Delta ne paiera pas les taxes exigées par Washington sur le C-Series de Bombardier

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(Crédits : Christinne Muschi)
Le PDG de Delta juge "irréaliste" et "absurde" le conflit sur la commande passée à Bombardier en 2016 pour l'achat de C-Series. Après les plaintes de Boeing accusant le constructeur canadien de casser les prix grâce à des subventions publiques, Washington a imposé des droits de douane de 300% sur les importations de C-Series.

Delta ne paiera pas. Alors que les Etats-Unis ont imposé des droits compensatoires de 220% sur les avions régionaux CS100 et CS300 de Bombardier importés aux Etats-Unis et une taxe antidumping de 80% sur ces mêmes avions, la compagnie aérienne américaine qui a commandé ces appareils, n'entend pas payer de telles taxes.

"Nous ne paierons pas les taxes qui sont en discussion ou en débat et ça c'est très clair", a déclaré mercredi Ed Bastian, le PDG de Delta, lors de la conférence téléphonique portant sur les résultats trimestriels du groupe. "Nous prendrons livraison des avions (même si) il y aura du retard pour la livraison", a-t-il poursuivi. "Nous pensons que cet avion doit être commercialisé (...) et sommes persuadés que Delta l'aura au prix conclu dans le contrat".

Boeing n'avait pas d'avion répondant au cahier des charges

En 2016, la compagnie américaine avait commandé ferme 75 C-Series et 50 exemplaires en option. Boeing, qui n'avait pourtant pas d'offre concurrente à proposer, a estimé que Bombardier avait cassé les prix grâce à des subventions publiques. C'est à la suite de cette plainte que Washington a imposé des droits de douane énormes aux importations de C-Seires.

Jugeant le conflit "irréaliste" et "absurde" parce que Boeing ne disposait pas d'un avion concurrent au CSeries au moment où Delta a passé sa commande,  Ed Bastian a ajouté qu'"aucun tort n'avait été causé à Boeing".

La brutalité américaine a suscité une réponse du Canada. Ottawa a en effet menacé mercredi d'acheter des avions de combat d'occasion F18 de l'armée de l'air australienne plutôt que des Super Hornet neufs de Boeing, quelques heures avant une rencontre très attendue entre le Premier ministre Justin Trudeau et le président américain Donald Trump à Washington.

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Commentaires
a écrit le 19/10/2017 à 10:18 :
La brutalité commerciale américaine quand on tente de leur faire un tout petit peu d'ombre pour survivre. Puisse les européens s'en inspirer.

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