Si, si Jean-Yves Le Drian va relancer une filière de munitions de petit calibre "Made in France"

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La réimplantation d'une usine de fabrication de munitions de petit calibre pourrait nécessiter un investissement initial de 100 millions d'euros.
La réimplantation d'une usine de fabrication de munitions de petit calibre pourrait nécessiter un investissement initial de 100 millions d'euros. (Crédits : Reuters)
Le ministre de la Défense devrait annoncer en mars sa décision de relancer une filière de munitions de petit calibre "Made in France".

Selon plusieurs sources concordantes, le ministre de la Défense va relancer une filière de munitions de petit calibre "Made in France". C'est aujourd'hui décidé. En avril 2016, Jean-Yves Le Drian avait évoqué des questions de souveraineté pour relancer une filière de munitions de petit calibre (5,56 mm). Ainsi la fabrication en France de ce type de munitions, qui est aujourd'hui dans sa totalité importées, permettra de mieux garantir la sécurité des approvisionnements des forces armées. La création de cette filière permettrait de répondre d'ailleurs aux besoins accrus des ministères concernés - défense, intérieur, justice et finances - , au moment où la menace reste au très haut niveau.

"Nous savons fabriquer des Rafale mais nous n'avons pas de fabrication française de poudre militaire pour les petites munitions", avait expliqué en 2016 Jean-Yves Le Drian sur le site de la poudrerie de NobelSport à Pont-de-Buis-lès-Quimerch. "Nous allons travailler autour de cette situation anormale. C'est une question de souveraineté nationale. Nous devons agir rapidement, 2017 au plus tard, pour manifester cette nouvelle dimension de l'activité de l'entreprise Nobelsport", a-t-il précisé.

Si elle est confirmée, cette décision interviendrait quelques mois seulement après que le ministère de la Défense ait notifié le contrat de remplacement du fusil d'assaut FAMAS au fabricant allemand Heckler & Koch, qui va fournir 102.000 fusils d'assaut HK416F aux armées françaises. Les forces seront équipées selon leurs besoins des HK416 en version HK416F-C (canon de 11'') et HK416F-S (canon de 14,5''). Le ministère prévoit dans le cadre de son budget de 2017 une livraison de 5.340 fusils d'assaut de nouvelle génération dès cette année.

Trois groupes concernés

Cette volonté ministérielle va s'appuyer sur l'expertise de trois groupes : NobelSport, qui revendique être le premier fabricant européen de poudres de chasse et de tir, Thales ainsi que le fabricant de machines de cartoucherie Manurhin. La future usine sera implantée... en Bretagne chez NobelSport, qui a déjà un site à Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère).

Selon le député PS Nicolas Bays, auteur d'un rapport sur la filière munition avec Nicolas Dhuicq (Les Républicains), Thales TDA Armements a "fait part d'une éventuelle volonté de recréer une filière de munitions de petit calibre par rapatriement d'une ligne de production australienne". Thales a également développé le fusil d'assaut F90 sélectionné en 2015 par l'armée australienne.

Qui finance?

En revanche, ce qui n'est pas décidé, c'est le financement d'environ 100 millions d'euros que nécessiterait une telle opération (achat du terrain et des machines, construction de l'usine...). Deux options sont en cours d'examen actuellement. L'une verrait les industriels financer l'intégralité de l'opération, l'autre verrait l'État mettre la main à la poche pour financer entre autres les machines de cartoucherie de Manurhin. Mais le ministère de la Défense voudrait éviter de se mettre sous les fourches caudines de Bruxelles. Une réunion de calage serait imminente. En revanche, le ministère est prêt à donner une visibilité aux industriels sur le long terme en passant des commandes régulières.

"La réimplantation d'une usine de fabrication (de munitions de petit calibre, ndlr) pourrait nécessiter un investissement initial de 100 millions d'euros, comprenant l'achat du terrain, l'embauche du personnel et l'installation de la chaîne de production", avaient estimé les députés Nicolas Bays et Nicolas Dhuicq.

Les deux députés estimaient que trois à quatre ans seraient nécessaires pour bâtir entièrement une usine et produire les premières munitions. "La rentabilité serait assurée à partir d'une production annuelle de 60 millions de cartouches sous réserve qu'un niveau de commandes constant soit assuré durant les cinq premières années", avaient-ils écrit.

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Commentaires
a écrit le 07/03/2017 à 21:48 :
Bon que nous souhaitons refabriquer les munition petit calibre en France peux çe comprendre.... La défaite de 1870 est dû au fait que nos munitions sont fabriqués à l'étranger .... Bien mais que la construction de l'usine coute 100 milions est des plus surprenant.... Ensuite que celle-ci soit installé én Bretagne est scandaleux.... Ils n'y a pas encore une action d'achat de suffrages électoralistes par notre bon ministre.... Personne ne trouve rien à. Redire à cette histoire...
a écrit le 06/03/2017 à 19:38 :
Sans blagues ...! et , elle se montent dans les armes Allemandes que nous echettons ?
En lisant l'article , j'ajoute à mon commentaire le fait que :
c'est une veritable, honte ...!
Figurez vous que ...Pont de buis ......: c'est en fait ...quasiment Brest ...
vous avez dit electoralisme ? ...ou favoritisme ?
la seule chose certaine , c'est que ...ne riez pas ( Coluche ) c'est avec votre poignon !
Réponse de le 07/03/2017 à 21:29 :
Et alors? Moi ce qui me dérange plus c'est leur terme "fabriqué en français" par des multinationales... Le pognon dans de telle boite ne reste jamais en France...
a écrit le 06/03/2017 à 19:30 :
Sans blagues ...! et , elle se montent dans les armes Allemandes que nous echettons ?
Réponse de le 06/03/2017 à 19:53 :
5.56; standard OTAN. Donc oui, absolument.
a écrit le 06/03/2017 à 18:31 :
Petit calibre? Très bien . Il aurait pu dans la foulée lancer la fabrication d'un fusil d'assaut, hein !
Réponse de le 07/03/2017 à 21:31 :
Il aurait surtout pu donner les moyens aux militaires de fabriquer leur propre munitions a lieu de les acheter ! Là on aurait pu engager des militaire (ou des civils de la défense) et produire ces munitions pour moins cher.
a écrit le 06/03/2017 à 17:11 :
Et pour changer un peu, les usines, encore en bretagne, tout pour sa gueule, et ils disent travailler pour tous les français.
St Etienne a une tradition d'armes, et du chômage, pourquoi pas là bas?
Réponse de le 07/03/2017 à 21:32 :
Du coup vu votre réflexion pourquoi pas dans le nord où le chômage est légion?
a écrit le 06/03/2017 à 15:24 :
Assouplir grandement la législation sur les armes permettrait aux citoyens français de garantir en partie la survie d'une filière munition et armes qui vont avec.
Réponse de le 06/03/2017 à 22:33 :
Aucune étude ne prouve une corrélation entre possession d'armes et suicide, pas même en suisse, ne soyez pas top émotif Tom, vos arguments sont purement sortis de vos fantasme et ne reposent sur aucun cas concret.
a écrit le 06/03/2017 à 12:04 :
Compte tenu du nombre d'industries qui ont fermé ces 20 dernières années, je n'arrive pas vraiment à comprendre pourquoi il y aurait nécessairement besoin d'acheter un terrain et construire un bâtiment.
Je ne suis pas un écologiste acharné, mais continuer à détruire nos espaces naturels ou nos terres dévolues à nous nourrir "pour rien", ne me semble pas être du tout pertinent.
Réponse de le 06/03/2017 à 13:04 :
Je me suis fait la même réflexion. On ne va pas me dire que l'état n'a pas déjà in terrain souhaitable dans ses cartons!
Réponse de le 06/03/2017 à 19:06 :
Peut être que les terrains dispo ne sont pas en Bretagne... Le Nord ou la Lorraine en regorgent, mais bon, clientélisme oblige...
Réponse de le 07/03/2017 à 0:03 :
Euh je crois que la réponse est dans l'article non ?
" La future usine sera implantée... en Bretagne chez NobelSport, qui a déjà un site à Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère)."
Réponse de le 07/03/2017 à 21:34 :
L'achat d'un terrain est surement moins couteux que de remettre au norme ou de détruire des vieux bâtiments laissez à l'abandon et qui le resteront d^û à l'amiante par exemple !
a écrit le 06/03/2017 à 11:52 :
Dans cet article il aurait été intéressant de savoir aussi à qui on achète nos munitions en ce moment et si des compensations ont été mises en place et lesquelles.
Réponse de le 06/03/2017 à 15:01 :
Israël. J'entends les paras du quartier se plaindre de la qualité de ces munitions.
a écrit le 06/03/2017 à 11:17 :
on gausse sur Bruxelles, sur l’Allemagne, etc...Si je comprend bis, pour que l'usine soit rentable , il faut commander 60 millions - millions - de cartouche au moins pendant 5 ans. soit 300 millions ...pour commander.
question : stock + consommation, quels sont les besoins de l'armée française ? et quels différentiel de coût, si il y'en a un ?
Réponse de le 17/03/2017 à 18:16 :
Pour le coût, si l'on parle de nos armées et de nos forces de sécurité (environ 500.000 hommes et femmes). Pour l'entrainement annuel, la demande est bien plus importante que les 60 millions, de ce côté pas de soucis. (120 cartouches par an, par homme pour atteindre ce chiffre)
a écrit le 06/03/2017 à 9:16 :
J'ai l'impression que la Bretagne est devenu le centre de la FRANCE.
Aujourd'hui tout se fait en BRETAGNE
Réponse de le 06/03/2017 à 9:29 :
Il défend bien sa région. Il nous aurait fallu quelqu'un comme lui dans les Pyrénées quand ils ont fermé le GIAT.

Je ne suis pas jaloux des Bretons parce qu’ils ont des politiciens qui les défendent bien.
Réponse de le 06/03/2017 à 15:50 :
Dans l'histoire de France, les bretons ont effectivement démontré à de nombreuses occasions qu'ils sont tenaces et défendent bien leur morceau. On ne peut pas en dire autant de certaines autres provinces, à commencer par Paris, qui regorge de sangues de la haute fonction publique totalement irresponsables et incompétentes et de politiciens véreux qui s'efforcent de torpiller le pays chaque jour.
a écrit le 06/03/2017 à 8:02 :
L achat de fusil allemand en remplacement du fanas prouve que nos dirigeants détruisent et vendent la france à l étrangers.
On refait les erreurs du passé
Quand De gaulle demandait à Pétait de mécanisé et on a vu la suite de l histoire
Réponse de le 06/03/2017 à 15:46 :
Un appel d'offre européen portant sur l'achat des futurs fusils d'assaut de l'armée française - est la simple conséquence d'un vote de la majorité 2007-2012 (gouvernement Fillon). De quoi parle-t-on exactement ? A travers le décret du 14 septembre 2011, la France a transposé la directive européenne de 2009 qui modifiait certains articles du code des marchés publics, notamment des marchés de défense.

Un vote d'ailleurs sans aucune contrepartie. Car lors de l'élaboration de cette directive, la France préconisait la préférence communautaire. Or, une telle clause aurait impliqué d'acheter parfois un produit plus cher à un État membre. Un argument qui a été inacceptable pour des États mal dotés en industrie de l'armement et surtout pour le Royaume-Uni qui y a vu de l'anti-américanisme pur.
Trois ans plus tard, le député Philippe Meunier UMP, député entre 2007-2012, se réveille en posant une question au ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, portant sur le successeur du FAMAS, fusil d'assaut de l'armée française, qui sera bientôt remplacé.

« Deux options sont envisageables, a-t-il expliqué sous les applaudissement des députés du groupe UMP : l'achat sur étagère d'un fusil d'assaut étranger ou la production en France de cette arme si importante pour nos fantassins (…). Aujourd'hui comme hier, l'industrie française est capable de produire ce type d'arme, notamment en Rhône-Alpes, dans le bassin industriel de Saint-Étienne, réputé pour la qualité de sa production. Malheureusement, tel qu'il est rédigé, l'appel à candidatures portant sur la fourniture d'armes individuelles publié en mai 2014 exclut de fait toute entreprise française. C'est la raison pour laquelle je vous demande instamment de revoir les deux clauses de cet appel à candidatures, qui, si elles n'étaient pas modifiées, empêcheraient nos armées de se voir doter d'un fusil d'assaut de qualité produit en France. En cette année de centenaire, rappelant le sacrifice de nos soldats armés de leurs fusils Lebel, ne soyez pas le ministre de la défense qui, pour la première fois de notre histoire, prendrait la décision d'équiper nos fantassins d'un fusil étranger ».
Le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, a répondu qu'il était tenu de "lancer un appel d'offres européen conformément à la réglementation". Et de préciser que le remplacement du "fameux FAMAS" est inscrit dans la loi de programmation militaire et devrait intervenir en 2016 pour des premières livraisons en 2017. Il porte sur un total de 21.000 armes individuelles du futur (AIF).De plus, le ministre a rappelé que "les entreprises françaises capables de produire directement ce type d'armement il y a une quinzaine d'années ne le font plus ou ont été fermées (manufacture d'armes de Saint-Étienne et à l'atelier munitionnaire du Mans de GIAT-Industries). Il n'y a plus en France ce type d'activités".Juin 2014 La Tribune
Réponse de le 07/03/2017 à 0:05 :
Le gars en 4 lignes il passe du famas à De Gaulle et Pétain !
Chapeau !
Réponse de le 07/03/2017 à 21:39 :
Oui et aucun des trois n'est bien orthographié.
a écrit le 06/03/2017 à 7:58 :
"Mais le ministère de la Défense voudrait éviter de se mettre sous les fourches caudines de Bruxelles" quand est-ce que l'on va enfin envoyer Bruxelles à sa place ? S"il y a des traités, eh bien dénonçons les. De Gaulle disait "Les traités sont comme les jeunes filles et les roses, ils n'ont qu'un temps". Pou aller au WC, il faudra bientôt l'aval de Bruxelles. Sortons nous de ce système.
Réponse de le 06/03/2017 à 13:42 :
Il s'agit de verifier que l'initiative n'est pas une aide deguisee, et cette regle tous les etats s'y soumettent et ca evite le foutoir, ca evite aussi aux la tentation de la demagogie a soutenir sans fin avec l'argent public un secteur ou une entreprise qui refuserait de se reformer (Air France au hasard). Bruxelles defend donc ainsi vos interets. Vous y reflecirez la prochaine fois avant de sortir vos commentaires de comptoir sur l'UE.
Réponse de le 06/03/2017 à 13:50 :
Sans compter que la dépense pour l'armement est intégré dans les 3% de déficit à tenir ! Cela m'a toujours fait hurler car nos voisins ne dépensent pas grand chose pour l'armement, dont l'Allemagne (ils commencent à s'y mettre). En clair la France paie seule pour protéger l'UE, que nous finançons largement par ailleurs ! Nous manquons vraiment de personnalités qui sachent imposer à l'UE d'enlever ces dépenses du calcul de déficit !
Mais le plus grave est la soumission de certains pays aux armées US et à l'OTAN, qui occupent l'Europe et menacent de provoquer des guerres à tout moment. J'espérais que Trump fasse valser tout ça et obligent la France et l'Allemagne à créer une armée commune suffisamment puissante. Il reste à régler la question de l'Europe. Je suis partisan d'une UE limitée aux pays de l'ouest européen car nos intérêts stratégiques et historiques ne sont pas les mêmes que ceux de la Pologne, des Etats Baltes, de la Bulgarie etc .. C'est le moins que l'on puisse dire !

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