Le satellite tout électrique d'Eutelsat va battre des records de vitesse de mise en service

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La conception du système, la stratégie d'exploitation et la technologie plasmique à effet Hall utilisées nous ont permis de réaliser la mise à poste électrique la plus rapide jamais effectuée depuis l'orbite de transfert vers l'orbite géostationnaire, a expliqué le directeur de Space Systems au sein d'Airbus, Nicolas Chamussy
"La conception du système, la stratégie d'exploitation et la technologie plasmique à effet Hall utilisées nous ont permis de réaliser la mise à poste électrique la plus rapide jamais effectuée depuis l'orbite de transfert vers l'orbite géostationnaire", a expliqué le directeur de Space Systems au sein d'Airbus, Nicolas Chamussy (Crédits : Airbus Space Systems)
Quatre mois après son lancement, le satellite Eutelsat 172B, conçu par Airbus pour le compte de l'opérateur Eutelsat, a déjà atteint son orbite géostationnaire. Il bat le record de vitesse de la mise à poste d'un satellite par propulsion électrique.

Airbus Space Systems peut être fier, il est à l'origine d'une première mondiale. Quatre mois après son lancement depuis Kourou par Ariane 5, le 1er juin dernier, le satellite Eutelsat 172B conçu par la filiale spatiale d'Airbus pour le compte de l'opérateur Eutelsat a déjà atteint son orbite géostationnaire, battant ainsi le record de vitesse de la mise à poste d'un satellite par propulsion électrique. En général, les satellites tout électrique arrivent à leur destination finale au bout d'un voyage de six à sept mois (environ sept mois pour les satellites Eutelsat 115 West B et ABS-3A construits par Boeing et lancés en 2015 par SpaceX), contre une semaine avec la propulsion chimique.

Airbus est "la première entreprise à utiliser la propulsion tout-électrique pour des satellites de cette dimension et de cette capacité, ce qui permet de réduire leurs coûts de lancement, a expliqué le directeur de Space Systems au sein d'Airbus, Nicolas Chamussy. Par ailleurs, la conception du système, la stratégie d'exploitation et la technologie plasmique à effet Hall utilisées nous ont permis de réaliser la mise à poste électrique la plus rapide jamais effectuée depuis l'orbite de transfert vers l'orbite géostationnaire. Ceci permettra à Eutelsat de mettre leur satellite électrique en service en un temps record".

La mise en service d'Eutelsat 172B est prévue autour du 20 novembre une fois les essais en orbite de sa charge utile effectués et son transfert vers l'orbite opérationnelle réalisé par les ingénieurs d'Eutelsat. Dès lors, le satellite fournira des services améliorés de télécoms, de connectivité en vol et de télédiffusion dans la région Asie-Pacifique. Sa durée de vie devrait dépasser 15 ans grâce à la propulsion électrique utilisée pour sa mise et son maintien à poste. Ce satellite dispose d'une puissance électrique de 13 kW pour une masse au lancement de seulement 3,55 tonnes, grâce à la plateforme Eurostar E3000 d'Airbus.

Une consommation de carburant six fois moindre

Le centre de contrôle d'Airbus à Toulouse a déjà pris en charge les premières opérations, l'initialisation, le déploiement du panneau solaire et des bras de propulsion électrique, ainsi que les essais initiaux effectués avant le commencement de la mise à poste électrique le 8 juin. "Au cours de la phase de quatre mois qui a suivi, les propulseurs électriques ont poussé le satellite en douceur et avec efficacité vers son orbite cible, consommant presque six fois moins de masse de carburant qu'un satellite à propulsion chimique", a expliqué Eutelsat dans un communiqué publié ce mercredi.

"Eutelsat 172B confirme la pertinence de notre stratégie vis-à-vis de la propulsion électrique (...) en nous permettant d'optimiser nos investissements. En combinant propulsion électrique, haute capacité, des bras robotisés et l'utilisation de techniques d'impression en 3D, ce nouveau satellite reflète la capacité de l'Europe à pousser l'innovation, pour accroître la compétitivité de notre activité", a expliqué le directeur technique d'Eutelsat, Yohann Leroy.

Grâce à la technologie d'Airbus, qui utilise depuis plus de 12 ans la propulsion électrique pour le maintien à poste des satellites, Eutelsat a pu lancer un satellite deux fois plus lourd que Eutelsat 115 West B. Toutefois, Eutelsat 172B a mis pratiquement deux fois moins de temps que son prédécesseur pour réaliser sa mise à poste électrique. Airbus Defence and Space développe des satellites haute puissance à propulsion entièrement électrique permettant d'économiser jusqu'à 40 % de poids au lancement. La technologie d'Airbus, qui développe plus de puissance que celle de Boeing, est nettement plus efficace que celle de l'américain. Pour Eutelsat, il n'y a pas eu photo. Airbus a pour le moment gagné le match. Le constructeur français a déjà enregistré six commandes de satellite haute puissance tout électrique.

Pourquoi ce record

Le succès et le record de la mise en orbite électrique sont dus à deux innovations d'Airbus : deux bras robotiques déployables qui orientent les micropropulseurs électriques et contrôlent la direction de la poussée et l'attitude durant les différentes phases de la mission ainsi que le vaste réseau mondial de stations sol WALIS (Wide Angle Localisation Integrated System) développé par Airbus. Ce réseau a permis aux ingénieurs de commander les opérations de mise en orbite jusqu'à ce que le satellite atteigne sa position sur l'orbite géostationnaire.

À l'avenir, 50 % des satellites de télécoms pourraient utiliser la propulsion électrique pour le transfert vers l'orbite géostationnaire. Le développement des satellites tout électriques Eurostar d'Airbus ainsi que Spacebus NEO de Thales Alenia Space est soutenu par l'Agence spatiale européenne (ESA) et les agences spatiales des États européens, notamment le CNES en France, dans le cadre du Plan d'Investissements d'Avenir, et l'agence spatiale britannique.

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Commentaires
a écrit le 11/10/2017 à 15:53 :
Actuellement :
Les moteurs traditionnels (non électriques) utilisent des ergols.
Les électriques d’Airbus utilise une propulsion plasmique avec du xénon.
Boeing utilise une propulsion ionique.
La propulsion d’Airbus est plus puissante.
Les moteurs sont portés par des bras robotiques articulés.
Ca permet d'orienter l’axe des moteurs pour obtenir une poussée maximale en fonction de la phase du vol et ça facilite la dissipation de la chaleur générée.
Ces propulsions plus performantes sur bras articulés réduisent le temps de mise sur orbite.
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25-06-17, le Bourget, salon, PME ThrustMe
Annonce d’une technologie de rupture sur la propulsion électrique.
Ane Aanesland, chercheuse au CNRS, directrice de recherche du Laboratoire de Physique des Plasmas à l’École Polytechnique de Saclay. En collaboration avec Dmytro Rafalskyi. Elle vient de créer sa société.
Un sourire insolant, surchargée comme une batterie Saft, l’œil vif comme un répéteur Sodern.
Son équipe a inventé un moteur électrique miniaturisé pour satellite :
« aujourd’hui on a un moteur qui est 40% plus petit que nos compétiteurs aux Etats-Unis, et, heu, il a aussi plus de performance, même s’il est plus petit ».
https://www.youtube.com/watch?v=MmSqcq65T94
Les constructeurs de moteurs ont cherché à miniaturiser les moteurs électriques existants, alors que son équipe est partie d’une feuille blanche.
Le système d’accélération innovant a subi des tests de poussée, réalisés en chambre à vide dans les laboratoires de l’Onera, qui a validé ce nouveau concept.
Un moteur grand comme une main pour alimenter « des satellites de 50 kg ».
Il tient dans un cube de 10 cm de coté.
10 années de recherche et de travail sur les semi-conducteurs et les carburants.
Les moteurs innovant de ThrustMe utilisent un carburant à base d’iode solide plus compact que le xénon gazeux.
Et les chercheurs ont fusionné et miniaturisé la source d’éjection des ions positifs, qui assurent la poussée, et celle des électrons, qui maintiennent la neutralité électrique.
https://www.youtube.com/watch?v=0Kl-vromzaQ
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L’intégration de ce moteur dans un satellite est technologiquement aussi moins complexe.
Cette technologie est plus facile à fabriquer et à intégrer.
Dans la très haute technologie, le but final reste la commercialisation avec une industrialisation facile et au moindre cout. Il faut donc chercher à bannir, durant toutes les étapes de la recherche, les complexités inutiles, même si globalement l’innovation est complexe.
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La startup vise les intégrateurs Boeing, Thales Alenia Space, Loral Space and Communications, Airbus, etc. Et n'a apparemment pas besoin de démarcher!
Réponse de le 12/10/2017 à 0:22 :
Et donc?

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