Drone tactique : le Patroller de Safran gagne la compétition

 |   |  600  mots
Le drone tactique Patroller de Safran équipera l'armée de Terre française
Le drone tactique Patroller de Safran équipera l'armée de Terre française (Crédits : Sagem)
L'armée de Terre a choisi le Patroller de Sagem (groupe Safran) dans la compétition sur le drone tactique (SDT). Thales avec le Watchkeeper perd un marché de 300 millions d'euros.

Et le choix de la direction générale de l'armement (DGA) s'est porté sur le Patroller de Sagem (groupe Safran) à l'issue d'une compétition qui a duré plus de deux ans et portait sur l'acquisition d'un nouveau système de drone tactique (SDT) au profit de l'armée de terre, selon une source proche du dossier. Thales qui proposait le Watchkeeper, un drone de conception israélo-britannique, a été recalé alors qu'il a pourtant longtemps fait figure de favori. C'est aussi une claque à la coopération franco-britannique, la British Army ayant des Watchkeeper.

Le marché remporté par Sagem, qui détenait déjà le marché des drones tactiques avec le Sperwer, porte sur deux systèmes, composés de cinq vecteurs aériens chacun, auxquels il faut rajouter quatre autres vecteurs destinés à la formation des pilotes. Soit au total 14 vecteurs aériens pour un prix de l'ordre de 300 millions d'euros auquel semble-t-il, il faut rajouter 10 ans de maintien en condition opérationnelle (MCO).

Le Patroller vainqueur technique

Pourquoi ce choix? A priori, le Patroller ne gagne pas la compétition sur le prix, les deux industriels ayant sensiblement fait la même proposition financière à la DGA. Mais l'avion "dronisé" de Sagem a finalement séduit l'armée de terre en raison de ses capacités techniques, notamment la charge utile optronique très performante, basée sur les acquis du PEA Boom financé par la DGA et développée par Optrolead, la filiale à 50-50 entre Thales et Sagem. "Elle est bluffante", selon une source proche du dossier. En outre, la plateforme, qui a été jugée "robuste et sûre", dispose d'une capacité d'endurance de 12 à 14 heures, loin des 8 heures demandées dans l'appel d'offres.

Le Patroller a également une capacité à pouvoir voler en France. Ce qui est un plus pour l'armée de terre. La filiale défense de Safran avait réalisé en novembre 2014 avec son drone Patroller "un ensemble d'essais en vol permettant de démontrer la faisabilité d'intégration d'un drone dans un espace aérien partagé suivant la réglementation de l'aviation civile et les procédures du contrôle aérien". D'ailleurs, il n'est pas exclu que l'armée de Terre mette un pilote dans la boucle pour certaines missions.

En outre, le Patroller dispose d'une modularité qui, liée à une capacité d'emport élevée, permettra l'intégration de nouveaux capteurs et, à terme, d'armement tels que les roquettes guidées laser et le missile antichar MMP de MBDA.

Un Patroller "Made in France"

Le Patroller permet enfin de pérenniser et/ou de créer des emplois en France. A l'exception notamment du vecteur fabriqué (ES15) par l'allemand Stemme (5 % de l'ensemble du système), l'emploi est localisé à 80% en France (contre 30% pour le Watchkeeper). Plus d'une vingtaine de PME et sociétés françaises sont associées au projet pour réaliser des éléments clés du système Patroller. Pour autant, ce critère "made in France" n'entrait pas dans les spécifications de l'appel d'offres français.

La filiale de Safran assurait que le Patroller sera fabriqué en France, notamment sur les sites de production de Sagem, à Poitiers, à Fougères (cartes électroniques) et surtout à Montluçon, et développé dans le centre de recherches d'Eragny-sur-Oise. Aujourd'hui, Sagem emploie une centaine d'emplois à la fabrication des Sperwer (drone tactique). Le succès du Patroller pourrait aider et à la création et au maintien de 250 à 300 emplois, dont la centaine qui travaille déjà sur le Sperwer. Sans un contrat Patroller, c'était des emplois (actuels et futurs) qui étaient menacés.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/01/2016 à 10:31 :
Les français sont parfaitement capables de construire des engins de guerre performants. En ingénieur que je suis, je pense aussi que la stratégie est nécessaire ! Il faut limiter les combinaisons avec Israël avec qui un conflit se rapproche et avec la GB avec qui le Brexit va venir.
Il faut voir l'avenir, se rapprocher de l'Allemagne, faire pression sur elle pour qu'elle construise une armée avec nous. Pas d'indépendance sans cela.
Je n'en reviens pas de l'erreur stratégique de faire fabriquer à l'étranger le futur fusil d'assaut de l'armée ! La première fois dans l'histoire de la France ! Et pourtant nos armes sont parmi les meilleurs au monde et l'ont toujours été. Je suis furieux contre ce gouvernement.
Sans compter l'aide à l'Arabie saoudite et au Quatar, monarchies appelée à disparaitre pour laisser enfin la place à des républiques. Quant à l'apartheid Israëlien, où en est le blocus qu'il faudrait faire pour faire tomber ce gouvernement religieux fanatique qui tue les gens et veut s'emparer de tous les territoires de leurs voisins ?
Réponse de le 22/01/2016 à 11:25 :
"ingénieur"...hahahahahaha laissez moi rigoler.... Vous venez maintenant vous la péter "d'ingénieur"
Réponse de le 22/01/2016 à 13:10 :
A mon humble avis, je ne sais pas si vous êtes ingénieur ou pas, mais alors je peux vous confirmer que vous ne connaissez rien à la politique du moyen-orient. Apartheid israélien ? Sans les israéliens, ce que certains appelle la Palestine qui n'a jamais existé historiquement, serait encore un désert. La grande partie des palestiniens qui reçoivent un salaire travaillent dans une société israélienne. La corruption existant dans les deux gouvernements palestiniens (Hamas et Fatath) ruinent les espoirs de voir un jour la Palestine être crée. Alors contentez-vous d'être ingénieur, c'est déjà pas si mal.
Réponse de le 22/01/2016 à 21:55 :
Je suis du même avis que vous, nous devons faire alliance avec un pays Europeen, un partenaire sur, un allier depuis de nombreuses années.... L'Allemagne et la France porte airebus depuis de le premier jour....Il nous faut develloper un acteur europeen crédible sur la concepte et la réalisation de drone militaire.... Rejeter les anglaise, non fiable et les israéliens non europen....
a écrit le 22/01/2016 à 9:49 :
ça en fait des emplois du mot emploi....
a écrit le 21/01/2016 à 23:24 :
C est marrant, ce drône est en fait un motoplaneur S10 fabriqué depuis plus de 15 ans en Allemagne par le constructeur Stemme et est accessible à n´ importe quel pilote de vol a voile fortuné. Le S 10 se trouve facile d occase pour 100.000 euro.
Le reste c´est en valeur ajoutée à en croire l article 95 % pour l´electronique.
Un peu cher a mon avis !
Réponse de le 22/01/2016 à 13:25 :
Non ça n'a rien de choquant, l'électronique militaire coute cher car beaucoup de R&D est dans le package et la production en faible quantité fait que l'amortissement est faible.

De plus, il faut aussi compter les stations au sol et la communication satellite.
Réponse de le 02/04/2016 à 10:34 :
Rien d'anormal en soit, la fiabilisation militaire d'un engin venant du civil est très couteuse et ne parlons même pas des électroniques et optroniques militaires qui sont une véritable ruine car des composants a faible diffusion industrielle très onéreux a l'unité n'étant pas produits en masse ... A cela il faut rajouter de copieuses dépenses de développement en bureau d'étude pour adapter, fiabiliser, améliorer ect ... Arrêtez de croire qu'engins militaires et engins civils ça se développe de la même façon, s'achète de la même façon, s'industrialise de la même façon et se maintient en entretien de la même façon ... La militarisation d'un engin civil en rêgle générale multiplie son cout global maintenance comprise par 10 environ
a écrit le 21/01/2016 à 21:42 :
Curieux, certaines infos de cet article sont en contradiction avec ce que j'ai pu lire ailleurs : taux de francisation Watchkeeper j'ai pu lire 30 et 40%, prix des offres je lis ici que c'est équivalent, alors qu'ailleurs on dit que le Patroller était moins disant. Ce n'est pas encore très clair tout ça.

Mais en tout cas, voilà une affaire surprenante. On va encore provoquer un foisonnement européen. Quand les allemands vont lancer un appel d'offres, ils vont avoir les américains, le watchkeeper, le patroller et une offre Airbus... et ils vont choisir Airbus?
Et quand ça sera au tour des italiens?

Le patroller est peut-être un peu meilleur, mais c'est encore une occasion manquée. Comment convaincre les anglais ensuite de converger vers une solution commune? Et tout ça pour 14 plateformes? Prions pour que l'export soit au rendez-vous.
a écrit le 21/01/2016 à 20:52 :
Félicitations !
a écrit le 21/01/2016 à 18:10 :
Business typiquement franco/français ..ce drone n'est même pas en compétition , avec les meilleurs drones actuellement opérationnels , avec des performances validées depuis des années , en situations de guerres réelles ....
Réponse de le 21/01/2016 à 20:41 :
Heureusement que le franco/français fonctionne encore !!!! il existe bien l'américano/américain, le cino/chinois, l'indo/indien....quant aux performances, les militaires avaient exprimé leurs besoins, je ne suis pas militaire, donc je ferme ma grande gueule !!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :