Armement : Dassault, MBDA et DCNS, le tiercé gagnant de l'export en 2015

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La France pourrait en effet conclure cette année deux autres contrats Rafale de plus grande ampleur que les deux premiers : l'un en Inde d'ici à la fin du mois (36 appareils) et l'autre aux Émirats arabes unis (60 appareils)
La France pourrait en effet conclure cette année deux autres contrats Rafale de plus grande ampleur que les deux premiers : l'un en Inde d'ici à la fin du mois (36 appareils) et l'autre aux Émirats arabes unis (60 appareils) (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
En 2015, la France a vendu pour 16 milliards d'euros de commandes fermes d'armements. Le Proche et Moyen Orient ont représenté 13 des 16 milliards des matériels vendus par les industriels français.

Dassault Aviation, le missilier MBDA, le groupe naval DCNS et Airbus Group sont les quatre grands bénéficiaires des contrats exports de 2015. Une année historique où la France a totalisé l'année dernière des ventes de l'ordre de 16 milliards d'euros (contre 8,2 milliards en 2014), a confirmé l'entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Ce montant exceptionnel ne comprend pas les ventes d'hélicoptères Caracal à la Pologne et au Koweït, les contrats n'ayant pas été encore mis en vigueur. Il n'intègre pas non plus les deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de type Mistral à l'Égypte.

Pour autant, la France ne devrait pas devancer la Russie dont les exportations d'armes atteindraient, selon les premières prévisions autour de 18 milliards de dollars. Paris devrait  se classer en 2015 au troisième rang des pays exportateurs d'armes loin derrière les États-Unis. Selon des estimations du ministère, les contrats remportés à l'exportation en 2014 et 2015 pourraient générer 45.000 emplois directs et indirects supplémentaires dans l'industrie de la défense à l'horizon de 2018 (165.000 emplois actuellement). "On peut espérer plus de 40.000 emplois directs et indirects supplémentaires" avec ces contrats à l'exportation, assure-t-on dans l'entourage du ministre.

Le Rafale superstar

C'est bien sûr les deux contrats export du Rafale, qui tirent le bilan des exportations tricolores. L'avionneur a vendu 24 appareils armé en Égypte (autour de de 4,5 milliards d'euros) et 24 au Qatar (6,3 milliards). Dassault Aviation rafle la mise avec l'ensemble du Team Rafale (Thales et Safran) ainsi que les 500 PME, qui travaillent sur le Rafale. Mais c'est bien le missilier MBDA qui profite le plus de cette manne en équipant les Rafale égyptiens et qataris ainsi que la frégate multimissions FREMM vendue au Caire par DCNS (1 milliard d'euros). Trois contrats qui lui rapportent environ 3,1 milliards d'euros. Ce qui va permettre à MBDA à nouveau de battre son record à l'exportation.

Enfin, le groupe Airbus bénéficie de sa percée en Corée du sud pour se classer au quatrième rang. Airbus Defence and Space a vendu quatre avions-ravitailleurs MRTT à Séoul (1 milliard d'euros au total, dont 30% pour la France). Airbus Helicopters a quant à lui signé en Corée du Sud un contrat de développement et de production de la version civile et militaire d'un appareil de la classe de 5 tonnes, le Light Civil Helicopter (LCH) et le LAH (Light Armed Helicopter). Il est développé sur la base de version H155 B1, la toute dernière version du Dauphin. Ce programme s'élève à 10 milliards de dollars (développement et production de 214 LAH et d'une centaine de LCH pour le marché coréen) tandis que le coût du support et des services est évalué à 9 milliards sur une période de 20 ans.

Exportations vers le Proche et Moyen Orient

Ce n'est pas une surprise, le Proche et Moyen Orient ont représenté environ 13 des 16 milliards d'euros des équipements vendus par la France. En revanche, ce qui en est réellement une, c'est la part extrêmement modeste de l'Arabie Saoudite dans les exportations (100 millions d'euros) vers cette région (moins de 1 %, selon l'entourage du ministre). Enfin, sur les 16 milliards de matériels vendus en 2015, l'aéronautique a représenté plus de 14 milliards d'euros, le naval 1,5 milliard et le terrestre 400 millions.

L'année 2016 pourrait bien être du même niveau que celle de 2015, sinon meilleure. La France pourrait en effet conclure cette année deux autres contrats Rafale de plus grande ampleur que les deux premiers : l'un en Inde d'ici à la fin du mois (36 appareils) et l'autre aux Émirats arabes unis (60 appareils). En outre Airbus Helicopters pourrait concrétiser deux commandes importantes toujours en cours de négociations (Koweït et Qatar), tandis qu'en Pologne le constructeur pourrait en revanche finalement ne jamais conclure (50 Caracal) en raison du changement du gouvernement polonais.

MBDA et Thales sont également bien placés pour vendre un système de défense anti-aérienne en Turquie. Enfin, Thales Alenia Space et Airbus Space Systems pourraient terminer des négociations avec l'Égypte et l'Arabie Saoudite pour la vente de plusieurs satellites d'observation.

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a écrit le 18/01/2016 à 19:32 :
Votre rapport est un peu bizarre puisqu'il ne tient compte que des primo-contractants, ce qui exclu de fait les équipementiers de luxe que sont Safran et Thales.
Pour ce dernier les prises de commande 2015 à plus de deux fois MBDA si l'année était conforme à 2014.
a écrit le 18/01/2016 à 18:11 :
Se réjouir de la vente d'instruments de mort... Il faut vraiment être le fils de personne pour applaudir ce genre de nouvelles...
Réponse de le 23/01/2016 à 20:15 :
Moi j'applaudis !!! et je suis le fils de mon père qui a fait sa carrière chez Dassault !!! on ne peut pas tous être fonctionnaires !!!
a écrit le 18/01/2016 à 17:49 :
vendre des armes c est encourager la guerre il vaudrez mieux vendre des tracteurs du matériel agricole des machines outils ext malheureusement on ne fabrique pas ses équippement chez nous
Réponse de le 18/01/2016 à 18:49 :
Ce ne sont pas les armes qui génèrent des guerres... Cela ne les empêche pas non plus me direz vous et vous aurez raison. Mais c'est un moyen permettant de garantir la souveraineté et la stabilité du pays détenteur.
Nous parlons ici d'avions, de navires, de gros missiles. Pas des armes légères et de mines antipersonnelles qui elles font des milliers et des milliers de morts et dont on ne peut pas tracer leur utilisation.
Mais ces ventes permettent de faire vivre des familles ici, cela permet à nos militaires de renouveler leurs matériels, cela créer de la valeur dans ce pays qui en a bien besoin.
a écrit le 18/01/2016 à 14:03 :
Belle réussite de Monsieur Le Drian et des équipes de Dassault.

Mais comment expliquer la faiblesse des ventes à l'Arabie Saoudite ?
Réponse de le 18/01/2016 à 14:35 :
Challenges disait ces jours-ci que l'Arabie serait intéressé par les chars Leclerc.
que devient par ailleurs la vente d'armes au Liban payée par l'Arabie ?
Réponse de le 18/01/2016 à 15:25 :
@gfx
2ème livraison prévue au printemps:
Equipements individuels, costards et communications.
Depuis la signature, les autorités saoudiennes ont changé, d'où des renégociations. Donc perte de temps, mais l'objectif de l'Arabie Saoudite et de la France reste inchangé, renforcer les institutions Libanaises, dont l'armée
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1ère livraison était 48 missiles antichar Milan sur stock de l'armée.
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De toute façon, la livraison était prévue étalée dans le temps, puisqu'il faut bien fabriquer ou remettre en service (et modifier si nécessaire) les systèmes. Il me semble que les formations associées étaient prévues sur 7 années. Impossible de livrer sans formation pour bien des systèmes.
a écrit le 18/01/2016 à 9:58 :
Vendus? Combien de subvention de l'etat/contribuable par appareil, enfin de presenter des "bons" chiffres d'exportation et d'emplois? Combien l'etat a payé en retour dessous la table aux acheteurs? Comment l'etat a facilité le financement? Sont les contracts de vendre publique?
Réponse de le 18/01/2016 à 18:43 :
Sans ces ventes sur ces programmes existant il n'est pas possible d'amortir les coûts déjà faits de recherche et développement ni de trouver des partenaires pour les futures versions qui vont venir. C'est pourquoi il est nécessaire de vendre, si ce n'est que pour amortisseur les premières dépenses engagees. J'ajouterai que ces vente c'est de l'argent frais pour équiper nos armées car c'est bien l'État le propriétaire de ces appareils et non les industriels. Ibquitons nous plutôt de la mauvaise gestion des dépenses dans l'éducation et la formation professionnelle qui coûtent bien plus cher au contribuable.
a écrit le 18/01/2016 à 9:34 :
Depuis que Serge n'est plus aux commandes DASSAULT respire enfin, une des rares réussites du gouvernement, il était temps.
Réponse de le 18/01/2016 à 19:05 :
Car ce pays fait son marche principalement chez les anglais et les américains. Donc par soucis d'operabilite , de formation et de maintenance, il est judicieux d'acheter des appareils aux mêmes fournisseurs. Cependant cela réduit son indépendance vis à vis de ces derniers.

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