Quand l'ESA oublie encore la préférence européenne avec le lanceur russe Rockot

 |   |  490  mots
Le satellite européen Sentinel-5 Precursor a été lancé vendredi avec succès par un lanceur russe Rockot depuis le cosmodrome de Plesetsk, en Russie.
Le satellite européen Sentinel-5 Precursor a été lancé vendredi avec succès par un lanceur russe Rockot depuis le cosmodrome de Plesetsk, en Russie. (Crédits : Eurockot)
Alors que la France et ArianeGroup plaident pour une préférence européenne en matière de lancements de satellites institutionnels, l'Agence spatiale européenne utilise encore une fois le lanceur russe Rockot.

Conçu et construit par Airbus pour surveiller la pollution mondiale, le satellite européen Sentinel-5 Precursor a été lancé vendredi avec succès par un lanceur russe Rockot depuis le cosmodrome de Plesetsk, en Russie. Incroyable au moment où ArianeGroup demande à l'Europe de jouer la préférence européenne et au moment où l'Agence spatiale européenne (ESA) semble prête à y céder. Mais pourquoi donc l'ESA a une nouvelle fois choisi Rockot pour Sentinel-5 Precursor? Car c'est bel et bien l'agence spatiale ESA qui a sélectionné le lanceur russe.

Ce satellite fait pourtant partie intégrante du programme européen de surveillance mondiale Copernicus, un projet commun de la Commission européenne et de... l'ESA. Il vise à acquérir en permanence des données d'observation précises de la Terre et à fournir des services permettant d'améliorer la gestion de l'environnement, comprendre et réduire les effets du changement climatique, et garantir la sécurité civile.

Des liaisons dangereuses?

Un choix incompréhensible? Pas sûr. Car là où l'histoire ne manque pas de sel, c'est que la société Eurockot qui opère le lanceur Rockot, est basée à Brême et appartient au groupe russe Khrunichev Space Center (49%) et... ArianeGroup (51%) dont les dirigeants exigent aujourd'hui sur tous les tons mais à raison la préférence européenne en matière de lancements. Et ce n'est pas fini. Volker Liebig, qui a été directeur des programmes d'observation de la Terre à l'ESA entre octobre 2004 et juin 2016, est aujourd'hui chez... Airbus aux côtés d'Evert Dudok, directeur général de l'activité Services au sein d'Airbus Defence & Space depuis 2012. Et qui a signé les contrats de lancement des satellites d'observation de la Terre? Volker Liebig et le PDG d'Eurockot, Matthias Oehm.

Pourtant, la commission européenne a demandé à plusieurs reprises à l'ESA d'annuler les contrats Rockot pour acheter des lancements avec Vega, le lanceur italien. Mais l'Agence spatiale européenne a toujours refusé. Pourquoi? Pour des raisons de prix? Un lanceur Rockot est acheté par la commission européenne aux alentours de 30 millions d'euros alors qu'Eurockot l'obtient pour deux à trois fois moins. Ce qui constitue une très belle marge pour Eurockot et ses actionnaires...

Un quatrième satellite Sentinel lancé par Rockot?

L'ESA a déjà confié sept satellites en quatre lancements à Eurockot : Cryosat 1 (2005, échec), Goce (2009), Smos et Proba 2 (2009) ainsi que le triplet Swarm (2013). Pour le programme Copernicus, il s'agit du deuxième contrat de lancement ferme (Sentinel-5 Precursor) de l'ESA avec Eurockot. Mais pas le dernier. LEurockot prévoit de lancer au premier trimestre 2018 Sentinel-3B.

Toutefois, selon nos informations, une clause du contrat spécifie que ce satellite doit être lancé avant la fin de cette année par un lanceur Rockot sinon le contrat peut être dénoncé au profit de Vega. Que va faire l'ESA? Un avenant au contrat pour lancer à tout prix avec Rockot ou choisira-t-elle Vega? A suivre...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/10/2017 à 14:00 :
Un quatrième satellite Sentinel lancé par Rockot?
D’aucuns oublient qu’en 1999/2000 la décision fut prise par la CE (Loyola de Palacio, Commissaire Transport, et Energie et F. Lamoureux, DG Transport) de favoriser les petits lanceurs Russes, car l’Europe n’en avait pas et utilisait les Lanceur Delta US qui une fois sur deux explosaient en vol pour empêcher l’Europe de concurrencer les US dans le domaine des satellites civils ! PM. Arianne Space à l’époque était très retissant. Ceci permettait, aussi, d’amener les Russes à utiliser le Centre Guyanais.
a écrit le 18/10/2017 à 8:17 :
Je regardais hier soir sur CBS l'interview de Tsipras (en visite aux États-Unis) et Trump dans le Rose Garden de la Maison Blanche. Trump était ravi et a répété plusieurs fois son enchantement et assentiment à l'achat par la Grèce d'avions militaires de dernière génération. Alors, non seulement les Grecs achètent des avions américains, mais en plus, ils vont demander "des aides européennes" pour payer. De qui se moque-t-on ??
Réponse de le 18/10/2017 à 9:53 :
L'Europe est sous protectorat des USA depuis la fin de la seconde guerre mondiale. On leur doit soumission et obéissance...
Réponse de le 18/10/2017 à 12:58 :
@Dingo: pas tout à fait ! De Gaulle les avait expulsé et était sorti de l'OTAN. Depuis disons Mitterrand, Les présidents sont de plus en plus nuls et ne savent en effet rien faire d'autre que d'accepter la vassalisation à l'Allemagne en Europe et aux US dans le domaine international. L'objet de mon commentaire visait toutefois à dénoncer l'incurie des Grecs qui se fichent vraiment de nous :-)
Réponse de le 19/10/2017 à 9:39 :
Après ce que l'Europe a fait à la Grèce, j'aurai fais la même chose à leur place. Ils ont été mis dans une situation qui les rends vulnérables à une OPA des USA sur la Grèce. Ils sont maintenant contraint d'accepter les conditions d'achat d'avion pour bénéficier d'investissements de leur part. La dette frauduleuse des états sert justement à cela. Nous rendre dépendant et contraint.
a écrit le 17/10/2017 à 17:33 :
Lorsque quelqu'un parle de préférence nationale, tout le monde le critique et le dénigre sous prétexte qu'il veut faire du protectionnisme, voire il se fait traiter de facho.
Dans le cas exposé, vous reprochez à une administration d'avoir choisi une entreprise étrangère.
Vous n'êtes pas cohérents. Il faudrait savoir ce que vous voulez !
a écrit le 17/10/2017 à 14:15 :
S'est-on intéressé à l'enrichissement personnel de ces personnes ? J'imagine que non....peut-être qu'il n'y a rien mais compte tenu de la marche des affaires de ce monde il serait utile de s'y pencher....après on peut envisager des relations personnelles fortes entre les dirigeants des structures concernées etc....etc....etc :)
a écrit le 17/10/2017 à 12:49 :
quand on permet le mélange des genres...n' y -a -t-il pas, à l ' instar d' autres secteurs d' activités une clause anti-concurentielles dans les contrats de travail pour ce type de personnels et compétences ?(sans doute financees par des fonds européens..)
qui peut croire cela....
a écrit le 17/10/2017 à 9:06 :
Faites ce que je vous dit, ne faites pas ce que je fait! Tel est "la démocratie" dans cette zone administrative qu'est l'UE de Bruxelles! Nous soumettre est leur seul but!
a écrit le 17/10/2017 à 8:44 :
L'Europe s'est construite pour ses actionnaires milliardaires et donc d'abord et avant tout pour le fric, la préférence européenne afin d'essayer de faire travailler d'abord des salariés européens ils s'en tapent.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :