Arabie Saoudite : Couach en pole position pour les patrouilleurs

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Un patrouilleur fabriqué pour le Yémen par le chantier naval Couach basé à Arcachon.
Un patrouilleur fabriqué pour le Yémen par le chantier naval Couach basé à Arcachon. (Crédits : Couach)
Le petit chantier naval d'Arachon Couach serait proche d'obtenir une commande de Ryad pour livrer 34 patrouilleurs rapides. Soit un contrat estimé à 600 millions de dollars.

C'est un dossier très, très compliqué, qui au pire sent le soufre. Selon nos informations, ODAS, la société qui représente en Arabie Saoudite l'Etat français, aurait signé la semaine dernière pour le compte du chantier naval Couach avec le Foreign procurement department (service achat) du ministère de la Défense saoudien un contrat pour livrer 34 patrouilleurs de 30 mètres. Soit un contrat estimé à 600 millions de dollars. Ce document paraphé doit encore être avalisé par le ministre de la Défense, le prince Mohamed Bin Salman Bin Abdul Aziz Al Saoud, également vice-prince héritier du Royaume, qui était venu fin juin à Paris, puis le ministère des Finances.

En tout cas, le prince Salman avait confirmé lors de sa visite à Paris "l'engagement" de l'Arabie Saoudite à acquérir des patrouilleurs rapides pour sa marine, qui vont "venir compléter les capacités des gardes-côtes saoudiens, aujourd'hui confrontés à des menaces croissantes". Et de préciser que les discussions portaient actuellement sur "le prix" des bâtiments.

Un choix qui ne fait pas l'unanimité

Pour autant, ce contrat ne fait pas l'unanimité ni en Arabie Saoudite, notamment dans l'entourage du ministre de la Défense, ni en France où l'hôtel de Brienne et la direction générale de l'armement privilégiaient plutôt le ticket Piriou/DCNS, via la société commune Kership, voire Ocea. Le réseau mis en place pour ce dossier agace également beaucoup, semble-t-il, Paris. Chez ODAS, on justifie le choix de Couach par la volonté du patron de la marine saoudienne, le vice-amiral d'escadre Abdallah Bin Sultan Al Sultan, de signer avec le chantier naval basé à Arcachon (Gironde), qui conçoit sous la marque Plascoa des patrouilleurs militaires et des vedettes de surveillance en matériaux composite.

Le choix de Couach, un petit chantier naval méconnu dans le domaine militaire, par le chef d'état-major de la marine saoudien peut surprendre. Il a de quoi. "Couach a-t-il la capacité à exécuter une telle commande et à en assumer les risques financiers?", s'interrogeait il y a quelque temps un industriel du secteur. Il semblerait que ODAS ait dû apporter des garanties financières dans le cadre de cette signature.

Livraison de patrouilleurs au Yémen

Créé en 1897, Couach était jusqu'ici plus connu pour ses yachts même si à partir des années 70, le chantier développe une gamme de vedettes de surveillance, puis de patrouilleurs, qui équipent les marines et administrations de plus de vingt pays dans le monde, selon la société. La société Nepteam, une holding qui a été créée notamment par l'ancien dirigeant de Converteam, Florent Battistella, et détenue par des investisseurs industriels girondins, est propriétaire de Couach.

Ironie du sort, en juillet 2014, Couach avait livré deux patrouilleurs de 22 mètres, Plascoa 2200 Fast Patrol au Yémen pour équiper les gardes-côtes (Coast Guards) soucieux d'assurer des missions de surveillance côtières. Un modèle qui avait également déjà fait ses preuves auprès des douanes françaises. Couach avait auparavant déjà livré à Sanaa quatre patrouilleurs Plascoa de 15 mètres.

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Commentaires
a écrit le 24/07/2015 à 14:45 :
très bonne nouvelle pour Couach.
Pour info, les deux patrouilleurs pour le Yémen sont toujours sur le port de Gujan au sec.
a écrit le 20/07/2015 à 22:18 :
Pas à Arcachon, mais à GUJAN-MESTRAS se situent les ateliers de construction navale Guy COUACH
a écrit le 20/07/2015 à 17:15 :
J'espère que nous aurons l'intelligence de tous s'allier derrière Couach. nous n'avons pas besoin de guerre entre entreprise française sur des marché export. L'état du pays ne le permet pas!!!!!!!
Réponse de le 20/07/2015 à 18:00 :
Que Dieu vous entende !
Mais le pire est toujours certain chez nous
Réponse de le 22/07/2015 à 10:38 :
Le nombre de contrats perdus lors de ces guerres pichrocolines franco-françaises est très élevé, surtout si l'Etat s'en mêle. On préfère voir gagner un allemand ou un autre plutôt qu'un concurrent français.
a écrit le 20/07/2015 à 13:24 :
Dans un monde troublé, la France réussit pas trop mal à l'export dans le secteur des ventes d'armes. Les rentrées d'argent de l'état consécutivement à ces marchés devraient être exclusivement consacrées à la défense intérieure et extérieure du pays.
a écrit le 20/07/2015 à 12:25 :
C'est une très bonne chose que cette société remporte ce marché, DCNS et consorts n'ont pas su proposer le produit attendu par les saoudiens, Couach, si. On ne va quand même pas céder aux luttes intestines et amener notre client à aller s'approvisionner auprès d'un autre pays tout de même !
600 millions de dollars, c'est pas souvent qu'on voit ce genre de contrat export dans la presse !
a écrit le 20/07/2015 à 10:13 :
Et si ça débouche à rien, un couach de plus ? bonne semaine ! ;)
Réponse de le 20/07/2015 à 18:01 :
Ne vous réjouissez pas trop vite. La France est tout fait capable de finaliser cette vente.
a écrit le 20/07/2015 à 9:59 :
Bonjour,
Je leur souhaite pleine réussité. Il est important que différents acteurs puissent maintenir leur savoir faire industriel et signer des contrats dans le monde.
DCNS a déja pignon sur rue. Si nous pouvons développer d'autre centre industriels de qualité tant mieux.
De plus cette enterprise n'en est pas à son cout d'essai étant donén qu'elle équipe déja une vingtaine de pays.
Espérons qu'on ne leur mette pas de batons dans les roues.
Il est normal que certains ne soient pas contents car les bénéfices n'iront pas dans les mêmes mains que d'habitude et l'état n'est pas actionnaire de cette entreprise 100% privé donc impossible de rajouter cette réussite au palmarès de chasse du gouvernement. Il n'en demeure pas moins que c'est très bien pour l'industrie française, pour l'emploi dans la région ainsi que pour le rayonnement du savoir-faire français.

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