Budget défense : le coup de gueule de Gwendal Rouillard, député LREM

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A Emmanuel Macron de rassurer les armées très inquiètes par une coupe de près de 900 millions d'euros.
A Emmanuel Macron de rassurer les armées très inquiètes par une coupe de près de 900 millions d'euros. (Crédits : Gwendal Rouillard)
"Je considère que la proposition du ministère des Finances est inacceptable, carrément inacceptable", a estimé à propos des économies demandées au ministère des Armées, le député la République en Marche du Morbihan, Gwendal.

Un début de fronde au sein de la République en Marche? Les coupes dans le budget de la défense annoncées mardi du ministre des Comptes publics Gérald Darmarin ne passent pas. Vraiment pas. "Je considère que la proposition du ministère des Finances est inacceptable, carrément inacceptable", a estimé à propos des économies demandées au ministère des Armées, le député la République en Marche du Morbihan, Gwendal Rouillard sur la chaîne BFM Business. "On ne peut dire d'un côté qu'on doit protéger nos concitoyens en raison aujourd'hui de l'état de la menace et dans le même temps au premier coup de rabot budgétaire se planquer et assumer ce genre de décisions. Moi je ne l'assumerai pas"...

"Je suis révolté par cette proposition et par le fait que certains au gouvernement ne puissent pas tenir nos engagements, a asséné Gwendal Rouillard. Le président de la République a confirmé l'opération Sentinelle sur le territoire national. Il a confirmé au Mali l'engagement de nos troupes au Sahel et au Levant. De deux choses l'une, soit nous garantissons à nos militaires les moyens de leurs missions et auquel cas la proposition de Bercy doit être recalée et je le demande solennellement ce soir (mercredi soir, ndlr) ; soit nous actons le retrait des troupes françaises et auquel cas on doit l'expliquer, l'assumer".

Et Gwendal Rouillard n'est pas le seul à le penser dans la majorité. A plusieurs reprises les députés de la commission de la défense nationale ont très chaleureusement applaudi le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers lors de son audition de mercredi, selon plusieurs participants. Un chef de guerre lui-même très remonté. Comme La Tribune l'a écrit dès mercredi matin, le général a exprimé sa colère à propos des coupes budgétaires lors de son audition à la commission de la défense de l'Assemblée nationale : "Je ne me laisserai pas b..... comme cela".

Que va faire Macron?

"Nous souhaitons collectivement (commission de la défense nationale, ndlr) que les engagements d'Emmanuel Macron soient respectés ces prochaines heures", a souhaité Gwendal Rouillard pour lequel "c'est déjà un début de vérité". "En tout cas, je considère que la question de la confiance aujourd'hui est posée. (...) Je le dis avec solennité, force et détermination", a-t-il souligné. Gwendal Rouillard a déjà une première réponse du porte-parole du gouvernement. Le Chef de l'Etat va rappeler jeudi soir lors d'une une réception au ministère des Armées en l'honneur des participants au défilé du 14 Juillet, sa "priorité" accordée au budget des armées, a indiqué jeudi Christophe Castaner, alors les militaires s'inquiètent des 850 millions d'euros d'économies annoncés par Bercy pour 2017. Mais selon lui, il ne va pas changer "d'avis d'ici ce soir".

Emmanuel Macron "aura l'occasion de s'exprimer sur sa priorité (...) qui est de faire en sorte que le budget des armées pendant cette mandature soit en forte augmentation, parce que c'est nécessaire à sa modernisation", a poursuivi le porte-parole du gouvernement. "Dès 2018 il y aura un effort qui sera fait sur ce budget", a affirmé Christophe Castaner.

"Ce qu'il fallait pour le ministre du Budget, c'est trouver 4,5 milliards, excusez-moi du peu, d'économies budgétaires. Tous les ministères y contribuent. Et sur certaines lignes du ministère des Armées, il y a la possibilité de décaler non pas des salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes, sur du gros matériel par exemple, et c'est pour ça que nous avons identifié ces 850 millions", a expliqué Christophe Castaner.

C'est là où on voit très clairement la limite du raisonnement du gouvernement. D'abord, le ministère des Armées contribue pour 20% des économies, soit la vache à lait la plus productrice de Bercy. Et, enfin, décaler des programmes coûtent en général beaucoup plus cher au final. Étaler le programme de frégates FREMM s'est traduit par un surcoût de 15%, a estimé Philippe Plouvier, directeur associé au Boston Consulting Group. Soit 1 milliard d'euros supplémentaires. "60% des véhicules de l'armée de Terre ne sont pas blindés. Au passage, j'ai une pensée pour les militaires qui sont morts à cause de cette absence de blindage", a par ailleurs expliqué Gwendal Rouillard. Cette décision de Bercy n'a "aucun sens, aucune cohérence".

"Jusqu'à preuve du contraire, j'avais compris que nous nourrissions une belle ambition pour la France, puissance stratégique d'autant que - je reviens à l'essentiel - c'est l'intérêt de notre propre sécurité", lui a répliqué mercredi en anticipation Gwendal Rouillard.

Les industriels surpris et inquiets

"C'est une surprise", a expliqué sur BFM Business le président du GIFAS, Eric Trappier. Pourquoi ? Le président de la République a annoncé "un effort dans le domaine de la défense" avec une volonté de monter à 2% du PIB en 2025, mais "pour arriver à ces deux milliards de plus par an quand on fait une moyenne, on ne peut pas commencer par une encoche", a estimé le PDG de Dassault Aviation. "Quand on commence à redescendre d'un escalier c'est beaucoup plus difficile de remonter ensuite les marches", a-t-il expliqué. "Faire une encoche maintenant ne parait pas cohérent avec le fait qu'il faut monter les budgets", a-t-il souligné.

"La crainte que l'on peut avoir c'est que cette coupe puisse affecter les équipements, c'est-à-dire soit la recherche et technologie, soit le développement, soit l'acquisition. Ce qui de facto est inquiétant pour la profession", a souligné Eric Trappier. (...) "On peut craindre des décalages de livraisons. On ne peut pas s'arrêter au milieu du gué. On doit avoir des perspectives. Nous industriels, on doit s'engager sur 5, 10, 15, 20, 30, 40 ans et de se dire quand on lance un programme, la France va poursuivre l'effort sur cette période. C'est très important car les coups de manche, ça fatigue le moteur".

Pour Eric Trappier, le budget de la défense est "une affaire d'ambition". "Soit on a de l'ambition et on s'en donne les moyens et, donc, on réaugmente les budgets de la défense puisque les dividendes de la paix ne sont pas arrivés, le monde est resté instable, plus dangereux", a-t-il expliqué. Il a également rappelé que "la haute technologie se prépare à l'avance" car elle permet de disposer "des équipements les plus adéquats aux mains des forces armées françaises dix à quinze ans plus tard   même si on peut comprendre qu'il faut repasser sous les 3% du déficit - c'est très compréhensible".

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Commentaires
a écrit le 15/07/2017 à 17:58 :
Un député "LERM qui conteste déjà", il ne va pas rester longtemps dans ce panier de crabes. Pourtant, il paraît qu'ils (elles) ont été obligé de signer "une charte" où ils (elles) s'engagent à ne pas "contester" démocratiquement les positions prises par les incompétents de ce gouvernement et a adopter, toujours démocratiquement, toutes couleuvres qu'on va leur faire avaler.
a écrit le 15/07/2017 à 0:39 :
Il faut blinder nos véhicules légers.
Si ça pose problème c'est qu'on se fait piéger par un sous-traitant cherchant à s'enrichir un max, visiblement dans toute l'armée et les ministères des sociétés vivent à nos dépends en gaspillant hardi petit notre fric.
On doit définir ce que l'on veut et le faire à moins cher.
Et la on fera des économies.
Et si on doit construire des frégates à Tataouine, au quart du prix on les fait à tataouine.
Commencer pas remplacer les voitures d'officiers par des dusters, plus de chauffeurs, idem pour les préfets plus de c6 plus de chauffeurs.
On doit aussi s'inquiéter de fabricants ne survivants que gràce aux commandes de l'armée, le prix et le service doit être correct, on peut vite imaginer des entreprises manipulant le miroir aux alouettes des armes de 2030 et réclamant des avances.
L'armée peut faire des économies suffit de tout faire en interne car entre 2 missions on ne peut pas dire que les soldats fassent grand-chose.
Et puis il y a des choses inutiles comme l'armée à Tahiti, en Guyane, au Sénégal, l'ancienne Serbie, avec familles et tout le toutim qui datent de l'époque ou la France regorgeait de fric.
Déménager des familles entières pour le fun avec meubles voitures ça ne tient pas debout.
Ces soldats peuvent être redéployés la ou ça tape.
a écrit le 14/07/2017 à 19:28 :
Réduire les budgets de tous les ministères permet de montrer que tout le monde participe à la baisse des dépenses, mais j'ai cru entendre que pour Bercy, la baisse serait moins musclée (en proportion), étrange, est-ce Bercy qui est aux commandes ?
Il faudrait savoir quelle trajectoire est prévue pour les années suivantes, ça peut être un effort ponctuel pour donner des gages de déficit acceptable (<3%). Qui sait ?
Supprimer le défilé du 14 juillet, ça ferait combien d'économies ?
a écrit le 14/07/2017 à 19:00 :
content qu'il se désole de ces coupes dans le budget de la défense mais il faut se souvenir que son parti quand il était aux commandes a fait bien pire en matière de restructurations de nos armées ; malheureusement nos élus préfèrent les jeux olympiques à la défense de notre nation
a écrit le 14/07/2017 à 19:00 :
Il faut revoir le fonctionnement étatique dans son ensemble.

Outre le fait que les fonctionnaires doivent être en mesure de s'adapter (changement de ministère), l'organisation doit être revue et simplifiée (moins de paperasse et de petits cheffaillons), des salaires augmentant en fonction du budget et du mérite et non plus en masse, les ministères économes récompensés au lieu d'être toujours plus ponctionné.
a écrit le 14/07/2017 à 17:16 :
Hum, j'ai la réponse à la question que je posais sur un article similaire, au sujet de(s) l'auteur(s) de la fuite!

Même en démocratie, ces auditions devraient rester secrètes (au moins pour an, puisqu'on promet de rectifier le tir l'an prochain ...).

Après ce délai de réserve, si un député (ou un ministre!) estime que l'armée court un danger à force de restrictions budgétaires, il peut juger, en son âme et conscience, de dénoncer publiquement de mauvaises décisions; voire de démissionner, ce qu'un général ne peut pas faire si facilement. . Mais il faut faire attention ...
a écrit le 14/07/2017 à 15:11 :
Nos armées terre, marine, air et nos polices gendarmerie - police nationale sont trop chères. Il faut revoir grilles d'avancement (avec le recul de l'âge de départ en retraite, il faut revoir de fond en combles les avantages en nature etc..... Car c'est nos enfants et petits enfants qui devront en payer le prix.
Réponse de le 14/07/2017 à 20:12 :
Ca c'est déjà fait depuis plusieurs années... Et je ne pense pas qu'un fonctionnaire totalisant plus de 20 ans d'ancienneté mérite un SMIC comme salaire. Pourtant c'est souvent le cas. En revanche il est vrai que nos officiers mériterait une revalorisation vers le bas. (Comme preuve: Pas de soucis pour voir les sous officiers et les moins gradés partir en revanche impossible de faire partir nos officiers... Eux s’accrochent et vu leurs compétences ils ont raisons...)
a écrit le 14/07/2017 à 12:01 :
La façon de faire "à la Trump" serait -elle contagieuse?
Macron ne peut préconiser plus d'engagements de nos forces et en même temps réduire la voilure financière. Il y a sans doute une meilleure gestion possible ici ou là dans nos armés mais c'est bien ailleurs qu'il faut chercher les grosses économies à faire pour rêduire nos dépenses.
De surcroît, le coup de gueule du Généralissime Macron n'est en rien justifié et très mal venu, le général faisant une déclaration officielle devant les députés et donc tout à fait dans le cadre de ses fonctions.
Macron est en titre chef des armées mais sans expérience. Un peu d'humilité eut été souhaitable.
Pour ma part , la déception est importante et je ne suis pas prêt de l'oublier.
Citoyen Macron revoyez votre copie (ne soyez pas politicards d'avant 14 ou 39) et controllez égo et émotions, merci
a écrit le 13/07/2017 à 22:23 :
Monsieur le Pdt, Monsieur le 1er Ministre, Madame la ministre de la défense,
Allez dire que les moyens sont suffisants alors qu'un véhicule blindé léger vient de sauter au Mali et trois blessés parmi les militaires français !!! Tout cela parce que le budget d'équipement est étalé depuis des années.... Nous aurions pu éviter des morts et des blessés en ayant la volonté de nous payer les matériels.
On ne peut vouloir être une grande puissance, être un Pdt régalien, annoncer une rupture et continuer comme avant avec les gels, reports, suppressions du budget.
Un effort partagé par tous les ministères ?
850 millions pour la Défense et plus de 550 millions pour l'intérieur
20 à 25 % des économies pour 2 ministères.
On coupe en 2017 pour augmenter en 2018 ? on apprend cela dans quelle école de commerce ?
a écrit le 13/07/2017 à 19:52 :
C'est en effet inadmissible, la défense doit être une priorité, surtout que pendant des années c'était déjà le mnistère des économie facile indolore à court terme pour les électeur. Qu'on ai le courage de faire les économie dans les autres ministère et de reporter des baisse d'impots, histoire de ne pas refaire Sarkozy 2007 ou Hollande 2012 (promis juré, la première année on dépense après on respecte le pacte de stabilité...on a vue le résultat)
a écrit le 13/07/2017 à 19:05 :
Et si les militaires boycottaient le defile demain.

des milliers de badauds, un president jupiterien ef un president russophile devant des rues vides devant les cameras.

la classe et la honte.

decidemment les militaires devraient prendre des cours aupres des bonnets rouges

on ne touche pas a leur budget impunement chez eux
Réponse de le 14/07/2017 à 20:14 :
Pour cela faudrait trouver un officier qui en a... Et ca c'est mort.
a écrit le 13/07/2017 à 17:34 :
A l’heure des choix. Les conseilleurs n'étant généralement pas les payeurs.

Côté budget défense, en 2015 la France était en 7e position mondiale, après l’Inde le Royaume Uni, l’Arabie Saoudite et la Russie. Avec environ 45 Milliards, on ne peut pas dire que ce soit une broutille. Le budget défense de l’ensemble des pays de l’UE est de 220 milliards, ce qui veut dire que la France en représente environ le quart.
Certes on peut toujours lorgner sur la forte progression des investissements Allemands.
Y aurait-il un rapport avec le fait que l’Allemagne a un excédent commercial de 24 Milliards et la France un déficit de 69 milliards, ou c'est du à un mauvais alignement des astres ?
Il est vrai que l’Allemagne a déjà gagné sa guerre économique, alors que nous continuons à nous débattre dans nos contradictions.

Sinon, on peut aussi :
- revendre un autre fleuron National,
- augmenter les impôts
- supprimer le social ou l’éducation
etc, ...
chacun aura probablement son mot à dire.
Il est certainement temps de réfléchir avant d’agir et avant de parler. Je suis sur que le pays y gagnera beaucoup.

On peut aussi se questionner sur la cohérence et l’efficacité des programmes militaires menés ?
Faut-il la ceinture et les bretelles ?
N’y a t’il pas des doublons avec l’Otan ?
Qu'en est il du projet Européen ?
Réponse de le 15/07/2017 à 17:44 :
Où avez vous pris vos 45 Mdrs ? Dans la LPM 2016 il était de 33 Mdrs, ça fait un cap non ?

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