Trescal, le "serial" acheteur de la métrologie frappe à nouveau

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En huit ans, Trescal a avalé près de 25 sociétés, principalement des TPE et des PME.
En huit ans, Trescal a avalé près de 25 sociétés, principalement des TPE et des PME. (Crédits : Trescal)
Cette très belle ETI française poursuit ses emplettes à l'international. Il s'est offert une PME canadienne, qui réalise 7 millions d'euros de chiffre d'affaires. Et ce n'est pas fini...

Trescal poursuit son impressionnante série d'acquisitions à l'international. Le spécialiste mondial des services de métrologie débarque au Canada, une de ses priorités depuis deux ans après s'être posé aux États-Unis en 2010. Il s'est offert une petite PME canadienne, Primo Instrument, qui réalise sept millions d'euros de chiffre d'affaires environ et emploie 35 personnes. Trescal, qui a finalisé cette opération le 31 décembre (closing) après une année de négociations, devrait officiellement annoncer son acquisition ce jeudi. le montant de la transaction n'a pas été révélé.

Au total, l'ETI française a réalisé quatre acquisitions en 2015 après les six de 2014 et les 4 de 2013. "C'est la quatorzième acquisition, dont six aux États-Unis, depuis le rachat de Trescal par Ardian en juillet 2013", a souligné à La Tribune Thibault Basquin, managing director en charge du secteur des Mid-Cap chez Ardian, le fonds d'investissement qui détient à 80 % de Trescal. Une performance réussie grâce à la petite équipe de fusions-acquisitions de trois personnes de l'ETI. En huit ans, Trescal a avalé près de 25 sociétés, principalement des TPE et des PME.

Le Canada, un pays cible

"Nous souhaitions depuis longtemps nous implanter au Canada afin d'y accompagner nos grands clients aéronautiques", a expliqué le secrétaire général de Trescal Guillaume Caroit. Le spécialiste de la métrologie français souhaitait notamment se rapprocher du groupe aéronautique et de transport Bombardier et de MDA, la maison-mère du constructeur de satellites américain Loral. "Primo Instrument permet au groupe de s'implanter Canada - un pays attractif - et ainsi de se renforcer en Amérique du Nord", a confirmé Thibault Basquin. Il estime que l'acquisition de cette PME canadienne représente "une base de départ" pour consolider la filière de la métrologie au Canada. Le marché de la métrologie s'élève par an entre 50 et 60 millions d'euros au Canada, estime Guillaume Caroit.

Situé à Montréal, Primo Instrument couvre la plupart des domaines métrologiques et est principalement actif dans les secteurs aéronautique et automobile. Cette activité croît en moyenne de 5% à 10% par an. "Nous visons une croissance pour Primo Instrument de 20% en trois ans", explique Guillaume Caroit. La PME a également une activité de vente d'équipements de test et mesure, qui représente la moitié environ de son chiffre d'affaires global. Fidèle à ses pratiques, Trescal continuera à s'appuyer sur les trois fondateurs de la PME - Pierre Tétrault, Michele Sardella et Tony Antonitti - en vue de poursuivre son développement au Canada.

Car l'ETI française, qui vient de créer Trescal Canada, prévoit rapidement de conclure une nouvelle acquisition dans ce pays d'ici à la fin de l'année. Soit dans la région de l'Ontario, soit dans celle de Vancouver, selon la maturité des opérations, qui sont en cours de discussions. "Nous voulons devenir le leader du marché de la métrologie au Canada", a expliqué Guillaume Caroit. Trescal vise entre 15 et 20 millions de chiffre d'affaires d'ici à trois ans. Soit détenir une part de marché de 25% à 30% au Canada face aux deux groupes américains Transcat et Keysight. A terme, Trescal Canada regroupera d'ici à 18 mois toutes les acquisitions réalisées dans ce pays.

"Avec l'expansion que nous avons connue ces dernières années, nous cherchions un partenaire solide et expérimenté pour pouvoir continuer notre croissance. Trescal apporte à Primo Instrument l'expertise et le réseau dont il avait besoin pour franchir un cap dans son développement", a expliqué le fondateur de Primo Instrument, Pierre Tétrault.

Nouvelle vague d'acquisitions en 2016

En 2016, le groupe prévoit encore de réaliser entre quatre et six opérations, probablement au Brésil, au Mexique, aux États-Unis (deux) ainsi qu'en Allemagne, où Trescal devrait finaliser une acquisition fin janvier (closing). Ce qui devrait rapporter à l'entreprise entre 20 et 25 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaire en 2016. Ce qui devrait assurer à Trescal une croissance d'environ 12% en 2016. "Nous n'avons pas terminé le maillage géographique au Canada, Brésil, États-Unis ainsi que dans certains pays d'Europe où Trescal n'a pas sa part de marché habituelle", a estimé Thibault Basquin.

Ardian couve sa pépite pour laquelle il a pourtant déjà reçu des marques d'intérêt. Mais pas question pour le moment de vendre Trescal, qui a réalisé entre 210 et 220 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015 et a augmenté son résultat d'exploitation de 50% depuis l'arrivée d'Ardian. "Nous resterons au capital de la société entre quatre et six ans", estime Thibault Basquin, très impliqué dans la stratégie d'acquisition de l'ETI française. Il faut dire que Trescal garde un potentiel de croissance important, notamment en intégrant dans le groupe les différentes sociétés rachetées. Et puis, selon Thibault Basquin, Trescal a vocation à consolider les très nombreux petits acteurs du marché de la métrologie dans les pays clés de cette filière. "Nous visons une dizaine d'acquisition dans les trois ans à venir", affirme-t-il.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2016 à 11:36 :
Voilà le succès d'une entreprise française mais c'est plus le succès d'un fond d'investissement que de l'entreprise par elle même. Que deviendra t-elle dans 5 ou 6 ans quand le fond d'investissement la revendra après avoir pompé tous les bénéfices. Les investissements auront -il été suffisant pour assurer sa pérennité? Je crains que cette stratégie soit sans avenir.

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