La Tribune

Essai auto: Audi A4 : Toujours belle, toujours chic, toujours chère

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Copyright Reuters (Crédits : Audi)
Alain-Gabriel Verdevoye  |   -  945  mots
Restylée, la berline A4 demeure une berline « classique ». Elle est élégante, raffinée, remarquablement motorisée, plaisante à conduire, bien finie et... terriblement dispendieuse.

On ne la présente plus. Et les changements de modèle ou les restylages ne changent rien à l?équilibre classique de ses volumes, l?élégance inaltérable de la carrosserie. Inimitable et indémodable, on l?identifie toujours comme une Audi. Et c?est l?essentiel.

Qualité de fabrication

Même chose à l?intérieur. Une voiture de la marque se distingue toujours par l?excellente qualité de fabrication. La finition Audi reste de fait très au-dessus du lot. Solide, rassurante, l?A4 ne surprendra guère les amateurs. L?évolution dans la continuité, en quelque sorte. On sera moins enthousiaste pour l?ergonomie. Régler une simple station de radio demande de recourir à l?inévitable molette centrale d?ordinateur sur la console. Il faut rentrer dans des menus et sous-menus en quittant la route des yeux. Très fastidieux et? dangereux. Et, si l?on met la navigation, l?écran unique n?affiche évidemment plus les réglages audio? Tout ça nous a agacés. La radio devrait pouvoir se régler à part avec son propre affichage. Au chapitre des récriminations, signalons le frein à main électrique qui se déverrouille automatiquement? une fois bouclée la ceinture. Sinon, eh bien il refuse de vous laisser partir ! Exaspérant quand la voiture empêche l?automobiliste de faire ce qu?il veut, comme de démarrer sans ceinture pour manoeuvrer dans un parking. La modernité dans son absurde perversité.

Luxe en option

Question luxe, ce n?est pas tout à fait ça non plus. A moins de choisir la version très haut de gamme Ambition Luxe. Notre simple modèle Ambiente (deuxième niveau de finition) avec ses sièges noirs de série au tissu rugueux et ses placages en plastique gris n?était ni chaleureux ni spécialement flatteur. Quant à l?équipement, il est chiche à ce prix. Pour le vrai luxe, il faut donc payer, payer? et recourir aux très nombreuses et chères options.

Habitabilité correcte

Bien pensée et fabriquée, l?A4 n?est pas extrêmement spacieuse. Mais elle beaucoup progressé par rapport à ses devancières. Elle n?offre pas un immense habitacle, mais on ne s?y sent pas confiné comme sur nombre de rivales. Et le coffre, sans être généreux, offre une contenance convenable. Audi a ici amélioré ses points faibles traditionnels.

Excellent moteur

« Notre » A4 d?essai était équipée (en série !) de l?excellent moteur à essence 1,8 litre de 170 chevaux. Velouté, élastique, disponible à tous les régimes, celui-ci fonctionne remarquablement. Ce moteur fait honneur à la réputation des ingénieurs maison. Avec une plage d?utilisation bien supérieure à celle d?un diesel. Même le bruit est plutôt agréable. La mécanique est en outre parfaitement secondée par une boîte précise. Les rétrogradages sont un régal. Tout juste peut-on reprocher des rapports un peu longs? Pour économiser du carburant. Avec 9 litres aux cents sur route (à allure soutenue), les consommations n?ont rien d?exagéré, ni? d?extraordinaire non plus. Forcément, une voiture à essence consomme plus qu?un diesel. Mais le bilan mécanique se révèle vraiment très au-dessus du lot.

Conduite dynamique

Le châssis est réglé pour une conduite dynamique, qu?autorisent ses belles motorisations. Formidable sur chaussée sinueuse. Dommage que la direction électrique manque de précision autour du point milieu. Mais on prend beaucoup de plaisir à mener cette A4. Ce n?est pas un tapis roulant, comme une Citroën C5. Au contraire. On sent bien ici les aspérités de la chaussée. La voiture téléguide au conducteur ce que les trains roulants détectent sur le sol. Mais cela donne une impression de faire corps avec la route. Sur mauvais asphalte ou sur autoroute dégradée à haute vitesse, on préférerait parfois un meilleur filtrage. Mais, on ne peut reprocher une sportivité qui est la raison d?être de la firme aux anneaux. Plutôt ferme, le confort reste d?ailleurs bon pour une voiture aussi dynamique. Du moins tant qu?on conserve des jantes normales (16 pouces) et des pneus de taille correcte (55 R 16). Avec les jantes de 17 et pneus à flancs bas de la version de pointe Ambition Luxe, le confort se dégrade en revanche nettement?. et inutilement. Sans parler de la « S Line » trop extrémiste.

Prix élevé

Cette A4 1,8 TFSI est indéniablement réussie. Malgré quelques agacements. Elle vaut en finition Ambiente 31.900 euros. Pour accéder à une version luxueuse, en rapport avec l?image du véhicule, il faut passer à l?Ambition Luxe, qui coûte 36.950 euros ! Aïe. Pour l?agréable boîte automatique Multitronic, ajoutez 2.000 euros. La jolie et pratique carrosserie Avant (break) vous demandera aussi 1.350 euros supplémentaires. Attention, ça chiffre vite ! Le GPS optionnel (Ambiente) est à 2.100 euros. Mais le tarif sera en partie récupéré à la revente, car cette jolie voiture, passionnante à conduire, tient bien la côte. Et puis, c?est le prix de la qualité de conception et de fabrication. Même si une Audi ne peut revendiquer la fiabilité d?une brave japonaise !
Alain-Gabriel Verdevoye

Modèle d?essai : Audi A4 1,8 TFSI Ambiente : 31.900 euros (+200 euros de malus)

Puissance du moteur : 170 chevaux (essence)

Dimensions : 4,70 mètres (long) x 1,83 (large) x 1,44 (haut)

Qualités : élégance, qualité de finition, moteur souple et onctueux, boîte précise, comportement dynamique

Défauts : prix, présentation austère, certaines fonctions agaçantes, habitabilité mesurée

Concurrentes : VW Passat 1,8 TSI Confortline : 28.080 euros : Peugeot 508 1,6 156 ch Allure : 29.950 euros ; Mercedes C200 Elégance : 38.450 euros

Note : 14 sur 20


 

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Commentaires

Bemol  a écrit le 26/04/2012 à 18:00 :

"Volkswagen met plein gaz sur la Chine"

Pleins gaz

On dit: mettre LES gaz, pas mettre le gaz!

Blue Tree  a écrit le 26/04/2012 à 18:00 :

Soit le journaliste n'a pas pris la peine de vraiment faire un test pour chercher une station radio, et alors il ne faudra pas qu'il en parle dans son article, soit il est de mauvaise fois. Chercher une station radio se fait très facilement avec la molette sur le volant ou encore avec les boutons back / forward (</>) en dessous de la fameuse molette centrale et ne nécessite pas de quitter les yeux de la route dans une Audi. Si on trouve que l'utilisation de la radio est tellement compliquée au point de la décrire comme dangereuse il faudra prendre le temps pour faire en sorte qu'on a bien compris la fonctionnalité avant d'induire les lecteurs en erreur. Il me semble que chaque magazine ou journal "business" se sent obligé d'avoir une section essai auto mais avec des compte-rendus comme celui ci il serait mieux de s'en abstenir et de se concentrer sur les sujets que l'on maitrise.

Bemol  a écrit le 26/04/2012 à 17:58 :

9 litres aux cents
Cent
deux cents
...
Vu?

Gerardc27  a écrit le 23/04/2012 à 10:34 :

Sportivité j'ai du mal à comprendre, par contre sécurité j'adhère.