Qatar : guerre navale entre DCNS et Fincantieri dans le golfe persique

 |   |  568  mots
La France propose au Qatar une nouvelle version de 4.000 tonnes de la frégate multimissions FREMM
La France propose au Qatar une nouvelle version de 4.000 tonnes de la frégate multimissions FREMM (Crédits : DCNS)
Alors que s'ouvre ce mardi le salon naval de défense de Doha (DIMDEX), tous les yeux sont rivés sur la compétition que se livrent DCNS et l’italien Fincantieri pour remporter le programme Protector évalué à 4 milliards d'euros.

Bataille navale épique dans le golfe persique entre Fincantieri et DCNS. Alors que s'ouvre ce mardi le salon naval de défense DIMDEX à Doha, les deux groupes navals européens s'affrontent très durement pour remporter un contrat, baptisé Protector qui est estimé à 4 milliards d'euros. Il permettra d'équiper la marine qatarie (Qatar Emiri Navy) de navires de guerre (frégates ou corvettes) disposant d'une capacité de défense antimissile balistique.

C'est le seul programme prioritaire cette année de Doha, Airbus Helicopters devra patienter pour la mise en vigueur du contrat portant sur la vente de 22 NH-90, des hélicoptères de transport. Le Qatar, qui avait été soutenu par la France pour organiser la Coupe du monde de football en 2022, souhaite disposer de ce système de défense aérienne pour protéger son territoire lors de cet évènement médiatique planétaire.

Une nouvelle FREMM à l'export

La marine qatarie, qui a évalué la proposition de Fincantieri il y a un mois environ, vient de finir les évaluations de l'offre de DCNS basée sur la toute nouvelle version des frégates multimissions, la FREMM Extended Range (4.000 tonnes) armées notamment de missiles Aster 30 (antiaérien et antibalistique) et Exocet (mer-mer). La marine qatarie, qui ne dispose que d'une flotte modeste dont le plus grand bâtiment est un patrouilleur de 56 mètres (4 patrouilleurs Barzan), ne voudrait pas de très gros navires.

En outre, les deux industriels, qui proposent des bâtiments disposant d'une défense antiaérienne et antibalistique (missiles Aster), devront convaincre le Qatar de l'efficacité du système Anti-Air Missile (SAAM). Car le patron de l'Air Defence, qui conseille la marine sur ce volet, est réputé n'acheter qu'aux Américains.

Un gros combat entre l'Italie et la France

La guerre fait rage entre les deux compétiteurs et les deux pays. Les deux ministres de la Défense italien et français, Roberta Pinotti et Jean-Yves Le Drian, sont présents à Doha pour soutenir les offres de leurs industriels. Fincantieri, qui sponsorise DIMDEX 2016, aurait réussi étrangement à convaincre le comité de sélection tandis que DCNS, qui est étroitement associé à Thales (radars Herakles et Smartel) et au missilier MBDA, aurait la préférence du pouvoir. "C'est un choix politique", assure-t-on en France.

Mais les Italiens ont remonté leur cote auprès de Doha. Ils ont finement joué en soutenant un très grand projet de musée archéologique au Qatar auquel tient beaucoup l'émir Tamim ben Hamad Al Thani et dans lequel baignent notamment Fincantieri et Finmeccanica. Fin janvier, l'émir était à Rome où il a rencontré plusieurs grands patrons, dont ceux de Finmeccanica et Fincantieri. Certains s'interrogent sur la concomitance des deux projets...

De leur côté, les Français ne sont pas non plus restés inactifs en démontrant aux Qataris que l'offre italienne avec un radar basé à terre pour détecter la menace aérienne ne tenait pas la route. Ce dispositif aurait limité les missions des corvettes qataries seulement au large des côtes de l'émirat. Les Italiens ont donc dû rajouter un nouveau bâtiment (un LHD?) aux trois corvettes de 90 mètres, qui ne peuvent pas intégrer un radar early-warning, pour compléter leur offre. Ce qui rend l'offre italienne beaucoup moins attractive.

___

[ DIAPORAMA ] Ventes d'armes: les plus gros contrats passés sous l'ère Hollande (au 26.04.2016)

Diaporama, ventes d'armes, DCNS, Dassault, MBDA, missiles, frégates, corvettes, lance-missiles, sous-marins, Barracuda, Shortfin, Egypte, Qatar,

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 31/03/2016 à 8:55 :
Toutes ces armes sophistiquées risquent de tomber entre de mauvaises mains.
Arrêtons le massacre tant qu'il encore temps. De toutes les manières ce genre de marché est toujours pipé au départ.
Réponse de le 31/03/2016 à 22:24 :
Pour mettre en oeuvre de tel capacité il faut un tel niveau technique que le risque est relatif.

Sans un équipage complet et compte de la complexité des armements ce genre d'équipement n'est rien.

Sans parler du besoin d'un arsenal pour la mise en oeuvre et du soutient...
a écrit le 29/03/2016 à 20:21 :
Comme le rappèle effectivement l'article: le Qatar ne possède à ce jour qu'un embryon de marine dont les "navires de 1er rang" sont 4 patrouilleurs britanniques des années 90 de type "Vita" de 480 tonnes pleine charge et 3 autres français de type "Combattante III" de 430 tpc...

On a donc du mal à croire que cette marine du Qatar s'équiperait de 3 FREMM françaises de 6010 tpc et encore moins de 3 FREMM italiennes de 6900 tpc, même si ces dernières ont un potentiel AA plus important que celles de la classe Aquitaine.

Observons au passage que les FREMM-ER seraient également plus lourdes que les 2 futures FREMM DA qui sont un ersatz de frégates antiaériennes destinées à la Marine Nationale et qui ne seront que des FREMM ASM aux "capacités antiaériennes augmentées" (évidemment sans capacités ASM).

Dans tous les cas figure quelle que soit l'origine ou la version, il n'existe pas de FREMM de 4000 tonnes comme mentionné par cet article qui se trompe peut-être sur le tonnage (?).
Cependant le tonnage n'est pas un facteur anodin quand on parle de marine de guerre.
L'appel d'offre du Qatar mentionne d'ailleurs aussi bien des "corvettes" que des "frégates". Une corvette avec de telles capacités antiaériennes serait une corvette lourde +2500/-3500 tonnes et si c'est une frégate il s'agirait à l'inverse d'une frégate légère de +3500/4500 tonnes.
Ce qui nous renvoie à l'évocation de navires de 4000 tonnes qui élimine les FREMM en tant que telles.

Une telle hypothèse de frégate légère (ou de second rang) de 4000 tonnes, renvoie aux PPA (ou Pattugliatori Polivalenti d'Alturade) de 4500 tonnes de Fincantieri dont la première livraison est prévue pour la Marina Militare en ... 2021.

Côté français cela nous renvoie aux futures FTI (Frégates de Taille Intermédiaire) de 4000/4500 tonnes de DCNS, dont une première livraison ne se ferait pas avant 2023 (...) après la livraison des dernières FREMM DA. Mais les FTI pourraient être prêtes d'ici 2021 pour répondre à la demande du Qatar.

Notons que DCNS anticipe ses FTI équipées du Sea Fire 500 qui est un radar multifonction à 4 panneaux fixes et à antennes entièrement numériques; justement originellement prévu pour équiper les FREMM-ER:
http://www.meretmarine.com/fr/content/la-marine-nationale-se-contentera-de-8-fremm-mais-aura-5-fti

Il est donc probable que quitte à déplacer 4000 tonnes, ce seront plutôt des FTI qui garderont des FREMM-ER le Sea Fire 500 capable de gérer une défense aérienne de courte, moyenne et longue portée avec des missiles Aster 30 (en plus d'Aster 15, MICA VL ou autres...).
Il semble qu'au delà du calendrier, cette option puisse non seulement correspondre au format de la marine qatarienne, mais aussi aux restrictions budgétaires qui commencent à se dessiner pour ce pays.

Si le Qatar préfère des corvettes en cherchant une catégorie encore inférieure aux frégates de second rang, DCNS n'aurait plus que ses corvettes Gowind 2500 (de 2500 tpc) équipées de 16 cellules de lancement vertical pouvant recevoir des Aster 15 (voire Aster 15). On pourrait très bien imaginer des Gowind 2500 équipées du SF-500...
Notons qu'actuellement Fincantieri n'a aucun produit à proposer entre ses PPA de 4500 tonnes et ses corvettes de 1500 tonnes (classe Cdte Cigala Fulgosi en service depuis 2001...).
http://www.dmitryshulgin.com/tag/gowind-2500-corvette/

Ce contrat pour la marine du Qatar pourrait être l'objet d'un premier "dogfight naval et industriel" entre les PPA de Fincantieri et les FTI de DCNS.
Réponse de le 30/03/2016 à 1:29 :
He bien voila ce que l'on peut appeler une "contribution". Merci. D'autres pourraient s'en inspirer et les commentaires deviendraient aussi voire plus intéressants que les articles.
Nathan par exemple... Nathan fait des jeux de c..s, vos enfants dormiront sous les ponts (dixit "les nuls")
a écrit le 29/03/2016 à 19:23 :
Un radar terrestre détectant les menaces aériennes pour un navire de guerre ? les Italiens ne manquent pas d'humour...
a écrit le 29/03/2016 à 9:25 :
Pendant que certains s'enrichissent avec des ventes d'armes, des civils reçoivent des bombes... N'y a t il pas d'autres moyens de gagner sa vie ?
Réponse de le 29/03/2016 à 14:15 :
Mais sérieusement, vous croyez intelligent de poster une réaction aussi culcul-la-praline modèle "ouin, la guerre c'est mal" ?
Réponse de le 30/03/2016 à 8:03 :
On peut garder en France notre éthique, nos idéaux et notre chômage

Les autres vendront leurs armes à nôtre place

A+
Réponse de le 30/03/2016 à 14:25 :
Il n'y aurait pas de vendeur d'armes si il n'y avait personne pour en acheter.

Il faut aussi faire preuve de pragmatisme, ces gens achèteront des armes peut importe qui leur vend. Au moins ici ce sont des Français qui gagne leur vie.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :