Smart Food Paris souffle sa première bougie

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Le 4 mai, le chef cuisinier français pluri-étoilé Alain Ducasse visitait Smart Food Paris, qui se veut de plus en plus ouvert vers l'extérieur.
Le 4 mai, le chef cuisinier français pluri-étoilé Alain Ducasse visitait Smart Food Paris, qui se veut de plus en plus ouvert vers l'extérieur. (Crédits : DR)
L'incubateur parisien de la FoodTech, qui avait révélé sa première promotion début juin 2016, fête son premier anniversaire. En un an d'existence, il aura facilité une vingtaine de partenariats avec de grands groupes et huit levées de fonds au bénéfice de ses startups.

Il ne sera resté qu'une petite heure, mais sa visite est une consécration. Jeudi 4 mai, Alain Ducasse, chef cuisinier français pluri-étoilé à la tête du groupe international homonyme, traversait le XXe arrondissement pour se rendre à Smart Food Paris, l'incubateur lancé par la mairie de la capitale pour promouvoir la FoodTech française. En explorant les locaux de ce petit hub de l'innovation alimentaire de l'Hexagone, il interrogeait les entrepreneurs en herbe, prodiguait ses conseils, proposait son aide, en incarnant ainsi l'intérêt que les startups de l'agroalimentaire suscitent de plus en plus chez les acteurs traditionnels.

La venue d'Alain Ducasse était pour Smart Food Paris, qui avait révélé l'identité des poussins constituant sa première promotion le 9 juin 2016, aussi une manière de célébrer son premier anniversaire, temps de bilans et de nouveaux projets. La majorité des 20 startups qui pendant neuf mois ont bénéficié des services des équipes de Paris&Co, l'agence de développement économique et d'innovation qui pilote l'initiative, s'apprêtent en effet à prendre l'envol, en cédant leurs places à une nouvelle fournée.

8,5 millions d'euros

"Deux seulement n'existent plus aujourd'hui, et pour des raisons exclusivement personnelles", se réjouit Clément Chevrette, responsable de l'incubateur. Dix d'entre elles ont par ailleurs bénéficié d'une subvention pouvant atteindre 30.000 euros, puisée dans un fonds créé par la Ville de Paris et Bpifrance, partenaires de l'initiative. Et quatre jeunes pousses, "emblématiques" (Algama, Jimini's, Prêt à Pousser et FoodMeUp), ont été présentées sous l'étiquette Smart Food Paris au Salon International de l'Alimentation (SIAL), moment fort du secteur agroalimentaire, qui s'est tenu en octobre dans la capitale.

Le principal apport de l'incubateur a toutefois été la "création des conditions permettant aux startups d'accéder à l'expertise ou aux infrastructures -selon leur niveau de développement- de grands groupes, et donc de prouver leur viabilité", souligne Clément Chevrette. En un an, une vingtaine de collaborations business ont vu le jour entre les entreprises incubées et les partenaires de Smart Food Paris: Bel, Carrefour, Elior, Pomona, Up et Michelin. Elior Group et Digifood, appli de livraison de repas dans des lieux publics, ont par exemple collaboré sur le salon de la mode Who's Next en janvier, en mettant en place un service de livraison de repas sur les stands, proposé à 1.500 marques. Elior Group a également confié à Agripolis, qui développe l'agriculture urbaine "en colonnes", l'installation d'une ferme sur le toit de l'un de ses hôtels à Boulogne; Carrefour a fait de même dans son hypermarché de Sainte-Geneviève-des-Bois. La production sert respectivement le restaurant de l'hôtel et le magasin.

L'accompagnement et le réseau de Smart Food Paris ont aussi facilité les levées de fonds des startups les plus avancées, parfois avec un apport en crowdlending: huit tours de table ont été réalisés, pour un montant global de 8,5 millions d'euros. Prêt à Pousser, qui commercialise des kits pour cultiver en intérieur herbes aromatiques et champignons, a notamment levé en octobre 2016 1,7 millions d'euros, et Jumini's, qui propose des produits à base d'insectes, a bouclé en février un tour de table qui lui a rapporté 1 million d'euros.

"Le lieu de référence parisien"

Les startups composant la nouvelle promotion, qui seront révélées à l'automne, sont en train d'être sélectionnées selon la même exigence: construire via l'innovation "une nouvelle manière de penser l'alimentation", résumaient les adjoints à la mairie de Paris, Olivia Polski et Jean-Louis Missika lors du lancement du premier appel à projets en janvier 2016"Agriculture urbaine, approvisionnement et gestion des stocks, amélioration de l'expérience client dans les restaurants, adaptation aux nouveaux usages de consommation domestique, lutte contre le gaspillage alimentaire, tourisme et culture culinaire, packaging" resteront donc les pistes d'innovation que Smart Food Paris se veut d'explorer, au service du consommateur final, du restaurateur, distributeur ou industriel, mais aussi de la santé et de l'environnement. Et l'objectif final est aussi le même: entretenir la réputation de la France en matière d'alimentation, et maintenir la compétitivité de l'agro-alimentaire français, premier secteur industriel du pays.

"La plate-forme Smart Food va devenir le lieu de référence parisien de l'innovation dans le monde de l'alimentation", a promis Anne Hidalgo.

Un espace de plus en plus ouvert

L'évolution de Smart Food Paris portera donc surtout sur son ouverture vers l'extérieur. Le communiqué de lancement de la plate-forme insistait explicitement sur le souhait que l'incubateur devienne aussi un lieu de rencontres, voire de "rassemblement identitaire de la communauté des innovateurs et entrepreneurs intéressés par la problématique", réunissant startups et grandes entreprises, mais aussi restaurants et commerces alimentaires, amoureux de cuisine et gastronomes. L'aménagement d'un nouvel espace événementiel d'une centaine de mètres carrés pour la fin d'année, et la construction d'une cuisine-laboratoire pour favoriser les expérimentations, prévue pour 2018, poursuivent cet objectif. La cuisine facilitera notamment les échanges avec des chefs tels que, justement, Alain Ducasse, qui y retrouveront le lieu naturel de leurs expérimentation. Et l'espace événementiel permettra aussi d'accueillir les habitants de la ville et du quartier, sous la nouvelle devise de l'incubateur: #FutureTastesGood.

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