La Tribune

De nouveaux crédits pour "booster" la filière espace

Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, se félicite d'une rallonge de 50 millions d'euros pour investir dans la filière spatiale (c) Reuters
Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, se félicite d'une rallonge de 50 millions d'euros pour investir dans la filière spatiale (c) Reuters
Michel Cabirol  |   -  701  mots
Dans le cadre de l’installation du Comité de concertation État-industrie sur l’espace (Cospace) le 4 septembre, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, devrait annoncer de nouveaux crédits pour l’espace. Soit une cinquantaine de millions obtenu dans le cadre du programme d’investissements pour l’avenir 2 qui serviront à financer une partie du développement d’une coiffe élargie pour Ariane 5 et d’un programme de propulsion électrique pour les satellites.

Geneviève Fioraso est une ministre heureuse. Non seulement elle a obtenu une très belle enveloppe d'environ 3,6 milliards d'euros dans le cadre du programme d'investissements d'avenir 2 (PIA 2) au titre de l'enseignement supérieur et la recherche - soit le premier poste d'investissement de l'Etat -, mais elle a réussi à arracher une petite rallonge de 50 millions pour l'espace, un secteur qu'elle ne connaissait pas très bien mais qu'elle a appris à apprécier énormément. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui a instruit le dossier, avait demandé un peu plus d'argent et a eu finalement un peu moins qu'escompté (60 millions).

>> Lire aussi : Espace, l'industrie française se place sur la bonne orbite pour 2013

Ce montant servira à financer pour moitié une partie du développement d'une nouvelle coiffe élargie pour Ariane 5 et pour l'autre moitié un programme de propulsion électrique pour les satellites. "Il va y avoir également une aide de l'Union européenne sur la propulsion électrique", précise-t-on de bonne source à La Tribune. Geneviève Fioraso pourrait annoncer ces nouveaux crédits pour la filière spatiale dans le cadre de l'installation du Comité de concertation État-industrie sur l'espace (Cospace) - l'équivalent du Corac dans l'aéronautique.

Augmenter le volume sous la coiffe

le nouveau PDG d'Arianespace, Stéphane Israël, qui a remplacé Jean-Yves Le Gall à la tête en avril dernier, a obtenu un accord du Centre national d'études spatiales (CNES) et de l'Agence spatiale européenne (ESA) pour une adaptation très rapide d'Ariane 5, que l'on peut appeler Ariane 5 ECA Adaptation, qui serait disponible dans moins de deux ans. L'objectif est « d'accroître le volume sous la coiffe » du lanceur, pour faire face notamment à l'arrivée de satellites à propulsion électrique, avait-il expliqué en juin. « D'après notre analyse, les satellites vont être plus volumineux et on a donc besoin de gagner un peu de volume sous la coiffe », avait-il précisé. Selon le PDG d'Arianespace, cette adaptation aurait «un coût très limité, de l'ordre de quelques dizaines de millions d'euros», mais permettrait «de répondre de façon très rapide à l'évolution du marché des satellites».

S'agissant de la propulsion électrique pour les satellites, les deux constructeurs français - Astrium et Thales Alenia Space - ont pris du retard sur Boeing notamment. Le nouveau satellite 702SP de Boeing, le premier satellite commercial de télécommunications à propulsion uniquement électrique, doit être lancé en 2014, par le futur lanceur de la société américaine SpaceX, créée par le milliardaire Elon Musk. Les opérateurs Satmex et Asiasat ont commandé de nouveaux satellites à propulsion électrique à l'américain parce qu'ils comptaient sur un lanceur capable de les lancer à un prix intéressant. "Au bout du compte, les fabricants de satellites adaptent leurs produits aux capacités des lanceurs", avait estimé le PDG d'Astrium, Eric Béranger, lors du salon aéronautique du Bourget. Du coup, la France a décidé de donner un coup du pouce aux deux constructeurs tricolore pour rattraper leur retard face à la concurrence américaine.

 Fioraso et Le Drian, main dans la main

Geneviève Fioraso a tenu à installer le Cospace en partenariat avec son homologue à la Défense, Jean-Yves Le Drian. « On tenait à se mettre ensemble pour bien montrer que c'était un projet commun », explique-t-on au ministère. D'une façon générale, les deux ministères, qui travaillent bien ensemble, ont une vision stratégique commune en matière d'espace. D'un point de vue stratégique, ce qui intéresse le ministère dirigé par Geneviève Fioraso, c'est le développement des technologies duales aussi bien sur les satellites que sur les lanceurs.

Les deux ministères avaient d'ailleurs organisé en septembre 2012 une visite commune aux Mureaux sur les sites d'Astrium, où sont conçus des programmes civils et militaires, et d'Air Liquide. Au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, on se réjouit du succès de Jean-Yves Le Drian aux Emirats Arabes Unis où le ministre de la Défense a obtenu un contrat pour la vente de deux satellites d'observation, fabriqué conjointement par Astrium et Thales Alenia Space.

Réagir

Commentaires

koroliov  a écrit le 07/09/2013 à 15:52 :

Visiblement les commentaires argumentés qui pourraient déplaire à Me. la ministre ne restent pas affichés. Ami de la démocratie Bonsoir!

R2mi  a écrit le 05/09/2013 à 5:39 :

Les bonnes nouvelles font toujours moins de bruit que les mauvaises. Merci la Tribune de le faire savoir.

Hugo  a écrit le 04/09/2013 à 9:58 :

Au moins c'est de l'innovation, je ne vois pas où est le problème. Ah oui ça ne va pas dans votre poche.

Paulo  a écrit le 03/09/2013 à 23:46 :

Avant de penser à l'espace il faudrait revenir sur terre et relancer notre économie et réduire asap le chomage, sinon ce seront ces politiciens qui feront les premiers voyages dans l'espace et probablement plus tôt que prévu ...

Thargor  a répondu le 04/09/2013 à 14:16:

Ce n'est pas le rôle de l'état sauf dans un état marxiste totalitaire.

ben oui  a écrit le 03/09/2013 à 19:40 :

Les socialos ont la tête dans les nuages pendant que le déficit se creuse, se creuse...et que les impôts augmentent, augmentent...

Ger555  a écrit le 03/09/2013 à 17:21 :

"Elle a obtenu une très belle enveloppe de 3,6 milliards". Traduction en langage normal:
le gouvernement a décidé d'emprunter en votre nom et en celui de vos enfants et petits-enfants 3,6 milliards que vous devrez rembourser sur vos revenus qui seront ponctionnés pendant des années et des années.
Messieurs les journalistes, les enveloppes, ça n'existe pas. Il n'y a que l'argent des contribuables et, quand on est en déficit kolossal comme la France, celui qu'on emprunte (du moins jusqu'à présent, avant que les prêteurs ne ferments le robinet).

Gzr  a répondu le 03/09/2013 à 23:15:

Vaut mieux filer 4 milliards à des scientifiques et ingénieurs que le dixième de cette somme en niches fiscales à des rentiers ...

Mais enfin voyons...  a répondu le 05/09/2013 à 5:38:

L'aérospatiale civil est un secteur économique où un euro public génère beaucoup d'euros privé. Tout mélanger ne sert à rien, enfin peut-être que ça vous fait du bien.

Mecatroid  a écrit le 03/09/2013 à 14:50 :

Que voilà une excellente décision. Et pourtant, vous savez tous combien je suis réticent à toute dépense d'argent publique qui viendrait creuser la dette. Mais j'avoue que la propulsion électrique est l'un de mes dada depuis quelques années (depuis que j'ai vu à l'oeuvre le propulseur ionique Snecma PPS1350 de Smart1 en 2003). Si on veut assurer la continuité de notre efficacité dans le domaine spatial, il fait investir un peu sans trop tarder. Pour la coiffe, c'est un peu différent, je n'ai pas les éléments, mais je suppose qu'ils ont étudié le dossier avant de décider.

sacre meca  a répondu le 03/09/2013 à 19:42:

Je cite: vous savez tous que.... t'aurais pas un peu le melon?