La Tribune

Les ventes de voitures "vertes" ne décollent pas en Chine, malgré la pollution

BYD e6 électrique Copyright BYD
BYD e6 électrique Copyright BYD
Alain-Gabriel Verdevoye  |   -  439  mots
A peine 7.748 véhicules "verts" (hybrides, hybrides rechargeables, électriques) ont été immatriculés au premier trimestre en Chine. Soit 0,17% du marché. Dérisoire!

La Chine n'est pas encore verte! 3.715 véhicules "écologiques"  à peine ont été vendus sur toute la Chine au premier trimestre, dont 2.874 électriques et 301 hybrides rechargeables (motorisation essence-électrique), selon l'Association des constructeurs chinois CAAM. On peut ajouter 4.033 véhicules hybrides non rechargeables. Soit 7.748 véhicules peu ou non polluants en tout,  pour les trois premiers mois de l'année. Sur 4.423.100 voitures neuves immatriculées durant la période, ça ne fait pas grand chose: 0,17% du marché total. Une part très nettement inférieure à celle de la France, où véhicules électriques, hybrides, hybrides rechargeables, s'arrogeaient 1,8% des immatriculations l'an dernier. Les concepts de véhicules électriques et hybrides rechargeables qui vont fleurir dès la fin de la semaine au prochain salon de Shanghai ont encore de la marge pour séduire vraiment les Chinois.

Primes gouvernementales

Les acheteurs de véhicules électriques et hybrides rechargeables peuvent pourtant respectivement bénéficier dans l'ex-Empire du milieu d'une prime de 60.000 yuans (7.420 euros) et de 50.000 yuans (6.200 euros). En revanche, les automobilistes achetant un simple modèle hybride ne sont éligibles qu'à une aide de 3.000 yuans (370 euros), explique le site spécialisé Automotive News China.

taxis électriques

Dans ce contexte, l'accord qui prévoit la fourniture par le constructeur local BYD de 45 taxis électriques à Hong Kong, dans le cadre d'une initiative visant à réduire les émissions dues au trafic routier, fait figure d'anecdote. Tout comme les livraisons prévues par la co-entreprise locale de Nissan avec le groupe Dongfeng de 1.000 voitures électriques à la ville de Dalian d'ici à la fin de 2014, en particulier pour ses taxis. Pourtant, Carlos Ghosn, PDG de Nissan et Renault, se disait persuadé, au dernier salon de Genève début mars, que "la véritable percée de la voiture électrique se fera en Chine". Il y a encore de la marge...

Deux fois le marché auto américain

Pourtant, il y a urgence à promouvoir les véhicules "propres" dans un pays où les immatriculations annuelles de véhicules pourraient atteindre le niveau incroyable de 30 à 35 millions d'unités (deux fois l'actuel marché américain) d'ici à 2025, selon Hu Maoyan, président du grand groupe automobile chinois SAIC. Les autorités chinoises sont conscientes des épouvantables problèmes de pollution dans les grandes villes. La province de Guangdong a ainsi annoncé récemment qu'elle comptait produire 50.000 véhicules "verts" par an d'ici à 2015. La Commission de la Réforme et du développement de la province a indiqué que l'équivalent de sept milliards d'euros seraient investis dans 66 nouveaux projets liés à des véhicules "écologiques" entre 2015 et 2020. Mais, on n'y est pas encore, vu les derniers chiffres dérisoires d'immatriculations.

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Commentaires

Véhicules électriques = véhicules verts ???...  a écrit le 17/04/2013 à 11:09 :

Oui certainement... seulement si on se limite à leurs périmètres immédiats. Mais globalement, non, car l'adaptation des infrastructures, l'installation de bornes de recharges, la fabrication du stock pharamineux des batteries de rechange, la construction des usines de fabrication des batteries, des centrales nucléaires pour produire l'électricité pour les recharges, la montée certaine du prix des composants de base des batteries comme le lithium, la montée des taxes sur l'électricité consommée à le recharge, etc... demanderont une consommation tout aussi pharamineuse d'énergie fossile. Leur empreinte écologique est donc catastrophique, et il n'est pas étonnant que leurs ventes ne décollent pas. Et heureusement !... Que les acheteurs de ces véhicules profitent bien du temps présent pour les économies qu'ils font même s'ils s?accommodent des inconvénients de la recharge ou de l'échange car le ciel bleu électrique risque de s'assombrir sérieusement. Incontestablement, le moteur thermique étant encore incontournable pour longtemps encore, entre le thermique qui pollue et l'électrique qui pollue co-latéralement tout autant voire plus, la solution reste le véhicule hybride pour lequel on entrevoie deux concepts apparemment très proches :
**1**) - le véhicule thermique électriquement assisté, Peugeot, Toyota, Kia, etc... Où le moteur thermique plus puissant est la motorisation principale aidée accessoirement par le moteur électrique,
**2**) - le véhicule électrique thermiquement assisté, la Chevrolet Volt, l'Opel Ampera (identiques) et plus anciennement l'Ultralight de General Motor et la Sensiva de Léonardo Fioraventi au début des années 1990 où le moteur électrique plus puissant est la motorisation principale pour lequel le moteur thermique couplé à un générateur joue le rôle de groupe électrogène embarqué.
Dans des conditions de demandes de fortes puissances, ces deux types de véhicules fonctionnent de façon analogue grâce à leur train épicycloïdal.
Personnellement, pour avoir essayé ces deux types de motorisation, la Toyota Prius et l'Opel Ampera, sur le même parcours varié d'une trentaine de kilomètres, ma préférence va sans hésiter vers la deuxième formule beaucoup plus homogène dans tout son domaine d'utilisation, surtout sur autoroute, mais il est hors sujet de développer ici.

Energie+  a répondu le 17/04/2013 à 13:25:

Le bilan global du thermique sur toute la chaîne de la production fossile, de son exploitation, des transports, stockage etc des multiples aspects géopolitiques et conséquences diverses dont militaires et guerrières, en passant par la pollution, l'impact climatique, sur la santé, l'immobilier, l'environnement, etc les infrastructures plus nombreuses que pour l'électrique, le mauvais rendement du thermique, son entretien très élevé, son impact économique etc etc est bien plus négatif que pour l'électrique si l'on veut bien intégrer objectivement tous les paramètres comme par ailleurs pour toute énergie. De nombreux rapports détaillent chaque aspects sur les différents thèmes concernés et le thermique tous paramètres inclus est bien désavantagé. Quant au nombre de centrales nucléaires en plus, de nombreux rapports existent aussi sur les nombres envisagés mais en dehors du lobbying de certains pour la ressource que procure l'entretien élevé du thermique et les réseaux, les plus sérieuses conclusions n'aboutissent pas à des nombres excessifs avec une bonne gestion et l'introduction des nouvelles technologies, sans évoquer le fait que l'électrique n'a pas vocation à remplacer la totalité du parc actuel mais correspond à une majorité d'applications. Comme le rappelait l'ami Jöel de Rosnay entre autres, outre les faibles distances parcourues par la majorité au quotidien, la plupart des véhicules sont en fait à l'arrêt une bonne partie du temps ! Un véhicule électrique se doit d'être optimal en poids, matières premières, rendement, espace, gestion électrique etc c'est sur le nombre un atout de taille également comparée à la gabegie du pétrole. Ironie de l'histoire l'électrique était majoritaire dans les premières décennies 1900 et il en a fallu des investissements pétroliers de tous ordres pour la fortune de quelques-uns pour assurer la domination du thermique de même que la baisse du coût d'une certaine Ford T pour changer la donne, malgré des technologies électriques alors rudimentaires. Il y a différentes combinaisons du transport et déplacements, celle thermique actuelle est l'une des moins efficientes et rentables, mais l'une des plus coûteuses pour le particulier en budget global et pour l'état en import. Pour mémoire on importe pour plus de 600 milliards d'euros d'energies fossiles chaque année en Europe dont une bonne part pour les véhicules thermiques. Joli pactole pour une transition plus en pointe. Quant aux taxes elles sont moins élevées sur l'électrique que sur le fossile et leur hausse n'a rien d'incontournable compte tenu des multiples gains sur de nombreux aspects et techniques de production électriques. De quoi faire des choix meilleurs avec les développements les plus en pointe dans le domaine de l'électrique, des batteries, gestion de ressources et flux etc. Une hausse du pétrole qui ne manquera pas de se rappeler à notre bon souvenir dans un proche avenir et l'évolution de différentes technologies liées notamment à l'électrique comme la baisse des coûts des batteries et ses évolutions techniques confirmeront les choix faits par beaucoup de pays et constructeurs, pas uniquement automobiles au départ d'ailleurs. Un peu de patience, l'électrique entre autres a bel et bien une part assez importante à jouer dans les décennies qui viennent !

Didier  a écrit le 17/04/2013 à 10:43 :

Les véhicules électriques sont-ils si "verts" que ça ? L'électricité en Chine est largement produite à partir d'un charbon très polluant et de barrages qui ont un impact dévastateur sur l'environnement.

Energie+  a écrit le 16/04/2013 à 22:19 :

Les véhicules électriques notamment décolleront avec l'arrivée des batteries Na-ion et Na-air comme celles d'Aquion. Prix en nette baisse et matière première disponible. Cà concerne aussi le stockage d'énergie dans l'habitat individuel. C'est à priori une des voies d'un avenir proche.

Mecatroid  a écrit le 16/04/2013 à 20:07 :

Pourquoi stigmatiser la Chine ? Ici, en France, nous avons peu ou prou le même ratio, alors même que l'un de nos constructeurs nationaux a lancé une gamme complète de véhicules électriques flambants neufs. Nous sommes mal placés pour des leçons ...

@Mecatroid  a répondu le 17/04/2013 à 10:31:

Zoé vient juste de sortir, la nouvelle Nissan Leaf aussi. Attendons un peu.