Contenu :
DR
La lignée DS séduit. La petite DS3 a trouvé près de 110.000 acheteurs. Une réussite. Et voilà maintenant la compacte DS4, commercialisée fin mai et qui a déjà recueilli 10.000 commandes. Comptant sur le snobisme d'une clientèle un peu frivole, la marque aux chevrons a inventé un pur concept marketing de voitures un rien futiles, quelque peu « bling-bling », qui ne servent à rien de précis, mais permettent de se distinguer. Un créneau en vogue, si l'on en juge par le succès des Mini ou Fiat 500, mais aussi, dans une certaine mesure, des Audi ou autres BMW.
Elle se remarque
Etroitement dérivée de la C4, la DS4 se veut plus chic et sportive. Cette voiture n'a d'autre vocation que le pur plaisir automobile. Le constructeur a d'ailleurs beaucoup de mal à qualifier son dernier-né. Les « créatifs » de la firme aux chevrons ont même inventé à son sujet l'appellation de « coupé surélevé », une absurdité en soi puisqu'un coupé est surbaissé par définition. Ces difficultés sémantiques prouvent bien que ce véhicule n'a... pas d'usage défini. Il s'agit en fait d'une berline surélevée (comme un faux 4x4) mais peu habitable (comme un coupé), aux lignes originales, très travaillées, agressives, voire clinquantes diront les détracteurs. Quoi qu'il en soit, une DS4, ça se remarque. Nous nous en sommes aperçus durant cet essai.
Excellente sellerie
A l'intérieur, l'habitacle un peu confiné, les sièges très enveloppants veulent suggérer une ambiance de coupé sportif. Sauf que l'on domine la route. Tout ça est un peu bizarre. Mais, le résultat est réussi, avec une excellente sellerie maintenant parfaitement le dos, une position de conduite optimale et une qualité de fabrication soignée, malgré une planche de bord reprise à la C4. Seuls les plastiques de la console un peu ordinaires manquent de cachet. Mais, l'ensemble est plaisant. On s'y sent bien. Moderne et de bon goût. L'énorme pare-brise montant très haut est fort agréable. En revanche, la vision vers l'arrière et de trois-quarts est quasi-nulle ! Comme sur un coupé ! Si les places avant sont extrêmement accueillantes, déplorons toutefois l'ergonomie bizarre, avec une pléthore de boutons peu pratiques au volant.
Accessibilité mauvaise à l'arrière
L'habitabilité n'est nullement critiquable à l'avant, mais elle se révèle limitée à l'arrière, où l'accessibilité est mauvaise en raison de portes bien étroites. Précisons au passage que la poignée de portière à l'arrière, dissimulée dans le montant, est peut-être très discrète, suggérant une voiture à deux portes, mais elle oblige à des contorsions pour la saisir. Pis, la porte arrière se prolonge par une partie saillante, effilée, que l'on reçoit immanquablement dans... l'épaule ou la figure quand on l'ouvre de l'extérieur. Archi-dangereux. Enfin, pour en finir, signalons que ces portières manquent de retenue. En cas d'ouverture brusque, elles se replient tout aussi brutalement sur les tibias de ceux qui essayent de sortir...
Moteur hors pair
Bien calés, mettons en route ! Et alors, là, le sourire se fige dans une douce béatitude. Le moteur diesel HDi de 160 chevaux a tout bon. Souple, docile, très civilisé, rageur, montant bien dans les tours, il fait oublier qu'il carbure au gazole. Remarquablement secondé par une boîte précise et un embrayage parfait, il régit sans jamais le moindre à-coup. On a l'impression qu'on peut faire tout ce qu'on veut, accélérer brutalement, rétrograder à la volée ou reprendre au contraire sur un simple filet de gaz. La mécanique se tire de toutes les embûches sans jamais manifester le moindre mécontentement. Bravo. Pour ne rien gâcher, nous avons consommé moins de 7 litres aux cents, avec beaucoup de ville et en usant sans modération des ressources inépuisables de ce moteur.
Comportement routier exceptionnel
Le comportement routier est au diapason. Disons-le tout de suite : il est excellent. Les superlatifs manquent pour le qualifier. Agile, vif et archi-sécurisant, il permet d'enchaîner les virages sans l'ombre d'une hésitation, quel que soit l'état de la chaussée. Quel agrément ! Une vraie sportive - malgré sa hauteur -, avec une direction bien calibrée et un freinage puissant. Nous avons pris un formidable plaisir à piloter cette voiture. La DS4 est plus agréable (à puissance égale) qu'une BMW 1 ou une Audi A3 ! En contrepartie, évidemment, le confort n'est pas son point fort. La fermeté est même étonnante pour une Citroën. Les dégradations de la chaussée, accidentelles ou volontaires (ralentisseurs et autres obstacles pour enquiquiner... l'automobiliste et favoriser les petits arrangements municipaux avec le BTP local) sont ressenties sans aménité sur la version de point Sport Chic habillée de grandes roues de 18 pouces avec pneus aux flancs très bas, inconfortables, fragiles et dont le coût de remplacement est rédhibitoire. Conseillons la version inférieure So Chic (1.700 euros de moins) qui s'en dispense (ainsi que du cuir, l'aide au stationnement avant, la surveillance d'angle mort...)
Une réussite
Esthétiquement, nous ne sommes pas complètement convaincus. Nous continuons de trouver les lignes d'une Afa Romeo Giulietta, par exemple, plus nobles, plus élégantes. La DS4 est un peu ostentatoire avec trop de chichis, de pliures de tôles un peu gratuites. Mais c'est une pure question de goût. Pour le reste, à part l'habitabilité réduite à l'arrière et un confort plutôt sec, nous ne pouvons que louer le formidable travail accompli par la marque. Il y avait longtemps que nous n'avions pas essayé une voiture aussi savoureuse et aboutie. Félicitons les ingénieurs pour leur magnifique démonstration du savoir-faire tricolore. Et, par rapport aux rivales étrangères, le prix n'est pas exagéré.
Alain-Gabriel Verdevoye
Modèle d'essai : Citroën DS4 HDi 160 Sport Chic : 29.800 euros
Puissance du moteur : 160 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,28 mètres (long) x 1,81 (large) x 1,53 (haut)
Qualités : comportement routier remarquable, excellent moteur, puissant, souple et sobre, transmission agréable, direction précise, freinage puissant, qualité de finition, présentation chic
Défauts : habitabilité et accessibilité arrière médiocres, confort trop ferme (Sport Chic), ergonomie à améliorer, visibilité arrière exécrable
Concurrentes : VW Golf GTD 170 : 31.720 euros ; Alfa Romeo Giulietta 2,0 JTDm 170 Sélective : 31.750 euros ; Audi A3 Sportback 2 ;0 TDi 170 Ambition Luxe : 36.280 euros
Note : 15,5 sur 20
Blue Tree a écrit le 28/07/2011 à 10:01 :
Pourquoi parle-t-on tout de suite de Bling Bling dès qu'un constructeur se permet de livrer des voitures avec des matériaux de qualité, agréable à l'oeuil et mieux fini que la moyenne déplorable des autres voitures françaises. Il me semble que Citroën est la seule marque française qui a compris ou se trouve la marge pour faire des profits . . .
Tititoo a écrit le 25/07/2011 à 12:29 :
Waouhh, j'ai vu l'intérieur c'est splendide! So frenchy!!! A quand une DS Vuitton ou Gucci?
dylon a écrit le 23/07/2011 à 12:45 :
ceux qui ont remboursé leur toit, et qui ont de bons excédants
Réac a écrit le 23/07/2011 à 11:21 :
Rien à faire de cette voiture. Qui a encore les moyens de s'en payer une ?
Roadsafe a écrit le 23/07/2011 à 00:15 :
"Archi-dangereux" les 160 cv et le fait "d'enchainer les virages sans l'ombre d'une hésitation" ? Mais non, le journaliste, sorti de la naphtaline et de la France des années 70 (où "l'homme" se croyait maître de son véhicule et ne devait ses 18.000 morts sur la route par an qu'au" mauvais état des routes", aux platanes qui traversaient la chaussée, ...), cet inapte au changement de conduite (10 km/h de moins en moyenne = c'est pourtant 14.000 morts de moins par an sur les routes...) utilise cet adjectif pour viser des portes saillantes qui, horreur, pourraient de plus nous toucher les tibias !... Ce vieux nostalgique - dont le "sourire se fige dans une douce béatitude" au son du moteur - semble seulement craindre les ralentisseurs (mais pas l'enfant qui court après son ballon...) placés "pour l'enquiquiner ou favoriser des arrangements avec le BTP local" (un cliché de plus que "papa" a dû lui répéter, gamin). La "surveillance d'angle mort" n'est pas son souci non plus (après l'enfant, je me ferais bien un vélo...). Avant de le laisser réécrire de telles inepties, offrez-lui une heure dans un service d'accidentés de la route...
Cool a répondu le 23/07/2011 à 08:30 :
Il faut changer de literie si vous dormez mal... Il n'y a pas lieu de réagir ainsi sur cet article, et je ne vois pas bien l'intérêt de répondre ainsi. C'était juste un avis sur un véhicule.
Roadsafe a répondu le 23/07/2011 à 16:06 :
Mal dormir, c'est inhérent au métier d'urgentiste (pompiers, infirmiers/ères, médecins) sans qu'il soit question de literie... Ce simple "avis sur un véhicule" renvoie à une conception dépassée de la circulation automobile, conception que les "fangios" oublient vite, ainsi que leur côté "bisounours", une fois qu'ils sont amenés à croiser notre chemin ! Remarquez, on parle toujours de "motricité", d'agilité, mais il ne s'agit malheureusement plus du véhicule... Une touche d'optimisme : ces comportements régressent et même les constructeurs sortent des véhicules bridés. C'est "cool"...
Coquelicot a répondu le 25/07/2011 à 17:17 :
Roadsafe nous commente comme "archi dangereux" un véhicule dont les journalistes unanimes insistent sur le côté sécurisant. Les conditions de circulation ne sont plus ce qu'elles étaient il y a 40 ou 50 ans : amélioration importante de la qualité du réseau routier et caractère peu accidentogène des autoroutes, sécurité active et passive des voitures, règlementation de plus en plus serrée du côté des conducteurs (alcool, vitesse, recommandation de repos etc...). Résultat : division par 3 ou 4 du nombre de victimes malgré l'accroissement du trafic. Mais il est particulièrement important de disposer d'un véhicule dont la marge de sécurité est très importante. Une voiture qui apparait très sure dans le cadre d'essais qui la pousseront dans ses retranchements sera également extrêmement sure entre les mains d'un conducteur moyen dans des conditions normales de circulation. Il ne me viendrait pas à l'idée d'acheter une voiture dont des essais de journalistes spécialisés indiquaient que sa conduite peut devenir acrobatique dans certaines conditions. Souvenons nous du lancement raté de ma Mercédès type A dont les essais de presse avaient révélé une propension à passer sur le toit. Le constructeur a du revoir complètement sa copie avant de la commercialiser.
Roadsafe a répondu le 26/07/2011 à 23:10 :
... Des améliorations certes, mais encore plus de 10 morts par jour (4000 morts par an) qui ne peuvent laisser penser que sécurité active et passive, amélioration du réseau routier sont suffisants. Quant à laisser croire qu'un véhicule de 160 cv est sécurisant... La population qui s'y intéresse se retrouve plus vite aux urgences que celle qui pense plutôt à réduire sa vitesse. Sensibilisation et changements de comportements sont les clés, bien plus que tous les arguments de vente des constructeurs évidemment repris par les journalistes... qui en vivent aussi.
> Retour haut de page
Je possède une sport chic 163cv depuis 2 mois (4000km) l'analyse de la Tribune est exacte . Pour ce qui concerne les portes arrières , c'est évidemment un inconvénient , tout dépend des besoins , j'apprécie toutefois qu'elles existent...
par DAN 54 le 11/11/2011 à 10:28
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :
jQuery(this).corner('round 4px').parent().css('padding', '1px').corner('round 4px');
DAN 54 a écrit le 11/11/2011 à 10:28 :
Je possède une sport chic 163cv depuis 2 mois (4000km) l'analyse de la Tribune est exacte . Pour ce qui concerne les portes arrières , c'est évidemment un inconvénient , tout dépend des besoins , j'apprécie toutefois qu'elles existent .Néammoins les buses de ventilation à l'arrière manquent à l'appel. Je rajouterai à votre essai qu'ayant examiné le véhicule sous toutes ses coutures, la fabrication est superbe ( sellerie , peinture , ajustements ),seule une meilleure protection des soubassements serait bienvenue.