Pourquoi le premier étage de Falcon 9 (SpaceX) s'est écrasé sur la barge d'atterrissage

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Le satellite SES-9 de l'opérateur luxembourgeois SES a été déployé avec succès par Falcon 9 après séparation du deuxième étage 31 minutes après le lancement depuis Cap Canaveral, en Floride
Le satellite SES-9 de l'opérateur luxembourgeois SES a été déployé avec succès par Falcon 9 après séparation du deuxième étage 31 minutes après le lancement depuis Cap Canaveral, en Floride (Crédits : SES)
Le satellite SES-9 étant très lourd (5,3 tonnes au lancement), il restait moins de carburant au premier étage pour effectuer un retour contrôlé dans l'atmosphère en actionnant ses moteurs en rétrofusée.

La quatrième tentative aura été la bonne pour l'opérateur de satellites luxembourgois SES et SpaceX. Le lanceur américain Falcon 9 a lancé avec succès vendredi soir un satellite de télécoms de SES mais a de nouveau échoué à faire ensuite poser le premier étage de son lanceur sur une barge dans l'Atlantique. SpaceX n'a pas réussi à faire atterrir en douceur le premier étage de sa fusée Falcon 9 sur une plateforme flottant dans l'océan Atlantique à 640 kilomètres des côtes de Floride.

Le satellite SES-9 trop lourd

"Le premier étage s'est écrasé sur la barge", a posé sur Twitter le fondateur et patron de SpaceX, Elon Musk. Il a ajouté qu'il "ne s'attendait pas à un succès, mais qu'il y avait de bonnes chances pour le prochain lancement". SpaceX avait déjà indiqué la semaine dernière avoir peu d'espoir de parvenir à le faire poser sans encombre étant donné les contraintes de ce lancement. Le satellite SES-9 étant très lourd (5,3 tonnes au lancement), il restait moins de carburant au premier étage pour effectuer un retour contrôlé dans l'atmosphère en actionnant ses moteurs en rétrofusée. Le satellite devait être placé sur une orbite géo-stationnaire à plus de 40.000 km d'altitude, ce qui a nécessité de le larguer très haut. Selon Elon Musk, le retour du premier étage de Falcon 9 dans l'atmosphère a été "très chaud".

Fin décembre, SpaceX avait pourtant déjà réussi pour la première fois à faire atterrir le premier étage de Falcon 9 sur le sol en Floride peu après un lancement. Six mois après l'explosion d'une Falcon 9, la société du milliardaire américain avait réussi pour la première fois à faire décoller son lanceur et à récupérer ensuite le premier étage de son lanceur, revenu atterrir en douceur sur Terre après 11 minutes de vol. Mais la société de lancement américaine n'a pas à ce jour réussi à répéter cette manœuvre et n'a pas encore pu faire poser le premier étage de sa fusée sur une plateforme en mer après maintenant cinq tentatives. Si la société parvenait à systématiser cette opération, elle pourrait réaliser d'immenses économies, selon SpaceX.

Le satellite SES déployé avec succès

En revanche, le satellite a été déployé avec succès après séparation du deuxième étage 31 minutes après le lancement depuis Cap Canaveral, en Floride (sud-est des Etats-Unis) à 23H35 GMT. Il a ensuite atteint l'altitude prévue de 40.600 kilomètres au-dessus de l'équateur, a précisé sur un autre tweet Elon Musk. Le satellite SES-9 devait être placé sur une orbite géo-stationnaire à plus de 40.000 km d'altitude.

"Le lancement réussi de SES-9 marque une nouvelle étape importante dans nos excellentes relations avec SpaceX, fournisseur de services de lancement dont l'importance ne cesse de grandir ; ce succès est aussi une preuve supplémentaire du professionnalisme et de la performance impressionnante de SpaceX", le directeur chargé de la technologie de SES, Martin Halliwell, cité dans le communiqué de SES.

Construit par Boeing Satellite Systems International, le satellite SES-9 fait appel à un moteur d'apogée biliquide chimique pour les principales manœuvres postérieures au lancement et à un système de propulsion électrique pour atteindre l'orbite finale à 36.000 kilomètres au-dessus de l'équateur. Les manœuvres en orbite ultérieures, pendant les 15 années de durée de vie nominale du satellite, seront entièrement réalisées à l'aide de la propulsion électrique. La mise en service opérationnelle du satellite SES-9 est prévue pour le troisième trimestre de cette année.

SES-9, le plus grand satellite de SES

SES-9, le plus grand satellite de SES, desservira la région Asie-Pacifique. D'un poids de 5,3 tonnes au lancement, il est doté de 57 répéteurs haute puissance en bande Ku, soit l'équivalent de 81 répéteurs de 36 MHz. Il représente "une expansion notable des capacités permettant de mieux desservir les secteurs dynamiques et en forte expansion des services vidéo, des services aux entreprises, des services de mobilité et services aux administrations publiques en Asie du Nord-est, en Asie du Sud, en Inde, en Indonésie et aux Philippines", a précisé SES dans un communiqué publié samedi. SES-9, qui sera copositionné avec SES-7 à la position orbitale clé de 108,2 degrés Est, remplacera le satellite NSS-11 à cette position.

"SES-9 vient conforter notre stratégie de croissance dans les régions dynamiques et dans quatre secteurs de première importance : les services vidéo, les services aux entreprises, les services de mobilité et les services aux administrations publiques, a affirmé Martin Halliwell. Copositionné avec SES-7, le nouveau satellite couvrira 22 millions de foyers TV. (...) Ses faisceaux dédiés à la mobilité nous aideront à saisir de nouvelles opportunités sur les marchés en plein essor de la connectivité dans les secteurs maritime et aéronautique".

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Commentaires
a écrit le 07/03/2016 à 16:30 :
"Le satellite devait être placé sur une orbite géo-stationnaire à plus de 40.000 km d'altitude"
Quelle ânerie!
cf Wikipédia : "L'orbite géostationnaire, abrégée GEO (geostationary orbit) est un cas particulier de l'orbite géosynchrone avec une inclinaison nulle par rapport au plan équatorial. L'altitude de l'orbite géostationnaire est 35 786 km au-dessus du géoïde terrestre"
a écrit le 07/03/2016 à 9:49 :
L'argument de dire que ca n a pas marché parce que la charge était trop lourde, ce n'est pas sérieux.... On suppose quand m^me que les ingénieurs savaient combien ils pouvaient emmener ! Si ils ont été obligés de lancer alors que les calculs montraient que ca ne marcherait pas, c'est que cette fusée est inadaptée au lancement de cette charge. C'est pour adapter les fusées aux charges qu'il y a plusieurs Ariane... Le choix du récupérable est discutable pour ce type de raison. Evidemment d'un point de vue économique, ça ne peut pas être bon : investissement supérieur non rentablilisés, R&D inutile, surconsommation de carburant, dégat sur la plate forme.?..
a écrit le 05/03/2016 à 13:35 :
Pour l'instant le business modele de Elon Musk, ne fonctionne pas, si il ne le résoud pas à terme, cela finira par couler, pour l'instant il tient avec l'argent de ses investisseurs et de la nasa, mais ca ne pourra pas durer éternellement
Réponse de le 05/03/2016 à 17:51 :
La mission est un succes et la fusee est rentable en elle meme.
Les atterrissages experimentaux ne sont pour l'instant que du bonus.
C'est pour ca qu'ils essaient meme quand les conditions sont mauvaises: ca ne coute pas vraiment plus cher d'essayer.
Réponse de le 06/03/2016 à 17:53 :
Vous connaissez les comptes de SpaceX de l'intérieur? félicitations! Si l'on se base sur les informations publiques, les revenus de Space X couvrent peu ou prou les salaires et le coût récurrent des lanceurs. Par contre l'amortissement des investissements semble assez discutable.
Quant au coût réduit pour les essais, c'est un peu oublier la remise en état de la barge qui doit quelque peu souffrir à chaque retour manqué.
Enfin du point de vue purement technique, l'opération de retour entraîne une pénalité de masse: carburant, structures et calculateurs (il faut bien piloter le retour...) qui coûtent fort cher en terme de performances car ces Kg font l'aller retour. Dans le métier ou s'essaie Elon Musk il y a une règle technique fondamentale pour revenir en un seul morceau, cela s'appelle les marges (techniques pas financières) et ramener le premier étage en satellisant une masse significative en GEO s'effectue aujourd'hui avec des marges nulles, d'où le résultat observé. Y arriver est techniquement pointu, mais faisable, le faire économiquement est une autre histoire.
a écrit le 05/03/2016 à 13:10 :
Vive Ariane.

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