Face à la politique de Macron, les agriculteurs promettent d'être vigilants

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Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA a assuré que les agriculteurs seraient vigilants à la politique menée par Emmanuel Macron.
Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA a assuré que les agriculteurs seraient vigilants à la politique menée par Emmanuel Macron. (Crédits : Reuters/ Christian Hartmann)
Lors d'un déplacement à Beaune (Côte d'Or), mardi 19 mai, la présidente du syndicat agricole FNSEA, a prévenu le nouveau président de la République. Les agriculteurs seront "très vigilants" concernant sa future politique.

Lors de l'assemblée générale de la Feder, une fédération de coopératives d'éleveurs de bovins charolais, Christiane Lambert, présidente du syndicat agricole FNSEA, a été claire. Désormais élu, Emmanuel Macron sera attendu par les agriculteurs sur trois sujets chauds: "les Etats généraux de l'alimentation", une "loi de simplification" concernant la réglementation et un "droit à l'erreur" pour les agriculteurs en cas de contrôle. Pour la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, il s'agit là des sujets qui devront faire partie des priorités présidentielles.

Autre revendication des agriculteurs, à la veille de la composition du gouvernement: le regroupement dans un même ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la forêt et des territoires ruraux "parce que c'est un tout cohérent", explique la représentante syndicale.

"Il y a beaucoup de territoires ruraux qui ont mal voté parce qu'ils se sentent déclassés, abandonnés. [...] Aujourd'hui beaucoup de producteurs travaillent en dessous du prix de revient dans leurs exploitations, et ça ce n'est pas normal."

Christiane Lambert a ajouté que, même pour le petit paysan, la compétitivité était nécessaire. "Ce n'est pas un gros mot, c'est l'équilibre des comptes et la rentabilité dans nos exploitations."

"Des prix et des revenus au ras des pâquerettes"

D'autre part, la présidente du syndicat agricole majoritaire a également fait une proposition: la signature d'un pacte avec le consommateur, justifiant:

"Parce qu'on ne pourra pas indéfiniment avoir des prix au ras des pâquerettes, des revenus au ras des pâquerettes et des producteurs qui ne gagnent pas d'argent année après année[...] Une grande majorité (des consommateurs) sont prêts à payer un petit peu plus s'ils savent que ça revient aux agriculteurs."

Christiane Lambert a aussi invité les agriculteurs à parler de plus en plus de leur métier afin de le faire (re) découvrir.

Et à la question du bien-être animal, elle n'a pas manqué de reconnaître que, si le regard de la société avait évolué, les agriculteurs devaient également le faire. En contrebalançant tout de même. Elle a dénoncé le discours qui accuse la profession agricole d'être "[méchante] en mettant [les animaux] dans des cages".

( avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 17/05/2017 à 12:47 :
Donc, les agriculteurs votent pour le libéralisme, mais à condition que cela s'applique aux autres.

On continue à extorquer aux français des subventions (tout compris, c'est prés de 10 milliards d'euros en 2016). On pille les caisses de retraite des salariés (Déficit de 7 milliards d'euros de la caisse de retraite des agriculteurs).

On veut imposer aux français d'acheter français, sans que cela ne les dérange beaucoup d'acheter des vêtements produits au Vietnam par des enfants, ou des voitures allemandes.

On passe son temps à appeler l'Etat à l'aide pour qu'il passe à la caisse dès qu'il y a un problème météo.

On veut s'assoir sur la Loi, et on pollue l'eau (bien plus que l'industrie), qui est dépollué à grand frais par les français dans leur facture d'eau.

Tout va bien !!!
Réponse de le 18/05/2017 à 8:48 :
Perso, c'est une profession que je connais mal ,par contre j'essaie d'être tolérant quand je parle d'être humain.
Réponse de le 22/05/2017 à 21:45 :
Réponse pour LAFOUINE. Je ne vois pas en quoi mon commentaire serait intolérant : il ne fait qu'énoncer des réaltés que tout le monde peut voir : nous avons une profession qui vote libéral à condition que cela s'applique aux autres. Et si la CGT osait faire 1 % de la casse que fait la FNSEA quand ils ne osnt pas ontents, on crierait au scandale, eto nparlerait d'interdire les syndicats.
a écrit le 17/05/2017 à 11:34 :
La FNSEA a cogere le ministere de l agriculture pendant ces 40 dernieres annees... Alors le bilan est aussi le leur ! On peut pas a la fois pousser pour une agriculture quasi industrielle, subventionnee a fond (et polluante) qui implique une concentration sur quelques exploitations et se desoler que la plupart des paysans soient pousses vers la faillite et le suicide !
Mais que cette dame se rassure, Macron etait un ami de son predecesseur, le dirigenant de Sofiproteol. Donc on va continuer a aller dans le mur ...
a écrit le 17/05/2017 à 11:19 :
d apres mr copé.... nkm arrive a la plus grande déception de la majoriré des FRANCAIS
a écrit le 17/05/2017 à 10:31 :
" un "droit à l'erreur" pour les agriculteurs en cas de contrôle".

Contrôle de quoi ?
a écrit le 17/05/2017 à 10:23 :
Une solution consisterait à mettre une TVA sociale sur les produits agricoles destinée au financement des charges sociales des agriculteurs. La TVA est un impot qui doit rétablir l'équilibre avec les produits importés. Mais qui accepterait cette TVA sur les produits agricoles? Elle devrait compléter la fiscalité énergétique. C'est trop compliqué.
a écrit le 17/05/2017 à 9:42 :
"Les consommateurs sont prêts à payer un petit peu plus s'ils savent que ça revient aux agriculteurs." Euh, il va falloir me convaincre, car on voit bien que le consommateur lambda a tendance à acheter chinois parce que c'est moins cher. Le problème chinois dans l'alimentation française n'est pas encore aussi exacerbé que dans d'autres pays, mais ça vient doucement. Il suffit de regarder sur les étagères. Le problème des agriculteurs est donc plus profond. Jean Fourastié (années 50) disait que l'agriculture ne pouvait pas totalement disparaître; ce n'est pas totalement faux au niveau international, mais au niveau national cela pourrait arriver avec la facilité d'importation des produits. Et une fois un secteur détruit, il est très difficile de le remettre sur pied, surtout quand les autres sont moins chers et ont leurs réseaux bien installés (l'erreur des sanctions vis-à-vis de la Russie qui élargit ses partenariats commerciaux hors UE) :-)
a écrit le 17/05/2017 à 8:48 :
"Des prix et des revenus au ras des pâquerettes"

Ils sont gonflés à la FNSEA, difficile de ne pas penser à Audiard là aussi, les gars ils ont mené tambour battant le milieu agricole vers l'agro-industrie qui impose toujours plus de production pour des prix toujours plus bas les livrant en plus aux supermarchés histoire de bien les achever et 40 ans après cette politique productiviste qu'ils ont imposé à marche forcée, ils se plaignent de ce qu'ils ont eux-mêmes généré et qu'ils continuent de générer.

En effet si on ne devait se référer qu'à la FNSEA il est évident qu'il serait urgent d'interdire les syndicats.

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