Drones agricoles : Airinov, success story de l'AgTech française

 |   |  747  mots
Nous nous occupons de tout, y compris des contraintes de réglementation aérienne. L'agriculteur n'a plus qu'à lancer le vol et puis à consulter les données que nous élaborons pour lui, explique le fondateur, Romain Faroux.
"Nous nous occupons de tout, y compris des contraintes de réglementation aérienne. L'agriculteur n'a plus qu'à lancer le vol et puis à consulter les données que nous élaborons pour lui", explique le fondateur, Romain Faroux. (Crédits : DR)
[ AGRI-TECH ] Créée en 2010, la startup leader sur le marché français des drones agricoles a enregistré 2,5 millions de chiffre d'affaires en 2016 et se tourne désormais vers l'international. Le cœur de l'activité de l'entreprise est désormais l'offre d'un service de survol des parcelles clés en main.

Quand, en 2010, Romain Faroux a commencé à bricoler dans une grange de la ferme de son père afin d'explorer les applications possibles des drones à l'agriculture, la technologie était juste naissante. "Tout ce que j'avais vu jusque-là, c'étaient de simples jouets, mais je me suis dit que cela pouvait être utile", explique-t-il en évoquant la naissance de son "intuition". Sept ans plus tard, son entreprise, Airinov, peut se targuer d'avoir assuré 80% des vols de drones agricoles déclarés en France en 2016, et d'avoir atteint un chiffre d'affaires de 2,5 millions d'euros. Leader du marché dans l'hexagone, elle se tourne désormais vers aussi l'international, notamment en direction de l'Europe de l'Est et du Maghreb.

L'apport d'azote adapté au besoin

Dotés de capteurs dédiés, les drones d'Airinov permettent notamment de déterminer les besoins en azote des plantes cultivées, qui changent en fonction de l'historique de la parcelle, de la nature des sols, de la saison etc. Les données collectées par le drone, "à la fois spatialisées et relevées plusieurs fois par an", viennent ainsi intégrer celles fournies depuis déjà quelques années par les satellites, ainsi que par d'autres machines et objets connectés, en aidant ainsi les agriculteurs dans leurs prises de décisions.

     >Lire aussi: L'Agridrone du français Airinov en vedette à l'Exposition universelle de Milan

L'apport d'azote, "facteur le plus déterminant des niveaux de production", pourra ainsi être piloté par l'agriculteur en fonction de ce diagnostic, soit grâce aux machines dotées de GPS possédées par 30% des clients d'Airinov, soit via une application pour smartphone créée ad hoc par l'entreprise. La démarche permettra d'éviter un important gaspillage, et ainsi d'accroître ses marges: la start-up a calculé une économie de plus de 200 euros par hectare en trois ans pour les producteurs de blé.

     >Lire aussi: Pourquoi la France va perdre son statut de premier exportateur européen de blé tendre

Les services au centre du modèle économique

Comme pour nombre de start-up, cette success story est le résultat d'adaptations et changements de modèle progressifs. "Au début, l'offre technologie étant encore limitée, nous avons dû tout fabriquer: d'abord les drones mêmes, puis les capteurs avec l'Inra et ensuite les logiciels capables d'interpréter les données récoltées", explique Romain Faroux, qui s'est donc associé dès le départ avec deux ingénieurs.

Aujourd'hui, le cœur de l'activité de l'entreprise est toutefois de plus en plus représenté par les services agricoles. Un partenariat avec le spécialiste français d'objets connectés Parrott -qui, après avoir acquis 21% de la start-up en 2013 pour 1,5 million d'euros, a atteint 53% du capital de la société en 2015, grâce à un apport de 6 millions d'euros- a permis de sous-traiter la production des drones et des capteurs.  Airinov se concentre donc désormais sur le seul développement de logiciels d'interprétation de data et de prestation de services. "Nous nous occupons de tout, y compris des contraintes de réglementation aérienne. L'agriculteur n'a plus qu'à lancer le vol et puis à consulter les données que nous élaborons pour lui".

Une logique de réseau

Le chiffre d'affaires d'Airinov dépend en conséquence de moins en moins de la vente de matériel. "Même si les prix ne cessent de baisser, l'achat d'un drone reste cher: compris entre 5.000 et 10.000 euros , un tel investissement n'est pas possible pour tous les agriculteurs, et doit être rentabilisé au maximum", souligne en effet Romain Faroux. Airinov assure donc la mise en relation entre les quelque 60 propriétaires de ses drones professionnels et les 8.000 demandeurs de simples services de survol. "Chacun de nos sous-traitants, qui comprennent des chambres de l'agriculture ou des coopératives locales, peut ainsi compter sur une bonne centaine d'utilisateurs payants autour de son implantation", détaille-t-il.

Le plan de vol est conçu par Airinov en fonction des caractéristiques, très variables, de la parcelle: en trois ans, les drones de l'entreprise en ont survolé plus de 30.000, de toutes dimensions, "de moins d'un hectare jusqu'à 80". Les agriculteurs non équipés payent le service entre 10 et 15 euros par hectare, les propriétaire de drones 5 euros. Et à moyen terme, la data analysée, dont Airinov est propriétaire par contrat -celle brute appartenant au producteur-, pourrait être autrement valorisable, flaire le jeune entrepreneur.

     >Lire aussi: Coup de vert sur l'agriculture

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 21/06/2017 à 8:19 :
Bonjour, j'ai deux commentaire : OK, Airinov fait 2,5 M de CA mais quand on enregistre un peu plus de 1 M de perte - pour une prestation de service - je ne suis pas certains qu'on puisse considérer que l'activité est florissante. Autre point "Parrot" avec un seul "t" à la fin fabrique les drones utilisé par Airinov depuis un sacré moment. :D
a écrit le 03/03/2017 à 8:42 :
Ce n'est pas principalement le drone qui est la partie importante, mais " l'application " qui est vitale pour être utile ( ici ) à l'agriculteur , tout en étant simple de mise en œuvre.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :