Face au Watchkeeper, le drone Patroller de Safran joue crânement sa chance

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Le drone tactique Patroller (Sagem) a démontré sa capacité à effectuer des approches sur l'aéroport de Toulouse-Blagnac suivant les procédures définies par le contrôle aérien
Le drone tactique Patroller (Sagem) a démontré sa capacité à effectuer des approches sur l'aéroport de Toulouse-Blagnac suivant les procédures définies par le contrôle aérien (Crédits : Sagem)
Le drone tactique Patroller a réalisé un ensemble d'essais en vol permettant de démontrer la faisabilité d'intégration d'un drone dans un espace aérien partagé suivant la réglementation de l'aviation civile et les procédures du contrôle aérien.

Sagem (groupe Safran) est décidé à vendre chèrement sa peau dans l'appel d'offre du ministère de la Défense pour l'achat d'un drone tactique de nouvelle génération en vue de remplacer les SDTI de l'armée de terre. Même si le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers a une préférence pour le drone rival développé par Thales UK, le Watchkeeper. Ainsi, la filiale défense de Safran vient de réaliser avec son drone Patroller "un ensemble d'essais en vol permettant de démontrer la faisabilité d'intégration d'un drone dans un espace aérien partagé suivant la réglementation de l'aviation civile et les procédures du contrôle aérien".

Réalisée à proximité de Toulouse, cette campagne d'une vingtaine de vols a été conduite dans le cadre du programme européen SESAR, un programme européen civil visant à moderniser les systèmes de gestion du trafic aérien. Sagem a fait équipe avec la DSNA (Direction de la Sécurité de la Navigation Aérienne), le laboratoire de l'ENAC (École Nationale d'Aviation Civile) et Rockwell Collins France au sein du projet ODREA, programme de démonstration opérationnelle d'un système de drone dans l'espace aérien européen.

Une belle promotion pour le Patroller

A l'occasion de cette compagne d'essais, Sagem a démontré en vol, a-t-il assuré dans un communiqué publié jeudi, "une fonction complète d'anticollision, qui est l'un des verrous principaux à lever pour l'insertion des drones dans un espace aérien civil partagé avec des aéronefs pilotés". Ce système « voir et éviter », développé par Sagem et intégré à la chaîne de contrôle du Patroller, se compose d'une combinaison de capteurs de détection de trafic, dont un capteur optronique infrarouge, et d'un module d'estimation du risque de collision et de génération de trajectoires d'évitement automatique.

"Au cours des essais en vol, ce système embarqué a été mis en œuvre avec succès dans différents scénarios de conflit avec un avion plastron mis à disposition par l'ENAC, permettant ainsi au Patroller de détecter et d'éviter un risque de collision, sans l'intervention d'un opérateur", a expliqué Sagem.

Cette campagne ODREA a également permis "de démontrer la capacité du Patroller à effectuer des approches sur l'aéroport de Toulouse-Blagnac suivant les procédures définies par le contrôle aérien. Cette démonstration confirme la capacité d'un drone à s'insérer dans la zone terminale d'un aéroport international, sans impact sur le trafic et la sécurité". Véritable première en Europe, selon Sagem, cette campagne de vol, réalisée à l'issue d'une importante phase de validation par simulations effectuée par le consortium ODREA, est "une étape majeure de démonstration de l'état de l'art des solutions technologiques d'insertion des drones dans l'espace aérien civil non-ségrégué".

Une chance au Mexique

Outre la France, Sagem, qui dispose d'une expérience de 25 ans dans le développement et la fabrication des drones tactiques, mise sur un succès à l'export au Mexique où le groupe propose un important transfert de technologies. Le groupe revendique pour le Patroller, qui pourra être armé si le client le désire, une grosse demi-dizaine de sollicitations à l'export.

Développé en France par Sagem, le Patroller est un système de drone tactique multi-capteurs de classe 1 tonne. Grâce à sa conception modulaire, il peut emporter jusqu'à 350 kg de charge utile, en cellule ou en pods (optronique, radar et guerre électronique) pour des vols de 20 heures.

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a écrit le 21/11/2014 à 8:44 :
Ce drone esr en effet un motoplaneur Stemme S-10 developpé il y a y 30 ans et construit en 200 exemplaires. Sa structure a été renforcée pour augmenter le poids au decollage de 200 kg ( 850 a 1050 kg) et l moteur est un Rotax 914 utilisé sur une multitude d avions légers. Il a ete rebaptisé S-15 pour cette utilsatin.- On trouve les S-10 d ´occase a partir de 100.000 euros. Si cette technique de navigation anti collision est certifiée dans les espaces de forte densité il ne faudra plus attendre longtemps pour supprimer les pilotes dans les avions.
De plus j aimerais savoir ce qui a ete prevu en cas de perte de contole ou de panne moteur de ce motorglider . Parce ce que une masse de une tonne et 300 ou 400 litres d esence a bord qui se plante à 250 kmh dans une agglomeration, ca fera un gros boum !!!
a écrit le 20/11/2014 à 17:40 :
sauf erreur, le Patroller peut tirer des Brimstone de MBDA
a écrit le 20/11/2014 à 16:15 :
Ce drone a l'avantage d'être de conception française mais hélas en investissant dans ce matériel, on va se priver de drones armés. Si nous voulons continuer à être crédible dans nos opérations extérieures, il faut absolument passer aux drones armés car nous n'avons plus les moyens de la permanence combative en vol.
Réponse de le 20/11/2014 à 17:14 :
Le patroller n'est pas 100% français. Il est basé sur un planeur allemand le Stemme S-15.
a écrit le 20/11/2014 à 16:07 :
Les USA sont englués dans des problèmes réglementaires concernant les drones, en Europe on a l'air moins coincé et celui de Sagem a l'air de bien fonctionner, il y a certainement des débouchés civils importants à saisir maintenant, il ne faut pas rester focalisé sur le militaire.
Réponse de le 21/11/2014 à 9:15 :
le drone Euro-Hawk achete par l allemagne aux USA est justement cloué au sol par manque de système anti-collison certifié par l EASA..
Le probleme a fait sauter le dernier ministre de la defense allemand cat le projet a couté jusqu a present 600 millions d euros.

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