La Tribune

L'essai auto du week-end : Volvo C70, le coupé-cabriolet scandinave

Alain-Gabriel Verdevoye  |   -  727  mots
Concurrente de la Peugeot 308C ou, de la Renault Mégane CC, la découvrable suédoise a de la classe et incite à la ballade, cheveux au vent. Equipée d'un diesel d'origine PSA, elle se montre assez économique, mais peu sportive.

Revue esthétiquement, avec une calandre moins massive, la Volvo C70 promène sa charmante silhouette avec aisance. Son toit ouvrant rigide s?ouvre en trois parties ? et non deux comme ses rivales. Une technique qui a permis aux designers d?offrir une poupe moins massive que celle d?une Peugeot 308CC ou d?une Renault Mégane CC. La gracilité y gagne. A l?intérieur, on retrouve intégralement la présentation de la berline S40, dont le coupé-cabriolet C70 dérive.

C?est propre et épuré. On profitera notamment de la très fine console, assez spectaculaire, mais dont on ne voit pas l?utilité, vu le très faible espace de rangement aménagé derrière. La finition est meilleure que sur une 308CC, mais un peu moins aboutie que chez Audi ou BMW. Ceci dit, les très beaux sièges en cuir beige de notre modèle d?essai - une spécialité Volvo - étaient fort valorisants. On regrettera juste le manque de visibilité avec le toit fermé. On se sent alors engoncé.

A l?arrière, deux places occasionnelles autoriseront de petits parcours. Mais l?accès y est malaisé. Le coffre, intéressant toit fermé, devient exigu toit ouvert. Logique : le toit se range? dedans. Le système électrique de capotage et décapotage est simple, mais il faut appuyer continûment sur le bouton, faute de quoi l?opération s?arrête. Le mécanisme, très complexe, donne entière satisfaction. Notons que l?aérodynamisme de la voiture a été soigné. Toit escamoté, on n?entend pas de sifflements et on n?est pas perturbé par les remous.

La voiture manque malheureusement un peu de rigidité, comme la plupart des cabriolets. D?ailleurs, toit fermé, on perçoit des craquements de plastiques au niveau des montants. Du coup, la C70 n?a rien d?une sportive. D?ailleurs, les trains roulants affichent une certaine nonchalance. La conduite n?apparaît donc pas vraiment précise. Des trépidations perturbent en plus le comportement dès que la chaussée devient inégale, chahutant les passagers. Notons aussi un rayon de braquage démesuré, rendant les man?uvres dans les parkings pénibles. Une constante chez Volvo, car le berceau moteur doit pouvoir accueillir, transversalement, les encombrants cinq cylindres du groupe. Ce qui oblige les ingénieurs à limiter les débattements latéraux des roues.

Le moteur diesel est issu de la coopération entre Ford - actionnaire de Volvo à ce jour, même si la vente au chinois Geely est en cours - et PSA. Ce bloc, d?origine française, on le retrouve sur les Peugeot 308, 3008, 407, Citroën Picasso ou C5. Il distille une belle dose d?agrément. Mais son fonctionnement est ici étouffé par le poids et une transmission automatique à double embrayage (en option à 2.000 euros, plus chère que la DSG Volkswagen à 1.720 euros), exemplaire de douceur mais manquant de réactivité. Ce moteur va d?ailleurs changer prochainement. Volvo le remplacera par un cinq cylindres à gazole de fabrication maison, développant 150 chevaux.

En revanche, la consommation du diesel PSA est étonnamment basse pour un véhicule de ce type. Avec beaucoup de parcours urbains, l?ordinateur de bord affichait une moyenne de 6,4 litres de gazole aux cent kilomètres. Economique.

Les prix sont nettement moins attractifs que ceux d?un modèle généraliste concurrent, mais la C70 est logiquement plus abordable qu?une belle allemande. Même s?il n?y a pas de modèle précis auquel on puisse l?opposer chez Audi ou BMW. La C70 se révélera comme un coupé-cabriolet charmeur pour se promener, cheveux au vent, sur de belles routes de campagne, de préférence pas trop mal revêtues.

Modèle d?essai : Volvo C70 Momentum 2,0D : 36.180 euros (+200 euros de malus, +2.000 euros pour la transmission automatique)
Puissance du moteur : 136 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,61 mètres (long) x 1,83 (large) x 1,40 (haut)
Qualités : classe, sièges en cuir accueillants, agrément en utilisation cabriolet, sobriété, transmission à double embrayage douce?
Défauts : ? mais peu réactive, suspensions chahuteuses, rayon de braquage démesuré, visibilité limitée avec toit fermé.
Concurrentes : Renault Mégane CC 2,0 dCi 130 Privilège : 31.000 euros ; Peugeot 308CC 2,0 HDi Féline : 33.550 euros ; VW Eos 2,0 TDI 140 : 33.800 euros.

Note : 13 sur 20

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Commentaires

Vous manquez d'indulgence  a écrit le 19/09/2012 à 3:18 :

Comme le plus souvent avvec les marques premium, il faut acheter le modèle le plus haut de gamme. Je possède une T5 essence 230 CV finition XENIUM qui n'a rien à voir avec une Peugeot ou une Mégane et se rapproche davantage d'une 350 SL Mercédès. Pour ce qui est du comportement il est vrai qu'elle n'est pas adaptée à une conduite sportive, mais qu'est-ce que celà peut encore voulr dire quand la vitesse est limitée à 130 km/h sur autoroute? Qui plus est les quatre places sont de vraies places, qu'elle est seule à offrir parmi les coupés/cabriolets et la banquette arrière est bienvenue pour les bagages suppléntaires lorsqu'on voyage à deux car les coffres à bagages des coupés/cabriolets sont tous exigus en position ''cabriolet''.

yusuke-sensei  a écrit le 03/03/2012 à 11:47 :

Juste deux petits points....
Elle n'est surement pas la concurente de la 308 ou de la mégane, Volvo est une gamme prémium et s'attaque à BMW et audi.
Ensuite places arrière occasionel, la je rigole car niveau habitalité 4 personne de 1M80 rentre sans aucun soucis dans la voiture c'est d'ailleurs son gros points fort. Je précise que je suis l'heureux propriétaire d'une de ces merveilles. En revanche c'est vrai que l?accessibilité est un peu difficile mais bon c'est un trois portes coupé cabriolets c'est rarement le cas avec ce type de modèle.
Je conseille cette voiture elle est vraiment génial.