Aéronautique : les huit projets pharaoniques de la Turquie

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A l'occasion de la célébration du centième anniversaire de la République turque en 2023, Ankara compte compte mener à bien de nombreux programmes aéroanutiques et spatiaux
A l'occasion de la célébration du centième anniversaire de la République turque en 2023, Ankara compte compte mener à bien de nombreux programmes aéroanutiques et spatiaux (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Dans le cadre de la célébration du centième anniversaire de la République turque en 2023, la Turquie s'est fixé des objectifs ambitieux avec notamment le développement d'un avion de combat de 5e génération, un avion commercial régional...

Pour le 100e anniversaire de la République laïque de Turquie en 2023 fondée par Mustapha Kemal Atatürk, Ankara voit les choses en grand, en très grand même dans le domaine de l'aéronautique civile et militaire. La Turquie (17ème puissance mondiale) s'est lancée dans une série de grands travaux très (trop ?) ambitieux tout en  développant une industrie de défense nationale capable de développer et fabriquer des programmes aéronautiques complexes comme, par exemple, un avion de combat de 5e génération. Le secrétariat d'Etat turc aux Industries de défense (SSM) défend une politique d'indigénisation de l'industrie de défense turque tout en multipliant les coopérations avec les entreprises étrangères pour bénéficier de transferts de technologies. Car à terme, Ankara souhaite devenir indépendant sur le plan technologique.

Pour autant, "les Turcs devront faire un tri dans leurs programmes, ils ne pourront pas développer tous leurs programmes de façon concomitante avant 2023", estimait-on dans la délégation française du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), qui a emmené la semaine dernière une soixantaine d'industriels lors d'une mission en Turquie. C'est dans ce contexte que ces industriels tricolores, dont notamment des patrons de PME ont fait le déplacement de mardi à vendredi dans quatre villes turques (Istanbul, Ankara, Izmir et Eskisehir) pour prendre contact avec des industriels turcs afin d'identifier puis développer des coopérations.

Une opération plutôt réussie puisque la plupart d'entre eux sont repartis avec des espoirs de partenariats en Turquie, qui est seulement à trois heures de Paris. A charge à eux de concrétiser cette première prise de contact par des coopérations dans les semaines qui viennent.

Un avion de combat de 5e génération turc

Le TF-X est le programme phare de la Turquie en matière d'aéronautique militaire. Ce projet d'avion de combat de 5e génération a été confié en 2001 à Turkish Aerospace Industries (TAI) qui est un peu l'équivalent en beaucoup plus petit d'Airbus Group (plus de 800 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2013). Le coût du développement du projet est évalué à 70-80 milliards de dollars, hors développement du moteur. Ces appareils, dont le coût unitaire doit s'élever à 100 millions de dollars, devront remplacer à partir de 2025 les F-16 américains et les avions d'entrainement T-38 de la Turkish Air Forces (TAF). Le vol inaugural est prévu en 2013.

Mais en mars 2013, les Turcs ont fait appel à Saab pour aider TAI à la définition du design de l'appareil. En mai 2013, TAI a présenté trois versions possibles : un monomoteur adoptant un design proche du F-22, un bimoteur ou enfin un monomoteur plus petit avec des ailes-canard. En matière de motorisation, les Turcs ont envoyé des RFP (Request for proposal) en demandant une poussée de 10 tonnes. Ce qui semble exclure le M-88 de Snecma (7,5 tonnes actuellement). Certains industriels français considèrent que les appels d'offre rédigés par le secrétariat d'Etat turc aux Industries de défense sont clairement orientés pour des industriels américains.

Un avion d'entrainement et un drone MALE

Parallèlement à l'avion de combat, la Turquie est en train de développer un programme d'avion d'entrainement, le Hurkus dérivé de l'appareil coréen de Korean Aerospace Industries (KAI) le KT-1. Cet appareil, qui sera utilisé pour la formation des pilotes turcs, a fait son premier vol en août 2013. TAI compte le certifier avant la fin de 2014. En décembre 2013, Ankara a signé un contrat pour l'acquisition de 15 Hurkus B (version civile) et un contrat de développement du démonstrateur Hurkus C (version militaire). Deux versions qui sont proposées à l'export.

Ankara a également lancé en 2004 un programme de drone MALE, baptisé ANKA, qui a fait son premier vol en 2010. Mais les deux prototypes développés se sont écrasés au cours des essais. Premier drone de fabrication turque, ANKA a été commandé par l'armée turque à dix exemplaires, qui devront être livrés entre 2016 et 2018. ce drone a été proposé à l'exportation, notamment en Egypte, Pakistan, Libye, Azerbaïdjan…

Un hélicoptère léger et un avion régional

Ankara ambitionne de développer un hélicoptère léger, un programme lancé en juin 2010. Cet appareil - un bimoteur de cinq tonnes - doit remplacer les vieux UH-1 de la flotte militaire turque. En octobre 2012, TAI a proposé un hélicoptère dual à partir des technologies transférées dans le cadre de la coopération avec le constructeur américain Sikorsky sur les hélicoptères de transport T-70, une version adaptée du S-70 pour la Turquie. Ankara devrait faire appel à un motoriste étranger pour équiper cet appareil. Turbomeca est sur les rangs.

Enfin, le gouvernement turc a annoncé en mars 2013 avoir l'intention de lancer un projet d'avion régional produit localement. Avec pour objectif, une entrée en service en 2023. Pour l'heure, rien ne semble tranché. Ankara ne sait pas encore si ce programme sera un jet ou un turbopropulseur, qui semble-t-il à la préférence de TAI. Pas d'information précise sur la capacité de cet appareil, qui navigue entre 60 et 120 places. Enfin, sera-t-il produit sous licence ou développé et produit localement ? Ce programme bénéficierait ( ?) d'un financement du gouvernement de 1 milliard de dollars.

 Des satellites d'observation et de télécoms et un lanceur

 Dans l'observation de la Terre, la Turquie développe le programme Gokturk, qui répond aux besoins de surveillance du territoire et de l'environnement. Lancé par la fusée chinoise Longue Marche, le satellite Gokturk 2 est en orbite depuis décembre 2012. Ankara a confié à Thales Alenia Space (TAS), via les italiens Telespazio,  la maîtrise d'oeuvre du système Gokturk-1A, qui sera lancé fin 2014 à partir de Kourou par le lanceur italien Vega. Dans les télécoms, Ankara veut opérer d'ici à 2025 quinze satellites en orbite (contre quatre aujourd'hui). Enfin, la Turquie a annoncé en juin 2013 la volonté de développer un projet de lanceur confié au groupe Roketsan.

D'une façon générale, la Turquie, qui consacre 1,1 milliard de dollars à l'espace, souhaite accélérer la maîtrise de ces programmes pour devenir un acteur majeur de l'industrie spatiale. C'est dans cet esprit que le pays a créé une agence spatiale nationale pour à terme assembler en Turquie des satellites de télécoms. TAS accompagne TAI dans la maîtrise d'oeuvre des futurs programmes. En outre, un centre d'intégration clé en main a été construit par l'industrie franco-italien.

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Commentaires
a écrit le 31/08/2015 à 16:05 :
...
a écrit le 26/12/2014 à 16:14 :
Craignez la turquie d Erdoğan, ca va etre le futur dirigeant du monde.
a écrit le 26/12/2014 à 0:47 :
Craignez la turquie d Erdoğan, ca va etre le futur dirigeant du monde.
a écrit le 02/04/2014 à 2:44 :
o toi jason burne, je ne te salue pas car tu manque de renseignements et de tac.
Je vais t'apprendre deux ou trois choses. Premièrement la Turquie, question science aéronautique a de l'expérience bien avant tes parents, elle a exporté des avions à l'étranger, mais la France et l’Angleterre lui ont valu la clef sous la porte.
Deuxièmement, la Turquie a une histoire, un savoir et un don près de 700 ans via l'empire ottoman qui je t'assure, a ramené un savoir important à nos jours, le fait qu'il soit vaincu de la guerre 14/18, le plaça dans les oubliettes, mais seulement il en reste la mémoire génétique qui se transmet à notre insu à nos progénitures.
Le déclic, qui n'est d'autre que, RECEP TAYIP ERDOGAN, a fait resurgir en nous, toute cette accumulation de savoirs, de technologies et de justice qu'il met en notre service (le monde des oubliés). La connaissance de la technologie est à la porté de tous si seulement les impérialistes ( Europe, Amérique, Russie ) ne nous en empêchais.
Réponse de le 03/08/2014 à 22:01 :
Tu as raison
a écrit le 09/03/2014 à 15:28 :
Erdogan est un vrai leader, on arrive en Force il faut que dans 10 ans on est la 9-10 puissance mondiale et pour cela il faut qu'on soit indépendant dans tous les domaine et on le sera même si cela n'est pas facile in va faire marcher la concurrence, vous croyez qu'il est aller chercher des armements en Chine pourquoi, pour faire flipper les US et l'Europe. Avance Erdogan on te suit .
La Turquie en force.
Réponse de le 12/03/2014 à 18:16 :
Et bah mon gars, y'a que toi qui y croit ! Le corrompu Erdogan a déjà bien du mal à se dépatouiller avec les émeutes qui secouent la Turquie, avec la livres qui vaut plus un clou et avec le retour en force de l'Iran et avec les casseroles d'enrichissement personnels.

Je suis pas sûr qu'il tienne jusqu'à la semaine prochaine. Ianoukovitch fait des émules...
Réponse de le 03/08/2014 à 22:01 :
Une personne sur 2 crois en erdogan alors dit pas que ya que toi qui y croit. Jusqu'à ya 2 ans Cad la réforme des écoles vous le soutenez aussi. Une fois votre arrivez d'argent bloqué vous avez changer
a écrit le 07/03/2014 à 16:35 :
D'ici 30 ans,si l'Europe ne réagit pas en matière de coopération militaire et de développem
ent de ses industries de défense,certains pays du Golfe et la Russie,la Chine,l'Inde auront
alors acquis des potentialités de défense telles que même le "bouclier nucléaire" n'y suffi
ra plus...C'est bien de fabriquer des armes,mais si elles ne servent en rien à assumer la
paix en Europe et sur le continent africain,à quoi bon...?L'Europe sera un nain en matière
de défense et de diplomatie...
a écrit le 07/03/2014 à 16:28 :
La Turquie a la folie des grandeurs et ne semble pas vouloir s'affranchir des "contraintes amé
ricaines"...C'est une erreur en matière de politique de défense et d'indépendance stratégique
...sinon de politique étrangère...vis-à-vis de toutes les nations du Golfe qui ont bien + de ca
pacité à investir en équipements de défense,militaires que la Turquie...
a écrit le 07/03/2014 à 14:19 :
L'intelligence, est comme la bêtise également répartie partout; Il n'y a donc pas de doute sur les capacités des Turcs. Financièrement les investissements vont être plus difficiles, mais c'est faisable. Economiquement par contre, c'est un suicide: pour résumer, la France ,l'Allemagne, Le royaume uni, l'Italie et nombre de pays autrement plus avancés dans ces domaines que la Turquie ont fait tout cela en solo pendant 30 ans avec les échecs économiques que l'on connait . Seul des projets internationaux qui additionnent investissements et clientèles simultanés peuvent réaliser des projets aussi vastes de manière viable et compétitive. Chaque pays Européen pouvait réaliser Airbus seul mais sans en exporter aucun, seule l'union et la modération des ambitions nationales a rendu les ventes et donc le financement possible. Erdogan n'est pas connu pour sa modération des ambitions nationales (Euphemisme)
Réponse de le 07/03/2014 à 15:29 :
Pour que la Turquie se sente ainsi "pousser des ailes" en matière de défense,c'est
que les Chinois sont derrière;avec des prétentions assez affirmées,d'ailleurs...A
moins que ça ne soit l'Inde...?
a écrit le 07/03/2014 à 14:03 :
Réaliser un jet régional turboprop avec 1 milliard d'euros, elle est bien bonne. Regardez l'histoire d'ATR. Cela dit, faire de la copie locale reste toujours possible mais 1 milliard ne suffira certainement pas, étant donné l'absence de compétences dans le domaine en Turquie. Erdogan fait de la démagogie en lançant ces pseudo programmes. Quand à produire des hélicos et des avions de combat alors que la Turquie ne dispose d'aucune industrie de pointe indigène... Il ne faut pas essayer de se prendre pour la Corée du Sud, qui dispose d'une élite technologique et de financements américains (et de participations américaines surtout) quand on joue dans la catégorie des pays aux économies émergentes mais aux capacités technologiques balbutiantes. Acheter des gripen à produire sur place aurait été plus judicieux pour savoir comment on produit un avion de combat d'entrée de gamme.
Réponse de le 07/03/2014 à 15:45 :
Erdogan a certainement à l'idée de faire de l'armée turque l'armée la + puissante de
la région,d'une part;Mais aussi de pouvoir s'affranchir de la "tutelle" américaine,de l'
OTAN.Pourquoi ne passerait-il pas des accords de coopération militaire,d'armement
avec l'Inde,par exemple...au nez et à la barbe des Chinois,des Européens...sachant
que l'Inde a un tel retard par rapport à la Chine...?
Réponse de le 07/03/2014 à 15:53 :
Il faut bien se rendre à l'évidence qu'être l'allié des Américains dans la région,ça n'
est pas forcément quelque chose de facile à assumer face à ses voisins:Palestini
ens,Israëliens,Syriens,Irakiens,Iraniens,Russes...Et en développant une coopérat
ion avec l'Inde,il pourrait ainsi s'ouvrir de belles perspectives en matière d'indépend
ance militaire + en armement,tout en ayant un "allié" de poids avec ce pays "non-aligné".
Réponse de le 03/08/2014 à 22:03 :
L'hélicoptère il vole va voire l'actualité
a écrit le 07/03/2014 à 12:47 :
il faut toujours un début à tout et commencer un jour
a écrit le 07/03/2014 à 9:12 :
Et bien ! Les turques sont très ambitieux ! C'est bien !
Néanmoins; développer un avion de chasse de A à Z est quelque chose de trop complexe pour un pays avec une tradition industrielle aussi jeune que la turquie
Réponse de le 07/03/2014 à 10:47 :
Il faut bien commencer petit pour devenir grand non ? Nous sommes aussi passés par là, certes à la naissance de l'aéronautique, mais nous avons aussi été petits.
Réponse de le 07/03/2014 à 16:20 :
Les Turques sont ambitieux en matière développement militaire,stratégique,de diplo
matie...Et ça ne serait pas du luxe si la France pouvait l'imiter,ne serait-ce que pour
se séparer de l'encombrant "frère" américain pour créer une véritable armée europé
enne,avec ou sans les Allemands,les Anglais et devenir la 1ère puissance militaire
du continent européen...Bienheureusement,la dissuasion nucléaire permet de "vivre
tranquille",mais à part cet avantage,elle n'en dispose pas vraiment d'autre,notam
ment pour convaincre ses "partenaires" européens de la suivre sur les TOE afric
ains,par exemple ou dans la lutte contre le trafic d'armes,de drogue...
Réponse de le 02/04/2014 à 2:41 :
o toi jason burne, je ne te salue pas car tu manque de renseignements et de tac.
Je vais t'apprendre deux ou trois choses. Premièrement la Turquie, question science aéronautique a de l'expérience bien avant tes parents, elle a exporté des avions à l'étranger, mais la France et l’Angleterre lui ont valu la clef sous la porte.
Deuxièmement, la Turquie a une histoire, un savoir et un don près de 700 ans via l'empire ottoman qui je t'assure, a ramené un savoir important à nos jours, le fait qu'il soit vaincu de la guerre 14/18, le plaça dans les oubliettes, mais seulement il en reste la mémoire génétique qui se transmet à notre insu à nos progénitures.
Le déclic, qui n'est d'autre que, RECEP TAYIP ERDOGAN, a fait resurgir en nous, toute cette accumulation de savoirs, de technologies et de justice qu'il met en notre service (le monde des oubliés). La connaissance de la technologie est à la porté de tous si seulement les impérialistes ( Europe, Amérique, Russie ) ne nous en empêchait.

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