Airbus vend son électronique de défense au fonds KKR

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Tom Enders vend les activités d'électronique de défense d'Airbus Group
Tom Enders vend les activités d'électronique de défense d'Airbus Group (Crédits : HANNAH MCKAY)
Airbus Group va céder au fonds américain KKR ses activités d'électronique de défense basée en Allemagne pour 1,1 milliard d'euros. Une transaction qui devrait être bouclée dans un an.

Plus de 18 mois après avoir mis en vente une partie de ses activités de défense, Airbus Group est enfin "parvenu à un accord" avec le fonds d'investissement américain KKR afin de vendre sa division d'électronique de défense basée à Ulm en Allemagne pour environ 1,1 milliard d'euros, selon un communiqué publié vendredi soir par le groupe aéronautique. Le groupe pourrait conserver une part minoritaire afin d'assurer une "transition en douceur" pour cette activité et ses 4.000 salariés. Cette transaction, soumise aux autorités de la concurrence, doit être bouclée au premier trimestre de l'année prochaine, a précisé le géant européen.

"Il s'agit d'un pas significatif dans la réorganisation du portefeuille d'activités annoncée par la division Airbus Defence and Space en septembre 2014", a indique Airbus Group.

Le périmètre de cette activité, qui génère 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires environ par an, inclut les capteurs militaires, la guerre électronique, l'avionique et l'optronique. Elle emploie 4.000 personnes dans le monde. La décision de céder ces activités avait été annoncée à l'automne 2014 par Airbus Group dans le cadre de sa revue stratégique, afin de se concentrer sur les avions militaires et les missiles après l'échec du rachat du groupe britannique de défense BAE Systems en 2012. Cette opération tourne ainsi résolument le dos au plan "Vision 2020" de Louis Gallois, le prédécesseur de Tom Enders, qui voulait équilibrer les revenus issus du civil et du militaire.

Airbus garde l'activité de surveillance de frontières

"En apportant une solution intéressante à toutes les parties prenantes, cet accord constitue une excellente finalisation de notre opération Orlando, qui visait à repositionner Defence Electronics", a estimé le patron d'Airbus Defence and Space, Bernhard Gerwert, cité dans le communiqué et qui va être remplacé le 1er avril par l'ancien directeur général de la division Large Drives de Siemens AG, Dirk Hoke. Ce dernier aura sous sa responsabilité les activités de surveillance de frontières qu'Airbus Group n'a pas pu vendre avec son électronique de défense en raison de la difficulté d'exécution de certains grands programmes (Arabie Saoudite et Roumanie, notamment).

"La cession des activités Border Security n'est plus d'actualité, avait écrit mi-février la direction d'Airbus Group dans un courrier adressé aux salariés du groupe. Nous prévoyons de créer pour ces activités une entité organisationnelle, qui sera directement rattachée au CEO d'Airbus Defence and Space". Dans ce cadre, le groupe a lancé la filialisation juridique de la branche électronique de défense sous la raison sociale Airbus DS Electronics and Border Security GmbH.

KKR sélectionné par Airbus Group

"Defence Electronics est une entité solide, rentable et dotée d'un potentiel de croissance considérable et nous sommes convaincus que KKR poursuivra, avec l'équipe dirigeante et les salariés de Defence Electronics, le développement intensif de ces activités", a assuré Airbus Group.

"Nous sommes ravis d'avoir été choisis en tant que meilleur partenaire pour l'activité d'électronique de défense", a estimé pour sa part le patron de KKR Europe, Moyen-Orient et Afrique, Johannes Huth. "KKR va soutenir la croissance et le développement de la compagnie avec ses ressources financières, son réseau international", a-t-il souligné. KKR a en outre une expertise de longue date dans le secteur industriel mondial et une expérience "dans la gestion fructueuse d'entreprises industrielles en Allemagne, telles que MTU Aero Engines, Demag Cranes et Kion".

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Commentaires
a écrit le 20/03/2016 à 12:33 :
Et qui c'est qui dit merci à Tom pour refiler, après l'A400, encore un truc pourri (l'activité surveillance des frontières, qu'il a fallu sortir du package) à la branche Espace ? Hein, qui qui dit? Enders favorise outrageusement les activités Avions au dépend de toutes les autres. Il y a une volonté court-termiste qui conduit à limiter les investissements en R&D (ne pas croire la com de la boite...) alors que la trésorerie est abondante (plusieurs fois celle de Boeing). Tout cela risque de finir de façon un peu nauséabonde....
a écrit le 19/03/2016 à 22:13 :
Je conseille à ce PDG allemand de vendre tout Airbus aux américains. Ses problèmes seront réglés.
a écrit le 19/03/2016 à 19:53 :
Airebus favoris la branche civiles au lieu d'équilibre sont secteur d'activité.... Se qui est une démarche dangereux... De même son absence des DRONES et une faiblesse important....
a écrit le 19/03/2016 à 12:47 :
Ceci sacralise la présence de Thalès dans ces métiers en Europe. En effet les entreprises acquises par le fonds KKR sont en général vendues à des asiatiques, chinois ou japonais ou encore à des sociétés américaines qui les vendent à des asiatiques. Lorsque vraiment ils n'en veulent pas comme ce fut le cas pour MTU, l'achat est replacé en Bourse jusqu'à ce que l'on accepte qu'il soit vendu à un asiatique. Pour sa part Airbus qui a maintenu des métiers divers à perte durant des années, se dépouille de ce savoir faire qui est passé ou a été partagé avec d'autres entreprises nationales, chaque pays essayant de tirer à lui le maximum de couverture. Tranquillement le processus de la prochaine fusion avec BAE se met en place. L'anglais qui plafonne à 23 milliards d'euros mais se trouve mieux organisé pourra être découpé par métiers : KKR pourra encore emporter une partie de l'électronique, Airbus celle aéronautique, Thalès peut-être le naval européen et d'autres celui américain, tandis que la petite part dite Cyber sécurité pourra fort bien rester anglaise. pensions et dettes seront ainsi réglées tandis que l'activité -selon le principe de Wimbledon- ne quittera pas le sol anglais avant 15 ans pour celle qui y est cantonnée. Les anglais coupent ainsi une activité peu rentable qu'ils avaient dès l'origine prévu de vendre. Le Brexit a contrarié certainement un peu les calendriers à son annonce. Par la suite -ou peut-être avant- devra se régler une bonne partie du problème industriel suédois. Airbus est comme une grosse éponge magique.
a écrit le 19/03/2016 à 10:01 :
Une belle manière de rendre l Europe encore un peu plus dépendante des usa.....Bruxelles est aveugle.....ou sous domination us....
a écrit le 19/03/2016 à 7:31 :
C'est bizzare cette manie de vendre les choses les plus importantes a des Américains. (planche a billets). Ils devraient vendre le PDG avec !!!!

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