Space de Rennes : les agriculteurs invités à se brancher au numérique

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Le boîtier Peek, créé par la startup lannionnaise Copeek, est équipé d'un capteur photo et vidéo en haute définition qui permet à l'agriculteur et à l'éleveur un suivi à distance des parcelles végétales mais aussi des bâtiments d'élevages.
Le boîtier Peek, créé par la startup lannionnaise Copeek, est équipé d'un capteur photo et vidéo en haute définition qui permet à l'agriculteur et à l'éleveur un suivi à distance des parcelles végétales mais aussi des bâtiments d'élevages. (Crédits : Copeek)
Placé sous le signe de la robotique, le Space de Rennes ouvre aussi ses portes depuis trois ans à des projets de transformation des filières agri-agro par le numérique. Des projets comme Zen’Bots et Peek ont ainsi été développés dans le cadre du programme régional Agretic.

C'est le rendez-vous agri-agro internationale de la rentrée : le 30ème Salon de l'élevage (Space) a ouvert ses portes mardi au parc des expositions de Rennes pour quatre jours. Si cette année, la robotique a été au cœur de la plate-forme « Espace pour demain » mise en place par les organisateurs afin de « donner à voir la réalité des innovations pour les éleveurs », les outils numériques n'en étaient pas loin.

Et notamment sur le plateau Agretic, du nom du programme déployé depuis six ans par la région Bretagne et qui connecte les filières agricole et agroalimentaire avec celle du numérique. Sur place, les agriculteurs ont pu se familiariser et tester sept innovations différentes, de l'outil d'optimisation du tassage des silos de fourrage en temps réel, au système d'alimentation de précision de truies, en passant par le boîtier connecté pour un suivi à distance des parcelles végétales et des bâtiments d'élevages.

« La Bretagne est une des premières régions agricoles françaises et également le deuxième pôle français en matière de technologies de l'information et de la communication. Ces deux filières doivent s'enrichir mutuellement », défend Bretagne Développement Innovation, qui porte au quotidien le programme Agretic.

Une robotisation sous des formes variées

Alors que le Space veut faire passer le message que la robotisation, dans le cas de la traite par exemple, rend les vaches « heureuses », le travail moins pénible et plus rémunérateur, les innovations technologiques prennent des formes variées : capteurs, objets connectés, applications mobiles, interfaces homme-machine, réalité augmentée et virtuelle. Elles croisent autant les besoins des agriculteurs que ceux des agri-équipementiers et s'intègrent à leurs outils, à leur mode de travail ou de production.

Zen Bots

Présenté mardi à Martin Meyrier, vice-président de la région Bretagne à l'Economie, l'Innovation, aux TPE et à l'Artisanat, le projet Zen'Bots fait ainsi partie des sept solutions développées dans le cadre du programme Agretic porté par Bretagne Développement Innovation. Sa communauté de robots conversationnels ou assistants virtuels, combinant intelligence artificielle et métier, est utilisée pour simplifier les tâches quotidiennes de l'éleveur, via le smartphone.

« Ils comprennent les intentions de l'éleveur par analyse sémantique. Ils se passent le relais entre eux, pour offrir à l'éleveur diverses fonctions spécialisées, en langage naturel, en mobilité, en chat vocal ou écrit » explique la société rennaise Adventiel, en phase de fort recrutement.

Plate-forme collaborative et éducation des poules

Du côté de la startup lannionnaise Copeeks, lauréate du Prix spécial de la région Bretagne au concours Start West 2017 et du Prix Développement startup au concours Vegepolys 2017, c'est le boîtier Peek qui fait parler de lui. Équipé d'un capteur photo et vidéo en haute définition, il permet à l'agriculteur et à l'éleveur un suivi à distance des parcelles végétales mais aussi de ses bâtiments d'élevages. « Il peut aussi partager les informations collectées via une plateforme collaborative sécurisée accessible en ligne, de déceler d'éventuels problèmes et d'intervenir, le cas échéant », fait valoir la jeune pousse dirigée par Gwenaël Le Lay, ancien ingénieur en télécommunication chez Orange.

Un autre dispositif innovant réside dans le projet Symeter de Vitalac (22), qui vise à optimiser, grâce à un capteur d'imagerie, le tassage de fourrages (maïs et herbe) stockés en silos couloirs.

Plus avancé de tous dans sa commercialisation qui a démarré cette rentrée au Space, Spoutnic (ex TiOne) de la société rennaise Tibot, vient d'entrer dans sa phase d'industrialisation. Ce robot autonome d'assistance pour aviculteurs permet d'éduquer les poules à aller dans le pondoir, afin de limiter le nombre d'œufs au sol, d'augmenter la productivité et de réduire la pénibilité pour l'éleveur.

Spoutnic

« Le robot envoie des flashes de couleurs différentes avec des leds, pour prévenir les poules de son approche. Avec le robot, on ne stresse pas du tout l'animal, paradoxalement. Les poules marchent devant, il n'y a pas d'affolement », a précisé Benoît Savary, président de la société, au micro de la station Hitwest.

Une partie de la réponse à la crise de l'élevage ?

Des robots aux innovations numériques, c'est le confort au travail des agriculteurs, le bien-être des animaux, une plus forte productivité et moins d'impact sur l'environnement, que vise le recours aux nouvelles technologies.

C'est d'ailleurs pour aller dans ce sens que l'entreprise  morbihannaise spécialisée dans la nutrition et la santé animale, Neovia, filiale du géant coopératif InVivo développe son projet de « ferme du futur » qui doit aboutir à un « pilotage fin et sélectif » des élevages. Programmée pour 2020 à Saint-Nolff, celle-ci a l'ambition d'être une « vitrine des technologies les plus innovantes dans l'élevage », selon les mots de son PDG Hubert de Roquefeuil, persuadé que la « technologie est sans doute une partie de la solution à la crise de l'élevage ».

Le Space s'est donc fait cette semaine l'écho de la question cruciale qu'est l'avenir de l'agriculture. La robotique et les technologies numériques partent à la conquête des étables et ce ne sera sans doute pas un feu de paille.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2017 à 10:28 :
les amateurs de notre politique d élus doivent se pencher sur notre agriculture et non sur leur apanage perso et leur com inutile

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