangement technique pour une phase de réduction de risques d'un Advanced-UAV". Ce qui sera confirmé quelques mois plus trad en décembre avec la notification à EADS par la France, l'Allemagne et l'Espagne d'un contrat d'études de réduction de risques pour l'Advanced UAV, un programme qui pèse 2,8 milliards d'euros, dont environ 1,3 milliard pour le développement partagé à parts égales. Les trois pays ont exprimé un besoin de quinze systèmes (six respectivement pour la France et l'Allemagne, trois pour l'Espagne). Ce drone est désormais attendu à l'horizon 2015 pour équiper les trois armées.

Nouveau président de la République, nouvelle donne

Avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée en 2007, le projet drone MALE va entrer dans une période de calme plat... qui annoncera de nouvelles de turbulences. Le lancement d'un grand programme de drone européen est désormais suspendu en France aux conclusions du Livre blanc sur la défense, qui ne sera finalement dévoilé qu'en juin 2008. En clair, le besoin opérationnel de ce système devra être démontré par le Livre blanc, puis entériné par le ministère de la Défense. Et ce même si les trois pays partenaires du programme Advanced UAV (Allemagne, Espagne et France) viennent de notifier fin 2007 à EADS en tant que maître d'oeuvre un contrat de réduction de risques d'une durée de quinze mois d'un montant de 60 millions d'euros (20 millions par pays). Pour autant, le programme drone tombe un peu dans l'oubli des décideurs politiques. Plus personne ne semble pressé.

EADS se rappelle toutefois au bon souvenir du ministère de la Défense lors du salon du Bourget 2009. Le président exécutif du groupe européen, Louis Gallois, un rien requinqué après avoir enfin livré en juin 2008 le drone Male SIDM (intérimaire), rappelle à la France qu'elle "a besoin d'un drone". "Même s'il y a le SIDM (Harfang) qui fonctionne déjà en Afghanistan, il faut d'ores et déjà préparer la génération suivante. Le programme Advanced UAV répond aux besoins européens. Nous souhaitons une décision aussi vite que possible. C'est une coopération européenne qui peut, au-delà de l'Espagne, la France et l'Allemagne, inclure la Turquie". Et d'estimer que l'Advanced UAV devrait être disponible en 2015-2016.

Drone de malheur pour EADS

Fin 2009, les premières rumeurs sur un lâchage d'EADS commencent à circuler. Le groupe européen est au bord de perdre un contrat estimé à 2,9 milliards d'euros portant sur le développement d'un programme de drone de théâtre Male, rebaptisé Talarion (ex-Advanced UAV) et l'achat des systèmes. « Plus personne n'a envie de le faire », affirme-t-on alors à La Tribune. Pourquoi ? Hors de prix, trop risqué, assurent des sources concordantes. D'autant que la loi de programmation militaire (LPM) n'a prévu sur 2009-2014 que 139 millions d'euros pour le segment Male. Peu, trop peu pour lancer ce programme.

Plus tard, le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon, expliquera que "l'opération a été arrêtée parce qu'elle conduisait à un objet trop volumineux qui ne correspondait pas aux besoins de l'armée française. La première partie du travail sur Talarion portait sur la création d'un porteur. Or cette opération, qui aurait été intégralement réalisée en Allemagne, nous aurait conduits jusqu'en 2017. Se posait aussi la question de la participation de notre industrie à la réalisation des capteurs. Nous n'avons donc pas poursuivi cette opération. Cela n'a d'ailleurs laissé aucune séquelle dans les relations entre l'Allemagne et la France".

EADS est encore dans le flou début 2010 même si le groupe pressent certaines menaces. Si l'Allemagne, la France et l'Espagne ne passent pas de commandes fermes pour cet avion sans pilote d'ici à l'été, "nous devrons geler ce programme", déclare en janvier 2010 au Financial Times Deutschland, le responsable de la branche défense d'EADS, Stefan Zoller, qui entretient de très mauvais rapport avec la France, notamment la DGA, ainsi qu'avec Dassault Aviation.

Le patron d'EADS Défense a sa part de responsabilité dans le fiasco du Talarion. "Il n'a jamais voulu écouter le client français", explique-t-on à "La Tribune". C'est d'ailleurs, à cette époque qu'une option américaine (Predator Reaper) est pour la première fois envisagée par Paris. En juin 2010, le ministre de la Défense, Hervé Morin, confirme à "La Tribune" que la France regarde bien le programme Predator.  "J'ai appelé Robert Gates pour lui demander d'accueillir Laurent Collet-Billon chez General Atomics afin que ce groupe puisse répondre aux questions que nous nous posons. Nous avons déjà acheté aux Américains des matériels stratégiques comme les avions Awacs ou les Hawkeye. Il faut arriver à concilier les besoins opérationnels, les moyens budgétaires fixés par la LPM et la volonté de soutenir l'industrie française. Encore une fois, il s'agit d'explorer toutes les options possibles et d'en écarter aucune".

Nicolas Sarkozy siffle la fin de la partie

Le changement de cap de Paris est dicté par la crise financière qui fait des ravages et  impacte  les budgets, dont celui de la défense. Surtout, cette décision brise les derniers espoirs d'EADS de lancer le Talarion. La DGA, furieuse de sa coopération avec EADS, en rajoute au coeur de l'été une louche sur les déboires du programme Talarion : "la problématique du drone MALE est simple, la première proposition française est à 1,5 milliard d'euros alors que le drone Predator américain coûterait autour de 700 millions d'euros. Il me semble qu'il y a une contradiction pour un industriel (EADS, Ndlr) à demander à l'État de l'aider à exporter ses matériels et, dans le même temps, de lui proposer d'acheter un produit qui coûte 800 millions d'euros de plus qu'un produit étranger concurrent".

Quatre solutions alternatives sont alors envisagées : l'achat de drones américains Predator, une offre commune de Dassault Aviation et Thales, ou de Dassault avec IAI sur la base des Harfang, ainsi qu'une éventuelle coopération entre Dassault Aviation et les Britanniques avec le Telemos. En novembre 2010, la France et le Royaume-Uni annoncent un appel d'offre de drones en 2011 pour une livraison entre 2015 et 2020, suivi d'un projet de recherche commun à partir de 2012 pour créer un drone nouvelle génération après 2030.

Au début de l'année 2011, la messe est dite pour EADS, qui continuera pourtant à se battre pour imposer sa solution. A raison car entre Londres et Paris, les relations sont tout aussi compliqués qu'entre Berlin et Paris sur les drones. Au Bourget 2011, les Britanniques ont d'ailleurs salement cassé l'ambiance en demandant pratiquement la veille de l'inauguration du salon à Nicolas Sarkozy de ne pas mentionner la concrétisation de leur alliance. Ce qui a enlevé à ce dernier le plaisir d'annoncer une avancée notoire de l'axe franco-britannique dans un domaine de la défense, le point fort de son discours. Pourtant, une dizaine de jours avant le Bourget, le ministre de la Défense britannique, Liam Fox, avait donné son accord à son homologue français Gérard Longuet. Mais Liam Fox n'avait pas le feu vert du Chancelier de l'Échiquier, qui ne dispose pas des budgets pour lancer le programme de drone Telemos (surveillance et reconnaissance) . Londres ne voulait pas d'une crise ministérielle ouverte.

Ce n'est en juillet 2011 que la France choisit officiellement l'industriel qui fabriquera le drone MALE intérimaire. Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, décide lors du Comité ministériel d'investissement (CMI) l'entrée en négociations avec Dassault Aviation. L'avionneur devra fournir aux armées françaises en 2014 un système de drones, baptisé Voltigeur, selon le communiqué du ministère de la Défense. Un choix qui devrait permettre à l'avionneur "de commencer à structurer une filière industrielle en préparation du futur système de drone Male franco-britannique". Dans la foulée, Israël Aerospace Industries (IAI) vend à la France la plate-forme Héron TP, qui sera francisée par Dassault Aviation, pour environ 500 millions de dollars, selon des responsables d'IAI. Une décision beaucoup trop tardive : le programme ne sera pas sécurisé au moment de la prochaine élection présidentielle.

Le nouveau ministre Jean-Yves Le Drian rebat à nouveau les cartes

En février 2012, Cassidian est tout prêt de jeter l'éponge et annonce son intention de mettre fin au programme Talarion, après avoir échoué dans l'obtention d'un soutien financier des acheteurs potentiels. Mais nouveau coup de théâtre. Le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, décide lors de sa première conférence de presse une "remise à plat" du dossier sur les drones. Il doit "avant le 14 juillet" confirmer ou changer d'orientation la politique en la matière. Un énième stop and go.

Mais en juillet, point de décision. De nouvelles rumeurs remettent en piste l'idée de l'achat du drone américain Predator Reaper. Jean-Yves Le Drian, semble effectivement s'acheminer vers un achat américain, ce qui serait dans son esprit une solution intérimaire. "Il n'y a pas actuellement d'offre nationale ou européenne disponible sur le marché en matière de drones. Il faut faire des choix et préparer des alternatives, avec des perspectives européennes", a-t-il expliqué lors de l'été 2012 aux députés de la commission de la défense. Jean-Yves Le Drian prépare déjà les esprits à un achat sur étagère de drones américains.

Paris et Berlin se rapprochent

Pour EADS, cela marque la fin de l'histoire du Talarion. Fin juillet, le groupe européen annonce que le programme, n'ayant trouvé aucun acheteur ferme, est abandonné. Il est même présenté comme European UAS sur le site de la société et lors de salons. EADS, qui a perdu beaucoup d'argent sur ce projet, peut encore espérer faire fructifier les compétences acquises lors du développement du Talarion. Notamment dans le cadre de la coopération franco-allemande initiée en septembre 2012 par Paris et Berlin.

Les deux capitales se sont mises d'accord sur un "ensemble commun de besoins opérationnels clés" dans le domaine du drone Male. Les deux nations évalueront la possibilité d'une coopération opérationnelle comme étape intermédiaire. La France et l'Allemagne s'efforceront d'harmoniser les structures et les processus nécessaires afin de permettre aux deux pays de lancer la réalisation de ce projet. De son côté, Paris veillera à ce que ce travail soit pleinement cohérent avec les engagements pris entre la France et le Royaume-Uni sur ce sujet dans le cadre du traité de Lancaster House. Ils ont également pour objectif "d'approfondir les possibilités d'une coopération européenne", selon le communiqué du ministère de la Défense.

Dans une interview accordée en septembre à La Tribune, le secrétaire d'Etat à la Défense allemand, Stéphane Beemelmans, explique la portée de cet accord : "nous allons étudier les possibilités de réalisation d'un drone commun sur la base de spécifications militaires communes. L'idée est d'avoir un drone disponible à l'horizon 2020-2023. Deuxième nouveau volet, nous voulons étudier la création d'une unité franco-allemande de drones qui couvrirait la période intermédiaire jusqu'en 2022/2023, et qui mettrait en commun les travaux effectués sur les drones jusqu'ici, et se poursuivrait probablement après l'entrée en service d'un nouveau drone commun".

Discussions entre les Etats-Unis et la France

Dans le même temps, la France se rapproche des Etats-Unis pour une éventuelle acquisition de Reaper. "Le ministère de la Défense a entamé à cette fin des discussions informelles avec l'industriel américain General Atomics, fabricant du fameux drone, a expliqué en octobre Laurent Collet-Billon aux députés de la commission de la défense de l'Assemblée nationale. Si nous voulons doter nos forces très rapidement de moyens opérationnels, la seule source, ce sont les Etats-Unis, avec tous les inconvénients connus, notamment en matière de maîtrise des logiciels et de certains capteurs".

Le Royaume-Uni et l'Italie possèdent déjà des drones de General Atomics. L'Allemagne a déposé en janvier 2012 une demande de FMS - Foreign Military Sale - pour l'acquisition de Reaper. "L'Allemagne et la France ont du reste engagé une réflexion, en cohérence avec nos travaux avec le Royaume-Uni, sur la possibilité d'entreprendre en commun une démarche d'européanisation des équipements et, progressivement, du drone", rappelle à l'automne 2012 Laurent Collet-Billon.

Des Reaper dans l'armée de l'air française

Quel drone MALE équipera l'armée de l'air française et surtout quand pourra-t-elle les avoir ? Car le temps presse. Un contrat semble proche. L'armée de l'air en a besoin très rapidement pour le Mali en complément des deux vieux-jeunes drones Harfang d'EADS (drones francisés à partir d'une plate-forme israélienne Heron développée par IAI au début des années 90) mise en service seulement en juin 2008. Une plate-forme déjà dépassée en raison des atermoiements du ministère de la Défense, puis du retard du programme qui devait être livré initialement en 2003. "Les drones de surveillance, Harfang et SDTI, sont aujourd'hui frappés d'obsolescence", a reconnu publiquement la semaine dernière le ministère de la Défense.

La France est donc aujourd'hui pris au piège de son indécision. Car l'armée de l'air veut disposer avant la fin de l'année de ce type de matériels que les industriels français n'ont évidemment pas aujourd'hui en catalogue. Et pour avoir des Reaper opérationnels avant la fin de l'année, Paris ne pourra compter que sur des matériels... non francisés. Donc sous le contrôle de Washington, qui autorisera ou non certaines missions. "La nécessité d'une acquisition à brève échéance et d'une utilisation opérationnelle immédiates sont confirmées pour la surveillance et l'observation de la bande sahélienne et ne permettent pas le développement d'un nouveau programme", a expliqué le ministère de la Défense. Selon nos informations, la France devrait recevoir avant la fin de l'année deux drones Reaper et une station de contrôle au sol pour les employer au Mali. Le contrat pourrait être signé de façon imminente. Pour le ministère de la défense, cela ne fait aucun doute. Et peu importe si les Etats-Unis auront un oeil sur ce que font les Français. "C'est déjà le cas avec les Awacs (les avions radars français, ndlr), non ?", rappelle une source proche du dossier.

En outre, "dans les réflexions, il est apparu nécessaire de franciser la charge utile (les liaisons de données et les capteurs spécifiques)", a précisé l'hôtel de Brienne. Mais ce ne sera que dans un deuxième temps avec l'achat d'un second lot : au total, la France pourrait acheter quatre Predator Reaper. Car il faut en moyenne entre deux et quatre ans pour franciser les Reaper (capteurs, et liaisons satellitaires notamment), selon le degré de francisation. Soit au mieux en 2015 si Paris obtient le feu vert du Congrès américain cette année, voire début 2014. Sans compter que la France veut à terme armer ses drones. Paris devrait appeler Rome. Depuis deux ans, l'Italie, qui a demandé l'autorisation aux Etats-Unis d'armer ses Reaper, attend toujours avec agacement une réponse de Washington. Du coup, les Italiens menacent de travailler avec des partenaires sur un projet de drone alternatif qui pourrait entrer en service en 2017-2018.

Dassault et EADS prêts à coopérer

Aujourd'hui, Dassault Aviation et EADS sont prêts à coopérer, explique-t-on à La Tribune. Le départ de Stefan Zoller du groupe européen a semble-t-il pacifié quelque peu leurs relations houleuses. "Si une demande existait, il n'y aurait pas de problème pour faire un drone entre les industriels. Bae Systems, EADS et Dassault pourraient trouver un terrain d'entente dès lors que les pays auraient émis un besoin commun", a récemment assuré le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, soulignant que les industriels discutaient déjà entre eux. Il a souligné que, sur ce point, aucun besoin n'a pour l'heure été défini. "Je n'ai pas vu de besoins communs exprimés vers nous (industriels) qui couvrent les besoins allemands, français et britanniques. Cette demande n'existe pas", a-t-il commenté. Le patron de Cassidian, Bernhard Gerwert, a assuré mi-mai de son côté que "nous avons besoin d'un programme de drones armés, pour que l'Europe s'affranchisse des Américains et des Israéliens. Si nous ne le lançons pas, c'est mort pour nous".

Pour l'heure, les deux industriels, Dassault Aviation et EADS, lorgnent la francisation des drones que va acheter la France. Le patron d'EADS, Tom Enders, a confirmé en mars dernier son intérêt pour les opérations de francisation du drone américain Reaper si la France validait cette option. Nous avons fait savoir au gouvernement français que nous étions intéressés par la francisation de ce drone, a-t-il expliqué aux sénateurs. Le groupe européen a déjà francisé les drones Harfang (plate-forme israélienne Eagle One). C'est le cas également d'Eric Trappier a indiqué supposer "une certaine francisation" des drones qui seront achetés, "c'est-à-dire avec une capacité d'être opérés de France et en France pour les problèmes de fréquences" aériennes. Il a rappelé que Dassault Aviation avait déjà travaillé avec les Israéliens sur le drone Heron TP et était capable de le franciser. "Cette offre avait été discutée à une certaine époque et est toujours valide", a-t-il fait valoir.

Jean-Yves Le Drian à la manoeuvre

Jean-Yves Le Drian est prêt à emprunter cette voie... mais dans un second temps. Il y a une dizaine de jours au "Grand rendez-vous Europe1-Itélé-Le Parisien, il a justifié l'achat par la France de deux drones aux Etats-Unis en expliquant que la France avait "raté le rendez-vous des drones" et confirmé des discussions également avec Israël pour l'achat d'autres appareils. La France doit notamment acheter deux drones de surveillance Reaper aux USA pour une livraison avant la fin 2013 afin de soutenir ses opérations au Mali. "La France a regardé chez les deux pays proposant des solutions MALE sur le marché, les Etats-Unis, avec le drone Reaper, et Israël avec le Heron-TP. La discussion est plus avancée du côté américain, dans la mesure où le drone Reaper semble répondre plus immédiatement aux principaux besoins français", a confirmé le minsitère de la Défense.

Interrogé sur le nombre de drones que la France comptait acquérir, le ministre n'a pas souhaité répondre. "Il nous en faut quelques uns mais je ne vais pas livrer ici les discussions que nous avons avec les uns et les autres. Dans le livre blanc de la Défense, on en annonce douze", a-t-il rappelé en précisant qu'il s'agissait de drones d'observation mais pas armés. Le Livre blanc fixe une cible à 30 drones tactiques et 12 drones MALE. "Seulement, il n'y en a pas" de disponible tout de suite, a-t-il regretté. "Alors qu'est-ce-qu'on fait ? On attend que peut-être un jour certains industriels décideront d'agir d'ensemble pour le produire ? Mais ça sera quand ? Dans dix ans. Mais il y a une urgence et j'assume cette responsabilité", a lancé le ministre de la Défense tout en précisant qu'il s'agit pour la France d'une solution provisoire. C'est vrai mais comme tous les autres responsables politiques, il a une part de resposabilité. Il a fait perdre du temps avec une nouvelle remise à plat du programme de drone confié à Dassault Aviation au début de l'été 2012. Depuis, une année a été perdue... Et visiblement, les industriels attendent toujours une fiche programme, à défaut un appel d'offre.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/05/2015 à 14:15 :
...notre République bananière dans toute sa splendeur.
Option_1 un problème concret se pose. dans un état de Droit, les armées auraient émis une expression de besoin sérieuse, base de consultations ouvertes, puis un appel d'offres avec mise en concurrence, et à la fin uniquement on aurait aménagé les financements.
Option_2 comme c'est de toute évidence un morceau conséquent, un déferlement de copinages variés submerge la question initiale, on commence par forger des alliances féodales, on partage le gâteau d'avance, on triche partout où c'est possible (donc partout). Une nuée d'X qui se prennent pour des ministres dès la sortie de l'école fournissent à leurs anciens-crocodiles-intriguants diverses études de stratégie industrielle et personne ne se soucie le moins du monde des ingénieurs qui sauraient réaliser la chose directement.
A la fin ça capote lamentablement et c'est très bien, car naturellement ceux qui paient en dernier ressort sont les contribuables, ces êtres méprisables qui ne savent même pas s'inscrire dans une mafia :-(((
a écrit le 10/07/2013 à 16:50 :
La question s'impose alors pour nous, les étudiants français. Le marché du drone est-il une voie où devrions-nous nous orienter dans nos études? Ou devrions nous plutôt fuir cette opportunité gâchée par cette impossibilité d'union entre ces quatre grands groupes?
a écrit le 02/06/2013 à 22:27 :
excellent article qui démontre combien les gros sous font les chapelles et combien ces gros riches se moquent de tout le monde. Le fric d'abord, l ego, ..
le besoin est de fait secondaire.
Vu de loin, on croirait des gamins dans une cour d ecole.
pas glorieux pour personne,
la faiblesse du donneur d ordre ici comme ailleurs, sa soumission lamentable au privé,
les haines de personnes aux plus haut niveau - un marigot qui engloutit mon fric donc mon niveau de vie ...

a écrit le 31/05/2013 à 23:25 :
Vous auriez pu ajouter que ce drone fait plaisir aux pilotes puisqu'il est indispensable que des pilotes soient dans la "cabine de pilotage" : si pas de pilotes au sol, pas de vol de ce drone.
a écrit le 31/05/2013 à 20:12 :
Eh ben, comme disait je sais plus qui "la prochaine, on la gagnera encore" ! Toujours la même question avec les politiques : Que veut-on faire ? - R:Un tas de choses .-Oui mais ça coûte . -R: Ah bon alors on verra plus tard !
Et on refile le bébé aux suivants ( pratique l'alternance ) ! Et puis aussi qui est responsable ?
-R: Les autres ! Vive la France !
Réponse de le 01/06/2013 à 8:35 :
Etonnament l'inaction des décideurs européens, Mme Catherine ASHTON, Haut Représentant de l?Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, ou Claude-France ARNOULD de l?Agence Européenne de Défense, n'est pas abordée dans le sujet.

J'ai relevé dans l'article "http://auditeurozone.over-blog.com/drone-de-politique-industrielle", que cela entre dans le champ d?action de la Politique de Sécurité et de Défense Commune, qui a remplacé la PESC du traité de Maastricht.
a écrit le 31/05/2013 à 0:27 :
Rien n'a changé en 75 ans, en absurdités politico-militaires, depuis le temps de la ligne Maginot
a écrit le 30/05/2013 à 23:39 :
Merci pour ce bel éclairage, qui ridiculise les tentatives de justification de Le Drian pour d'acheter des drones américains et israéliens avec nos impôts !! Nous payons aussi les graves erreurs stratégiques et l'atlantisme de la droite. Parlons de cet atlantisme : nous coopérons sur des projets d'équipements et de systèmes militaires sensibles et hautement stratégiques avec le Royaume-Uni, qui, pour rappel, n'est pas dans l'Eurogroupe, qui ne fait pas partie de l'Espace Schengen et qui a un pied en dehors de l'union européenne (et le deuxième peut-être prochainement) ; nous achetons des nouveaux systèmes américains et israéliens sur lesquels ils ont tout contrôle et toute maîtrise. Ces absurdités n'ont que trop duré et ne sont plus admissibles tant elles portent atteintes à notre sécurité, à notre liberté d'action et à la mise en chantier d'une europe de la défence (qui devrait plutôt se concentrer et être l'"Eurogroupe de la Défence"...) ! Le Drian serait-il un atlantiste de la même veine que Sarkozy et ses suiveurs ?
Réponse de le 31/05/2013 à 11:08 :
Je ne pense pas que la droite soit beaucoup plus atlantiste que la gauche et "l'atlantisme à la française" doit être distingué de ce que font les autres. Vous parlez d'atlantisme quand des erreurs historiques nous mettent dans un cul-de-sac, à un moment, et nous oblige à céder notre souveraineté sur un système d'armes, ici les drones. Mais cela reste très sévère d'accuser nos dirigeants d'atlantiste alors qu'ils butent régulièrement sur des partenaires européens qui ne voient une coopération militaire que sous l'égide de l'OTAN, et qui par ailleurs s'équipent majoritairement en matériel américain quand il s'agit d'importations militaires (Norvège, Danemark, Pays-Bas). Le cas anglais est particulier, avec des capacités industrielles majeures mais qui va chercher aux Etats-Unis des briques majeures de sa défense (F-35, missiles balistiques, ...).

Si nous coopérons avec le Royaume-Uni, ce n'est pas par atlantisme je pense. Premièrement, les anglais ont longtemps été les derniers européens à partager les ambitions de la France en termes de capacités militaires. Ensuite, le fait qu'il soit ou non dans l'espace Shengen, dans l'Eurogroupe ou même qu'ils soient un jour en dehors de l'union européenne n'a pas forcément d'impact sur notre liberté d'action par rapport à un partenariat avec, disons, l'Allemagne. Dans la même veine, il me parait prématuré de taxer M. Le Drian d'atlantisme, sachant qu'il est arrivé au ministère avec seulement 2 choix : acheter des drones à l'étranger (toute francisation restant limitée), ou bien relancer un processus de développement de drone dans un climat de rigueur budgétaire (vous avez vu le livre blanc...) et demander aux militaires d'attendre 10 ans de plus pour avoir une vraie capacité de drones Male...
a écrit le 30/05/2013 à 22:52 :
C'est incroyable la France à une société qui peut réaliser des drones, mais ce n'est pas européen, alors on fait des alliances, c'est plus cher, c'est techniquement débile, mais à la mode. Sarkozy comme Hollande son prisonnier d?une idéologie ringarde et couteuse.
a écrit le 30/05/2013 à 21:09 :
Pour bien comprendre l'article, il aurait été intéressant d'expliquer les differences entre drone d'observation, drone de reconnaissance et drone de surveillance. Ce n'est pas clair dans mon esprit et apparemment pas seulement dans le mien quand je cherche l'explication sur le net.
a écrit le 30/05/2013 à 17:09 :
Qui se souvient que sur le premier appel à projet de drone lancé par l'armée une équipe de modélistes avait répondu au cahier des charges en proposant des prix plus de dix fois inférieurs de ceux du "syndicat" militaro-industriel; il est évident que ces derniers sont là, avant tout pour consommer nos chères contributions!!
Réponse de le 31/05/2013 à 13:28 :
CAC System, pionnier dans le domaine!
a écrit le 30/05/2013 à 17:05 :
et les drones sont restés en rade aussi je pense que la aussi il faudrait que le gouvernement y mette son nez car si c'est un fiasco et bien il ne pourra jamais voler en FRANCE aussi je suis très sèvere sur ce sujet car des avions de cet ordre ou il n y a pas de pilote c'est un homme de plus sur la terre car il faudra que nous y venoins car le temps presse et que la aussi le retard ne sera jamais pris en compte;
a écrit le 30/05/2013 à 16:38 :
Un fiasco français ? Monsieur Cabirol, vous omettez de préciser le désastre industriel survenu outre Rhin: le programme Barracuda à englouti des fonds énormes, avant d'être annulé. Puis, Berlin s'est lancé dans le programme EuroHawk, pour près d'un milliard d'euros, avant se l'annuler (spiegel de cette semaine). En France, nous avons un exemple de programme mené, discrètement il est vrai, par Dassault, qui démontr que les acteurs industriels doivent être derrière un maître d'?uvre, la DGA et un industriel, Dassault. En fait, ces soubresauts rappellent le programme d'avion de combat européen, qui aujourd'hui est une preuve flagrante que toute coopération européenne dans ce domaine est très délicate à gérer si elle n'est pas confiée à des opérateurs qualifiés. Le Rafale est la solution française, réussie et proche de l'enveloppe financière initiale, l'Eurofighter un fiasco, aux termes de référence confus et a la gestion trop européenne. Si drone européen réussi il y a, la maîtrise d'ouvrage et le pilotage industriel seront français.
Réponse de le 30/05/2013 à 17:12 :
Bonjour, vous avez raison mais je me suis concentré sur la France et le drone MALE, dont certains projets étaient européens. Je n'évoque pas dans cet article le Neuron, un démonstrateur développé Dassault Aviation en tant que maître d'oeuvre. Un programme, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un article positif lors de son premier vol. Bonne journée. Michel Cabirol
Réponse de le 31/05/2013 à 9:51 :
Pour une fois je reconnais que les allemands se sont gravement plantés dans leur programme d'euro-hawk, il semblerait qu'il ne puisse pas voler ni espionner car il y'aurait conflit avec les routes aériennes civiles, allez comprendre...Du coup les allemands se rabattent sur les drones israéliens et us, on en saura plus dans les prochains jours. Pourtant, eads est une entreprise franco-allemande et fournit tout l?équipement , mais apparemment pas la carcasse. Pourquoi on ne réaliserait pas un joli drone ensemble, comme les Airbus? Quelqu'un peut m'expliquer?
a écrit le 30/05/2013 à 15:22 :
Pourquoi ? On demande à une société Dassault de concevoir un matériel qui ringardiserait ses propres avions de chasse avec pilote vendus à des pris exorbitants sans aucune raison que l'entêtement et le carnet d'adresse de son vieux dirigeant. Ce dernier a décidé que les 400 millions alloués n'avaient aucun sens et n'a rien fait. Les allemands sont heureux de ces retards qui leurs donnent une chance de peut-être monter à bord. Ils attendent qu'un partage soit fait sur le militaire au mieux de leurs intérêts : nous laisserions partir nos chars, canons et têtes chercheuses et ils accepteraient de vendre leurs petits sous-marins. Les autres dossiers seront traités ensuite, avec les héritiers du vieux dirigeant.
a écrit le 30/05/2013 à 15:06 :
Le Drian, un Drone de personnage.
Réponse de le 30/05/2013 à 15:34 :
+1 !
a écrit le 30/05/2013 à 14:58 :
L'électronique de bord des drones israeliens d'IAI ( qui espionnent et bombardent Gaza !)
pour leur pilotage à distance, navigation etc..est réalisée et produite en...Suisse et plus
particulièrement à Genève, par la société CES. Plusieurs ingénieurs frontaliers Français
y travaillent. Visitez www.ces.ch
Réponse de le 30/05/2013 à 16:02 :
et alors?
Réponse de le 05/06/2013 à 20:31 :
C'est la preuve que c'est opérationnel au moins.
a écrit le 30/05/2013 à 14:49 :
La position de Jean-Yves Le Drian est un scandale : la France a deux drones, un opérationnel le Harfang (basé sur le héron israëlien) et un en développement le Neuron.. beaucoup plus avancé que les modèles américains envisagés. On va sacrifier la carrière et le travail de centaines d'ingénieurs et d'ouvriers très qualifiés, des investissements énormes, pour que monsieur le Drian puisse quoi, servir ses propres intérêts ?
Et après on revend les bijoux de la couronnes et les participations parce qu'on met le pays en faillite ? On va les revendre à qui d'ailleurs ? a des maisons de disques ? Non bien sur, à des sociétés d'avionneurs américains profitables parce que vendant des avions à la France
Réponse de le 30/05/2013 à 15:22 :
Ce sont deux modèles de drones différents : l'un est un drone MALE (reconnaissance et surveillance), qui peut être armé tandis que l'autre est un UCAV destiné à remplacer les avions de combat.
Réponse de le 30/05/2013 à 20:04 :
Ce sont effectivement 2 sujets différents. Mais, concernant le drone Male, il me semble que Dassault avait remis une offre (intermédiaire) en mars 2012 et que le nouveau ministre de la Défense avait déclaré prendre une décision pour le 14 juillet...2012 ! Presque 1 an après ce ministre en est encore à réfléchor entre 2 options: achat américain ou à Israël. Mais la "solution" israélienne est celle proposé par Dassault en mars 2012: le Héron TP francisé...De qui se moque donc ce "ministre"? Un an de perdu et à l'arrivée sortir Dasault au profit de l'américain General Atomics !!! Bravo! (mais que dit notre Super Zorro Montebourg habillé de sa marinière ?)
a écrit le 30/05/2013 à 14:37 :
Les industriels attendent une fiche programme de l?État (ou des états) avant de proposer un programme !
L?État attend une concertation des industriels avant d'émettre une fiche programme !
Cherchez l'erreur...
Comme dit l'adage, "c'est le serpent qui se mord la queue".
Réponse de le 30/05/2013 à 20:07 :
Non ! Les industriels attendent une fiche programme: Pont. l' Etat ensuite négocie, précise et signe si la proposition industrielle correspond à ses souhaits.
a écrit le 30/05/2013 à 14:10 :
Jean-Yves Le Drian est prêt à emprunter cette voix... La voix de la raison ou la voie de la raison ?
a écrit le 30/05/2013 à 14:05 :
L.imbecillite continue à être la lettre en France !!
a écrit le 30/05/2013 à 13:49 :
Nos chefs d'entreprises et nos dirigeants manquent depuis 50 ans d'une Vision. Il est difficile de trouver un énarque ( et tous nos dirigeants le sont ou se conduisent comme tel) avec une vision. Comme le furent De Gaulle, et les dirigeants qui ont créé des groupes puissants dans l'automobile, l'armement, l'énergie, les fusées...Aujourd'hui, ils raisonnent à plusieurs mois jamais à 20 ou 50 ans.
Réponse de le 30/05/2013 à 15:27 :
Normal, dans le régime de démocratie qui nous est le notre, les politiciens n'ont comme vision que la prochaine election.
La vision a 10 ou 20 ans ce n'est pas pour eux
C'est le suivant qui feront avec ce qu'ils ont fait .... ou pas !
Réponse de le 30/05/2013 à 15:48 :
Democratie d'accord avec vous. Je cite un passage du livre de F. Mitterand Epitre aux
Imbéciles page 117 .....La France est devenue un ^pays qui se traine parce que le seul objectif de la politique et de ceux qui l a mènent est moins de réussir que de durer.
Ce livre a été imprimé en avril 1996 ?
a écrit le 30/05/2013 à 13:37 :
une grande puissance la France !
a écrit le 30/05/2013 à 13:27 :
Sur cette génération de DRONE, il est clair que le projet européen a du plomb dans l'aile. Toutefois, dire que l'Europe et la France ont raté la filière Drone me semble prématuré. Sur la génération de drones d'attaque, Dassault Aviation, pilote du consortium neuron, a acquis avec ses partenaires un savoir faire technique précieux et un mode de coopération européen. C'est sur ce drone là qu'il ne faut pas se louper, car il remplacera très probablement les chasseurs habités actuels en tout ou partie et sera donc maître de la filière. Aux européens et à nos gouvernements de savoir jouer le jeu et ne pas se louper sur ce projet. Celui ci est pour le moins majeur. La catastrophe arrivant sur les drones MALE peut être un mal pour un bien et obliger les partenaires, aux pieds du mur, à savoir s'organiser pour maintenir l'indépendance européenne en la matière. Le pilotage par Dassault Aviation a aussi beaucoup de sens car expérience des avions de combat multi-rôles et avec quelle réussite technique (Rafale). Les problèmes de vente à l'export, c'est de la politique. La filière aéro mmilitaire existe toujous et elle est précieuse. Rien n'est perdu mais il n'y a plus de filet.
Réponse de le 30/05/2013 à 13:46 :
Bonjour Matou, cet article est consacré exclusivement aux drones MALE. L'UCAV n'est pas traité. Bonne journée. Michel Cabirol
a écrit le 30/05/2013 à 12:53 :
... ha j'oubliais le dernier missile tiré d'un sou-marin qui a due être détruit en vol !!!!
Réponse de le 30/05/2013 à 20:10 :
Et alors?? Quel rapport? Vous devriez soigner votre orthographe...
a écrit le 30/05/2013 à 12:49 :
les "grandes" réussites françaises: le Charles DE GAULLE (en rade aux deux sens du terme ... la plupart du temps), le rafale invendable, char Leclerc idem, les drones la cata ! Le tout financé par l'argent publique !
Réponse de le 30/05/2013 à 13:33 :
Le climat météo certes n'est pas au soleil mais votre catastrophisme est un peu caricatural. La Rafale est une excellent avion et permet de maintenir notre indépendance nationale, il crée des emplois en France sur toute la filière. Le Charles de Gaulle, malgré les interruptions budgétaireset les pbs qui s'en suivent pour les industriels est maintenant au point et rend bien des services. C'est une 2éme comme ça qu'il nous faudrait. Le char Leclerc fonctionne bien aussi aujourd'hui. Il est vrai que les difficultés rencontrées au départ n'ont pas contribué à favoriser sa vente ce qui est regrettable. C'est une excellent char de combat malgré tout. Les Drones pas encore joués (voir mon commentaire plus bas). L'argent public, oui, mais cela maintient des filières techniques d'excellences et contribue à notre indépendance nationale, certes entachée par cet achat de drones américains sur le court terme. Mais c'est après qu'il faut regarder et pas se tromper sur cet après. nous avons encore toutes nos chances. Allez, un peu de peps que diable !
a écrit le 30/05/2013 à 12:44 :
La France a acheté desdrones à Israël en 2010/2011- ci-dessous coupure de presse
dont j'ignore le nom maintenant à cause d'un virus en 2011, pour donner à mon petit fils
C'est un tabou qui se brise : après des années de collaboration discrète, la France signe un contrat de près de 500 millions de dollars avec Israël pour l'achat de drones. Une « revanche », pour la presse israélienne.
« Après 44 ans de boycott français : un contrat historique ». C'est ainsi que la plupart des médias israéliens ont qualifié la prochaine fourniture de drones d'origine israélienne, c'est-à-dire d'avions de reconnaissance sans pilote, qui seront adaptés aux besoins de l'armée française par Dassault Aviation. Signé en fin de semaine dernière, le "deal" avec Israël Aerospace Industries (IAI), le numéro 1 israélien, est estimé à environ 500 millions de dollars, selon des responsables d'IAI.
Il porte sur le Héron TP, un drone avec une envergure de 26 mètres. Equivalent, en longueur, à un
Boeing 737, il dispose d'une autonomie de vol de 36 heures. Ses dimensions lui permettent d'emporter des systèmes radars, des capteurs, ainsi que des caméras pour des missions de
a écrit le 30/05/2013 à 12:42 :
quel gâchis de l'argent du contribuable .... pour des trucs qui ne marchent pas !
a écrit le 30/05/2013 à 12:22 :
Dans le même temps, les Allemands ont acheté des drones à Gruman, qui ne peuvent voler en Europe faute d'homologation. Le ministre de la défense se retrouve dès lors sur un siège ejectable (amusant pour un drone)
a écrit le 30/05/2013 à 12:13 :
Les américains ont ils participer en sous-main au torpillage du projet ?
Réponse de le 31/05/2013 à 18:14 :
Tous aux abris, les félés du complotisme sont de sortie!
a écrit le 30/05/2013 à 12:10 :
Heureusement, on a Parrot ! Ca c'est du drone européen :-)
a écrit le 30/05/2013 à 11:47 :
Excellent article bien fait qui met en lumière l'amateurisme de nos politiques conjugué avec une incapacité manifeste à gérer les situations industrielles complexes. Nos petits énarques ne comprennent pas grand chose aux entreprises, et celle-ci équipées souvent des mêmes toquards administratifs, se perdent dans des querelles de chapelles où l'intérêt des firmes se diluent dans les égoîsmes de carrière. Les Américains qui ont su, eux , bâtir un véritable complexe militaro-industriel, n'ont pas ce type de fiasco stratégique mais ils en ont d'autres comme le chasseur furtif. Chacun frappe sa gamelle.
a écrit le 30/05/2013 à 11:41 :
L'incompétence, la cupidité de nos industtriels et la turpitude de nos politiciens (gauche, droite) sont les véritables causes du déclin de NOTRE PAYS.
Réponse de le 30/05/2013 à 13:35 :
Tout est dit en une seule phrase. Bravo. Le problème est que pour renouveler les "élites" il faudrait laisser entrer du sang neuf (jeunes et moins jeunes) ne faisant pas partie du sérail. Or le sérail a érigé des barrières que personne ne semble disposé à abattre.
a écrit le 30/05/2013 à 11:36 :
À vouloir faire d'un projet stratégique français obligatoirement un projet européen, ça me fait penser à la théorie des chaines, exposée par l'UPR pour expliquer l'intérêt qu'avaient les États-unis à pousser à la construction européenne... C'en est un parfait exemple.
a écrit le 30/05/2013 à 11:04 :
Bravo pour cet article très complet.
Quand est ce que l'Etat, de gauche ou de droite, arrêtera de faire joujou avec des meccanos industriels foireux pilotés par des énarques et des inspecteurs des finances qui n'ont jamais endossé de responsabilités opérationnelles d'envergure en entreprise ? On sait depuis longtemps qu'il n'est ni un bon patron, ni un bon DRH.
Dans une entreprise "normale" (mot à la mode), il y aurait eu 1/ expression des besoins, 2/ cahier des charges, 3/ consultation de plusieurs fournisseurs potentiels, à charge pour eux de monter éventuellement des consortiums pour répondre. 4/ sélection du mieux offrant, combinant notamment adéquation aux besoins, budget, calendrier de réalisation, sérieux et références de l'équipe
Juste du bon sens, finalement, dont nos politiques de tous bords semblent cruellement manquer, ce qui nous conduit à ce nième naufrage
Réponse de le 30/05/2013 à 11:37 :
100% raison...
a écrit le 30/05/2013 à 10:33 :
Etonnant non !?
Mais çà c'était avant.
a écrit le 30/05/2013 à 10:03 :
Encore un Fiasco, il faut s'y faire c'est la France de 2013, le seul truc important c'est l'Etat, l'Etat toujours et encore l'Etat, sauf que cette vache est vieille, fatigué, usé et n'a plus de lait !
a écrit le 30/05/2013 à 9:43 :
Les guerres franco-françaises sont les plus meurtrières. EDF/Areva pour les réacteurs nucléaires, du temps où on avait une industrie minière entre Cogema/Brgm/TCM, entre Total et Elf pour le pétrole, etc....
On préfère voir les étrangers gagner plutôt que le concurrent français (qui est un collègue de grande école, d'où problème d'ego). Avec des pratiques pareilles pas étonnant qu'on perde des parts de marché. Rajoutez-y des syndicats rétrogrades et un patronat obtus, + l'oligarchie X/ENA, on a en gros l'explication de 90% de nos problèmes, plutôt que les couts salariaux.
Réponse de le 30/05/2013 à 10:38 :
Pas faux
Réponse de le 30/05/2013 à 11:17 :
la question n'est pas forcement les syndicats qui plombent l'industrie francaise ; c'est surtout le manque de protectionnisme (cf l'allemagne avec volkswagen - loi interdisant le rachat par compagnies etrangeres ) /
on devrait etre plus dur dans la gestion de nos entreprises .
Réponse de le 31/05/2013 à 22:47 :
mjj semble (aussi) être un ancien : mon concurrent (français) n'a pas eu tel marché export (comme moi), je ne ferai donc pas de CA mais lui non plus, donc tout va bien.
a écrit le 30/05/2013 à 9:39 :
Un exemple de plus de l'effet néfaste des meccano industriels imaginés par les politiques! Et ils recommancent et recommanceront! L'illusion du pouvoir! Laissons les industriels décider de leur stratégie et de la définition des besoins de leurs clients.
Réponse de le 30/05/2013 à 10:37 :
Laissons les industriels décider de la définition des besoins de leurs clients... Euh, c'est le client qui achète et qui a besoin d'un certain matériel. Peut-être une définition en partenariat oui, mais laisser les industriels décider, non
Réponse de le 30/05/2013 à 11:12 :
Problème français : on ne respecte pas le client
Réponse de le 30/05/2013 à 13:39 :
Problème français : on n'a pas de réels industriels. Des financiers à la tête de groupes industriels oui, mais des industriels comme pouvaient l'être des A. Citroen ou P. Bézier... Vous les trouverez dans les zones dynamiques (US compris) mais plus dans l'UE.
a écrit le 30/05/2013 à 9:36 :
Au lieu de pleurer et de chercher des responsabilités (attitude bien Française) Mieux vaudrait racheter aux Américains la licence (ce qu'ils accepteraient si on leur passait une première commande) puis fabriquer des drones chez nous ;puis ,alors développer des évolutions .C'est ce qui avait été fait par De Gaulle et Pompidou pour le Nucléaire (licence achetée aux Américains) dans les années 1970 .On est revenu aujourd'hui au premier plan dans le domaine nucléaire!
Réponse de le 30/05/2013 à 10:41 :
Le choix de la techno PWR Westinghouse a été fait sous Pompidou. La techno française graphite-gaz mise en avant avec De Gaulle avait quelques inconvénients !
En tout cas, vous avez raison. La techno des drones américaine a fait plus que ses preuves, ce n'est pas la peine de tourner autour du pot et de choisir autre chose.
Réponse de le 31/05/2013 à 22:43 :
C'est un scoop que vous avez en disant que les américains seraient prêt à nous vendre (pour le dollar symbolique ?) la licence ?
J'en doute.
a écrit le 30/05/2013 à 9:23 :
Bonjour, il faut dire à la lecture de cette article qu'il n'y a pas de continuiter dans notre volontee de défense ( et encore moins pour les équipements) ...' la France et l'europe à besoin de DRNE MÂLE, cela depuis plus de 10 ans, mais notre incapacité à nous entendre, entre français, allemand, anglais et les autre ne nous a permis de ne rien faire... Encore moins d'exprimer un besoin commun avec un appel d'offre sur le marcher.... Ensuite les montage industriel ne peut fonctionner qui les industriel peuvent s'entendre.... Donc soit on dit recherche industriel européen pour réalisation d'un drone à XIX prix et on les laisses se faire concurrence..... On alors on construit un nouveau ensemble industriel à la AIRBUS ou chaqu'un est responsable de fabriquer sont petit morceau ( pas de concurrence et assemble à la fin) ....' mais l'on vois encore ici l'incapacité et les dysfonctionnement de cette Europe..... Dans tout les cas acheter américain est une aberration....
a écrit le 30/05/2013 à 9:13 :
Monter de telles alliances internationales pour fabriquer des avions télécommandés avec des technologies existantes paraît être une faute politique. Rien de tel que de mettre simplement deux entreprises en concurrence. L'état français passe son temps à s'immiscer dans les stratégies industrielles des grandes entreprises avec des carottes financières, jouer des copinages/rivalités qui existent dans les grands corps d'ingénieurs. L'état doit revenir à des méthodes de gestion orthodoxes : on ne peut faire boire un ane qui n'a pas soif.
Réponse de le 30/05/2013 à 9:45 :
Que la DGA joue son rôle de maître d'Ouvrage en obtenant des expressions de besoins claires des armées et en sélectionnant par des appels d'offres sérieux de vrais maîtres d'Oeuvre sachant coordonner les différents sous-traitants et en respectant les budgets sous le contrôle des politiques.
Réponse de le 30/05/2013 à 10:16 :
Bravo BUBU! Oui il y a eu une guerre des industriels, parce que la DGA n'a jamais dit voilà ce qu'on veut, qu'est ce que vous proposez? La DGA a attendu que les industriels proposent, or dans le secteur de la défense ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne. Il n'y a jamais eu de choix clair des politiques (ou quand il y en a eu ils ont été annulé par un changement de majorité...) et dans ce cadre, les industriels ne pouvaient pas avancer. Lorsque il est apparu évident que la coopération européenne sur ce sujet était impossible, pourquoi ne pas avoir lancé un appel d'offre avec cahier des charges? Rejeter la faute sur une guerre des industriels est inacceptable. C'est facile mais c'est une déformation de la réalité!
a écrit le 30/05/2013 à 9:09 :
Il y a quand même des détails qui ont de quoi rendre fous : l'article évoque les difficultés que les européens ont eu pour faire converger leurs besoins opérationnels. Notamment la France et l'Allemagne. Mais finalement, les deux pays vont maintenant acheter du Reaper. L'expression d'un besoin opérationnel commun était donc possible! Le manque de concessions dans le cadre de ces programmes en collaboration est affligeant. Conclusion : des Reaper au Royaume-Uni, en Italie, en France et en Allemagne. Le titre de cet article est réducteur, il ne s'agit pas de l'histoire d'un incroyable fiasco français, mais bien d'un incroyable fiasco EUROPEEN.
Par ailleurs, il s'agit d'une conséquence directe, sur les deux rives du Rhin, d'une politique d'économies de bout de chandelle sur les budgets de défense qui, depuis 10 ans désormais, empêche les militaires de se doter d'une capacité nécessaire.
a écrit le 30/05/2013 à 8:42 :
chaque fois que ' l'etat stratege' prend les mains dans le cambouille il ft tt foirer en rigolant et en n'en n'ayant rien a fou...
a écrit le 30/05/2013 à 8:24 :
Mettons le paquet sur ce qu'on sait faire de mieux: des avions de chasse, des systèmes d'artillerie, des navires de combats. Achetons des tanks aux Allemands et des drones aux Israéliens qui sont très forts dans ce domaine.
Réponse de le 30/05/2013 à 8:40 :
Mettons le paquet sur la cavalerie et laissons les tanks aux allemands qui sont très forts dans ce domaine ...
Réponse de le 30/05/2013 à 9:10 :
Bonjour, il faut dire que le leopart 2 à déjà 30 ans, et que le bricolage du maintient en service arrive au bout..... Nous somme toujours dans des conception d'il y a 1/4 de siècle, chargement manuel (sauf pour le Leclers). Bare de tortion en suspension, moteur à l'arrière.... Il y a beaucoup de progrès à faire dans cette histoire... Et nos industriel sont loins d'être bon, le char Leclers et se qui a de mieux sauf côté moteur ( peut fiable et à l'arrière, se qui n'est pas bon pour la survie de l'équipage) ensuite comme tout les produit français il est trops chère ..... Il faut dire des chenilles en allu qui faut changer régulièrement et hors de prix....
Réponse de le 30/05/2013 à 12:18 :
Les chars lourds n'ont pas beaucoup d'avenir , hein !, les drone oui.
Tout les produits francais sont trop chère s'est completement faux , chez nexter l'avaris se vend bien, le Caesar aussi , le vbci interrese beaucoup, le rafale trop chère qu'on disait , alors qu'il est le moin chère de sa génération , moins chère que l'eurofighter , que le futur F35...
Réponse de le 30/05/2013 à 21:17 :
C'est rigolo ça tous ces produits ni male ni femelle....;-) Ah que la langue française est compliquée....
a écrit le 30/05/2013 à 7:57 :
Pour le militaire, l'Allemagne n'est pas un partenaire solide. Trop de méfiance et d'animosite.
Réponse de le 31/05/2013 à 22:35 :
Ah ! Les anglais le sont plus ? Cela m'étonnerait beaucoup
a écrit le 30/05/2013 à 7:52 :
Il y avait probablement d'autres raisons plus bassement matériel du coté de l'état major français pour pourrir le débat. Perte de postes de pilote , donc de primes, moins de prestige à commander des drones ?
Réponse de le 31/05/2013 à 22:34 :
Tout à fait d'accord. D'autant plus vrai que ce sont des chasseurs qui sont aux commandes de notre AA. Ils n'ont jamais voulus des drones. Mais, bon. S'il n'y a que 2 (voire 4) drones, ils feront avec. A contre c?ur, cela va de soit.
Mais il ne faut leur en vouloir, la nature est ainsi faite et chacun défend son pré-carré. C'est comme les pilotes d'avions de ligne, les DGAC européennes pourraient sans doute être plus bavardes sur ce sujet.
a écrit le 30/05/2013 à 7:45 :
Pourquoi ne pas faire comme les americains ? Lancer les appels d'offres aux constructeurs europeens et choisir le meilleur prototype, cela a etait fait pour les chasseurs F-22, F-18, F-16...
a écrit le 30/05/2013 à 7:08 :
Il me semble que sans volonté politique forte et coercitive les seuls industriels ont du mal à avancer.
a écrit le 30/05/2013 à 6:41 :
Article à conserver qui devrait pouvoir, a quelques mots prêts, être repris pour expliquer le fiasco du "cloud" Français/Européen.
Car les mêmes maux sont pratiquement réunis.
a écrit le 30/05/2013 à 6:38 :
J'ai surtout l'impression que cette histoire de drones n'est que la répercussion de la schizophrénie française à essayer de conserver une alliance anglo-française d'un côté et une alliance franco-allemande de l'autre. Au lieu de laisser mettre en concurrence naturelle ces 2 tendances pour avoir 2 produits, la France a raisonné en décidant d'acheter avant de voir, pour ne vouloir qu'un seul produit( on commande à un seul intermédiaire et on achète ce qui en sort), bref nos politiciens ont confondus des sociétés privées avec une sorte d'énorme société publique( en forçant des alliances), un problème conceptuel.
On remarque d'ailleurs, et ce sont les tenants de l'Europe des nations( souverainistes) qui le disent, que les projets entre 2 grands pays fonctionnent toujours très bien, alors que les projets entre plusieurs grands pays deviennent très rapidement coûteux et avortent même, là , cette "guerre des drones" est en un énième exemple, au lieu de mettre en concurrence 2 alliances de 2 pays, on a voulu créer une alliance de plusieurs pays pour le projet, et évidemment, il a planté.
Le problème est donc plus important, et on peut remonter sur 50 ans pour en trouver des exemples, un couple oui, un ménage à 3 non.
Réponse de le 30/05/2013 à 9:30 :
Bonjour, cela est bien vrais , nous aurions du attendre et acheter se qui est de mieux entre les deux produits fruits de 2 alliance differants.... Nous avons encore ici un exemple des difonctionnement de notre Europe..... Dans la conception actuel cela ne fonctionne pas. Et nous nous retrouvons encore dépendent des USA pour notre défense.... Pauvre de nous.
Réponse de le 30/05/2013 à 10:58 :
Encore un exemple de l'entêtement de la France dans les mauvais choix:le Concorde, le nucléaire,(sous licence américaine !) le rafale, le char Leclerc et j'en passe !
En tous cas ravi de voir que les militaires ont encore des ronds à foutre en l'air !
On vit une époque formidable: la dernière bonne nouvelle qui illustre cette aptitude aux mauvais choix:http://www.romandie.com/news/n/_EDF_peut_utiliser_du_MOX_dans_tous_les_reacteurs_de_la_centrale_du_Blayais42300520131008.asp
Réponse de le 30/05/2013 à 11:31 :
Il est tellement dans l'esprit des gens de vouloir généraliser les responsabilités que nos chers journalistes ne se rendent même pas compte des énormités qu'ils nous écrivent. Il faut juste rappeler que depuis 2002, les seuls gouvernements qui se sont succèdés sont de droite. Donc si comme il nous l'écrit, le fiasco commence en 2004, ce n'est pas compliqué de constater que c'est de la seule responsabilité de la droite.
Réponse de le 30/05/2013 à 13:43 :
En même temps cher Comment gauche droite, si le gouvernement Jospin, du temps de la croissance, n'avait pas coupé très durement dans le budget de la défense, peut-être que l'armée de l'air ferait voler des drones franco-français... Souvenir, souvenir
Réponse de le 30/05/2013 à 13:44 :
Et Le Drian, il est de droite ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :