Fruits et légumes bio : les distributeurs "se gavent un peu", sous-entend Hulot

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En réduisant ces marges, on va rendre le 'bio' et les produits de qualité et de proximité accessibles à chaque citoyen et ça ne sera pas simplement réservé comme l'on dit aux 'bobos',  a commenté Nicolas Hulot.
"En réduisant ces marges, on va rendre le 'bio' et les produits de qualité et de proximité accessibles à chaque citoyen et ça ne sera pas simplement réservé comme l'on dit aux 'bobos'", a commenté Nicolas Hulot. (Crédits : Charles Platiau)
La publication d'une étude de l'UFC - Que Choisir sur les tarifs et marges prohibitifs du "bio" dans les grandes surfaces a fait réagir le ministre de la Transition écologie et solidaire. Nicolas Hulot souhaite voir ces marges réduites pour rendre le "bio" plus accessible. Le sujet sera discuté lors des Etats généraux de l'Alimentation, en cours jusque la mi-novembre.

Trop cher, le bio ? Nicolas Hulot a mis en garde mercredi les distributeurs qui ont tendance à gonfler quelque peu les prix dans la vente des fruits et légumes "bio", les invitant à demi-mot à réduire leurs marges afin d'élargir l'offre à tous les ménages français. Invité de franceinfo, le ministre de la Transition écologique et solidaire réagissait à la publication la veille d'une étude de l'UFC - Que Choisir selon laquelle un panier "bio" dans la grande distribution est 79% plus cher que son équivalent en produits conventionnels.

"Entre les producteurs et les consommateurs, il y a parfois des gens qui se gavent un peu. On va les mettre devant leurs responsabilités", a-t-il commenté.

"Si cette histoire-là est avérée - et je ne soupçonne pas l'impartialité de l'UFC-Que Choisir -, en creux il y a une bonne nouvelle. [...] En réduisant ces marges, on va rendre le 'bio' et les produits de qualité et de proximité accessibles à chaque citoyen et ça ne sera pas simplement réservé comme l'on dit aux 'bobos'", a ajouté Nicolas Hulot.

46% du surcoût provient des "sur-marges"

Le prix d'une consommation annuelle en fruits et légumes bio revient pour un ménage français en moyenne à 660 euros, contre 368 euros pour le conventionnel, d'après l'étude menée par l'association de consommateurs sur 1.541 magasins.

"Si les coûts de production sont plus élevés en bio, ceci n'explique qu'à peine la moitié du surcoût pour les consommateurs", dont "46% provient en réalité des 'sur-marges' réalisées sur le bio par les grandes surfaces", affirme l'UFC dans un communiqué. Ainsi, sur la consommation annuelle de fruits et légumes d'un ménage, la grande distribution réalise 304 euros de marge brute - différence entre le prix de vente et le prix d'achat - sur le bio, contre 169 euros pour le conventionnel.

"Rouvrir le débat sur la répartition de la valeur"

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a réfuté les conclusions de l'étude d'UFC-Que Choisir, faisant valoir que le taux de marge brute (différence entre le prix public hors taxes et le prix à l'expédition) sur les fruits et légumes bio était en moyenne équivalent à celui pratiqué sur les fruits et légumes conventionnels.

"Les coûts de production des fruits et légumes bio sont plus élevés que les produits conventionnels compte tenu des taux de rendement inférieurs à la production, des différences de conditionnement... comme le relève d'ailleurs l'UFC", souligne notamment la fédération professionnelle dans un communiqué diffusé mardi.

Cette prompte réponse n'a toutefois pas empêché la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) d'appeler les "distributeurs à la transparence et souhait[er] que les Etats généraux de l'Alimentation (Egalim) débouchent sur des mesures fortes pour soutenir le développement des filières bio françaises équitables pour tous". "Cette étude conforte le besoin d'ouvrir le débat sur la répartition de la valeur", ajoute la FNAB, un sujet qui sera justement discuté lors des différents ateliers des Egalim.

Lancés le 20 juillet, ces Etats généraux réunissent jusqu'à la mi-novembre producteurs, industriels, distributeurs, associations de consommateurs et ONG environnementales, visent à revaloriser la situation des agriculteurs, à freiner la guerre des prix dans la distribution et à répondre aux nouvelles attentes des consommateurs.

 (avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 31/08/2017 à 14:35 :
la grande distribution faire du bio c ' est du greenbashing.. elle importe des produits cultivés sur des sols précédemment pollués, de pays moins regardant sur le qualitatif et souffrant du manque d' eau( Espagne, Maroc)
que la grande distrib commence par nous vendre les fruits et légumes de la saison au lieu de ceux mis en chambre froide il y a1 an...sans nous en informés évidemment..
a écrit le 31/08/2017 à 13:06 :
Je m'approvisionne en produits issus de l'agriculture biologique depuis une vingtaine d'années. Mais je me rends dans les magasins ne vendant que ces produits. Les grandes surfaces voyant le vent tourner, ont aménagé des espaces soi-disant bio .
J'ai pris le temps de comparer les prix de produits identiques en grandes surfaces et dans les boutiques bio : beaucoup plus cher dans ces grands magasins. cela confirme
l'étude de que choisir
Les dirigeants de ces grandes surfaces savent que les acheteurs potentiels, qu'ils qualifient de consommateurs, ne regardent que le prix. En fait ils achètent un prix et non un produit. Ils doivent faire la comparaison eux-mêmes entre les modes de distribution.
Cela leur éviteraient aussi d'acheter des produits frelatés
Mais surtout si acheter "bio' peut éviter le suicide d'un agriculteur/artisan qui veut produire des aliments de qualité, cela serait un motif grandement suffisant
Faire des choix en conséquence, se responsabiliser
a écrit le 31/08/2017 à 11:18 :
Bio et Grandes surfaces, les 2 concepts ne vont pas ensemble.
Le Bio, c'est local, c'est à échelle humaine, tout le contraire de la grande distribution.
a écrit le 31/08/2017 à 4:39 :
Hulot ou la mediocrite erigee. Avaleur de couleuvres plutot.
a écrit le 30/08/2017 à 22:22 :
J’habite dans le Var et il y a une association de plusieurs agriculteurs qui a monté un marché de produits bio et non bio . Sur un même territoire il y plusieurs enseignes connues du grand public que dire des prix.
Pour ceux qui ne sont pas bio les prix sont dans la droite ligne des enseignes pour la majorité deux questions vont-ils le matin relever les prix et les afficher sur leurs étals ou il y a-t-il entente? comme les agriculteurs qui approvisionnent sont pour la majorité situés à moins de 20 km et parfois à quelques centaines de mètres du lieu de commercialisation ont peut en conclure que les marges sont au minimum plus que grasses et au maximum qu’ils se gavent puisque les enseignes d‘après les agriculteurs se gavent sur leur dos. Pour ce qui de la partie bio un éleveur de mes amis que j’ai amené voir ce marché a regardé le prix au kg de la viande de race moyenne il a failli défaillir et me disait à ce prix pas besoin d’aides et beaucoup d’impôts sur les bénéficient. Alors M. Hulot et tous les bon samaritains qui vantent les circuits courts êtes vous sur un de ne pas défendre l’indéfendable M. Le Ministre et deux pour les clients n’êtes vous pas la vache à lait non bio de ceux qui vous prennent pour un lait bio à prix d’or??? Pour ce qui est des agriculteurs en circuit court mais également pour la fameuse FNSEA qui vocifèrent qui se plaignent des marges des grandes enseignes êtes vous prêts à jouer le jeu de la transparence et afficher vos marges pour que le client ne se sentent pas comme pour la grande distribution, la vache à lait des nouveaux circuits dits cours ou bio allez chiche?????
J'attends de UFC QUE CHOISR de l'honnêteté donc une étude sur les marchés courts bio et non bio pour savoir si ce type de commercialisation est aussi respectueuse du client comme elle est vendue..
a écrit le 30/08/2017 à 21:36 :
L'argument de La Fédération du commerce et de la distribution me parait incompréhensible : Pourquoi évoquer le prix à la production lorsque la question porte ici sur le prix de la distribution? Ou alors manque-t-il des éléments de contexte dans ce cours extrait cité ici?
Quelqu'un pourrait-il m'éclairer?
a écrit le 30/08/2017 à 21:00 :
Il se fie à l'UFC, c'est bien mais ses services doivent bien avoir des chiffres de leur côté, il n'a pas de collaborateurs, de spécialistes, d'assistants ? L’État est censé tout savoir. Ou tout pouvoir savoir.
J'imagine que les GS se gavent sur le Bio comme sur le reste, pas plus pas moins mais que le prix de base est plus fort, bon avec un coup de pouce à cause de la noblesse du "bio" jusqu'ici inaccessible, mis à disposition des consommateurs avertis dans l'aire de distribution de produits généraux, la pépite de l'alimentation saine. Ça se paie.
Les réunions vont peut-être permettre de mettre tout ça à plat ? 1 euro le kilo sur tout produit comme marge, y aura moins d'"explosion" des tarifs. Pourquoi des cerises à 3,5 seraient vendues 7€ ? 100% c'est beaucoup, là ça serait 4,50.
a écrit le 30/08/2017 à 20:35 :
... c'est de perdre ma saisie à chaque mise à jour automatique le la page. On n'en a rien à faire qu"elle soit automatique. Nous sommes suffisamment grands pour le faire nous même !... ou alors que les informaticiens se donnent la peine de sauvegarder la saisie avant la mise à jour et de la restaurer après. Il y a les outils pour cela. Il suffit de lire la doc !...

Qu'ils cessent de se cantonner dans leur tour d'ivoire et servent un peu mieux les utilisateurs qui sont autrement plus nombreux qu'eux !...
a écrit le 30/08/2017 à 18:11 :
Alors, expliquez moi pourquoi c'est aussi cher quand nous achetons en direct chez les producteurs régionaux ???? meme constat avec la viande
Réponse de le 31/08/2017 à 9:21 :
Parce que les agriculteurs se gavent sur le dos des pequins qui viennent acheter en ferme.
Ils n'ont toujours pas compris que le moyen de se refaire était de vendre légérement moins cher que la grande distri.
Docn ils vendent plus cher, la grande distri gardent ses volume et la FNSEA réclamme des aide.
Comme ca on paie deux fois: Marges grande distri+ aides à l'agriculture.
Un CONtribuable
a écrit le 30/08/2017 à 16:41 :
Les grandes enseignes se gavent mais de manière Bio :)....Mais qu'attendre d'autre de leur part? Ce ne sont ni des philanthropes, ni des sociétés bienfaitrices de l'humanité.
Réponse de le 31/08/2017 à 9:24 :
Ce ne serait pas grave si pour obtenir le silence des écolos sur le sujet ils ne financaient pas ces groupuscule d'écolos qui peuvent ainsi propager leur contres véritées criminelles.
Rappellez vous que le moloch gaiens à besoin d'une réduction drastique de la population. Et que cette propagande est financée par ces surmarges.
a écrit le 30/08/2017 à 15:59 :
Beaucoup pensent que c'est lui qui se gave, c'est pas chouette quand on s’appelle Hulot
a écrit le 30/08/2017 à 15:56 :
c est une boutade ! apres tous les produits découverts impropres ces derniers jours

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